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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

L'anatomie d'une société saine: les valeurs sociales (1983)
Avis au lecteur


Une édition électronique réalisée à partir du texte de Martin Blais, L'anatomie d'une société saine: les valeurs sociales. Montréal: Fides, 1983, 245 p. [Autorisation accordée par l'auteur le 22 septembre 2004 de diffuser toutes ses publications] Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, professeure retraitée de l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutim. [L'auteur nous a autorisé, le 22 septembre 2004, à diffuser toutes ses publications.]

Avis au lecteur

J'ai souvent dit qu’un homme raisonnable devait aimer la loi, le gendarme, et même le percepteur, et qu’une société seulement passable était la plus utile de toutes les inventions humaines.

Alain

 L'avis ou l'avertissement au lecteur attire l'attention sur ce qu'il faut savoir pour comprendre un ouvrage ou pour ne point en être choqué. Quatre combinaisons sont possibles : on peut comprendre et être choqué ; comprendre et ne pas être choqué ; ne pas comprendre et être choqué ; ne pas comprendre et ne pas être choqué. Quelques mots pour débrouiller chaque cas.

On peut comprendre et être choqué parce qu'on n'est pas d'accord avec les idées avancées dans l'ouvrage. Ce pourrait être le cas de mon lecteur. On peut comprendre et ne pas être choqué parce qu'on est d'accord avec les idées émises. C'est ce que tout auteur souhaite. On peut ne pas comprendre et être choqué parce qu'on en accuse son intelligence. Ce ne sera pas le cas de beaucoup de mes lecteurs...

Enfin, et c'est la pire des situations, on peut ne pas comprendre et ne pas être choqué. Beaucoup de textes difficiles sont tout simplement mal écrits. Les professeurs de philosophie passent la majeure partie de leur temps à expliquer des textes illisibles. Au lieu de lire, il faut commenter, expliquer, bref réécrire. Dans bien des cas, les étudiants sont complices. Lucrèce nous en donne la raison dans son poème De la Nature quand il écrit que les sots préfèrent et admirent ce qui leur est dit en termes mystérieux, et qu'Héraclite s'est rendu illustre chez les Grecs par son langage obscur [1].

Comme je n'ai rien à cacher, nous cheminerons au grand jour : mon vocabulaire n'est ni kantien, ni sartrien, ni malebranchien, ni marxien, ni jungien, ni merleau-pontien, ni ci, ni ça. Il est humblement français. Chaque mot que j'utilise est pris en l'un ou l'autre des sens consignés dans le dictionnaire français. Les écarts s'expliquent par mon ignorance ; aucun ne s'éclaire par le lexique de quelque monstre sacré de la philosophie.

Pour ne pas être choqué par le nombre fort respectable de citations que contient ce livre, il faut savoir pourquoi je cite et dans quel esprit. D'abord, je ne cite personne à titre d'autorité. Il n'y a pas d'autorité en philosophie. On n'adhère à rien pour la raison qu'un maître l'a dit : maître vivant ou maître mort. La seule raison d'adhérer, c'est l'évidence. On cède devant l'évidence, mais, jamais devant Platon, Augustin, Thomas d'Aquin, Descartes, Kant, Marx ou qui que ce soit d'autre.

Je cite parce que je crois que la pensée progresse lentement, comme les sciences et les arts, par l'apport, souvent minime, de quelques individus de chaque génération. D'une part, il est honnête de reconnaître la collaboration de chacun ; d'autre part, il est important de savoir qu'un problème est une, deux ou trois fois millénaire. Quand on sait que, cinq siècles avant Jésus-Christ, Aristophane, dans L'Assemblée des femmes, fait prendre le pouvoir aux femmes pour mettre fin à l'injuste répartition des richesses, on n'aborde pas certains problèmes de la même manière.

Je cite, enfin, sans me soucier outre mesure de ce que les auteurs ont voulu dire. Je ne fais pas ici du travail d'exégète ; je n'explique pas des textes ; je cherche à comprendre des choses. Je fais donc dire aux auteurs que je cite ce qu'ils semblent vouloir dire au lecteur simple mais intelligent. Si ma pensée coïncide avec la leur, tant mieux.

Cet ouvrage est un essai au sens littéraire du terme. Je traiterai de mon sujet, les valeurs sociales, sans prétendre l'épuiser. Beaucoup d'auteurs parlent, à l'occasion, des valeurs sociales, mais, la plupart du temps, ils ne donnent pas à l'expression le sens que je lui donne ou, s'ils le font, ils ne conduisent pas une recherche systématique. Un essai, c'est plus modeste qu'un traité. L'essai engage la discussion ; le traité la clôt. Enfin, pour comprendre, il faut parfois savoir que l'auteur n'a pas agi seul. Les détectives en savent quelque chose. Eh bien ; je n'ai pas commis tout seul cet essai : j'ai bénéficié de la précieuse collaboration de Mlle Diane Simpson, étudiante au doctorat, à la Faculté de philosophie de l'Université Laval. Digne émule de sa patronne, Diane la chasseresse, quand elle part à la recherche d'un renseignement, elle ne revient jamais bredouille.



[1] Lucrèce, De la Nature, Paris, Garnier-Flammarion, coll. « Texte intégral GF », n° 30, 1964, L. 1, p. 35.


Retour au texte de l'auteur: Martin Blais, philosophe, retraité de l'Université Laval. Dernière mise à jour de cette page le Samedi 19 mars 2005 13:15
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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