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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Bernard Arcand
Anthropologue, professeur au département d’anthropologie, Université Laval
In Memoriam † [1945-2009].


Bernard Arcand, 1945-2009 - L'anthropologue a été emporté par un cancer

Caroline Montpetit

Le Devoir, Montréal, Édition du mercredi 04 février 2009.
Mots clés : cancer, anthropologue, Bernard Arcand, Décès, Québec (province)

L'anthropologue Bernard Arcand n'est plus. Il a succombé le 30 janvier aux suites d'un cancer du poumon, qui l'a emporté à l'âge de 63 ans.

Professeur, très présent sur la scène médiatique, Bernard Arcand avait fait une thèse de doctorat sur des chasseurs-cueilleurs amérindiens, les Cuiva, en Amazonie, avant d'enseigner à l'université Laval. Diplômé de Cambridge, il s'est fait connaître du grand public en animant durant cinq ans l'émission Le Lieu commun, avec l'anthropologue Serge Bouchard. Il y diffusait des chroniques portant un regard novateur sur divers phénomènes de la vie quotidienne moderne. Ces chroniques ont ensuite été reprises dans des livres publiés aux Éditions du Boréal.

Les deux hommes signaient également à ce jour dans la revue Québec Science la chronique «Bien vu». Sur le thème de l'éloge funèbre, Bernard Arcand écrivait dans cette chronique, au mois d'octobre dernier, telle une dernière volonté: «Le respect accordé aux morts doit pouvoir se transformer en précepte pour la jeunesse. Autrefois, les mauvaises photos des disparus étaient présentées juste à côté des mauvaises photos des bébés de la semaine. La morale était simple: la vie s'achève, la vie continue. En éliminant progressivement les mentions de naissances récentes pour ne retenir que les avis de décès, nos journaux transmettent aujourd'hui l'image de plus en plus défaitiste d'une société dont les membres s'éteignent, un par un.»

Dans l'édition courante de Québec Science, on peut voir leur dernière chronique, au titre évocateur «L'orateur est fatigué», assortie d'une photo montrant un podium vide. Les deux anthropologues y débattaient de l'usage de la technologie moderne par les conférenciers. Il avait aussi signé chez Boréal le livre Abolissons l'hiver! où il proposait une approche radicalement différente de la «saison morte». Travaillons l'été, disait-il, et prenons l'hiver pour nous reposer.

L'anthropologue Sylvie Vincent, qui a signé avec Bernard Arcand le livre L'Image des Amérindiens dans les manuels scolaires du Québec, se souvient d'un esprit «innovateur et stimulant», avec qui il était très agréable de travailler. Bernard Arcand avait aussi mené des analyses anthropologiques sur la pornographie (Le Jaguar et le Tamanoir, Boréal, Prix du gouverneur général) et le tourisme. Tous ceux qui l'ont connu relèvent son humour, parfois pince-sans-rire, et son aptitude à porter un regard neuf et curieux sur les petites choses de la vie.

Bernard Arcand a été membre de la Commission de la qualité de l'environnement Kativik, de 1979 à 1997, et il a eu une influence sur la méthodologie en matière d'évaluation de l'impact environnemental des grands projets hydro-électriques sur les communautés amérindiennes. Il a aussi été membre fondateur de l'International Workgroup for Indigenous People, basé à Copenhague, et président de la Société canadienne d'anthropologie de 1989 à 1991.

Bernard Arcand était originaire de Deschambault, près de Québec, où sera d'ailleurs célébré son service vendredi. Il avait deux enfants. Il était le frère du cinéaste Denys Arcand et du comédien Gabriel Arcand. Son père a été pilote de bateau sur le fleuve Saint-Laurent.

Source: Le Devoir, Montréal, édition du 4 février 2009.

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Toutes nos sympathies à ses proches et toute notre gratitude à M. Arcand pour sa confiance en nous ayant permis de diffuser, dans Les Classiques des sciences sociales, quelques-unes de ses oeuvres. Merci. Jean-Marie. 4 février 2009.
ARCAND, Bernard

Parution: 2009-02-03 au 2009-02-03 dans La Presse - 1706956

ARCAND, Bernard 1945 - 2009 Le 30 janvier 2009, Bernard Arcand est décédé à sa résidence, entouré des siens. La famille recevra les condoléances au Vieux Presbytère de Deschambault, 117, rue Saint-Joseph à Deschambault, le jeudi 5 février, de 14 h à 16 h 30, et le vendredi 6 février, de 12 h 30 à 15 h 30. L'inhumation des cendres aura lieu le même jour par la suite, pour la famille et les amis proches. Vos témoignages de sympathie peuvent se traduire par un don à Médecins du monde. Harmonia Tél. : 418 - 681-9797 Télécopieur : 418 - 527-1044


Au plaisir,

Marie-Andrée Couillard
Directrice
Département d'anthropologie
Université Laval
Québec
BERNARD ARCAND

Nathalie Collard
La Presse, Montréal, le 4 février 2009.

