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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Perspectives traditionnelles et perspectives critiques en criminologie” (1986)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Marie-Andrée Bertrand, Perspectives traditionnelles et perspectives critiques en criminologie”. Un article publié dans la revue Criminologie, vol. 19, no 1, 1986, pp 97-111. Numéro intitulé “Politiques et pratiques pénales. 25 ans de réflexion et d'action”. Centre international de criminologie comparée Montréal: Les Presses de l'Université de Montréal.[Autorisation formelle accordée par Mme Marie-Andrée Bertrand de diffuser cet article, le 11 septembre 2004.]
Introduction

Is critical criminology « passée » ? Have its fathers, the British and American sociologists who wrote Critical Criminology in the mid seventies exhaust its potential interest and flavour ? 

It would be too bad because critical criminology never really took place. There never was a serious and rigorous attempt at unfolding the historical, epistemological, socio-political roots of the discipline, a critical look at it that took nothing for granted. 

Reminding the readers of the very serious and highly publicised debate around Traditional and Critical Theory in the late thirties launched by the sociologists and philosophers of the Frankfurt School, the author shows that, far from being outdated, critical theory is of the utmost practicality in criminology, even more so because its founding fathers have taken, since, a less partisan and doctrinaire view of it. The applications of their intellectual and socio-political orientations to criminology are numerous, calling for a serious socio-historical analysis of the discipline and of its academic origins that should throw light on where it is going and its impotence at developing a paradigm.

Les collègues à qui je me suis ouverte de mon intention d'écrire sur le sujet des perspectives traditionnelles et perspectives critiques en criminologie m'ont accueillie avec surprise, ennui ou inquiétude. 

« Qui a-t-il de nouveau sur ce front ? » semblaient dire certains. « N'a-t-on pas assez parlé de criminologie critique sans que cela renouvelle la théorie et surtout sans que cela enrichisse la pratique criminologique ? Faut-il vraiment y revenir ? » objectait carrément un confrère. 

« Que vas-tu loger à l'enseigne de la perspective traditionnelle ? » s'inquiétait un autre. 

« Tu veux faire un article d'inspiration marxiste ? » suggérait un professeur familier avec l'École de Francfort et sachant par ailleurs que ma culture marxienne est de niveau sous-gradué, il s'apprêtait à me décourager de toute tentative en ce sens. « La théorie critique en sciences sociales est marquée par les marxistes. Comment te sortiras-tu des confusions que tu auras créées par l'emploi d'un vocabulaire déjà investi ? » 

Si j'ai persisté dans mon projet, c'est, en partie, parce qu'il m'apparaissait que la théorie critique et ses perspectives méritent d'être dédouanées, de retrouver une certaine virginité. 

Ce ne sont pas les marxistes qui ont inventé la critique, ils l'ont investie d'un sens particulier à une époque bien précise. Bien avant eux, un certain philosophe nommé Kant s'était d'ailleurs presque approprié le terme dans un sens fort différent... Ce ne sont pas non plus les criminologues britanniques qui ont inventé la criminologie critique, à supposer qu'il existe un courant identifiable qui mérite ce nom. La paternité d'une critique économico-sociale des « causes » de la criminalité reviendrait plutôt à un Hollandais du nom de Bonger (1905) ! Si j'ai persisté dans mon projet, c'est aussi pour exposer les avantages qu'il y aurait à nous situer plus souvent dans une ou des perspectives critiques. 

La critique dont je veux parler ici s'intéresse à l'épistémè. Essentiellement, elle propose de ne rien prendre pour acquis, surtout pas notre objet, et de nous efforcer, dans toute entreprise intellectuelle, de reconnaître les mobiles qui nous poussent dans une direction plutôt que dans une autre ; de nous interroger sur ce qui fait se concentrer la science sur certains objets plutôt que sur d'autres. 

Puisque, ma proposition critique veut se démarquer de la Théorie critique née à l'École de Francfort, elle ne peut en faire abstraction : les philosophes allemands de l'Institut de recherche sociale et de l'École de Francfort ont opposé fermement théorie traditionnelle et théorie critique, les décrivant comme irréconciliables. Mais que faut-il penser de cette opposition ? Ne convient-il pas de rappeler l'histoire de cette antinomie et de revoir ce qui amenait Adorno, Fromm, Habermas, Horkheimer et Marcuse à s'élever comme ils l'ont fait contre la science traditionnelle ? Dans ces travaux marquants qu'ils ont conçus avant même d'émigrer aux États-Unis, fuyant le national-socialisme, qu'avaient-ils à reprocher à la théorie conçue de façon traditionnelle ? 


Retour au texte de l'auteur: Dernière mise à jour de cette page le mercredi 9 août 2006 18:19
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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