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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

La psychologie sociopersonnelle d’Alfred Adler.
Textes de l’auteur présentés dans une optique nouvelle. (1992) [2011]
Avant-propos, 2011


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Martine de Bony, La psychologie sociopersonnelle d’Alfred Adler. Textes de l’auteur présentés dans une optique nouvelle. Angers: Société Paquereau Éditions, 1992, 156 pp. Avec l’autorisation des Éditions Payot. [Autorisation de Mme de Bony de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales accordée le 17 décembre 2010.] Une édition numérique réalisée par mon épouse, Diane Brunet, bénévole, guide, Musée de la Pulperie, Chicoutimi.

Avant-propos

Martine de Bony
Janvier 2011


Alfred Adler, dont les premiers travaux se fondent avec les débuts de la psychanalyse freudienne, créa, à partir de 1911 sa propre école qui lui attira estime et renommée.

Aujourd’hui, si le nom du médecin-psychologue viennois est connu, bien peu nombreux sont ceux qui savent exactement à quels concepts, à quelle doctrine son nom doit être associé.

Or, la vision d’Alfred Adler mérite un examen attentif. Partie d’observations de cas pathologiques – sur des bases organicistes – elle atteint les dimensions d’un humanisme universel.

Plus d’un demi-siècle après sa mort beaucoup de ses idées frappent par leur modernité, notamment celles qui concernent la condition féminine ; d’autres sont, encore à l’heure actuelle, franchement d’avant-garde comme son sévère avertissement contre la prolifération des enfants gâtés ; une  autre encore a eu un tel succès immédiat et la culture l’a intégrée avec tant de facilité qu’on a oublié à qui on la devait, par exemple le « complexe d’infériorité ».

Il convient donc de revenir à cet auteur avec une attention sans parti pris, de tenter de le considérer dans sa propre lumière et non comme le disciple dissident puis le rival malheureux, végétant à tout jamais dans l’ombre de Freud.

À quels domaines de la recherche ses idées peuvent-elles fournir aujourd’hui matière à réflexion ?

En premier lieu à la médecine psychosomatique, discipline boiteuse qui ne considère actuellement que l’influence du psychique sur le somatique. Adler nous engage à scruter le soma pour y découvrir par quelles voies indirectes il peut  influencer le psychisme. (Hypothèses non réfutées à ce jour concernant la variabilité histologique et fonctionnelle des organes.)

Devançant les grands auteurs féministes, il vilipende la société « machiste » (comme nous dirions maintenant) qui est la sienne. Favorable dès le début du siècle à l’instruction et à l’exercice de professions pour les filles, il encourage les mouvements pour l’égalité des sexes et se montre, dès 1933, favorable à la libéralisation de l’I.v.g. Ce que nous appelons  le sexisme est pour Adler le prototype de l’attitude erronée en face des problèmes de la vie.

À contre-courant de l’orientation scientifique de son époque, il s’élève contre le déterminisme causal appliqué à la psychologie. Les conduites humaines sont déterminées, certes, mais avant tout par la vision du but qu’on cherche à atteindre. Adler nous restitue ainsi la possibilité du libre arbitre sans lequel il n’est pas de démocratie digne de ce nom.

Ce but, plus ou moins avoué, plus ou moins inconscient, déjà là dans les premières années de l’enfance vise toujours à sortir d’un sentiment d’insécurité et d’affirmer une supériorité compensatrice.

L’accent mis sur le désir de domination  comme compensation du sentiment d’infériorité inhérent à la condition humaine, a parfois été jugé exagéré. Pourtant, la littérature comme la vie quotidienne (et à plus forte raison la pathologie) ne nous apportent-elles pas constamment des exemples de  tels comportements? L’humour désabusé de Milan Kundera résume bien la situation : « Toute la vie de l’homme parmi ses semblables n’est pas autre chose qu’un combat pour s’emparer de l’oreille d’autrui ».

Adler nous montre comment les despotismes, les chauvinismes, les racismes, les narcissismes, de même que les innombrables formes de tyrannie domestique sont la névrose de l’humanité.

Le sentiment d’infériorité n’a-t-il aucun autre moyen d’être apaisé, neutralisé, contourné ou dépassé ?... Il y en a un ;  c’est là la grande idée d’Adler : puisque, comme le prétend l’adage,  l’union fait la force, il est impératif de développer dès l’enfance l’esprit de solidarité, le sentiment de communauté. Adler ne nous éclaire pas complètement sur la nature du « Gemeinschaftsgefühl », notion qui revient comme un leit-tmotiv  à partir de 1912. « Qu’on le nomme comme on voudra, dit-il : solidarité, coopération, humanisme ou même idéal du moi ». Véritable panacée, le Gemeinschaftgefühl est proposé aux éducateurs aussi bien qu’aux psychothérapeutes, aux parents, aux pédagogues, à tous ceux qui ont en charge l’équilibre mental des membres de la collectivité. Loin de condamner le principe humaniste du message chrétien (dont pourtant il ne se réclame pas) Adler nous dit en substance de nous aimer les uns les autres parce que c’est bon pour la santé.

