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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Charles Castonguay et Josée Legault, “Pour l’avenir du français.” In ouvrage sous la direction de Michel Sarra-Bournet, assisté de Pierre Gendron, Manifeste des intellectuels pour la souveraineté suivi de Douze essais sur l’avenir du Québec, pp. 101-114. Préface de Guy Rocher. Montréal: Les Éditions Fides, 1995, 286 pp. [M. Sarra-Bournet nous a accordé, le 20 janvier 2016, l’autorisation de diffuser en libre accès à tous ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

[101]

Manifeste des intellectuels pour la souveraineté
suivi de Douze essais sur l’avenir du Québec.

Deuxième partie :
Douze essais sur l’avenir du Québec

Pour l’avenir du français.”

Par Charles CASTONGUAY * et Josée LEGAULT **

PREMIÈRE PARTIE

par Charles Castonguay

Dans le Canada, l'avenir du français est celui d'une langue de plus en plus minoritaire. La tendance est déjà bien enclenchée.

La tendance est lourde

Depuis 1951, la proportion de francophones au Canada a chuté de 29 à 24%. À partir de 1961, la perte est de plus d'un point de pourcentage par décennie.

Entre-temps, le poids des francophones au Québec fluctue au gré des migrations : à la baisse pendant la forte [102] immigration allophone d'après-guerre ; à la hausse en 1981, après le départ d'une partie des anglophones réfractaires aux lois 22 et 101 ; de nouveau à la baisse en 1991, avec la reprise d'une forte immigration.

Tableau 1

Poids relatif des francophones (langue maternelle)

Canada

Québec

Canada anglais

%

%

%

1951

29,0

82,5

7,3

1961

28,1

81,5

6,6

1971

26,9

80,7

6,0

1981

25,7

82,5

5,2

1991

24,3

82,0

4,8

Source : Statistique Canada, publication 96-313.

Anglicisation, sous-fécondité, immigration

Le déclin du poids des francophones au Canada s'explique par le pouvoir d'assimilation de l'anglais, appuyé plus récemment par la fin de la surfécondité francophone.

Au Québec, la vulnérabilité du poids des francophones vis-à-vis de l'immigration découle du pouvoir d'assimilation disproportionné de l'anglais auprès des immigrants allophones. La sous-fécondité francophone depuis la fin des années 1960 a accentué cette vulnérabilité.

À l'extérieur du Québec, l'anglais a assimilé non seulement des allophones mais aussi de nombreux francophones, [103] lesquels transmettent ensuite l'anglais comme langue maternelle à leurs enfants. Si bien qu'avec l'avènement de la sous-fécondité, les minorités francophones sont désormais engagées dans un processus de disparition.

Notons que la fécondité des anglophones au Canada est aussi passée, à la fin des années 1960, sous le seuil de remplacement des générations. Mais la puissance assimilatrice de l'anglais — bien au-delà de 100 000 nouveaux anglicisés recrutés tous les 5 ans parmi les allophones et francophones — permet à la majorité anglophone de maintenir aisément son poids au Canada.

La relève fond depuis 30 ans

Le Bureau de la statistique du Québec vient d'annoncer que la sous-fécondité se poursuit toujours. En fait, la sous-fécondité est devenue une constante parmi les pays développés. De plus, le pouvoir d'assimilation du français après les lois 22 et 101 n'est encore qu'embryonnaire : une dizaine de milliers de nouveaux francisés tous les 5 ans. C'est beaucoup trop peu pour combler le déficit dû à la sous-fécondité.

Par conséquent, la base de la pyramide des âges de la population francophone du Québec se rétrécit inexorablement depuis maintenant 30 ans. C'est devenu en fait une pyramide inversée, figure classique qui annonce la décroissance.

Pendant ce temps, l'anglicisation des francophones ne s'est en rien ralentie au Canada anglais. En comparant le nombre d'enfants et le nombre d'adultes susceptibles d'être leurs parents — on compte environ 30 ans entre les générations —, on constate que la moitié de la relève manque à l'appel. Est-il nécessaire d'ajouter qu'à ce rythme, on  [104] aboutit après deux générations à une relève égale au quart seulement de l'effectif initial ?

