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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

PSYCHO-SOCIOLOGIE DE L’APPARTENANCE RELIGIEUSE. (1966)
Préface


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Hervé Carrier, PSYCHO-SOCIOLOGIE DE L’APPARTENANCE RELIGIEUSE. Rome: Les Presses de l’Université grégorienne, 1966, 3e édition, 314 pp. Collection: Studia Socialia, no 4. Une édition numérique réalisée par ma grande amie Gemma Paquet, bénévole, professeure à la retraite du Cégep de Chicoutimi. [Autorisation accordée par l'auteur le 17 novembre 2009 de diffuser la totalité de son oeuvre dans Les Classiques des sciences sociales.]


[5]

Préface


Est-il possible de retracer la genèse d'un livre ? Si l'on nous demandait quelles préoccupations, quelles curiosités ont inspiré le présent ouvrage, nous saurions difficilement nous expliquer d'un mot. Suffirait-il, par exemple, d'indiquer que l'auteur est venu à la sociologie religieuse par la voie indirecte d'études sociologiques plus générales et que, s'intéressant par profession aux conduites religieuses collectives, il fit spontanément de celles-ci l'objet de ses recherches ? Cette explication ne serait que partielle. À vrai dire, il faudrait remonter plus loin.

Avouons au lecteur que notre intérêt pour la sociologie religieuse date précisément de l'époque où celle-ci parlait déjà de multiplier les études de « mentalité », les analyses qualitatives du sentiment religieux, les sondages plus intimes des attitudes socio-religieuses. Les descriptions statistiques de la pratique religieuse, la sociographie des sectes, des dénominations, des groupements, des paroisses, des diocèses s'étaient largement développées ces dernières années. Mais lorsqu'on voulait pénétrer jusqu'à « l'âme des groupes », jusqu'aux attitudes et aux motivations socio-religieuses, l'on n'était que médiocrement aidé par les données générales de la psychosociologie. On était relativement bien renseigné sur les structures du comportement politique, sur les conduites électorales, sur les phénomènes d'opinion publique, de psychologie industrielle ; mais pour ce qui est des conduites religieuses, on ne disposait guère de travail d'ensemble qui fût comparable aux études mentionnées plus haut. La psycho-sociologie appliquée ne pouvait-elle donc rien nous dire sur la structure du comportement religieux, sur la spécificité des attitudes religieuses ?

Notre prétention aura-t-elle été alors de combler cette lacune ? Si tel était le cas, c'est bien de prétention qu'il [6] Faudrait parler. L'on sait assez comment se constituent les synthèses modernes dans les sciences humaines ; elles s'appuient essentiellement sur un grand nombre de monographies préalables. Lorsque celles-ci ont peu à peu éclairé les divers aspects d'un problème, elles permettent, en une seconde étape, l'élaboration de théories ou d'explications globales sur le plan empirique. Le temps n'est sans doute pas venu de songer à ce type d'explication plus ou moins définitive ; et dans l'état actuel des recherches, y prétendre eût été téméraire.

Toutefois, pouvait-on ne pas être frappé, ces dernières années, par la profusion des monographies qui se publiaient en plusieurs pays sur le sujet précis du comportement religieux ? De là est née cette idée de réunir en une présentation d'ensemble - en un exposé commode pour la consultation ou la réflexion - les principales études partielles dont on dispose actuellement sur la psycho-sociologie du comportement religieux. Après avoir accumulé ces données éparses, notre préoccupation a été de les intégrer en un schéma conceptuel que nous estimions se dégager des observations recueillies. La question que nous nous étions posée dès le début sur la spécificité des comportements religieux prit bientôt la forme d'une véritable hypothèse de recherche. En cours d'analyse, la réponse à ce problème nous est apparue positive et nous avons tâché d'en rendre compte, surtout dans nos conclusions. Tout ceci sera bientôt présenté au lecteur.

À ce point, pasteurs et hommes de science nous poseront peut-être quelques questions ultérieures. « Nous parlez-vous le langage théologique ? » demanderont les premiers. « Restez-vous sur le terrain de l'observation ? » s'enquerront les seconds. Comment satisfaire aux exigences des uns et des autres, sinon en rappelant dès le départ les limites exactes de notre travail ? Notre optique, tout au long de notre analyse, a été exclusivement celle de la psycho-sociologie. C'est dire que nous nous sommes arrêté aux seuls faits observables, sans chercher une explication totale des comportements religieux.

L'histoire religieuse, la métaphysique et la théologie auraient encore beaucoup à dire après chacune de nos [7] descriptions ou de nos conclusions de fait. Notons cependant qu'en acceptant les limitations d'une perspective empirique il nous devenait possible de dégager certaines structures et certaines régularités dans les comportements socio-religieux ; et ces données, croyons-nous, renseignent le théologien et les responsables spirituels sur d'intéressants phénomènes inhérents aux conduites des croyants. L'appartenance religieuse, verront-ils, est un phénomène à la fois spirituel et psycho-social où se trouvent engagées, selon des structures spécifiques, toutes les données individuelles et communautaires du comportement humain. Ce type d'ana lyse est d'ailleurs assez connu des théologiens contemporains, qui ont pu se familiariser avec les études de psychologie pastorale ou avec les recherches plus anciennes d'un Schmidt, d'un Pinard de la Boullaye. Notre travail voudrait rouvrir précisément l'un des chapitres de L'Étude comparée des religions, dont l'auteur fut naguère professeur à l'Université Grégorienne.

L'homme de science comprendra pour sa part que ce livre, écrit par un prêtre catholique, ait pu s'inspirer dans son principe d'une préoccupation à la fois scientifique et pastorale. Ce postulat d'utilité apostolique n'aura pas distrait, croyons-nous, notre attention des véritables phénomènes à observer. C'est en tout cas à leur valeur proprement empirique qu'on est invité à juger de nos résultats. À une époque où les collaborations inter-disciplinaires sont devenues indispensables, on ose croire que le travail d'un prêtre sociologue sera de nature à rendre plus facile encore le dialogue de la théologie et des sciences humaines.

Ce n'est pas sans un grand plaisir que nous mentionnerons aux premières pages de ce livre le nom de Monsieur Jean Stoetzel, professeur à la Sorbonne, dont les conseils et les encouragements nous ont été si précieux tout au long de ce travail. Nous lui disons ici notre plus vive reconnaissance.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le dimanche 8 janvier 2012 16:10
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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