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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Jacques DUFRESNE, La Déprofessionnalisation (1979)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Jacques DUFRESNE, La santé”. Un article publié dans l'ouvrage sous la direction de Jacques Dufresne, Fernand Dumont et Yves Martin, Traité d'anthropologie médicale. L'Institution de la santé et de la maladie, Chapitre 49, pp. 985-1013. Québec: Les Presses de l'Université du Québec, l'Institut québécois de recherche sur la culture (IQRC) et les Presses universitaires de Lyon (PUL), 1985, 1245 pp.

Introduction

L'image éternelle de la santé c'est l'enfant qui court vers la mer sans se demander si son coeur peut supporter un tel effort, et qui s'arrête spontanément quand il a atteint sa limite. La santé c'est l'oubli de la santé. 

Cette définition, qui peut paraître trop littéraire, a ses lettres de noblesse scientifique. On peut la considérer comme une simple paraphrase de la célèbre définition du professeur Leriche : « La santé c'est la vie dans le silence des organes ». L'organe sain disparaît dans un ensemble qui lui-même se fait oublier au profit d'un projet qui le dépasse. L'oubli de la santé peut même aller jusqu'à sa négation. La santé devient alors un moyen subordonné à une fin appartenant à une sphère supérieure : Michel-Ange peignant le plafond de la chapelle Sixtine dans une position inconfortable et des conditions malsaines. 

Du point de vue psychologique, Freud dira que la personne normale est celle qui peut aimer et travailler, deux choses qui supposent le silence de ce qu'on pourrait appeler les organes psychologiques. 

Voici pourtant un discours sur la santé. Dans un traité sur la médecine paraissant à un moment où le marché et les consciences sont déjà saturés d'ouvrages portant sur les mêmes questions. Les discours sur la santé risquent de favoriser un rapport narcissique avec soi-même, de provoquer une amplification des bruits du corps et de l'âme, laquelle accroît le coefficient d'hypocondrie, et par là les coûts de la santé, au détriment des oeuvres que cette dernière doit rendre possibles. 

Pour être fidèle à l'esprit de la définition retenue, il aurait mieux valu présenter une galerie de héros ou écrire une ode à la déesse grecque de la santé, Hygée, qui, même si elle tenait à la main un emblème de vigilance, semblait préoccupée par tout autre chose que sa santé. On la présentait ainsi dans l'Encyclopédie française du XIXe siècle : « Une jeune nymphe à l'oeil vif et riant, au teint frais et vermeil, à la taille légère, riche d'un embonpoint de chair, mais non chargé d'obésité, portant sur la main droite un coq et de l'autre un bâton entouré d'un serpent, emblème de la vigilance et de la prudence ». 

Si, malgré tout, j'ai entrepris ce travail c'est dans l'espoir de pouvoir faire apparaître la santé comme un moyen ou, si l'on préfère, comme une fin relative, qui, en tant que telle, a tout à gagner à être subordonnée à une fin absolue, à être intégrée à une totalité signifiante. C'est pourquoi j'ai choisi de placer la notion d'autonomie au centre de mes réflexions.

Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mercredi 31 mai 2006 19:14
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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