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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Charles Côté, L’absence d’une politique sociale au Québec: les conséquences et les enjeux. (1988)
Introduction au Livre II.


Une édition électronique réalisée à partir de l'étude de Charles Côté, L’absence d’une politique sociale au Québec: les conséquences et les enjeux. Québec: Service de l’évaluation, direction générale des programmes sociaux, 1988. Une édition numérique réalisée par Mario Tremblay, bénévole, citoyen de Chicoutimi, Ville de Saguenay. [Étude diffusée dans Les Classiques des sciences sociales avec l'autorisation de l'auteur accordée le 8 février 2012.]

L’ABSENCE D’UNE POLITIQUE SOCIALE AU QUÉBEC :
LES CONSÉQUENCES ET LES ENJEUX

Introduction

DU DEUXIÈME LIVRE

Ce second livre (note : nous sommes alors en 1988) est consacré à la démonstration des affirmations contenues dans celui qui précède.

En raison de la nature même du sujet dont traite cet ouvrage, soit l'étude des disparités démographiques, sociales et économiques, il apparaîtra assez rapidement au lecteur que la situation de chaque communauté du Québec, chaque municipalité régionale de comté (MRC ou district de CLSC), chaque région doit être considérée comme un cas particulier. À ce sujet, ce qui permet de distinguer chacune des populations regroupées dans ces territoires, n'est pas le fait que chacune subit une évolution, un développement qui lui est propre et qui devrait être considéré par conséquent de façon indépendante de l'évolution qui caractérise les autres communautés, MRC ou régions. Si tel était le cas, la méthode qui aurait dû être développée pour traiter du sujet de cet ouvrage, aurait consisté à dresser plusieurs dizaines de milliers de monographies, c'est-à-dire autant de monographies qu'il existe de façons différentes de regrouper les personnes réparties sur le territoire du Québec, en populations spécifiques et distinctes.

En fait, comme le lecteur s'en rendra compte assez rapidement, ce qui distingue les populations du Québec les unes des autres, est la position qu'elles occupent à un moment donné, par rapport à un ensemble très précis de caractéristiques, et grâce auxquelles il est possible de situer dans le temps et dans l'espace leur état de développement démographique et social, de même que leur état de développement économique, avec les réserves qui s'imposent dans leurs cas.

Or, chaque population est en constante évolution par rapport à cet ensemble de caractéristiques considérées ensemble ou séparément. Elles changent de position, dans un sens ou dans l'autre, en raison de l'influence qu'exercent sur elles divers facteurs dont l'origine se situe hors du contrôle que peuvent exercer sur le destin de ces communautés, les personnes et les familles qui y habitent.

Concernant maintenant la démonstration à effectuer, il est impossible de s'en référer à une seule méthode, mais bien à plusieurs. En fait, il existe autant de méthodes différentes que de travaux de recherches qui ont été produits pour mettre en lumière chacun des aspects de cette problématique de population.

Néanmoins, le sujet est assez important pour mentionner quatre aspects généraux de la question :

En premier lieu, sauf à quelques très rares exceptions, aucun aspect d'ordre technique utilisé pour réaliser les travaux de recherches mentionnés ici, ne sera relevé. Seuls les aspects strictement méthodologique d'intérêt feront l'objet d'attention particulière, lorsqu'il y aura lieu de le faire. En référant aux documents cités à la source, il sera possible de compléter l'information, si nécessaire.

En second lieu, plusieurs constats rapportés dans ce document purent être mis en évidence sans faire usage de méthodologies, autre qu'une utilisation appropriée des systèmes d'information existants. Il s'agit ici de faits observables directement à partir des données à la source. C'est le cas notamment des travaux reproduits dans la première partie du livre et portant sur la démographie.

En troisième lieu, d'autres constats nécessitèrent d'élaborer de toute pièce des méthodes particulières de traitement de l'information. Dans ce cas seulement, les principes généraux de ces méthodes feront l'objet d'explications plus détaillées, jusqu'à relever les différences importantes avec d'autres méthodes plus fréquemment utilisées en pareil cas : ces explications seront fournies en vue de mettre en évidence les différences susceptibles d'altérer les résultats et leur interprétation ; par exemple, dans le cas de travaux produits par "analyse factorielle" ou de façon plus générale, par des méthodes "paramétriques" par opposition aux méthodes "non paramétriques".

Enfin, en quatrième lieu, un dernier genre de constat présente un intérêt méthodologique particulier, nécessitant un développement plus approfondi. Il porte sur un sujet un peu plus complexe que les autres, il met en cause les postulats des techniques de mesure eux-mêmes. Il s'agit peut-être de la question la plus importante de ce travail puisqu'elle permet de distinguer entre la mesure des "phénomènes" sociaux et la mesure des "phénomènes" individuels. En effet, le sujet met en cause la mesure des relations entre des variables, et de là la mesure et l'interprétation de la causalité.

Le sujet concerne un débat en méthodologie portant sur ce qu'il est convenu d'appeler "l'ecological fallacy" ou "erreur écologique". À ce sujet, il serait fait mention d'une autre façon de décrire et d'expliquer le rapport entre les phénomènes sociaux et les phénomènes individuels.