Tableau 2
Francophones de moins de 40 ans
(langue maternelle), 1991

Age

Québec

Canada Anglais

30-39 ans

1 025 000

186 000

20-29 ans

862 000

148 000

10-19 ans

782 000

110 000

0-9 ans

745 000

95 000

Source : Statistique Canada, publication 94-319.

Au Québec, le déficit entre les générations francophones est de 25%. Pour compenser la sous-fécondité, il faudrait — ou il aurait fallu — recruter par voie de francisation quelque 100 000 allophones à tous les 5 ans. Or, parmi l'ensemble des allophones immigrés au Québec au cours des 25 dernières années, quelque 50 000 en tout ont adopté le français comme langue d'usage. Ce n'est que le dixième du nombre requis pour stabiliser la population francophone.

La quadrature du cercle

En fait, le Québec ne peut accueillir le flot d'immigrants allophones nécessaires pour compenser la sous-fécondité francophone. Il en faudrait quelque 300 000 tous les 5 ans, car à peine plus d'un sur trois adopte une nouvelle langue au cours de sa vie. Même si c'était matériellement possible [105] — ce qui n'est pas le cas — la population francophone perdrait rapidement le contrôle de la situation.

Puisque la quasi-totalité des immigrants s'établit dans la région montréalaise, le poids des francophones est déjà en voie de passer sous la barre des 50% sur l'île de Montréal. L'anglais devient si facilement la langue de communication préférée des immigrants, que de là à remettre en question le français comme langue de travail, comme langue de scolarisation obligatoire, voire comme unique langue officielle, il n'y a qu'un pas.

Même au Québec, donc, et tout particulièrement dans la région de Montréal, le maintien à la fois du poids et de l'effectif francophones relève de la quadrature du cercle.

Savoir trancher

À plus forte raison, on doit s'attendre à ce que dans le cadre du Canada actuel, le poids des francophones continue à baisser rapidement. Automatiquement, leur poids politique diminuera au même rythme.

Compte tenu du déclin dans lequel la population francophone du Canada se trouve inéluctablement engagée, c'est au Québec que se décidera l'avenir du français sur le continent nord-américain. Afin d'assurer au français un espace viable et des moyens d'épanouissement adéquats, il faut savoir trancher le nœud gordien.

Pour voir à quel point le cadre canadien compromet la survie du français comme langue première, on n'a qu'à parcourir les quelque 25 rapports annuels du Commissaire aux langues officielles du Canada. Ne prenons que le tout dernier, paru un quart de siècle après la mort d'André Laurendeau et l'enterrement d'un Canada binational et biculturel.

[106]

Le bilinguisme de façade

Le rapport de mars 1995 nous apprend — pour la 25e fois ? — que « le français ne jouit pas d'un statut équitable dans les bureaux des institutions fédérales dans la région de la capitale nationale [sic] » : plus de 76% des fonctionnaires fédéraux francophones qui travaillent dans la région d'Ottawa-Hull, utilisent surtout ou uniquement l'anglais lors de leurs échanges verbaux et écrits avec leur supérieur. Ils indiquent dans une proportion semblable que l'anglais est la langue exclusive ou principale de leurs réunions de travail.

Il est alors facile de comprendre pourquoi, au recensement de 1991, 35% des jeunes adultes franco-ontariens habitant la région d'Ottawa parlaient l'anglais comme langue principale à la maison. À Ottawa, capitale d'un pays bilingue sur papier, la fonction publique fédérale demeure, comme avant la Commission Laurendeau-Dunton des années 1960, une entreprise d'assimilation des francophones.

Qu'en pensez-vous, milord ?

