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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Le champ de l'art moderne et les femmes artistes au Québec dans les années 1960 (2000)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Rose-Marie Arbour, Le champ de l'art moderne et les femmes artistes au Québec dans les années 1960”. Un article publié dans l’ouvrage collectif sous la direction d'Antonia Trasforini, Arte a Parte. Donne artiste fra margini e centro, Franco Angeli Editore, Milan, 2000. [Le 31 décembre 2006, Mme Arbour nous a autorisé à diffuser, dans Les Classiques des sciences sociales, toutes ses publications.]

Introduction

C'est un phénomène entièrement nouveau - du moins en Amérique du Nord - que l'avènement des femmes à l'avant-scène de l'art. Certains antécédents s'étaient manifestés déjà dans les années 1950 au Québec. L'analyse du discours de la critique d'art de ces deux décennies révèle une ouverture favorable à la question des femmes en art mais dans des limites très précises. C'est dans le cadre de ces limites que le discours critique a construit l'identité des femmes artistes dans les années 1960 au Québec. 

Rappelons que la problématique d'affrontement radical avec les pouvoirs politiques fut propre aux avant-gardes européennes. En Amérique du Nord, cet affrontement fut moins radical (Lamont & Lareau, 1988, 156) et dans les années 1960 au Québec, il y eut même pendant une courte période une convergence entre la nouvelle classe politique qui permit l'avènement, sur le plan socio-économique et culturel, ce qui fut nommé la Révolution tranquille et les tenants d'un art avancé c'est-à-dire l'abstraction gestuelle post-automatiste en peinture. 

Les femmes artistes étaient exceptionnellement nombreuses dans ce courant et leurs expositions furent l'objet de commentaires positifs de la part des critiques d'art (hommes) entre 1955 et 1965. En tant qu'artistes, elles offraient une figure adoucie de l'artiste d'avant-garde, beaucoup moins contestataire que leurs immédiats prédécesseurs (les Automatistes) qui s'étaient commis publiquement en publiant un manifeste qui fit scandale, le Refus global (1948) parce que justement il avait fait irruption dans le champ social et politique. Elles figuraient aussi une position sociale nouvelle pour les femmes dans une société en changement tout en gardant leur figure traditionnelle de continuité. La catégorie «femme», comme signe de l'ordre social, a été démontrée [1] (Pollock, 1983, 43). Ce signe a été approprié de diverses façons au sein des pratiques et des institutions. Ce qui est singulier et apparemment contradictoire ici est que les femmes peintres du post-automatisme contribuèrent à la formation d'un courant dominant (mainstream). 

L'identité de ces femmes peintres (construite par les critiques d'art) soulève la question du genre ou de l'appartenance sexuelle comme élément déterminant de cette construction. Dans la représentation que les critiques donnèrent des femmes artistes, il y eut une fusion entre le style abstrait gestuel de la peinture automatiste et les traits dits féminins des femmes peintres. Ces traits furent chargés, pendant une période, d'une valeur positive tant sur le plan esthétique que sur le plan socio-culturel. Cette représentation servit d'argument à l'appréciation même de la peinture abstraite gestuelle comme courant dominan [2] (Rosen, 1989, 7). Une interprétation psycho-mystique de l'abstraction gestuelle en peinture permet d'éclairer ce fait de la disparition extrêmement rapide de ces femmes peintres de la scène de l'art avancé en 1965 [3].


[1] «Woman as a sign signifies social order. The category Woman is of profound importance to the order of society. It is therefore to be understood as having to be produced ceaselessly across a range of social practices and institutions and the meanings of it are constantly being negociated in those signifying systems of culture, for instance, film or painting» (Griselda Pollock).

[2] La signification et l'importance du courant dominant sont reconnues pour la mise en place d'une carrière d'artiste.

[3] Les principales étaient Lise Gervais, Marcelle Ferron, Rita Letendre, Marcelle Maltais, Laure Major.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 10 mai 2007 11:40
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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