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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Georges Anglade, CARTES SUR TABLE. VOLUME 2.
CONVERGENCES ET DIVERGENCES. Réponse à 15 ans de commentaires: 1974-1988
. (1990)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Georges Anglade, CARTES SUR TABLE. VOLUME 2. CONVERGENCES ET DIVERGENCES. Réponse à 15 ans de commentaires: 1974-1988. Port-au-Prince, New York, Montréal: Coéditions Éditions Henri Deschamps / Études et recherches critiques d'espace, 1990. Éditions ERCE et Georges Anglade, pp. 201-399. Une édition numérique en préparation par Marcelle Bergeron, professeure retraitée de l'enseignement à l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi. [Autorisation accordée par l'auteur le 28 mai 2009 de diffuser toutes ses publications dans Les Classiques des sciences sociales.]

[p. 209]

Introduction

CONVERGENCES ET DIVERGENCES

le silence rompu


À quinze années (1974-1988) d'analyses et de recensions, de critiques d'humeurs et de notes d'humour, de libelles et de pamphlets aussi, publiés sur mes travaux, je n'ai jamais répondu la moindre ligne publique. Rien. Non par manque d'intérêts pour l'opinion de ceux qui m'accordaient ainsi de l'attention, tout au contraire plutôt, c'est par une sorte de souci de sédimentation, une manière de maturation, que je gardais ce silence que je savais, confusément, devoir me conduire à donner, un jour et quelque part, une réponse globale sous forme de manifeste, tant le genre du manifeste m'a toujours semblé le médium le plus approprié pour mettre Cartes sur table et retrouver le nord perdu. Mon titre. Les six donnes de l'introduction générale et de la conclusion générale de cette publication sont cette réponse-là, aujourd'hui où l'on en a le plus besoin. Puisque c'est bien le temps de rompre ce silence.

Réponse collective s'il en est et pour laquelle toutes les attentions portées à mes textes ont contribué. Certainement. Cependant, pour le besoin de souligner nos convergences et nos divergences avec chacun de nos commentateurs, nous regroupons en dix chapitres la diversité de la trentaine d'interventions principales sélectionnées, pour les introduire, les mettre en perspective, les annoter en marge et finalement les renvoyer les unes aux autres tant leurs niveaux de lecture sont parfois différents, complémentaires ou opposés. C'est aussi cela le trajet et la trajectoire qui ont mené aux six donnes des Cartes sur table.

En deux temps... trois mouvements

1974 m'est une année charnière, une année fétiche, une année de malchance et une année de chance malgré tout, une ligne imaginaire qui sépare un AVANT d'un APRÈS, un AMONT d'un AVAL. En deux temps. Avant, c'est la très lente mise en place des fondations pendant une quinzaine d'années à partir de 1960, année qui date dans l'Éloge de la pauvreté la claire perception d'être un Citoyen d'une Cité. Quelques commentateurs ont fait référence à cet "avant 1974" ou pour charger la thèse de 1969 qui concluait les années d'études de l'essentiel des pistes qui plus tard s'élargiront, ou pour souligner les promesses que portaient les trois ou quatre articles postérieurs à la thèse. Mais, vraiment, seuls plus tard ceux qui auront à construire l’histoire des conceptions de notre espace national iront fouiller dans ces quinze années de formation et dans ces travaux d'accumulation primitive. À la limite, cette [p. 210] archéologie, si elle est bien faite, devrait nous être une révélation. Donc, aucun intérêt ici et maintenant pour ce moment-là.

1974 même, c'est une autre chose ; c'est même beaucoup d'autres choses ; c'est le temps de l'épitaphe écrite par Anthony Phelps quand j'étais dans ces lieux d'où, en ce temps-là, l'on ne revenait pas, ou presque pas ; c'est la publication de L’Espace haïtien qui dit l'accumulation et annonce la suite ; c'est le bannissement, l'intériorisation de l'exil, le pays perdu ; et puis c'est plein d'autres choses, plus personnelles, qui pour être les faces cachées de la condition d'écriture n'en sont pas moins indispensables dans le métier d’écrire. Tout cela converge, accouche et cristallise dans une même année, 1974.