Outre les sujets d'ordre méthodologiques qui présentent un intérêt particulier pour chacun des travaux de recherche mentionné ici, il existe également un autre sujet d'intérêt plus global portant sur la démonstration du point de vue général qui se dégage de l'ensemble de ces travaux de recherche.

La démonstration de ce point. de vue général a imposé de surmonter trois grandes contraintes impliquant ce qu'on pourrait appeler  "l'illustration de la preuve".

Ces contraintes tiennent à la globalité du problème à l'étude, à la multiplicité des relations entre le phénomène en cause et enfin, à la généralisation des faits et des relations à l'ensemble de la population. Il s’avéra d'ailleurs que les principales difficultés à surmonter pour la rédaction de cet ouvrage se situèrent à ce niveau.

a) La globalité du problème :

Illustrer que des ensembles de caractéristiques de population constituent des ensembles cohérents, et qu'en plus ils varient en relation les uns avec les autres, a constitué un premier niveau de difficulté à résoudre. Puis, démontrer qu'au-delà des relations statistiques il s'agissait véritablement de relations explicatives mettant en cause des liens de causalité entre les ensembles de caractéristiques, a constitué le second niveau de difficulté à résoudre. Or les ensembles de caractéristiques dont il est question ici, mettent en cause des phénomènes aussi globaux que l'occupation du territoire, le développement social, le développement économique et l'intervention de l'État.

Ces difficultés furent solutionnées en retenant une démarche inductive partant des effets les plus facilement observables, puis en remontant jusqu'aux causes premières, en démontrant au fur et à mesure les liens explicatifs entre ces quatre grands thèmes auxquels correspondent dans l'ordre, les quatre parties de ce livre.

b)  La multiplicité des relations

Dans cet ouvrage, il est question d'ensembles de caractéristiques de populations et non de caractéristiques isolées les unes des autres. L'illustration de la preuve présente ici des difficultés particulières puisque d'un ensemble à l'autre, l'interprétation des relations peut varier. Cette difficulté a été solutionnée en illustrant l'ensemble de la théorie à partir d'exemples concrets et facilement contrôlables, mais référant le plus possible aux mêmes territoires, aux mêmes communautés. C'est la raison pour laquelle les illustrations mettront plus particulièrement en évidence des populations spécifiques comme par exemple la MRC La Mitis dans la région du Bas St-Laurent Gaspésie ou la région de Montréal.

c)   La généralisation des faits et des relations à l'ensemble de la population

Illustrer que les faits mis en évidence par les exemples sont généralisables à l'ensemble des territoires, et ceci en accord, parfois en désaccord avec les théories existantes sur le sujet, a constitué la troisième grande difficulté à résoudre. Lorsqu'on parle de "caractéristiques de populations", les méthodes conventionnelles fondées sur des échantillons n'ont pas de pertinence, au sens ou ces méthodes ne se prêtent pas à l'analyse des sujets mettant en cause le concept de "développement". En effet, le sujet met en cause la totalité des populations en interaction les unes avec les autres.

En fait, si on permet d'utiliser une analogie, le problème à résoudre pour démontrer et mettre ces mécanismes en évidence, équivaut à faire en sorte que le lecteur puisse se représenter l'image d'une société, de la même manière que la peinture d'un visage où les zones claires et les zones sombres ou ombragées correspondent aux diverses communautés distribuées sur le territoire, variant en raison de leurs caractéristiques démographiques, sociales et économiques et ceci, sans l'aide d'une pellicule photographique.

Il faut en second lieu que le lecteur puisse se représenter les changements d'expression sur ce visage qui correspondent à ces divers ordres de réalité dans le temps. Ces changements correspondent à des altérations des zones claires et des zones sombres ou ombragées, entre plusieurs périodes ; et ceci, sans l'aide d'un appareil cinématographique.

Il faut enfin que le lecteur puisse comprendre au-delà des changements d'expression sur ce visage, le jeu des muscles par lesquels on peut observer des changements de morphologie, et au-delà du système musculaire, les mécanismes qui émettent les impulsions sur les muscles, et qui sont présentés comme les facteurs explicatifs de ces changements d'expression ; et ceci, sans l'aide d'un scanner.

Pour surmonter cette difficulté, une sélection a dû être effectuée dans le matériel disponible. Tantôt la généralisation des faits est présentée d'une façon cartographique, tantôt sous forme de tableaux synthétiques. Mais de façon générale, ont été retenues les manières d'illustrer qui présentaient les meilleures opportunités pour illustrer de façon synthétique la généralisation des faits, laissant de côté les autres manières d'illustrer les mêmes choses, qui parfois auraient pu être plus conformes à la "nature réelle" des phénomènes, à leur "vérité" mais qui présentaient des désavantages, soit en raison de leur complexité, soit en raison de leur caractère redondant, compte tenu des autres faits illustrés.

En guise de bilan, sauf à quelques endroits, les sujets abordés dans ce second livre sont relativement faciles d'accès avec un peu d'attention, alors qu'on conviendra aisément en raison du niveau de difficulté impliqué, que le tout ne peut être rédigé et présenté avec la même fluidité qu'un roman de la "Comtesse de Ségur".



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le lundi 22 octobre 2012 19:31
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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