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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Jean-Louis Benoît, “Restaurer la démocratie.” (2006)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Jean-Louis Benoît, “Restaurer la démocratie.” (2006). Réflexion personnelle sur la situation politique actuelle, résultat d'une dérive commencée en 1970. 23 avril 2006. [Autorisation accordée par l'auteur de diffuser ce texte dans Les Classiques des sciences sociales, le 9 novembre 2006.]

Introduction

La France est incapable de faire des diagnostics partagés…
[Elle] est ainsi devenue le modèle de l'absence de réelle démocratie.

Jacques Marseille 

 

Dans l’introduction de De la démocratie en Amérique, en 1835, Tocqueville insiste sur le surgissement inéluctable de la démocratie, en France comme dans les monarchies d’Europe occidentale qui ont été le berceau de l’État de droit [1]. Cependant, prévient-il, la démocratie n’est, en soi, ni bonne ni mauvaise, et il en peut sortir le meilleur comme le pire. Mais, dans le flux de l’Histoire il n’y a pas nécessairement coïncidence absolue entre le surgissement ou l’existence d’un état social démocratique, c’est-à-dire, pour Tocqueville, dans lequel s’est instaurée une égalisation – au moins relative – des conditions, et une véritable opinion publique qui constitue, de facto, le premier pouvoir non-institutionnel, d’une part, et un régime politique démocratique avéré et constitutionnel d’autre part.

Les institutions démocratiques elles-mêmes - ou une pratique pervertie de celles-ci - ont permis, du 18 Brumaire de Louis-Napoléon Bonaparte jusqu’à nos jours, le basculement de démocraties dans le despotisme, voire l’avènement de tyrannies drapées dans des oripeaux ou des discours « démocratiques ». Aussi, Hannah Arendt est-elle dans le droit fil de la pensée tocquevillienne [2] lorsqu’elle analyse la montée du despotisme et la nature du système totalitaire. 

En 1835 et 1840, lorsque Tocqueville écrit les deux parties de La démocratie en Amérique, il rédige une sorte de : « Traité du bon usage de la démocratie », mais ses leçons n’ont guère été suivies dans son propre pays – nul n’y est prophète -, ni de son vivant, ni depuis les années 1970. Très souvent nommé, parfois cité, rarement de façon exacte ou judicieuse, il demeure, pour partie, étranger dans sa patrie. Les politistes ne vont guère plus loin, l’exigence tocquevillienne d’une éthique du politique est assurément bien inconvenante aux yeux de ceux qui nous gouvernent comme des médias, spécialement audiovisuels, qui leur servent de relais sans les remettre en cause !


[1] - Sur cette filiation, voir Blandine Kriegel : L’État et les esclaves, Calmann-Lévy, 1979.

[2] Voir, par exemple : Les origines du totalitarisme, Le système totalitaire et Du mensonge à la violence.


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 14 novembre 2006 19:06
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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