À partir de 1974, il y aurait un repérage à faire de trois grands mouvements globalement de cinq ans chacun. Le premier est didactique (1974-1978) : c'est dans cette manière que sont proposés une série de bilans. Le second est paradigmatique (1978-1982) : c'est la quête d'un renouvellement de la lecture de la réalité haïtienne. Le troisième est programmatique (1983-1987) : c'est le lent et long travail d'inscription d'une nouvelle perspective d'analyse dans les rouages de transformation de la société. Nous pouvons regrouper les dimensions principales de chacune de ces périodes sous trois rubriques : les types de vecteurs qui ont porté les résultats ; la nature des contenus qui ont été développés ; la portée des messages qui ont été livrés.

1974-1978

1978-1982

1983-1987

vecteurs

manuels

atlas

paroles

contenus

bilans

re-lectures

Inter-relations

messages

un ordre

des ressources

des audaces


L’essentiel de ce qu'il y avait à dire "à chaud" sur les travaux de ces trois périodes l'a été par les commentaires retenus, au point que ce bilan ici dressé doit être pratiquement complet ; s'il devait y avoir « autres essais sur ces travaux, ce seront certainement des études "à froid", longues et robustes, sous leur charpente des appareils académiques des mémoires, thèses et monographies. Donc, autre chose.

Nous nous proposons d'introduire ces trois périodes par quelques notations sur les manières dont elles s'articulent en se suivant, pour ensuite présenter les regroupements que nous avons adoptés dans le traitement des commentaires en dix chapitres.

[p. 211]

La période didactique, 1974-1978

– LE MANUEL COMME TYPE DE VECTEUR
– LES BILANS COMME NATURE DU CONTENU
– L’EXISTENCE D'UN ORDRE COMME PORTÉE DES MESSAGES

De tous les facteurs ayant conduit au choix des manuels comme type de vecteurs, je crois que c'est la conjoncture politique qui a le plus grand pourcentage d'explication. L'angle choisi était le seul entrebâillement disponible à cette époque. Les autres éléments de l'équation, pesant à eux tous très largement pour les 2/3 de l'explication, sont évidemment l'importance que pouvait prendre la géographie, la reconnaissance que la jeunesse était l'avenir à moyen terme, le rôle de l'investissement dans les études en Haïti, un acte du métier de professeur, le manuel comme outil de démocratisation du savoir, etc. Bref, à lire les deux introductions des manuels pour une saisie totale des intentions. Autour des manuels qui ont été aussi des essais de plusieurs types d'approches de la reproduction des connaissances, des méthodes et de l'implication sociale et culturelle, il a fallu construire d'autres outils complémentaires de la didactique de l'espace haïtien... comme un disque, une murale, un guide du maître... et favoriser des recyclages.

Dans les manuels, et pour l'essentiel, nous avons procédé aux bilans des connaissances sur Haïti. Il fallait bien commencer par dresser ces bilans tant les rapports de la coopération internationale qui reprenait, les thèses et mémoires qui se continuaient, devenaient redondants et répétitifs à vouloir à chaque fois s'essayer aux bilans qui réclamaient quand même une longue familiarité avec l'historiographie locale. À partir de L’Espace haïtien sur nos généralités en 1974 et Mon pays d'Haïti sur l’agricole et le rural en particulier en 1977, on était en droit de s'attendre à ce que tout écrit sur Haïti aille par-delà ces acquis. Ils ne sont pas nombreux à avoir vraiment dépassé ce seuil minimum malgré l’avalanche de rapports qui caractérisent la fin de cette décennie.

