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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Georges BALANDIER, “Problèmes actuels de la sociologie.” In revue L’homme et la société, revue internationale de recherches et de synthèses sociologiques, no 3, janvier-mars 1967, pp. 47-53. Paris : Les Éditions Anthropos. [Le 28 janvier 2008, M. Georges Balandier, par l'intermédiaire de M. Jean Benoist nous accordait sa permission de diffuser quelques-uns de ses livres ainsi que tous les articles publiés dans les Cahiers internationaux de sociologie. M. Balandier n'a pas d'adresse de courrier électronique, mais on peut lui en adresser un au Centre d'études africaines, Bd Raspail, à Paris. On peut contacter la secrétaire de ce centre, Elizabeth Dubois, au 01 53 63 56 50 ou la secrétaire des Cahiers internationaux de sociologie, Christine Blanchard au 01 49 54 25 54.]

[47]

Georges BALANDIER

“Problèmes actuels
de la sociologie.”
 *

In revue L’homme et la société, revue internationale de recherches et de synthèses sociologiques, no 3, janvier-mars 1967, pp. 47-53. Paris : Les Éditions Anthropos.


E. AMBARZOUMOV. — La sociologie éveille un intérêt grandissant en Union Soviétique et la Leteralournoya Gazetta à laquelle je destine la publication de cet entretien vient d'inaugurer une rubrique consacrée à cette science. Quelle est la situation actuelle de son développement en France et dans quelle proportion les étudiants s'orientent-ils vers cette discipline.

G. BALANDIER. — Les vocations sociologiques paraissent chaque année plus nombreuses. En France, plusieurs centaines d'étudiants s'orientent, au moment des rentrées universitaires, vers les enseignements qui préparent à la Licence de sociologie et, au-delà, à un doctorat spécialisé. Les uns se destinent aux carrières de recherche, avec la certitude que les sciences sociales deviendront de plus en plus exactes, et la conviction que les dernières décennies du siècle ouvriront l'ère des sciences de l'homme. Les autres envisagent, malgré le nombre limité des débouchés, les carrières exigeant une application de la sociologie. Ils aimeraient se considérer comme des ingénieurs de la mécanique sociale. Dans une période de mutation généralisée — car toutes les sociétés sont maintenant, et pour la première fois dans l'histoire, soumises à des changements profonds — la sociologie se présente comme un instrument de connaissance et de régulation.

E. AMBARZOUMOV. — En tant que spécialiste, n'auriez-vous pas tendance à privilégier la sociologie, qui après tout n'est qu'une des sciences sociales ? Quelle est donc selon vous sa spécificité et quel rôle joue-t-elle dans l'ensemble des sciences sociales ?

[48]

G. BALANDIER. — La sociologie scientifique apparaît tardivement ; elle est un produit du xixe siècle. Ses grands fondateurs, notamment Saint-Simon, Marx et Proudhon, en font un moyen d'analyse critique de la réalité sociale en révélant les rapports sociaux réels sous les apparences « officielles », les contradictions et les dynamismes sous-jacents à l'ordre établi, les tendances au changement sous l'apparente immobilité des institutions. Elle doit rester une sociologie dynamique et critique, si l'on entend ne pas trahir sa charte originelle. Auguste Comte lui a conféré une fonction théorique redoutable : devenir « la science des sciences ». E. Durkheim lui a attribué une fonction pratique non moins ambitieuse : contribuer au façonnage de la société et de son éthique, assurer la consolidation de la démocratie et de la morale laïque. Dès le départ, les buts assignés à la sociologie ne furent pas mineurs. Elle doit aujourd'hui maintenir des exigences qui ne la réduisent pas à être une simple technique de gestion, parmi d'autres.

E. AMBARZOUMOV. — Cependant, Durkheim s'est principalement intéressé à l'utilisation de la sociologie comme moyen d'adaptation à une société donnée. Ce qui fait apparaître chez lui une tendance visant à transformer la sociologie en une technique pour adapter le comportement des hommes à des conditions sociales envisagées comme non soumises au changement. Pensez-vous que la sociologie devrait être considérée comme la science de la manipulation des hommes, comme l'économie est celle de la manipulation des choses ?