Quant aux services au public, l'actuel commissaire aux langues officielles ne fait que confirmer ce qui est déjà trop bien connu. Malgré la réduction récente du nombre de bureaux gouvernementaux désignés « bilingues », on y répond souvent aux demandes de service en français par un : « Do you speak English ? ». Les vérificateurs du commissaire n'ont pu, à l'extérieur du Québec, ! obtenir des services en français de qualité satisfaisante dans le tiers des bureaux de poste ou autres établissements du genre désignés bilingues. Et ce, après avoir insisté, le cas échéant.

[107]

Or, au Canada anglais, le commun des mortels francophones n'insiste pas.

Il est donc facile aussi de comprendre pourquoi, en 1991, plus de 40% des jeunes adultes francophones à l'extérieur du Québec parlaient habituellement l'anglais à la maison. Plus précisément, à l'est du Québec, leur taux d'assimilation est de 11% au Nouveau-Brunswick et de plus de 50% dans les autres provinces maritimes ; à l'ouest, de 43% en Ontario, de 63% au Manitoba et de 75% ou plus dans les autres provinces.

L'effet cumulatif d'un quart de siècle de ce bilinguisme de façade comblerait d'aise le bon lord Durham. La comédie a assez duré.

DEUXIÈME PARTIE

par Josée Legault

Le professeur Castonguay vient de faire la démonstration de ce que les souverainistes savent depuis de nombreuses années : le gouvernement et le régime fédéraux n'ont tout simplement pas réussi à assurer le développement du fait français au Canada. Non seulement ils n'ont pas su colmater un taux d'intégration scandaleux chez les francophones hors Québec, mais peut-être y ont-ils contribué par une complicité et un silence révélateurs suite à l'adoption au cours du dernier siècle de plusieurs lois anti-francophones au Canada anglais.

Quant au cas spécifique du Québec, la volonté d'établir le français comme langue commune pour la population en [108] général, et d'intégration pour les immigrants, demeure tributaire des efforts exclusifs de ses propres gouvernements. Soumise aux assauts répétés d'une idéologie fédérale basée sur le bilinguisme officiel et la négation de l'existence de la nation québécoise, cette volonté a parfois du mal à résister face à un contexte qui ne cesse de miner nos efforts de francisation.

En fait, à l'intérieur comme à l'extérieur des frontières du Québec, la langue française n'a jamais pu compter sur un appui efficace du gouvernement fédéral et de ses élites, qu'elles aient été canadiennes-françaises ou anglaises. Même l'arrivée fracassante à Ottawa du « French Power » de Pierre Trudeau au milieu des années 1960 semble avoir profité surtout au renforcement du pouvoir personnel de quelques Canadiens français. À la même époque, la fonction publique fédérale ne se francisait qu'en apparence, les communautés francophones hors Québec fondaient comme neige au soleil et le français continuait à perdre du terrain dans la grande région montréalaise. Ne pouvant agir sur les premières problématiques, les gouvernements libéraux et péquistes du Québec ont tenté — chacun à leur façon — d'arrêter la progression de l'anglais comme langue d'assimilation et de mobilité sociale.

En 1995, deux constatations s'imposent. D'une part, l'adoption de la Loi fédérale sur les langues officielles en 1969 n'a pas empêché le français de glisser vers la disparition au Canada anglais. D'autre part, dix-huit ans après l'adoption de la Charte de la langue française, l'anglais demeure au Québec une langue dynamique de culture et de communication — un objet de fierté pour ce qui est du respect des droits collectifs de la minorité anglophone — mais il réussit toujours à susciter des transferts linguistiques [109] chez un nombre élevé d'immigrants, voire de francophones [1].

Qui plus est, on prévoit pour le début du XXIe siècle la minorisation des francophones — qu'ils soient « de souche » ou non — sur l'île de Montréal. Que s'est-il donc passé ?

