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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

« Le Québec avant et après la Révolution tranquille»

« Faits saillants touchant les changements intervenus dans la société québécoise lors de la Révolution tranquille. »

Extrait du livre de Charles Côté (sociologue) et Daniel Larouche (historien),
Radiographie d'une mort fine. Dimension sociale de la maladie au Québec. (Tableau 18, pp. 166 à 168). Chicoutimi: Les Éditions JCL, 2000, 286 pages.

On peut télécharger le texte intégral du livre Radiographie d’une mort fine. Dimension sociale de la maladie au Québec. [Chicoutimi : Les Éditions JCL, 2000, 286 pages] sur le site web Les Classiques des sciences sociales. M. Jean-Claude Larouche, président, Les Éditions JCL inc. nous a accordé son autorisation de produire une version numérique de ce livre et de le rendre disponible librement à tous à partir du site Internet de l’Université du Québec à Chicoutimi.
Pour télécharger le tableau ci-dessous, cliquer sur le lien ci-dessous:
«Faits saillants...» au format Word 2001: un fichier de 3 pages de 124 K.

Les dimensions d'analyse

Avant la révolution tranquille

Après la révolution tranquille

Culturelle

— La religion catholique.

— Le laïcisme.

 

— Des Canadiens français majoritaires s'exprimant en joual.

— Des Québécois « multiculturels », acceptant « toutes » les différences (à l'exception peut-être de leur propre identité). La langue française s'impose de plus en plus par le pouvoir législatif et réglementaire, et de moins en moins par le poids et la cohésion de la population qui la partage (variable selon les régions).

 

— La ruralité.

— La réalité citadine.


Sociologique


— Un système de valeurs ayant un pouvoir coercitif puissant, engrammé dans un code de moralité univoque, enseigné et transmis par des autorités religieuses influentes.


— Des valeurs dites pluralistes mais disjointes, voire « solipsistes », ayant peu de pouvoir coercitif à l'échelle de la société entière. On pourrait poser l'hypothèse qu'à un véritable système de valeurs, se seraient substituées les dispositions du code civil et du code criminel.


Économique


Des activités centrées sur l'extraction des matières premières et la fabrication des produits finis (les secteurs primaire et secondaire d'activités).


Des activités centrées sur les services (secteur tertiaire). La richesse collective est encore assurée, en bonne part, par l'exportation des matières premières.

 

Tendance autarcique des communautés locales et régionales.

Spécialisation des commu–nautés locales et régionales d'où dépendance accrue et interdépendance nécessaire.

 

Des services dispensés sous la gouverne d'autorités religieuses (privées), notamment en santé, en services sociaux et en éducation.

Services assurés sous la gouverne de l'État (public) notamment en santé, en services sociaux et en éducation, après appropriation des infrastructures existantes.

 

Le poids des dépenses publiques dans l'économie relativement faible.

Rôle économique prédominant des dépenses publiques (jusqu'à 55 % du PIB, en 1985).

 

 

— Le revenu moyen per capita est faible en raison, notamment, d'un plus grand nombre de dépendants en moyenne, par chef de famille et chef de ménage.

— Le revenu moyen per capita est plus élevé.

Démographique

— Encouragement « obligatoire » de la natalité; mariages jeunes et indissolubles; le rôle domestique des femmes est dominant; l'unité sociale significative est associée au ménage et à la famille.

— Chute dramatique de la natalité; divorces nombreux; le rôle public des femmes s'accroît; l'unité significative est désor–mais associée à la personne.

 

— Poursuite de l'occupation du territoire (la colonisation de l'hinterland).

— Concentration de la population dans les grands centres : le territoire inoccupé est conçu comme réservoir de matière première -  bois, eau, bassin hydroélectrique, etc. -  ou comme zone de loisir, de plein air, chasse, pêche, randonnée pédestre, motoneige, etc.


Politique

 


Reconnaissance opération–nelle du principe des « trois pouvoirs » disjoints et antagonistes :

1) judiciaire;
2) exécutif : le gouvernement sous l'autorité du premier ministre;
3) législatif : le parlement où s'exerce le pouvoir de représentation sous l'autorité du représentant de la Reine.


Neutralisation du pouvoir législatif (avec la dissolution du Conseil législatif en 1968). Prédominance du pouvoir exécutif; les pouvoirs du premier ministre étant comparés à ceux d'un monarque élu, le titre en moins, pour une période de quatre ans. Dans ce contexte, les députés sont assujettis aux lignes des partis politiques et à l'autorité des chefs de parti.

 

Le pouvoir administratif est faible.

Le pouvoir administratif est dominant : il prépare les projets de loi à l'intention du Conseil des ministres présidé par le premier ministre, lequel les fait entériner par le parlement selon les orientations définies aux programmes des partis politiques.

 

Eu égard à la faiblesse des dépenses publiques dans le PIB, l'influence exercée par les lobbies sur les pouvoirs politiques est peu diversifiée et plutôt faible, à l'exception des grandes entreprises d'exploitation de matière première d'origine étrangère, des autorités religieuses et des entrepreneurs en voirie.

Eu égard à l'importance économique considérable des dépenses publiques, se sont ajoutées les influences exercées par une multitude de groupes de pression et d'intérêt, de syndicats, etc. aux intérêts parfois des plus divergents, mais dont la multitude se calque sur les formes de l'activité gouvernementale.

 

Aucun débat majeur mettant en cause l'appartenance au régime fédéral canadien.

La question de l'indépendance du Québec apparaît être le seul débat de société ayant cours depuis la fin des années 1960.

 

Expérience limitée des conflits engageant des collectivités les unes contre les autres. Cette expérience se résume à une participation à deux grands conflits mondiaux (1914-18 et 1939-45) c'est-à-dire à la dimension physique de la guerre et, de surcroît, sur des terrains d'opération étrangers.

Peu d'aptitude à reconnaître les manifestations d'une guerre économique, engagée entre les régions et au sein même de la société québécoise; les rivalités de cet ordre étant perçues davantage comme le fait d'un conflit entre le Québec (le Bas Canada dont le champion se veut incarné par le gouvernement provincial) et l'Ontario (le Haut Canada dont le champion est associé au gouvernement fédéral).

 

Deux parlements, un provincial et un autre fédéral qui permettent l'exercice du pou–voir de représentation des inté–rêts collectifs de chaque comté électoral, par le truchement d'un député provincial et d'un député fédéral élus démocratiquement dans chaque cas.

Une constitution canadienne qui reconnaît au Québec 75 sièges au parlement fédéral pour autant de comtés électoraux; chaque comté étant délimité géographiquement sur la base de critères démographiques, soit la population du dernier recensement divisée par 75, plus ou moins 25 %.

 

 

Dans un tel contexte, les régions du Québec n'ont pas légitimité politique permanente, contrairement au Québec lui-même en tant que région canadienne. Rien ne s'oppose donc au démantèlement de la société québécoise par l'intérieur, que ce soit par la mise en place de facteurs endogènes ou exogènes.


Retour aux auteurs: Charles Côté et Daniel Larouche Dernière mise à jour de cette page le dimanche 26 mars 2006 10:09
Par Jean-Marie Tremblay
 
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