G. BALANDIER. — En aucun cas ; ce serait un danger. Actuellement le fait dominant est la généralisation de la sociologie ; le dernier congrès mondial réuni à Evian (France) en septembre 1966 l'a manifesté en toute netteté. La sociologie retrouve une place, et sa vigueur créatrice, dans les pays socialistes où elle fut durant un temps contestée — notamment en U.R.S.S. et en Pologne. Il faut bien se rendre à l'évidence ; la sociologie n'est pas condamnée, par une sorte de vice interne, à l'état de « science bourgeoise ». Née d'une analyse critique de la société industrielle capitaliste, elle s'est d'abord développée au sein de cette dernière ; et selon des orientations qui ne sont pas nécessairement celles du conformisme. Elle doit maintenant se renouveler et s'universaliser en étudiant les systèmes sociaux différents ; et en premier lieu les sociétés industrielles du régime socialiste. Par ailleurs, l'étude des sociétés en voie de développement et de modernisation devient aussi un facteur de renouvellement. Elle révèle déjà, bien qu'elle n'en soit qu'à ses commencements, que la sociologie établie ne peut s'appliquer à ces dernières sans transformations profondes. Le groupe de travail consacré aux « nouvelles nations », dans le cadre du Congrès d'Evian, a mis en évidence la nécessité de façonner des instruments (conceptuels, théoriques, méthodologiques) mieux adaptés à ce type de sociétés. La tâche est urgente. Le sous-développement se définit aussi par le sous-développement des connaissances qui limite la capacité d'intervention efficace sur les mécanismes sociaux et les comportements.

E. AMBARZOUMOV. — Dans ces conditions, comment définissez-vous la vocation actuelle de la sociologie ?

[49]

G. BALANDIER. — La sociologie ne peut pas se réduire à des spécialisations qui limitent son champ théorique, ou à des applications qui deviennent routinières. Si l'on veut bien admettre que la caractéristique dominante de cette époque est la transformation profonde de toutes les sociétés et de toutes les civilisations, c'est une sociologie des mutations qu'il convient d'édifier.

E. AMBARZOUMOV. — Si je comprends bien, vous considérez que les mutations constituent des formes de développement social ayant certains traits communs et qu'en tant que telles elles doivent être soumises à l'étude sociologique.

G. BALANDIER. — C'est exact, mais je voulais ajouter qu'il devient nécessaire de reprendre l'entreprise théorique lancée avec tant d'éclat au cours du xixe siècle. Elle a été ralentie ou arrêtée durant un temps : le marxisme a pu imprégner la pensée sociologique dans plusieurs de ses expressions, mais il s'est trop figé durant une certaine période pour avoir pu donner naissance à une sociologie renouvelée.

E. AMBARZOUMOV. — Cependant, il me semble qu'en vertu des principes qui lui sont inhérents, le marxisme ne peut s'arrêter dans son développement. La référence aux dogmatiques ne peut servir de témoignage de l'immobilité du marxisme, pas plus que la référence à n'importe quel obscurantisme ne peut témoigner de l'immobilité de la terre. Je voudrais aussi ajouter que la différence entre Marx et les deux autres fondateurs de la sociologie : Saint-Simon et Proudhon, que vous avez cités en même temps que lui, réside dans le fait que Marx tout en soumettant comme eux à la critique la société de son époque, a été le premier à donner à cette critique un caractère scientifique et dynamique reliant la nouvelle société à l'évolution réelle de l'ancienne et non à une vision romantique sans fondements telle qu'elle apparaît chez Saint-Simon et surtout chez Proudhon.

