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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir du texte de Yao Assogba, “Mondialisation de l'économie, mondialisation de l'insécurité.” Un article publié dans le journal LE DROIT, Ottawa, vendredi, le 28 septembre 2001. [Autorisation de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales accordée par l’auteur le 9 juillet 2012.]

Yao Assogba

Professeur en travail social, Université du Québec en Outaouais

Mondialisation de l'économie,
mondialisation de l'insécurité
.”

Un article publié dans le journal LE DROIT, Ottawa, vendredi, le 28 septembre 2001.


Le terrorisme a frappé les États-Unis en s'attaquant à deux institutions qu'on peut considérer comme des symboles de la plus grande puissance du monde. Lorsqu'une telle puissance devient vulnérable, n'y a-t-il pas une crise mondiale de la sécurité?

La mondialisation de l'économie de marché a entraîné la mondialisation de l'insécurité, et la quête de la sécurité et les stratégies pour l'instaurer doivent également être mondialisées.

La sécurité des pays riches est directement liée à la sécurité des pays pauvres.

Or, la mondialisation de l'économie et des finances a engendré des réseaux d'affaires transnationaux et internationaux qui manipulent d'immenses capitaux, font le trafic de drogue, d'armes, de diamants, de personnes, etc. Les profits gigantesques amassés servent à financer la guerre, la violence, la criminalité et des États en survie (Le Monde diplomatique, avril 2000).

Il faut trouver un nouveau sens de l'existence répondant au besoin de sécurité de l'être humain.

Un État « criminalisé » est le reflet du paroxysme de la déliquescence d'une société. Or, il y a une relation entre la situation socio-économique des pays et la violence ; celle-ci augmente avec l'état de pauvreté des pays. En deçà d'un seuil de pauvreté, la violence devient le repère d'existence pour « les damnés de la terre ».

Ce tiers-monde où la condition humaine ne cesse de se détériorer est celui des dirigeants nationaux que les grandes puissances ont courtisés, financés, militarisés et corrompus.

Moyens pacifiques

Les États-Unis et les pays alliés doivent prendre les moyens pacifiques pour bien circonscrire les réseaux des mouvements terroristes. Cette importante opération doit se faire de concert avec les Nations unies et le tribunal pénal international de La Haye.

À long terme, on doit créer les conditions qui favorisent le développement socio-économique et une meilleure répartition des richesses entre le Nord et le Sud. À cet égard, les démarches de compréhension et d'explication du terrorisme d'une part, et les actions pour le contrer d'autre part, ne doivent pas s'enfermer dans le relativisme culturel.

Les sociétés contemporaines ne sauraient être vues comme un ensemble de « communautés » ou de religions définies par des systèmes de valeurs et de cultures incommensurables.

Le choc, la condamnation et la compassion que les attentats de New York et de Washington ont provoqué dans l'opinion nationale et internationale ne s'expliquent pas par l'appartenance des gens à des cultures ou religions singulières fermées. Leur indignation et leur compassion s'expliquent par le fait que ces actes barbares sont contraires à leurs sentiments moraux. L'existence des différences « culturelles » n'implique pas l'absence de valeurs communes aux êtres humains.

Il est des valeurs humaines qui ont acquis une « irréversibilité » malgré les forces historiques qui ont sans cesse voulu freiner leur réalisation. Il en va ainsi des idées de liberté, de démocratie, d'État de droit, de sécurité, de bien-être ou de solidarité internationale. Tel est le défi que les systèmes économique et politique de nos sociétés doivent relever.

Or, le XXe siècles s'est achevé sans que la mondialisation de l'économie de marché et ses implications politiques ne soient parvenues à écarter les menaces qui planent sur l'avenir du monde : les risques inhumains insoupçonnés du clonage humain, l'accroissement des inégalités entre les pays du Nord et du Sud, l'insécurité de l'être humain dans tous les domaines de la vie.

Il faut trouver un nouveau sens de l'existence répondant au besoin de sécurité de l'être humain.

Pour relever ce défi, il nous faut élaborer et traduire en pratique sociale une nouvelle éthique qui renoue avec le sens de la personne entendu non pas dans la perspective libérale, mais dans sa signification fondamentalement humaniste.



Retour au texte de l'auteur: Yao Assongba, sociologue, Université du Québec en Outaouais Dernière mise à jour de cette page le samedi 27 juin 2015 7:15
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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