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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

À l’ombre du rationalisme, la société québécoise, de sa dépendance à sa quotidienneté (1984)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir de l'article du professeur Gilbert Renaud, À l’ombre du rationalisme, la société québécoise, de sa dépendance à sa quotidienneté. Montréal : Les Éditions Albert Saint-Martin, 1984, 287 pp. Collection: Groupe d'analyse des politiques sociales. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure retraitée de l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi. [Autorisation accordée par l'auteur le 2 mars 2007 de publier ce livre dans Les Classiques des sciences sociales.]

Avant-propos

À l'ombre du rationalisme : la société québécoise... C'est dans un double sens qu'il faut lire le titre de cette analyse construite en deux actes qui réfèrent précisément à ce double sens : premier acte où l'analyse se met « sous la protection du rationalisme » pour rendre compte et donner sens à l'action sociale qui travaille actuellement la société québécoise ; deuxième acte qui pointe la puissance sociale se mouvant dans l'ombre d'un rationalisme qui nie son efficace en l'assombrissant. 

Deux actes qui se nourrissent principalement de deux auteurs différents : tandis que le premier acte s'articule fondamentalement à l'œuvre d'Alain Touraine, le second s'abreuve à la pensée de Michel Maffesoli. 

Deux actes dont l'écriture diffère au niveau du pronom personnel à partir duquel l'analyste s'exprime : le premier s'inscrit dans la tradition intellectuelle du « nous » (pluriel de modestie ou de majesté, selon le petit Robert) ; le deuxième se montre moins bien éduqué et l'analyste passe au « je ». 

Deux actes qui renvoient d'abord et avant tout à une trajectoire, une histoire intellectuelle qui ne devrait jamais se croire achevée, car chaque fois que l'intellectuel prétend avoir enfin trouvé la vérité, sa vérité en écrase une autre. 

En conséquence, il ne faudrait pas espérer trouver ici une nouvelle réponse à la « question du Québec » ; l'analyse vise plutôt à mettre en présence les deux pôles contradictoires du donné social qu'il est vain de vouloir réconcilier sous le chapeau d'une théorie qui permettrait enfin de saisir la totalité du monde. Deux vérités se côtoient dans les deux actes de ce texte et la construction d'une théorie (impossible et impensable) qui prétendrait les unifier mènerait à un totalitarisme qui, de toute façon, se butera à la créativité de l'imaginaire quotidien. 

S'il existe un lien entre les deux actes de cette analyse, il faut peut-être le chercher dans la passion du Québec. Mais cette passion se module différemment : le premier acte raisonne sa passion, alors que le second « passionne » sa raison. L'unité des deux actes réside aussi dans leur aspect contradictoire qui résulte du bris de l'unidimensionnalité de l'analyse initialement menée. 

Entreprise au lendemain d'un référendum mal digéré, d'abord centrée sur la mise en chantier de la Loi sur la protection de la jeunesse en tant que celle-ci constitue un processus de technocratisation de la gestion de l'enfance et de la jeunesse, cette étude s'amorce à Paris à la fin de 1980. Percer le sens de la mouvance historique du Québec en scrutant sa structuration particulière où s'agglutinent dépendance et société programmée, tel fut son objectif premier. Mais en même temps que s'étayait cette réflexion théorique sur la question nationale et les rapports sociaux, la limite d'une telle entreprise commençait à se dessiner (l’introduction du deuxième acte raconte les grandes lignes de ce cheminement). Début d'un retournement de l'analyse... Le tumulte des premières remises en question exerçait son effet paralysant et il allait poursuivre son emprise même après le retour à Montréal deux ans plus tard. À terme, une autre analyse devait prendre corps et c'est elle qui jaillit dans un deuxième acte encore fragile de la proximité de sa naissance. 

Le tout est ici livré : le premier acte épluche l'action sociale et ses acteurs pour en révéler la structuration et lui indiquer son trajet ; le deuxième ruse et rit du premier pour en montrer la prétention, pointer ce qui lui échappe et faire jaillir la vie qui continue malgré tout. Double jeu...



Retour au texte de l'auteur: Gilbert Renaud, Université de Montréal Dernière mise à jour de cette page le dimanche 30 décembre 2007 16:01
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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