G. BALANDIER. — Ce que je veux souligner ici, c'est le fait que les sociologies établies ont surtout vécu sur l'héritage théorique reçu du siècle dernier plus qu'elles ne l'ont enrichi. Cet affaiblissement explique la contestation formulée, notamment en France, par les philosophes qui ne trouvent dans les sciences sociales qu'un empirisme à courte vue ou un positivisme désuet.

E. AMBARZOUMOV. — Vous faites vraisemblablement allusion à Sartre qui reproche à la sociologie d'être l'instrument de l'adaptation à la société existante. La même critique est d'ailleurs formulée par les marxistes, bien que partant d'une position différente.

G. BALANDIER. — Il ne s'agit pas de mettre en cause la critique marxiste d'une certaine sociologie. Je veux simplement souligner que la pensée sociologique du xixe siècle résulte d'une expérience précise : celle qui est associée à l'établissement de la société industrielle et du capitalisme, aux dynamismes politiques que les mouvements ouvriers et les nationalismes mettent en œuvre. Le renouveau théorique de la sociologie ne peut être acquis aujourd'hui que dans des conditions semblables ; à partir des expériences les plus spécifiques de cette seconde moitié du siècle — la diffusion généralisée de la civilisation industrielle, la réalisation du socialisme, [50] l'avènement des pays en cours de développement, les modifications résultant du progrès des sciences appliquées, etc. Les tentatives conduites à distance des faits, sur le seul terrain du formalisme, sont certainement vouées à l'échec. Elles élaborent une sociologique, plus qu'une sociologie équipée des outils intellectuels qui sont indispensables à l'interprétation scientifique des sociétés actuelles.

E. AMBARZOUMOV. — Quels sont donc les rapports entre sociologie théorique et sociologie empirique ?

G. BALANDIER. — Cette question vient d'être indirectement abordée. La sociologie empirique a rapidement étendu son domaine ; elle dispose de recettes techniques bien établies : celles de l'inventaire social, de l'enquête par questionnaires, de l'analyse statistique plus ou moins élaborée, etc. ; elle s'applique à des secteurs toujours plus nombreux : le milieu de travail et l'entreprise, le milieu rural, les grandes villes et leurs quartiers, la vie politique, la religion et les pratiques qu'elle régit, la participation culturelle... et la mode. Les sociologues sont désormais sollicités dans tous les pays où la sociologie possède des moyens de formation, d'information et de recherche. Aux Etats-Unis, les sociologues « praticiens » se comptent par milliers, en France, ils commencent à se compter par centaines.

E. AMBARZOUMOV. — Ne pensez-vous pas que cet utilitarisme sociologique qui caractérise la sociologie américaine et qui peut être considéré comme l'envers de sa faiblesse théorique, risque de constituer une menace de dégénérescence de la sociologie ? À ce propos je me souviens d'un numéro du journal ouest-allemand « Stern » qui publiait avec le plus grand sérieux une enquête « sociologique » portant sur la question de savoir quelles sont les parties de l'anatomie féminine qui attirent le plus les regards des hommes.

G. BALANDIER. — Certes, cette diffusion de la pratique sociologique ne va pas sans risques. L'imprégnation est si large que les abus et les pseudo-sociologues se multiplient. On voit naître des sociologues de toutes choses, et de rien. Le xixe siècle a connu une floraison de « physiologies », le xxe a fait apparaître une maladie nouvelle : la « sociologite ».

E. AMBARZOUMOV. — Mais malgré ces dangers, ne pensez-vous pas que ce mode soit l'expression du fait que l'on fonde actuellement, et non sans raison, les plus grands espoirs sur la sociologie ?

G. BALANDIER. — Ces espoirs pourraient être réalisés et le mal pourrait être limité si la sociologie théorique retrouvait sa force d'expansion. Ce n'est pas encore le cas. Face aux milliers de sociologues empiristes des Etats-Unis, on ne peut placer que quelques sociologues théoriciens. À tel point que C. Wright Mills, penseur vigoureux trop tôt disparu, a tenté de rompre le déséquilibre en plaidant la cause de 1’« imagination sociologique ». Les sociologies européennes, plus proches de la philosophie par tradition, ont mieux préservé l'activité théorique ; mais la fièvre empiriste commence à les frapper avant qu'elles aient élaboré les théories nouvelles qui seront, pour cette époque, la réplique de celles qu'édifièrent les grands fondateurs du siècle passé.