Les anthropologues sont rarement des vedettes mais Bernard Arcand en était une, à sa manière. Issu d'une famille qui aura donné au Québec trois hommes marquants (l'acteur Gabriel, le cinéaste Denys), il a largement contribué à la société québécoise en n'hésitant jamais à partager ses connaissances, à l'écrit comme à la télévision et à la radio. Contrairement à bien des universitaires, il n'hésitait pas à partager son savoir et ne dédaignait pas la vulgarisation. Accessible, brillant, drôle, il ajoutait une bonne dose d'intelligence à n'importe quelle discussion, qu'elle porte sur l'humanité avec un grand H ou, plus simplement, sur le pâté chinois. Sa pensée était foisonnante et ses positions, jamais convenues. Son livre Le Jaguar et le Tamanoir, un essai original pour lequel il avait obtenu le prix du Gouverneur général, demeurera un classique qu'on ne saurait trop recommander. Son esprit et son ironie nous manqueront.

nathalie.collard@lapresse.ca

Autrefois, l'hiver était une évidence...

Le Soleil, Québec, 4 février 2009.

L'illustre anthropologue de l'Université Laval, Bernard Arcand, est décédé à l'âge de 63 ans, au terme d'une brève maladie de trois mois.

Photothèque Le Soleil

(À l'occasion du décès de l'anthropologue Bernard Arcand, de l'Université Laval, Le Soleil a choisi de lui rendre hommage en publiant un extrait de l'un de ses ouvrages les plus médiatisés Abolissons l'hiver! édité en 1999 chez Boréal.)«Il n'y a plus d'hiver.» La phrase surgit généralement de la bouche d'un vieux grognon qui aimerait nous convaincre que les temps étaient plus durs autrefois.

S'il est impossible d'y croire, l'impression et le sentiment sont tout à fait réels. Les hivers anciens n'étaient pas plus rigoureux, c'est seulement que nous étions moins bien équipés pour les braver. Si les vieux grognons devaient, dans leur jeunesse, marcher des kilomètres et braver les tempêtes pour se rendre à l'école, c'est uniquement parce qu'il n'y avait pas d'autobus scolaires. La tempête, elle, n'a pas changé.

Autrefois, l'hiver était une évidence. La plupart des gens vivaient à la campagne où les champs sont blancs et immenses. L'hiver domine la campagne. Mais, depuis 100 ans, celle-ci s'est rapidement vidée et, déjà en 1910, plus de la moitié de la population habitait en ville. Depuis, la tendance se maintient, et la ville n'a jamais cessé de grossir. Or, en ville, il y a partout des maisons, des rues et des trottoirs, quelques arbres, et plusieurs milliers d'automobiles. Il n'y a pas de place en ville pour la neige.

En fait, la ville déteste la neige et la traite comme une souillure. Il faut la balayer et la jeter aux ordures, la transporter vers le dépotoir, la lancer dans le fleuve ou la faire fondre rapidement.

Dès l'instant qu'elle tombe en ville, la neige est usée. Une nuisance. Les équipes de déneigement sont payées aux mêmes tarifs que les éboueurs. Et si les urbains veulent voir l'hiver, il leur faut faire un tour à la campagne en fin de semaine.

Les lumières de la ville brillent à tel point qu'il est difficile de prendre conscience que les jours raccourcissent. Pour les urbains, les variations saisonnières sont réduites à leur plus simple expression : en hiver, il fait (trop) froid et, en été, il fait (trop) chaud. C'est une question de réglage du thermostat planétaire, tripoté par un mauvais génie qui ne semble jamais trouver la bonne température.

Il n'y a plus d'hiver parce que la vie urbaine a largement réussi à le faire disparaître. À Montréal, qui se vante d'avoir la plus grande ville souterraine du monde, il est désormais possible de naître, d'aller à la bibliothèque, à l'église, au cinéma ou à l'université, de magasiner ou de travailler, d'être infidèle, de se faire soigner, de trop manger et de mourir, tout cela sans jamais mettre le nez dehors.

[...]

À une échelle beaucoup plus modeste, l'Université Laval à Québec possède un réseau complexe de corridors souterrains reliant ses pavillons, et l'on raconte que ces corridors étaient jusqu'à tout récemment fermés quelques jours chaque hiver afin d'obliger les étudiants étrangers à respirer, à l'occasion, un peu d'air frais.

La ville est devenue un îlot dans lequel il est de moins en moins nécessaire de se prémunir contre l'hiver.

Les gens s'habillent plus légèrement qu'autrefois et les ventes de bottes doublées en mouton sont en chute libre. Pourquoi se vêtir lourdement lorsqu'on peut, en plein hiver, prendre un café sur une terrasse, parmi les plantes tropicales et sous un éclairage qui l'est tout autant? En surface, les rues sont si rapidement dégagées que les pneus d'hiver deviendront bientôt superflus. Certains rêveurs, disciples de Buckminster Fuller, aimeraient couvrir tout l'espace urbain d'un dôme qui maintiendrait en permanence un climat tempéré parfaitement agréable.


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mercredi 4 février 2009 12:58
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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