Au Canada anglais, la séquence et la logique inhérentes à l'assimilation des Canadiens français résultent de la combinaison de plusieurs facteurs ayant apparu et disparu au cours des derniers cent ans. Je les énumère brièvement : une certaine francophobie ; la complicité de l'appareil politique fédéral et son refus de désavouer, lorsqu'il en avait l'opportunité, certaines lois provinciales anti-francophones et anticonstitutionnelles ; la puissance d'assimilation de la langue anglaise ; la dynamique de disparition engendrée par l'encerclement démolinguistique et l'évacuation du français comme langue de culture et de communication dans la vie publique ; la diminution du pouvoir politique collectif des francophones du Canada anglais au profit du pouvoir individuel des Canadiens français d'Ottawa ; la soumission de la majeure partie du leadership francophone hors Québec à l'idéologie des langues officielles ; l'apparition subséquente d'une dangereuse dépendance financière et politique vis-à-vis du gouvernement fédéral ; l'incapacité de faire appliquer de manière concrète les dispositions sur les écoles françaises minoritaires contenues dans la Charte canadienne des droits et libertés, un document ne contenant aucune obligation de résultats pour les gouvernants canadiens-anglais.

[110]

Les effets pervers spécifiques à la politique de bilinguisme officiel — ou, plus précisément, à l'idéologie trudeauiste — se sont également fait sentir au Québec. En extirpant de la culture politique canadienne le concept des deux peuples fondateurs — lui-même ayant passé au Québec d'une définition ethniciste canadienne-française à une conception francophone et territoriale —, l'idéologie trudeauiste a substitué à cette réalité binationale ou multinationale l'idée d'une grande nation canadienne. Il n'est donc guère surprenant qu'il soit devenu impossible de faire accepter par le reste du Canada les mesures adoptées par divers gouvernements québécois dans le but de consolider et d'élargir l'espace occupé par la langue française.

À l'extérieur du Québec, ces mesures ne peuvent qu'être vues comme une menace directe à l'intégrité de la nation canadienne et à son symbole suprême, la Charte des droits et libertés. Un exemple manifeste de cette perception est l'échec de l'Accord du lac Meech. Cet échec, rappelons-le, fut précipité par l'adoption au Québec en décembre 1988 d'une loi (loi 178) imposant l'affichage français nonobstant les jugements rendus par les tribunaux canadiens voulant qu'une telle mesure viole la liberté d'expression protégée par nos chartes des droits.

C'est suite à l'adoption par le gouvernement Bourassa de la loi 178 que s'est cristallisé au Canada anglais un puissant mouvement d'opposition à la reconnaissance constitutionnelle d'un statut de société distincte pour le Québec. De nombreux opposants fédéralistes à l'Accord du lac Meech avaient fait référence au danger d'accorder un tel statut à une province qui, de toute évidence, serait tentée d'en user pour renforcer la place du français, symbole ultime de la « différence » québécoise.

[111]

Tout renforcement de la nation québécoise par le biais de l'affirmation de la langue française ne pouvait donc qu'entrer en conflit avec la vision d'une nation canadienne composée d'individus dont les seules appartenances culturelles collectives tolérées par la Charte des droits se limitent aux minorités de langues officielles, aux groupes dits multi-culturels et aux Autochtones. Ce n'est donc aucunement un hasard si l'existence et la reconnaissance des nations pluri-ethniques québécoise et canadienne-anglaise ne s'y retrouve pas. Voilà pour ce que le politologue Guy Laforest nomme tristement « la fin d'un rêve canadien ». Ce rêve, c'est celui d'un pays dualiste ou véritablement binational.

Pour ce qui est de la question linguistique, le principal effet de l'enterrement du rêve dualiste est la lutte constante que doivent mener les gouvernements québécois contre un appareil juridique et constitutionnel bâti sur la promotion du bilinguisme officiel et de l'égalité linguistique. Cette promotion tend à placer les deux langues dans un état de compétition nuisible au français, lequel demeure la langue principale d'un minuscule 2% de la population continentale. À cet égard, les nombreuses défaites juridiques infligées à la Charte de la langue française sont éloquentes. La lente érosion de la lettre et de l'esprit de cette loi a rendu plus que difficile l'établissement d'un consensus chez les anglophones, les nouveaux arrivants et les Québécois d'origine autre que française.

