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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Le goût du Québec. L'après référendum 1995. Des lendemains qui grincent (1996)
Présentation


Une édition électronique réalisée à partir de l'ouvrage collectif sous la direction de Marc BRIÈRE, Le goût du Québec. L'après référendum 1995. Des lendemains qui grincent. Montréal: Les Éditions Hurtubise HMH, ltée, 1996, 260 pp. Une édition numérique réalisée par Réjeanne Toussaint, bénévole, Chomedey, Ville Laval, Québec. [Autorisation accordée par M. Marc Brière, le 18 octobre 2006 de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

Présentation


par Marc BRIÈRE

En janvier de cette année 1996 post-référendaire, inquiet de la montée de l'intolérance, de l'agressivité, de la bêtise, il m'a semblé opportun de réunir des membres des quatre grandes souches québécoises - auto, franco, anglo et allo - une vingtaine de personnes de bonne réputation, choisies au hasard de mon intuition, pour réfléchir ensemble sur les causes de l'incompréhension mutuelle existant entre les diverses collectivités qui forment la société québécoise, et que le mouvement souverainiste a exacerbée.

Le 13 février suivant, au restaurant Il Rubesco, j'accueillais ceux qui, avec enthousiasme, avaient accepté de participer à cette aventure de rapprochement entre les divers groupes culturels formant la société québécoise, dans le contexte tourmenté de l'après-référendum. Je leur tins à peu près ce langage :

« Je vous remercie d'avoir si aimablement répondu à mon invitation. I do thank you all.

Il s'agit de réfléchir ensemble - et de proposer à nos concitoyens le fruit de nos réflexions - sur la situation actuelle, que je trouve dangereusement malsaine, à la suite du récent référendum québécois sur une éventuelle souveraineté et une offre de partenariat ou d'une nouvelle union économique et politique.

Si vous le voulez bien, tentons ensemble de conjurer les esprits malfaisants et le mauvais sort dans lequel ils risquent de nous entraîner tous.

Je ne vous cacherai pas mon option constitutionnelle : j'étais et serais encore, dans la mouvance de René Lévesque, un souverainiste-associationniste. Mais j'ai le plus grand respect pour l'option fédéraliste. De fait, je crois que l'association envisagée par Lévesque et le partenariat proposé au récent référendum sont une forme de fédéralisme à la manière européenne. Cependant, il ne s'agit pas de convaincre quiconque que cette option est meilleure que celle du fédéralisme classique, mais de faire comprendre que ces deux opinions sont éminemment respectables et qu'elles doivent s'envisager, se discuter, d'une manière civilisée, dans un esprit d'ouverture totale aux opinions d'autrui et de remise en question de nos propres préjugés.

Il s'agit de débusquer l'intolérance, qui ne peut qu'aboutir à la violence, et d'installer le dialogue démocratique sans lequel aucune solution de l'impasse actuelle n'est possible.

Mon état judiciaire ne me permet pas - hélas ! - de participer directement au débat politique. Aussi me contenterai-je de présider nos débats et de coordonner nos efforts.

Je suggère que nous amorcions ensemble cette réflexion pour en partager très rapidement les fruits avec nos compatriotes sous la forme de deux publications concomitantes, en français et en anglais.

Chacun devrait écrire un court texte, d'au plus une quinzaine de pages. Puis nous échangerions nos textes, chacun le faisant parvenir aux autres, lesquels pourraient y réagir par écrit ou oralement. Après cet échange de vues et d'écritures, chacun arrêterait la forme définitive de sa contribution à l'ouvrage collectif proposé.

Comme point de départ de cette réflexion, je vous propose des textes de mon bon ami Jean du Pays, que la discrétion empêche malheureusement d'être parmi nous.

Je conçois notre ouvrage collectif de la façon suivante. D'abord deux sommités de langue française et anglaise feraient les préfaces. En introduction, Jean du Pays poserait en quelque sorte la toile de fond de nos réflexions. Viendraient alors vos textes. Puis deux postfaces pourraient dégager quelques conclusions.

