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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Yao Assogba, DÉVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE EN AFRIQUE.
Comprendre la dynamique des populations
. (2008)
Introduction

Une édition électronique réalisée à partir du texte de Yao Assogba, DÉVELOPPEMENT COMMUNAUTAIRE EN AFRIQUE. Comprendre la dynamique des populations. Québec: Les Presses de l’Université Laval, 2008, 113 pp. Une édition numérique réalisée par mon épouse, Diane Brunet, bénévole, guide de musée à la retraite. [Autorisation de diffuser ce livre dans Les Classiques des sciences sociales accordée par l’auteur le 9 juillet 2012.]

[1]

Développement communautaire en Afrique.
Comprendre la dynamique des populations.

Introduction

Le développement des communautés locales a été toujours au cœur des préoccupations des administrations coloniales et des États africains postcoloniaux. Appelé développement communautaire dans les colonies britanniques et animation rurale dans les colonies françaises, l'esprit et les structures de ce mode d'intervention (développement des communautés locales) ont été, pour l’essentiel, conserves après les indépendances des pays d’Afrique dans les années 1960. Depuis les années 1980, les organisations non gouvernementales (ONG) internationales se présentent comme les acteurs principaux qui appuient les initiatives des populations ou qui travaillent avec elles dans des projets dont certains réussissent mais d'autres échouent.

L’explication de ces phénomènes sociaux est au centre de la sociologie du changement social. La décennie 1960-1970 a été dominée par les théories explicatives de type déterministe (Boudon, 1984), puis la théorie de rationalité de l'acteur est devenue dominante a partir des années 1980. Lorsqu’on fait une brève recension des écrits, il semble ne pas y avoir un livre qui présente en un tout a la fois l'historique et l'analyse sociologique du développement communautaire en Afrique noire subsaharienne en particulier. C'est la contribution que ce petit ouvrage veut apporter dans ce domaine d'études et de recherches.

L’inspiration pour écrire ce livre vient donc de la maturation de nos connaissances théoriques et empiriques accumulées pendant une vingtaine d'années sur le développement des communautés locales en Afrique au sud du Sahara. En effet, les textes qui composent [2] cet ouvrage sont des versions revues, approfondies et actualisées de travaux qui ont été publies sous diverses formes, articles, cahiers de recherche, conférences ou communications scientifiques. Prises ensemble, ces études proposent par leur convergence, une synthèse de thèmes que nous avons traites isolement dans diverses publications, mais que nous n’avions pas eu l'occasion de rapprocher de façon a en faire voir l'articulation et la complémentarité. Globalement, ces études réunies permettent de faire apparaître les liens entre le développement communautaire et la rationalité des acteurs sociaux (populations locales) situés et datés.

Le livre comprend six chapitres. Le texte formant le premier chapitre présente une étude sociohistorique du développement communautaire, du développement rural et du développement local en Afrique subsaharienne. Ce mode d'intervention collective est étudié a l'époque coloniale (anglaise, francophone et lusophone) et dans la période postcoloniale, c'est-à-dire des indépendances africaines dans les années 1960 jusqu'aux années 2000, en passant par les années 1980 marquées par les programmes d'ajustement structurel (PAS) imposés aux États africains par la Banque mondiale et le Fonds monétaire international (FMI).

Théoriciens et praticiens du développement formulent généra­lement l'hypothèse que la participation des populations aux projets les concernant est garante de leur réussite. Le deuxième chapitre s'efforce de tester cette proposition par des données d'enquêtes. Considérant la participation comme un processus qui comporte différentes phases, la démarche d'analyse permet de mettre en évidence les phases d'engagement réel des populations a l'implantation des projets de développement. L’analyse se raffine en montrant que les modes d'intervention qui s’inspirent du paradigme interactionniste favorisent plus la participation effective des gens que les modes d'intervention basés sur le paradigme déterministe.

Après avoir été le fer de lance de la décolonisation, le mouvement paysan africain a été forcé de se retrancher dans le « maquis » par les politiques d'embrigadement des populations dans des partis [3] uniques, par les États africains postcoloniaux, au nom de « l'unité nationale ». Mais les conséquences socioéconomiques des PAS et le vent de démocratisation des années 1990 vont faire connaître un regain de vie au mouvement paysan, notamment dans le domaine du développement communautaire. C'est ce que le troisième chapitre tente de montrer.

Le quatrième chapitre est consacré à l'étude des rapports que les diasporas africaines entretiennent ou peuvent entretenir avec le développement de leurs pays d'origine. Au cours de la décennie 1960-1970, l'émigration des ressortissants africains était considérée comme nuisible au développement de l'Afrique. Mais, depuis les années 1980 et dans le contexte de la mondialisation, on a compris que les émigrants africains représentent des diasporas susceptibles d'être mobilisées au profit du développement local, scientifique et technologique du continent.

Le cinquième chapitre montre comment au cours des vingt-cinq dernières années la socioéconomie africaine de survie a connu des changements structurels pour se transformer en une véritable économie sociale et populaire dans divers secteurs de la société, pour répondre aux besoins essentiels des populations rurales et urbaines en améliorant leurs conditions de vie.

À partir d'une recension des études théoriques et empiriques des projets de développement communautaire, nous proposons, dans le sixième et dernier chapitre, les profils-types des projets à forte chance de réussite et à fort risque d'échec.

La manière dont les différentes études ont été articulées ici apporte sans nul doute une contribution particulière au débat théorique et pratique sur le développement des communautés locales en Afrique.



Retour au texte de l'auteur: Yao Assongba, sociologue, Université du Québec en Outaouais Dernière mise à jour de cette page le samedi 27 juin 2015 7:07
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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