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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Le mouvement des femmes au Québec ” (1978)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article “ Le mouvement des femmes au Québec ”. Un article collectif publié dans la revue Politique aujourd’hui, Paris, no 7-8, 1978, pp. 165 à 178. (Québec : de l’indépendance au socialisme) [Le collectif est composé de : Denise Dorval, Irène Durant-Foupart, Serge Lacroix, Martine Lanctôt, France Leboeuf, Danielle Lemay, Louise Maillette, Hedi Mizouni et Pauline Lacroix-Lecompte, étudiant(es) de Maîtrise en sociologie à l’Université du Québec à Montréal].
Introduction

La résurgence du mouvement féministe au Québec, à la fin des années 60, est liée aux conditions sociales particulières aux sociétés capitalistes du monde occidental qui ont atteint un stade de développement avancé. La similitude de situation des femmes de ces pays très industrialisés constitue un des fondements du nouveau féminisme et rend compte de son caractère international.

En 1977, au Québec, 920.000 femmes travaillent à l'extérieur de la maison, soit 37,8 % de la population féminine, ce qui forme 37 % de la main d'œuvre. Le taux de chômage des femmes est de 11, 5 % contre 9,6 % pour les hommes. Les travailleuses syndiquées constituent environ 37 % de la main-d'œuvre féminine, en 1974, et représentent 32 % de l'ensemble des syndiqués. L'écart entre le salaire médian des hommes et des femmes, au début de cette décennie, se situe autour de 42 %. Dans le domaine de l'éducation, les filles forment environ la moitié de la population étudiante aux niveaux primaire, secondaire et collégial mais seulement 38,7 % de la population universitaire, en 1977, et cette proportion diminue fortement aux deuxième et troisième cycles. De plus, elles se dirigent encore massivement vers les secteurs «féminins» du marché du travail. Enfin, pour la majorité des québécoises, le mariage conduit encore principalement à la « carrière domestique », même si un aussi grand nombre de femmes mariées que de femmes célibataires ont un emploi rémunéré.

Ce bref tableau de la situation générale des femmes au Québec met en évidence cette réalité commune aux pays qui ont vu l'émergence récente des mouvements féministes. Toutefois, le caractère particulier que prennent ces mouvements, au sein des différentes réalités sociales, dépend de conditions historiques spécifiques dont il faut nécessairement tenir compte. Au Québec, la présence de deux communautés ethniques dont l'une, minoritaire et anglophone, détient la suprématie sur l'autre, majoritaire et francophone, est une de ces conditions déterminantes. On ne peut étudier le mouvement des femmes sans prendre en considération cette composante essentielle de la spécificité québécoise. La question nationale est inséparable de celle des classes sociales au sein du mouvement social dans son ensemble.

Dans cette optique, il est possible de se demander si les difficultés qui ont marqué la naissance du mouvement féministe au Québec, si sa dispersion et son manque d'enracinement au sein des masses, ne sont pas liés, en partie, à l'émergence d'un nouveau mouvement de libération nationale, au cours des années 60. En effet, celui-ci a pu canaliser l'énergie de nombreuses militantes québécoises et freiner ainsi l'éclosion d'un mouvement féministe plus vaste et mieux organisé. Cette hypothèse s'appuie, entre autres, sur le fait que les femmes constituent la fraction la plus importante de la base du Parti Québécois (56% des membres) et sont ses plus actives militantes. Cependant, il ne faudrait pas en conclure que la lutte des québécoises contre leur oppression spécifique est moins importante qu'ailleurs ni que les idées féministes ont moins d'emprise. Le mouvement des femmes au Québec, dont l'organisation féministe n'est qu'un des aspects, est un vaste courant social qui englobe les luttes des femmes à tous les niveaux de la société et dont il faut tenir compte dans son ensemble.

Dans cette perspective, nous avons choisi de ne pas limiter notre analyse au seul mouvement féministe avec ses différentes tendances : réformiste, marxiste et radicale. Nous avons cherché à en élargir le cadre de manière à inclure d'autres dimensions du mouvement des femmes. Après un rappel historique, nous abordons la question des femmes telle qu'elle se pose dans les syndicats, dans les groupes politiques de gauche et dans les groupes populaires et telle qu'elle se manifeste dans la production culturelle. Enfin, pour situer le mouvement des femmes dans le contexte politique, nous examinons la politique actuelle du gouvernement à l'endroit des femmes.

Malgré notre désir de présenter une image globale de la lutte des femmes, il est évident que nous devons en négliger de nombreux aspects. Ainsi, nous nous concentrons essentiellement sur la région de Montréal, où se situe le noyau principal du mouvement, mais qui n'est certainement pas l'image exclusive du Québec. De plus, notre étude porte avant tout sur le mouvement francophone ; généralement distinct du mouvement anglophone, il reflète davantage les aspirations de la majorité des québécoises.

Retour au texte du collectif Dernière mise à jour de cette page le Vendredi 19 décembre 2003 10:11
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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