La grande nouveauté de ces travaux habillés en manuels qui offraient des bilans, était de proposer pour la première fois dans les sciences du social haïtien la reconnaissance qu'il existe un ordre et une logique dans tout, compagnonnage et tap-tap, madan sara et marchés, commerce de trottoir et circuit des vivres alimentaires... Le désordre, la pagaille, le grappillage, l’illogisme, le maquis viviers, la sottise des paysans... n’étaient que dans notre incapacité à rendre compte des structures et de l’ordonnancement des phénomènes. Et s'il existe un ordre profond, c'est qu'il existe un groupe social bâtisseur en premier de cet ordre profond. Pour une grande part, la paysannerie du pays profond. Aussi reconnaît-on facilement les classes d’âges qui sont passées par ces [p. 212] manuels ; elles tranchent avec celles éduquées dans le mépris des paysans, des travailleurs, des djobeurs, des domestiques. Justement.

*

La période paradigmatique, 1978-1982


– L'ATLAS COMME TYPE DE VECTEUR
– LA RE-LECTURE COMME NATURE DU CONTENU
– LA PREUVE DE RESSOURCES COMME PORTÉE DES MESSAGES

L'entreprise qui absorbera les cinq années subséquentes tournera autour de la production d'un Atlas d'Haïti en respect du renouvellement que la discipline était en train d'opérer sur elle-même et en dépassement des bilans qui venaient de se faire sur les connaissances de la réalité haïtienne. Une re-lecture s'imposait d'urgence à la recherche d'un nouveau paradigme capable de prendre acte de nos sources et ressources pour une éventuelle transformation sociétale.

En ces temps de répression conduisant à l'exil massif de nos scientifiques, il ne s'est trouvé que peu de chercheurs étrangers pour en profiter avec indélicatesse... Mais, l'idée d'un autre Atlas (national !) par des étrangers a vu le jour. En même temps et concurremment. Ils ont même assumé une telle intrusion en annonçant, pompeusement, leur intention de définir, pour une Nation aux trois siècles de sédimentations et un État libre de deux siècles, ce qui est SON présent et devrait être SON avenir. À peine croyable. Mais enfin, puisque certains Français du CEGET de Bordeaux, plus de deux douzaines, sous la direction de Christian Girault et renforcés par Paul Moral, acceptaient de se lancer, dans un atlas national haïtien, en retard d'une révolution en géographie, et sur un bilan de connaissances sur Haïti, en retard des nombreuses mises au point précédentes... ce pays allait avoir le privilège d'être le champ clos international, avec ces deux Atlas, d'un affrontement entre l'ancienne géographie et la nouvelle géographie, des conceptions traditionnelles et une quête des ruptures, le développementisme des centres et le désenveloppement des périphéries, etc. Un cas unique. Les jugements des pairs sont ici présentés ; il est à parier que ces promoteurs ne seront pas autorisés à recommencer de sitôt en Haïti, ou ailleurs, avec cette même légèreté.

C'est sur la re-lecture proposée par l'Atlas critique d’Haïti que se sont faites les grandes recensions que nous présentons et discutons. Pour chacune d'elles, nous avons privilégié le thème principal qui caractérise plus particulièrement les apports du commentaire. Ces chapitres font ainsi le tour de tous les attributs du nouveau paradigme recherché grâce, entre autres, à la nouvelle dynamisation des sciences du social par la géographie récemment renouvelée. En somme, de la lecture de l'atlas et des travaux d'accompagnement qu'ont été la murale Hispaniola et le reader Espace et liberté en Haïti, on devait pouvoir [p. 213] prendre conscience que nous avions, et qu'il nous restait encore, un possible recours à nos sources, pour nous en sortir, collectivement.

Fin 1983, nous avons saisi un prétexte pour livrer dans l'Éloge de la pauvreté un discours à la jonction de deux périodes, celle du nouveau paradigme qui se terminait et celle de l'inscription de ces nouvelles avancées dans un programme des transformations souhaitées.