Chaque texte pourrait présenter sommairement l'option constitutionnelle de son auteur et sa réaction personnelle au projet de souveraineté-partenariat proposé par le Gouvernement du Québec, offrir une réflexion sur le comportement de ses congénères et des autres Canadiens envers les uns et les autres en général et, en particulier, au regard du projet souverainiste québécois.

Pas de langage hermétique, ni de langue de bois ! Vous connaissant assez bien, je n'ai aucune crainte à cet égard.

Encore une fois, merci d'avoir répondu avec tant d'enthousiasme et de générosité à mon appel. Maintenant, la parole est à vous. »

À cette première rencontre, on identifia les trois principales questions qu'il nous fallait traiter :

- la légitimité des options constitutionnelles en présence ;
- la contribution des Anglo-Québécois à la société québécoise   ;
- la volatilité du climat politique et les dangers de dérapages extrémistes.

Au projet de publication d'un ouvrage collectif vint s'ajouter celui d'une déclaration de principe, étant entendu que chacun conservait son entière liberté de participer ou de ne pas participer à l'un ou l'autre des projets.

Les principaux journaux québécois publièrent notre déclaration de principe entre Pâques et la Trinité. Et chacun se mit à rédiger son texte et à le soumettre à la critique de tous.

Dans mon esprit, il s'agissait d'identifier ce qui sépare les Québécois et pourquoi, et ce qui les unit ou pourrait les unir davantage comme parties intégrantes d'un même peuple et d'une société majoritairement et principalement francophone. Pouvions-nous vivre ensemble, former un peuple, fonder un nouveau mode de connivence, de convivance, pour qu'un jour nos enfants enfin réconciliés puissent célébrer le modèle québécois avec fierté, dans l'harmonie féconde et la joie.

Point de départ de cette réflexion, sorte de mise en situation, le texte de Jean du Pays sert d'introduction à l'ouvrage.

Notre déclaration conjointe précède les textes individuels de ceux qui ont pu prendre le temps de l'écriture.

En tête de file indienne, pour nous mettre en appétit, le savoureux texte de Myra Cree s'imposait, alors que Henry Mintzberg devait immédiatement nous convier à sa table de joyeuses lamentations. Puis le politicologue Julien Bauer développe les concepts d'État-nation et de peuple, tandis que le président du Conseil pour l'unité canadienne, Peter G. White, examine comment ces notions se sont actualisées dans l'histoire du Canada. De celle-ci Claude Corbo retient la Conquête, qui a transformé la personnalité des Canadiens français, de veilles en lendemains, qui sont des veilles...

Après ces textes introductifs, René Boudreault entre dans le vif de la question autochtone, tandis que Marco Micone pourfend l'ethnicisme et souligne les avantages du métissage dont a bénéficié la société québécoise tout au long de son histoire, tant avec les autochtones qu'avec les conquérants anglophones, puis avec les immigrants. Ce qui nous ramène aux Premières Nations, avec James O'Reilly ; cet avocat des Cris et des Mohawks expose l'ambition des peuples autochtones à la souveraineté et son fondement juridique. Robin Philpot, par ailleurs, met en garde contre la tentation de morcellement du territoire québécois à laquelle certains Indiens et quelques Blancs succombent parfois. Le Montagnais Bernard Cleary espère, quant à lui, un nouveau contrat social et une forme de souveraineté-association entre le Québec et ses peuples autochtones.

Si les autochtones croient savoir où ils en sont et vont, les Juifs québécois nagent, pour leur part, dans une ambivalence  de tous les instants, selon le directeur du Centre communautaire juif de Montréal, Joseph Rabinovitch. Faisant contraste, le professeur Louis Cornellier choisit alors d'étaler ses assurances et son opposition à l'impérialisme de l'anglo-culture internationale.

Pour finir, la jeune avocate Isabelle Guinard évoque son aventure dans « la fosse aux lions », que la chaîne de télévision CBC organisa et diffusa à l'hiver de 1996 : vingt-quatre Canadiens de toutes les provinces avaient reçu la mission de refaire le Canada en soixante-douze heures ! Et il convenait de laisser le mot de la fin au très sage Naïm Kattan.

En postfaces, Julien Bauer et moi tirons quelques conclusions de notre aventure collective.

M.B.

Juin 1996



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 10 mars 2009 18:52
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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