[51]

E. AMBARZOUMOV. — Quelles sont, d'après vous, les données dont toute entreprise de sociologie théorique doit tenir compte ?

G. BALANDIER. — Au niveau des faits, deux caractéristiques majeures s'imposent. La première est la généralisation des informations concernant des sociétés fort différentes : en dehors des sociétés « occidentales », celles que le socialisme a façonnées, celles que les sociologies exotiques ont révélées ; cette tendance à l'universalisation de la connaissance sociologique contraint à rompre le provincialisme « occidental ». La seconde est la transformation rapide du savoir scientifique, du milieu matériel façonné par les techniques appliquées, de l'environnement culturel ; elle implique une sociologie dynamique décelant le sens du changement et suggérant une « prospective ». Au niveau de la théorie, deux exigences ne peuvent plus être méconnues. Celle qui requiert d'appréhender la vie réelle des sociétés sous les apparences et de construire une sociologie en profondeur se conformant au principe qu'il n'y a de science que du caché. Elle incite à édifier une sociologie critique et dialectique ; elle résulte pour une large part de la pensée marxiste des origines, parfois à l'insu de ceux qui la formulent. La seconde exigence est celle de l'application, au domaine sociologique, d'un langage rigoureux et non plus approximatif. Elle conduit à la manipulation d'un outillage logique raffiné ; mais elle s'égare lorsqu'elle convertit la logique nécessaire aux sciences sociales en une philosophie des sociétés, en une idéologie. Toute théorie nouvelle doit prendre appui sur ces quatre piliers de la sociologie actuelle, et non sur tel ou tel d'entre eux.

E. AMBARZOUMOV. — Il me semble que votre formulation des quatre exigences coïncide en gros avec notre propre approche. Toutefois votre mention au sujet des rapports avec l'idéologie — parfaitement fondée — peut prêter à diverses interprétations. Bien entendu, nous aussi, nous sommes opposés au remplacement par l'idéologie de la méthodologie scientifique dans les recherches concrètes. Cependant, il est important pour nous de conserver le lien entre la sociologie et son « âme » idéologique. En la séparant de cette « âme » on empêche la sociologie de jouer son rôle constructif. Cela devient évident lorsqu'on compare l'ensemble des travaux de l'école empirique traditionnelle américaine à l'œuvre du regretté Wright Mills, à qui vous avez rendu justice par votre haute appréciation et qui doit beaucoup au marxisme. A ce propos, pourriez-vous préciser davantage le rôle du marxisme dans le développement de la sociologie ?

G. BALANDIER. — Là encore, des réponses viennent d'être suggérées. Le marxisme a incontestablement contribué à la naissance et à la formation de la sociologie. Le fait est reconnu : la sociologie de Marx est enseignée dans des pays qui ne sont pas de régime socialiste ; en France, par exemple.

E. AMBARZOUMOV. — Mais c'est un état de choses qui ne date que de ces dernières années.

G. BALANDIER. — C'est une évolution récente. C'est une évolution récente, encore controversée, mais néanmoins, positive. Le renouveau de la pensée marxiste devrait accentuer cette tendance. Ce n'est pas seulement [52] l'opposition à une pensée révolutionnaire qui explique le retard pris à cet égard par les sociologies « occidentales ». C'est aussi la fixation du marxisme, pendant une longue période, qui est à mettre en cause. L'œuvre de Marx et Engels comporte une sociologie, mais elle est plus qu'une sociologie. Dès l'instant où elle devenait — pour les théoriciens marxistes officiels — le substitut des sciences sociales, dès l'instant où elle était érigée en une doctrine intangible échappant à la critique marxiste actuelle, la sociologie marxiste avait peu de chances de progresser et de se diffuser. Son devenir dépendait principalement du devenir politique. La sociologie de Marx et Engels peut être réévaluée, en tenant compte des données nouvelles qu'ils ignoraient évidemment, sans que leur démarche scientifique soit dénaturée. La réalisation du socialisme et ses problèmes spécifiques, l'avènement des sociétés néo-capitalistes, la construction moderne des pays en voie de développement et les processus particuliers qu'elle fait apparaître sont les principales de ces données nouvelles.