La période programmatique, 1983-1987

– LES PAROLES COMME TYPE DE VECTEUR
– LA RAPPORT ENTRE DES TERMES COMME NATURE DU CONTENU
– LE CHOIX DES AUDACES COMME PORTÉE DES MESSAGES

La troisième tranche quinquennale se place sous le signe de la parole. Le volume III, essentiellement consacré à cette période, regroupe la part de ces paroles à avoir donné lieu à un texte écrit et publié. Pendant cinq ans, cette utilisation systématique de toutes les formes de communications orales a porté sur les rapports entre les termes constitutifs d'un éventuel programme de prise en charge nationale. Les entrevues ont surtout ciblé les liaisons à établir entre le scientifique et le politique, tandis que dans les tables rondes on débattait des liens entre la théorie et la pratique. On a pu aussi préciser les attentes dans les relations entre intérieur et extérieur, en même temps que des prestations académiques illustraient les nouvelles potentialités de la géographie, à comparer aux sévères limitations de la période classique de cette discipline jusqu'aux années 1960/1970.

Tout au long de l'effervescence générale qui caractérisa cette période pendant laquelle on sentait bien s'approcher la fin du duvaliérisme, le message que livraient finalement ces différentes manières de prises de paroles était que la rupture ne viendrait qu'au bout d'un ensemble d'audaces indispensables ; et qu'aux audaces conceptuelles devaient faire suite des audaces organisationnelles et des audaces politiques. Une formulation efficace de ces dernières audaces reste encore à trouver malgré, ou à cause de, la multitude des tentatives désordonnées qui ont fleuri aux lendemains de la dictature.

Le gouvernement s'effondrait donc dans cette période pour livrer accès au terrain. Immédiatement le travail à d'autres échelles (micro et meso) devenait possible et l'urgence de formuler un cadre de cohérence aux interventions nationales devenait un besoin. D'où cette publication qui comprend dix chapitres que l'on peut aussi bien lire dans l'ordre proposé, et cet ordre correspond à une manière optimale de saisir les enjeux actuels des convergences et divergences, que dans un ordre différent. Aussi chaque lecteur recomposera vraisemblablement un ordre à lui, tant l'on peut varier l'arrangement d'un reader.

[p. 214] C'est au chapitre 9, consacré aux comptes rendus que nous avons les interventions les plus habituelles. Nous en avons sélectionné une dizaine pour couvrir tout l'éventail de ces types de textes ponctuels sur une publication précise, généralement produits par des pairs au titre du métier d'universitaire. Il n'y a que très peu à redire des comptes rendus tant le genre est maîtrisé comme un mode d'exposition de ce qu'un auteur a fait dans son métier d'espace. C'est un court portrait de l'œuvre. Sans paroles en trop. Du travail professionnel.

Au chapitre 10, ce sont encore des comptes rendus, une dizaine encore, mais dont le sens n'est plus de dire le plus exactement possible ce qui a été fait, mais d'utiliser la publication en cause pour passer des messages, autres, à d'autres qui sauront se reconnaître. Ces notes de lectures, qui traitent le texte comme un prétexte, sont généralement le fait de seniors qui puisent dans le travail ainsi abordé matière à confirmation de leur propre position, ou une occasion d'illustrer des thèmes chers... Travail de seniors comme Yves Montas, Roger Gaillard, Paul Claval, Jean Dominique, Mats Lundhal, Émile Roumer, Roger Dorsinville ; ou c'est l'œuvre d'un plus jeune, à la graine de senior, comme la vivacité ensoleillée de Dany Laférrière, provocateur.

Des chapitres 1 à 6, ce sont les longues et grandes analyses. Chaque commentateur donne un ton particulier à sa lecture en privilégiant un angle d'abordage des travaux. Pour Leslie Péan au chapitre 1 dans Le galop de la terre, l'insistance tourne autour de la sécurité foncière du paysan comme point de départ à tout le reste. Vrai.

