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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

L'autre moitié de l'Amérique du Sud. Lettres à mon petit-fils. (2008)
Préface


Une édition électronique réalisée à partir du livre d'André CORTEN, L'autre moitié de l'Amérique du Sud. Lettres à mon petit-fils. Préface de Normand Baillargeon. Montréal: Mémoire d'encrier, 2008, 175 pp. Collection En bref. Une édition numérique réalisée par Peterson BLANC, bénévole, Licencié en sociologie-anthropologie de la Faculté d’ethnologie de l’Université d’État d’Haïti animateur du Groupe de Recherche Intégrée [RAI]. [Autorisation de l'auteur de diffuser ce livre en libre accès dans Les Classiques des sciences sociales accordée le 27 septembre 2016.]

[5]

L’autre moitié de l’Amérique du Sud.
Lettres à mon petit-fils.

Préface

Les voix humaines

C'est pas seulement ma voix qui chante
C'est d'autres voix, une foule de voix
Voix d'aujourd'hui ou d'autrefois,
Des voix marrantes, ensoleillées
Désespérées, émerveillées
Voix déchirantes et brisées
Voix souriantes et affolées
Folles de douleur et de gaieté

Jacques Prévert

Je reviens d'un émouvant voyage en Amérique du Sud.

Mon guide et compagnon de voyage s'appelle André Corten. Vous allez très bientôt faire la connaissance de ce professeur de science politique à l'Université du Québec à Montréal, puisque vous vous apprêtez à partir avec lui, pour le même voyage. Corten vous fera connaître la Bolivie, la Colombie et l'Argentine ; il vous fera découvrir  [6] le Chili et le Pérou ; il vous fera aimer le Brésil et le Venezuela.

Voyager avec Corten est un privilège. Il connaît parfaitement et depuis longtemps cette Amérique du Sud qu’il aime et à laquelle il a consacré de nombreux et renommés travaux, notamment au sein du Groupe de recherche sur les imaginaires en Amérique Latine (GRIPAL). Corten connaît sa langue, ses cultures, ses littératures, ses populations et mille autres choses encore, qu'il partagera généreusement avec vous.

Vous l'avez deviné : vous ne ferez pas le périple touristique habituel, avec son faux pittoresque et son vrai souci de garantir que jamais ne se rencontrent les étrangers qui sont en visite dans le pays et les pauvres, les miséreux et les exploités qui y sont établis en permanence.

Ces gens-là, Corten vous les fera rencontrer. Certes, vous verrez des lieux inoubliables et des beautés pétrifiantes. Vous verrez aussi des hommes et des femmes qui tutoient la souffrance, et dont on ne parle presque jamais, sinon lors d'une catastrophe naturelle. Corten vous les présente, il leur donne la parole. Alors un miracle se produit. C'est que, pour une rare fois, on ne parle pas d'eux ni pour eux, ce sont eux et elles qui parlent. Et ce qu'ils disent, de Caracas à Quito, en passant par Lima, Buenos Aires... est simple, tendre et bouleversant.

[7]

À voir, certes, mais surtout à entendre. Car ce beau livre, à mon avis, c'est avant tout le concert de toutes ces voix humaines que Corten va recueillir avec tendresse et pudeur et qu'il fait entendre, ces voix auxquelles se mêle aussi la sienne, cette voix que je connais bien et que j'entendais distinctement en le lisant. C'est une voix humaine, elle est douce et chaude. Et par le miracle des mots, vous allez l'entendre vous aussi.

En route, je l'avoue, il m'a parfois semblé que la souffrance était le principal personnage que me faisait rencontrer ce témoin privilégié qu'est André Corten. Mais je suis à présent certain que je me trompais et que le principal personnage que m'a fait rencontrer Corten s'appelle l'espoir. Cet espoir, c'est celui d'une Amérique du Sud qui relève la tête après avoir été littéralement saignée par la Conquête, égorgée par les politiques étrangères de nombreux pays - notamment les États-Unis - pillée, enfin, par les politiques néo-impérialistes du Fonds monétaire international.

Cet espoir, bien vivant-il suffit en ce moment même de prêter l'oreille pour l'entendre distinctement, par exemple en Bolivie ou au Venezuela-, je l'ai ramené chez moi. Je me promets de lui faire rencontrer le plus de gens possible : des gens d'ici qui sont semblables à ceux que j'ai connus là-bas et qui mènent, souvent sans [8] le savoir, les mêmes luttes qu'eux et pour la même cause, qui est celle de la justice et de la liberté.

Tous ces gens sont mes frères et mes sœurs, ces frères et ces sœurs qu'évoque cette chanson d'Atahualpa Yupanqui, célèbre dans toute l'Amérique du Sud, et qui continuent d'avancer / Burinés de solitude / En portant en [eux leurs] morts pour que personne ne reste derrière.

Cette chanson m'avait déjà appris que tous ces gens sont de ma famille. Le livre de Corten me le confirme : J'ai des frères si nombreux que je ne peux les compter / Et une sœur très belle qui s'appelle Liberté.

Vous ne le savez peut-être pas encore, mais vous êtes, vous aussi, de cette grande famille.

Corten va vous la faire connaître, en vous faisant entendre ses multiples voix.

Normand Baillargeon



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 28 septembre 2017 6:45
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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