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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Profilage diagnostique et traitement des troubles mentaux.
Les attitudes de la société
(2007)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Henri Dorvil, “Profilage diagnostique et traitement des troubles mentaux. Les attitudes de la société”. Un texte publié dans l'ouvrage sous la direction de Henri Dorvil, Problèmes sociaux. Tome IV. Théories et méthodologies de l'intervention sociale, chapitre 12, pp. 271-298. Québec: Les Presses de l'Université du Québec, 2007, 455 pp. [Autorisation accordée par l'auteur le 5 juin 2008 de diffuser ce texte dans Les Classiques des sciences sociales.]

Introduction

Selon un expert de la Faculté de droit de l'Université de Windsor (Tanovich, 2006), 

Racial profiling occurs when law enforcement or security officials, consciously or unconsciously, subject individuals at any location to heightened scrutiny based solely or in part on race, ethnicity, Aboriginality, place of origin, ancestry, or religion or on stereotypes associated with any of these factors rather than on objectively reasonable grounds to suspect that the individual is implicated in criminal activity. Racial profiling operates as a system of surveillance and control. It creates racial inequities by denying people of color privacy, identity, place, security, and control over (their) daily life. » It shares many similarities with previous systems of control such as slavery and segregation, both of which had a long history in Canada. As one scholar has pointed out, , racial profiling is best understood as a current manifestation of the historical stigma of blackness as an indicator of criminal tendencies. » 

Le profilage s'avère une notion qui a migré des études ethniques à la sociologie de la santé. Un stigmate est une marque au couteau ou au fer rouge que l'on faisait sur la peau d'un individu (esclave, criminel, traître) pour le désigner à l'opprobre du public, car il était frappé d'infamie, il était rituellement impur. Cette marque physique, avec le temps, est devenue de plus en plus une marque sociale. Goffman (1975) précise : 

Un individu qui aurait pu aisément se faire admettre dans le cercle des rapports sociaux ordinaires possède une caractéristique telle qu'elle peut s'imposer à l'attention de ceux d'entre nous qui le rencontrent, et nous détourner de lui, détruisant ainsi les droits qu'il a vis-à-vis de nous du fait de ces autres attributs. Il possède un stigmate, une différence fâcheuse d'avec ce à quoi nous nous attendions. Quant à nous, ceux qui ne divergent pas négativement de ces attentes particulières, je nous appellerai les normaux. 

Il existe plusieurs types de stigmates. En dehors des anomalies physiques constituant le premier type, viennent les différences de caractère qui, aux yeux d'autrui, prennent l'aspect d'un manque de volonté, de passions irrépressibles ou antinaturelles, de croyances égarées ou rigides, de malhonnêteté. Les personnes jugées mentalement dérangées font partie de cette catégorie où l'on retrouve également les prisonniers, les drogués, les alcooliques, les chômeurs, les suicidaires, les gens d'extrême gauche et jusqu'à tout récemment, les gais et lesbiennes. Un des stigmates les plus coriaces et les plus tabous est le Racial Profiling (sélection raciale), profil statistique construit à même des banques de données. Ce marqueur social construit sur un phénotype racial donne lieu à un genre de harcèlement policier qui consiste à contrôler et arrêter d'une manière intempestive les gens de race noire ou les hispanophones jusqu'à deux fois par mois, cinq fois plus souvent que les Blancs. Une jolie voiture conduite par un Noir, c'est une voiture de dealer. Même si 80% des consommateurs de cocaïne aux États-Unis sont blancs, la police cherche de la drogue en priorité chez les Noirs et les Latino-Américains, en conformité avec le Drug Courrier Profie. D'ailleurs, c'est maintenant connu. Quand les policiers se mettent en parallèle des autoroutes, ils contrôlent la conduite automobile à même les plaques d'immatriculation. Quand ils garent leur voiture en retrait de manière perpendiculaire à la circulation automobile, ils contrôlent avant tout le profil racial. Ce problème est d'actualité et fait la une dans les journaux du Québec. Le Conseil interculturel de Montréal (Cauchy, 2006) a dévoilé un avis sur le profilage racial. Un jeune de la polyvalente Georges-Vanier d'origine haïtienne témoigne : l'autre jour, des policiers m'ont arrêté alors que je courais vers la station de métro pour attraper le dernier train. Il y avait plein d'autres personnes qui passaient mais les policiers ne faisaient rien. 

Si la couleur de la peau (les Noirs, Hispaniques, Asiatiques, Musulmans) signe en quelque sorte la ligne de démarcation et voue ces personnes au traitement discriminatoire, il en est de même du diagnostic psychiatrique qui enlève, à toutes fins pratiques, l'essence même de la nature humaine aux personnes usagères des services de santé mentale. 

Ce chapitre se divise en trois parties. Tout d'abord, un aperçu de la problématique générale de la beauté ; ensuite, une étude de cas relatant le témoignage d'une personne diagnostiquée schizophrène à l'âge de 17 ans et qui a eu à vivre avec ce stigmate plus difficile à traiter que la maladie elle-même. En dernier lieu, une revue de littérature récente décrira les attitudes de la société à l'égard des personnes présentant une maladie mentale (PPMM) pour ce qui concerne le logement, l'emploi ou les médias de masse.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 31 juillet 2008 20:21
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cegep de Chicoutimi.
 
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