C'est chez Mats Lundhal au chapitre 2 que nous retrouvons une question centrale actuellement dans les sciences de l'espace : Le primat de la théorie. Il en fait sa ligne pour départager un atlas significatif d'un atlas décoratif du sous-développement haïtien. Et c'est aussi sur cette même importance du cadre théorique qu'insistent tous les autres commentateurs retenus pour ce chapitre 2, Romain Paquette, Yves Tessier, Hervé Théry, Jean-Claude Bajeux... Mais, en plus, commence dans ce chapitre, avec en exergue la conclusion d'une remarquable étude politique de Leslie F. Manigat en 1967, quelque chose qui ira s'élargissant pour culminer au chapitre 5 : le mode de gestion de certaines prépondérances étrangères et la question de cette entreprise menée au nom de la France qui prétendit doter le pays de SON atlas national, rien qu'en ignorant les autres atlas du pays dans ses 30 notices et bibliographies. Grave. Ils se le sont fait dire.

Le chapitre 3 est la contribution d'un géographe sérieux, le voisin Rafael Emilio Yunén de la République Dominicaine. C'est en espagnol et tout au long d'un texte de 6000 mots qu'il retient Le territorial comme levier, la nouvelle force de notre nouvelle discipline.

[p. 215] Aux derniers moments de la dictature se sont révélés au pays des talents de début de vingtaine ; Pierre-Raymond Dumas s'est rapidement imposé comme l'une de ses promesses. Pour tout ce qu'il a fait, c'est à lui que revient le chapitre 4 en hommage à cette qualité qui est l’image de marque de certains courants de productions scientifiques de nos deux Amériques en difficulté : Le sensible en plus.

Jean-François Tardieu traîne une exigence depuis longtemps, de la fin de ses études « agronomie en 1977 à sa maîtrise sur l'espace de la commercialisation en 1984 : Les mots pour dire, les concepts du travail scientifique. Le chapitre 5 discute sa contribution à l'analyse des deux atlas d'Haïti.

L'histoire bousculée, c'est ainsi que nous retenons au chapitre 6 la première réaction de Michel-Rolph Trouillot face aux nouvelles propositions de périodisation de la relation temps/espace/société, dans l'Atlas critique d’Haïti. Le moment de stupeur passé, il se reprendra.

Avec les chapitres 7 et 8 nous laissons les travaux sérieux « analyses, de comptes rendus, de notes de lecture... Nous sommes pour le premier dans le domaine de L'humeur et de la rumeur, ces sorties partielles et partiales contre une œuvre. Si avec Daniel Fignolé c'est la crise d'humeur, tragique et insignifiante, avec Tony Cantave c'est l'approche complètement biaisée, comme la rumeur.

Le chapitre 8 est triste de coups bas et d'injures. Libelles et pamphlets ont ceci en commun. Sans plus de commentaires.

*

Ces six donnes des Cartes sur table, quant à elles, ne font pas encore partie des convergences et divergences. Elles le seront bientôt puisque des gens vont réagir positivement ou négativement à ces propositions nées de la démarche des quatre ans depuis la chute des Duvalier, 7 février 1986 – 7 février 1990. J'ignore encore si je vais me forcer à répondre au coup par coup tout en refusant les polémiques futiles, ou si je vais suivre ma pente naturelle en laissant s'accumuler la critique pour un jour faire toutes les mises au point qui s'imposent. Toujours est-il, qu’au stade où est rendu ce travail sur la recherche d’une définition de ce qu'est Haïti, je découvre qu'il n'a pratiquement que peu d’adversaires, c'est-à-dire des personnes qui, en toute connaissance de ces contributions (cette nuance est importante), refuseraient le chemin proposé, au profit d'un autre chemin, clairement balisé, pour nous en sortir, collectivement. Non, je vois très peu de compatriotes fermés à cette dernière chance-là qui passe-là pour ce pays-là. Mais, il va falloir probablement beaucoup dialoguer avec moult compagnes et compagnons de route possibles, pour trouver le bout de chemin plus ou moins long à faire ensemble, et pour participer au réveil de ce pays qui se meurt. De son sommeil actuel. Dans son sommeil actuel.

[p. 216]

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Chômage des adultes et désœuvrement des enfants rythment la vie des bourgs et des bourgs-jardins, et nous valent un attroupement par arrêt sur le terrain.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le dimanche 26 juin 2011 15:29
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 
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