Il est évident que ces luttes juridico-politiques perdureront tant et aussi longtemps que le Québec se butera à une politique fédérale de bilinguisme officiel et de non-reconnaissance de son statut de nation. Sans cette reconnaissance, le Québec ne pourra jamais faire accepter par les non-francophones de la province son caractère unique et majoritairement francophone. S'il ne peut le faire, [112] le taux d'assimilation du français ne sera jamais suffisamment élevé pour garantir sa pérennité linguistique.

À ce chapitre, il est important de noter le refus encore généralisé chez les Anglo-Québécois, dans certains ministères fédéraux, dans l'intelligentsia canadienne-anglaise de la section de la loi 101 obligeant tous les enfants d'immigrants à fréquenter l'école française. Cette section demeure pourtant la seule mesure ayant assuré un nombre minimal — quoique encore insuffisant — de transferts linguistiques vers le français.

Dans son rapport annuel de 1993, même le Commissaire fédéral aux langues officielles, Victor Goldbloom, déplorait que le Québec n'ait pas encore ouvert ses écoles anglaises à certaines catégories d'immigrants ! De leur côté, la plupart des regroupements, partis politiques et médias anglophones poursuivent leur lobbying à l'intérieur et à l'extérieur du Québec dans le but de faire ouvrir les écoles anglaises aux immigrants [2]. À cet égard, rappelons qu'un groupe de militants du Parti égalité et d'Alliance Québec a soumis à l'ONU un dossier alléguant que cette section de la loi 101 viole la Convention internationale sur les droits des enfants, dont le Canada et le Québec sont tous deux signataires...

Rappelons également que le quotidien La Presse révélait à l'été que le gouvernement fédéral projette de ratifier une entente avec une quinzaine d'organismes anglo-québécois dont les principaux objectifs sont : la promotion de l'anglais au Québec, la promotion de l'égalité de statut et d’usage des deux langues, une plus grande standardisation des positions [113] et stratégies de ces organismes, une plus grande « coopération » de ces derniers avec le gouvernement fédéral et un contrôle du financement basé sur le respect de ces positions et stratégies communes. Dans l'éventualité d'une défaite souverainiste au référendum, il est possible que cette entente soit utilisée pour promouvoir l'ouverture des écoles anglaises du Québec aux immigrants, une position appuyée, après tout, par le Commissaire fédéral aux langues officielles.

CONCLUSION

par Charles Castonguay et Josée Legault

Le refus de reconnaître le Québec en tant que nation distincte a fait du bilinguisme une pomme de discorde entre les francophones du Québec et ceux du Canada anglais. Il a également créé l'illusion de l'existence d'une grande nation canadienne à l'intérieur de laquelle la langue française occupe une place égale à l'anglais.

Véritable marché de dupes pour tous les francophones de ce pays, le bilinguisme officiel fédéral n'assure en rien la survie des minorités francophones au Canada anglais et, en même temps, sert à miner les efforts de francisation de la société québécoise.

Il est heureux qu'au Québec la langue anglaise demeure une langue dynamique et vivante. Cependant, elle continue à concurrencer trop fortement le français comme langue d'assimilation.

L'adhésion à un système et à une culture politiques qui se refusent obstinément à reconnaître l'importance de protéger et de promouvoir la langue française de manière [114] adéquate, ne peut que compromettre la capacité du Québec a faire du français une langue d'avenir en Amérique du Nord.



* Département de mathématiques. Université d'Ottawa.

** Candidate au doctorat, Département de science politique, Université du Québec à Montréal.

[1] Charles Castonguay, L'assimilation linguistique : mesure et évolution, 1971-1986, Québec, Conseil de la langue française, 1994, p. 165-191.

[2] Voir Josée Legault, « L'accès élargi aux écoles anglaises », Le Devoir, 15 novembre 1993 ; « Le Québec n'est plus maître chez-lui », Le Devoir, 9 avril 1995 ; et « Fabulations », Le Devoir, 26 juillet 1995.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le lundi 16 octobre 2017 17:59
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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