Tout en insistant sur ce qu’un tel discours a de profondément original, on ne peut passer sous silence la controverse avec Freud qui occupe une petite  partie de l’oeuvre. (On trouve des traces de cette controverse dans la dernière des Cinq Psychanalyses, l’histoire de l’Homme-aux-Loups dans laquelle Freud confronte les deux thèses).

Une suite à  cet ouvrage consacrée à la pathologie mettrait en évidence les deux univers conceptuels. L’un, dont l’inconscient est le champ exclusif d’investigation, l’autre qui considère la personnalité tout entière en face de l’exigence sociale.

Dans ce premier choix de textes, Adler nous livre ce qui est pour lui le « sens de la vie ». Philosophie encourageante, assortie certes d’une éthique rigoureuse, mais capable d’offrir à l’Homme contemporain – si avide de repères – une image cohérente de lui-même et une perspective existentielle.

On peut alors se demander pourquoi un tel message est si mal connu. Il y a certainement plusieurs raisons, mais parmi elles on peut mentionner à coup sûr celles qui ont trait aux écrits d’Adler. Homme de conversation, d’un contact facile et chaleureux, Adler n’était pas un écrivain. Avec souvent des formules belles et percutantes, ses écrits sont décousus, redondants, truffés de digressions (ce sont parfois des comptes-rendus de conférences).  Les idées sont présentées pêle-mêle, telles les pièces d’un puzzle, ce qui supprime les effets de contexte et rend très difficile, malgré la familiarité de la langue et la simplicité des démonstrations, une lecture systématique et une tentative de synthèse.

C’est pourquoi je me suis livrée au travail présenté ici ; travail qui a consisté en une réorganisation des textes fondamentaux d’Adler suivant un plan qui m’a paru plus clair. Les textes appartiennent aux ouvrages suivants : « Uber den  nervôsen Charakter » - 1912. (Traduit par « Le tempérament nerveux », « Menschenkenntnis » - 1926. (« Connaissance de l’Homme »), « Der Sinn des Lebens » - 1933- (« Le sens de la vie ») et quelques emprunts à « Religion und Individualpsychologie » - 1933.

Ma tâche a consisté, dans un premier temps, à répertorier chaque séquence et à les classer par thème, constituant une sorte d’index. Ensuite, j’ai pratiqué parmi ces séquences un choix et je les ai groupées en  chapitres auxquels j’ai donné des titres. Les mêmes thèmes se retrouvant dans les quatre ouvrages, j’ai choisi de n’indiquer que leurs dates, montrant ainsi l’évolution de la pensée de l’auteur sur chaque sujet traité.

J’ai pratiqué un grand nombre de coupures et pris quelques libertés avec la traduction. Mon initiative la plus importante concerne l’appellation de « Psychologie individuelle comparée » qu’Adler avait donnée à sa doctrine ; « individuelle » se rapportant à l’unité indivisible du sujet, à l’individu, au sens étymologique du terme. Quant à l’adjectif « comparée » il fait référence au « type idéal de la communauté. Le plus souvent, afin de simplifier, il n’est parlé que de « Psychologie individuelle », ce qui induit chez le lecteur une impression diamétralement opposée aux intentions de l’auteur. C’est pourquoi j’ai remplacé ce terme par « psychologie de la Personne » et j’ai forgé pour le titre le néologisme de « sociopersonnelle » qui me semble cerner d’assez près le propos d’Adler.

Pour ces raisons, et malgré l’entrée dans le domaine public, cette anthologie n’a pas trouvé sa place dans les circuits traditionnels de l’édition.

Il appartient au lecteur curieux ou exigeant sur le plan de l’orthodoxie de se reporter au texte original.

Enfin, je tiens à remercier le fils d’Alfred Adler, le Docteur Kurt Adler, qui a bien voulu accompagner de ses voeux chaleureux la publication de mon travail, ainsi que les éditions Payot qui m’ont cédé leurs droits sur les traductions.

Martine de Bony

Décembre 1992

NOTE DE  2011 :

Grâce aux éditions en ligne : « Les classiques des sciences sociales », les  textes fondamentaux d’Alfred Adler sont déjà sur le site.

Cette anthologie, accueillie à leur suite, permettra peut-être à certains une première approche plus aisée. Ainsi, grâce à l’entreprise philanthropique que représente l’immense travail de Jean-Marie Tremblay et de son équipe de bénévoles, c’est une diffusion planétaire que vont connaître les idées de ce grand oublié.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 15 février 2011 7:40
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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