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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Georges Anglade, LEURS JUPONS DÉPASSENT. LODYANS. (2004)
Glossaire


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Georges Anglade, LEURS JUPONS DÉPASSENT. LODYANS. Montréal: Lanctot Éditeur et Georges Anglade, 2004, 136 pp. Petite collection Lanctot. 1re édition: Cidhca, 2000. [Autorisation accordée par l'auteur le 28 mai 2009 de diffuser toutes ses publications dans Les Classiques des sciences sociales.]

Glossaire

Béton, Homme ou Femme du Béton : Militants-tes en continuelle représentation dans les rues (de béton), pancartes en tête, pour réclamer le retour à la démocratie. Le sens premier de formation sur le tas (sur le béton) a évolué pour caractériser la pression des rues... jusqu'à donner la Diplomatie du béton en diaspora.

Bounda (mouillé) : Fesses en général, et parfois sexe féminin dans certaines régions du Nord-Ouest.

Communauté internationale : Hyperbole qui désigne en Haïti les résidents expatriés du bilatéral et du multilatéral, plus ou moins autonomes, plus ou moins importants, dans leurs organisations d'origine pour cette affectation, somme toute modeste, dans laquelle tout se règle souvent de surcroît directement de décideurs à décideurs, par-dessus ces relais traditionnels.

Coups de langues (Koutlang) : Dire du mal de l'autre en s'embarrassant fort peu de la vérité. Le Koutlang converge par systématisme en cabale, forcément orchestrée. Comme la « Préciosité » qui a pu caractériser un moment d'une fin de règne dans l'Histoire, la « Cabale » est actuellement la manière d'être de toute la gamme des bourgeoisies, petite, moyenne, grande... C'est un processus social d'autodéfense et de conservatisme bicentenaire des 2% qui forment les élites haïtiennes.

Grangou : Littéralement « grand goût », signifie d'abord avoir faim. Et grangou des mots est la créolisation de au plaisir du texte. Grangou est polysémique, allant de la famine qui est un Grangou... au kleptomane qui en est un aussi. Grangou et mitan font partie du parler au quotidien.

Manches longues : Dans ce pays de chaleur, porter les manches longues est très formel. Une grève aux manches longues s'annonce généralement comme sérieuse, totale et... longue. L'expression est d'usage courant.

Moun : Concept créole très complexe d'ontologie qui dit l'être haïtien au cœur de son univers. Les expressions Tout moun pa moun, Tout moun se moun... connotent la dignité de Personne, d'Homme, d'Humain.

Mur à mur : Exprime la couverture la plus complète qui se puisse concevoir ; assurances mur à mur, tapis mur à mur. Vient de l'Américain wall to wall et ne se retrouve ni dans le Petit Larousse ni dans le Petit Robert de France, mais dans le Dictionnaire des canadianismes, p. 293. Fait partie de la langue quotidienne du Québec qui s'est bellement servie dans l'anglais des centaines de fois, comme s'y sont aussi servis le français et le créole d'Haïti.

Panzou (panzouiste, donneur de panzou) : À l'origine, jeu innocent de l'enfance qui consiste à subtiliser plus ou moins habilement le bien d'autrui ; la forme la plus commune est la tape sur la main qui fait tomber l'objet tenu (comme un crayon) dont on s'empare sans plus de malignité que jeux de mains jeux de vilains. L'expression s'est durcie dans une double direction, individuelle avec le « taxage » qui est un délit pénal de vol, et collective dans le coup d'État qui est un détournement de légitimité. Terme devenu très commun dans la conjoncture haïtienne.

Parler : En tout premier, Il parle trop peut s'appliquer même à un muet, s'il ne pose que les questions de fond avec ses mains. Il parle mal pour désigner celui qui s'entête à dénoncer les injustices ou à vouloir changer les choses au lieu de tirer son épingle du jeu en silence. Il parle dur de celui qui ose remarquer que les grands Chefs et petits chefs ne sont pas toujours incorruptibles, infaillibles, immatériels et prédestinés. Il parle bien : du doué du verbe à qui tout le monde prédit sous peu un long silence, etc., comme il parle seul, il parle toujours, il n'a jamais parlé, il parle pour parler, il s'écoute parler.. Car il existe deux bonnes douzaines de manières de finement caractériser la parole (à taire).

Pongongon : D'usage courant, notamment dans le Nord-Est d'Haïti pour désigner en créole l'importun.

Ténèbres : « Battre les ténèbre » est cette pratique haïtienne du Vendredi Saint de taper, à 3h précises de l'après-midi de la mort du Christ, avec des pierres sur n'importe quelle casserole ou poteau électrique en fer. Ce vacarme métallique devint une forme de protestation des quartiers populaires dans la transition politique entre Magloire et Duvalier, 1956-1957. « Des Ténèbres à l'Intifada » est le titre de l'hommage à rendre aux apports des Haïtiens d'origine palestinienne à la transition entre Duvalier et Aristide, 1986-1996 ; les frères Isméri, Antoine et Georges, l'ont payé de leur vie.

22 : Chiffre et date fétiches de la dictature duvaliériste qui annonça pendant trente ans toutes ses décisions importantes le 22 d'un mois, saluait le Chef de 22 coups de canon, s'identifiait par le 22 sur les rares bulletins de vote, et faisait défiler la troupe des Tontons Macoutes deux mains levées aux deux droits en V, le 22... Mais ce n'est pas une invention duvaliériste, la symbolique des chiffres chanceux et des dates porte-bonheur imprègne la culture haïtienne.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le lundi 8 mars 2010 16:25
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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