E. AMBARZOUMOV. — Nos adversaires qui voient dans tout marxiste un doctrinaire étroit doivent être certainement déçus devant l'évolution actuelle. D'une part, le marxisme est reconnu et utilisé par les représentants d'autres doctrines politiques, ce qui démontre qu'il ne peut plus être réduit au simple rôle d'une doctrine politique ; d'autre part, en Union Soviétique, à l'heure actuelle, une sociologie marxiste a acquis le droit à une existence indépendante, aussi bien sur le plan scientifique que sur celui de la vie pratique.

Il faut souligner à ce propos que cette évolution est due dans une large mesure à des événements politiques favorables. La dépendance à l'égard de la politique n'est donc pas toujours négative.

Quant à votre souhait de « renouvellement », je crois que les marxistes authentiques n'ont jamais été opposés à l'intégration d'éléments nouveaux dans leur conception, ce qui ne veut pas dire qu’il puisse être question d'une révision des positions et des principes fondamentaux qui constituent en fait la spécificité même du marxisme.

G. BALANDIER. — Ce que je veux dire par renouvellement, c'est que toute l'expérience accumulée au cours d'un demi-siècle, ne doit plus être négligée, dans ses implications théoriques, par la sociologie marxiste. Cette dernière provoque plus d'abstentions en se figeant qu'en se renouvelant ; l'école structuraliste, pourtant négatrice de la dialectique el de l'histoire, s'est grossie de plusieurs de ces dissidents. Par contre, un courant sociologique, qui n'est pas nécessairement qualifié de marxiste, a incorporé un aspect fondamental de la démarche marxiste : son interprétation historique, dynamique et critique des formes sociales. Sans cette tendance, la sociologie du conflit — appliquée notamment aux manifestations actuelles du conflit social — n'aurait pu se constituer.

E. AMBARZOUMOV. — Vous avez dit vous-même au début de notre entretien que la sociologie retrouve sa place et sa vigueur créatrice dans les pays socialistes, aussi je pense que vos craintes seront infirmées par la vie elle-même. Une dernière question : vous êtes un spécialiste de la sociologie des pays [53] en voie de développement. Quel rôle peut jouer ce domaine de la connaissance ?

G. BALANDIER. — Si l'on situe à part l'apport de l'ethnologie, qui concerne surtout les sociétés exotiques envisagées dans un cadre ethnique, cette sociologie n'en est guère qu'à son commencement. Elle n'a pas encore vingt ans. Son bilan ne saurait donc être présenté. Son rôle apparaît néanmoins déterminant quant à l'avenir de toute sociologie. Ne met-elle pas en cause la majorité des peuples et le plus grand nombre de sociétés ? La diversité des expériences auxquelles elle s'applique, le dépaysement auquel elle contraint, sont des facteurs de renouvellement. C'est en elle que la discipline sociologique trouvera les moyens de s'universaliser — c'est-à-dire d'acquérir un statut scientifique non contesté.



* Ces réflexions de Georges Balandier sur quelques problèmes actuels de la sociologie, ont été énoncées au cours d'un entretien qu'il a eu dans nos bureaux avec Eugène Ambartzounov, Directeur-Adjoint de l'Institut du Mouvement Ouvrier International de Moscou. Elle ont été publiées dans une rubrique consacrée à la sociologie, par la revue soviétique Letteratournava Gazetta du 1er Février. (N. de la R.)



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mercredi 25 octobre 2017 8:28
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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