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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

La problématique de la réintégration sociale des déportés dans la société haïtienne... (2014)
Introduction générale


Une édition électronique réalisée à partir du texte de Jameson LEOPOLD, La problématique de la réintégration sociale des déportés dans la société haïtienne: le cas des migrants déportés des États-Unis, accueillis par la Fondation haïtienne des familles des rapatriés (FONHFARA) en avril 2011. Mémoire pour l’obtention du grade de licencié en service social de l’Université d’État d’Haïti sous la direction du professeur Hancy PIERRE. Port-au-Prince: Département de service social, Faculté des sciences humaines, Université d’État d’Haïti, avril 2014, 106 pp. [L’auteur nous a accordé le 6 octobre 2015 l’autorisation de diffuser en accès libre à tous ce mémoire dans Les Classiques des sciences sociales.]

[1]

La problématique de la réintégration sociale
des déportés dans la société haïtienne

Introduction générale

1. Antécédents [5]
2. Justification de l’étude [7]
3. Problématique [8]
4. Objectifs du travail [14]
5. Question de recherche [14]
6. Hypothèse de la recherche [15]
7. Dispositif méthodologique [15]
8. Opérationnalisation des variables [16]


La déportation n’est pas un phénomène qui date d’aujourd’hui, apparaît dès l’Antiquité Grecque puis Romaine où dans ces cités on s’adonnait à « l’expulsion d’étrangers considérés comme indésirables » (VATIN, 1984 : 145). Mais, cette procédure, à l’époque permettait non seulement d’éloigner « un citoyen jugé dangereux pour la cité », également de « se débarrasser d’un adversaire politique ». Elle consistait à condamner à un exil d’une durée de dix ans les citoyens dont l’ambition personnelle était de rétablir la tyrannie ou menaçait les libertés publiques et la démocratie, et ceux qui avaient trop d’influence et de pouvoir (DUCROQUETZ, 2007 : 9).

De là, cette pratique communément appelée expulsion est très ancienne. Elle est d’une universalité non seulement géographique mais aussi historique, se retrouve, en effet, « dans toutes les sociétés humaines », passées et actuelles (GILISSEN, 1984 : 5). L’un des exemples le plus ancien fut la déportation des Juifs d'Espagne en 1492 suite au décret de l’Alhambra, signé  le 31 mars par les Rois catholiques à l’Alhambra de Grenade, trois mois après la main mise sur cette ville par les musulmans. L’objectif de cette déportation n’était qu’une volonté de christianiser totalement les « Espagne » médiévales en prélude à leur unification [1].

Cette pratique a surtout pris de l’ampleur suite à l’immense développement de la migration dû en majeure partie à la révolution industrielle au XIXe siècle. Depuis, sauf lors des deux guerres mondiales où la mobilité humaine a naturellement ralenti, le phénomène n’a cessé de s’intensifier (DUCROQUETZ, 2007 : 6). Nous pouvons aussi citer l’une des déportations les plus récentes et tragiques dans l’histoire de cette pratique, celle survenue en France des 80 000 juifs dont 69% furent des « étrangers [2] », pour des motifs raciaux et/ou politiques entre 1940 et 1944 (KLARSFELD, 1993). Dès lors, nous pouvons voir clairement que ce phénomène est étroitement lié avec les vagues migratoires qui se produisent partout à travers le monde.

[2]

Concernant les vagues migratoires, d’après le Rapport Mondial sur le Développement Humain publié en 2009, on dénombre plus de 214 millions de migrants internationaux, soit environ 3% de la population mondiale : une personne sur 33 est aujourd’hui un migrant. Donc, on assiste à une progression rapide des migrations internationales. Ainsi, on pourrait dénombrer 400 millions de migrants internationaux en 2050 si l’augmentation de la migration se poursuit au même rythme. Mais, les raisons de ces migrations internationales sont multiples, elles sont liées aux problèmes économiques - absence de travail et de bien-être économique - et de la peur de leurs pays d’origine politiquement hostiles (RMDH, 2009). Par conséquent, aussi longtemps que les hommes émigrent, aussi longtemps la déportation sera de mise, car la migration crée un mouvement qui introduit des transformations significatives dans la structure des sociétés d’accueil, qu’elles soient positives ou négatives. Face à cette vague migratoire internationale, en dépit de la grande contribution des migrants du point de vue économique, social et culturel dans les pays d’accueil, les gouvernements de ces pays adoptent des politiques de réduction des niveaux d’immigrations afin de contrôler leur territoire à cause de la présence de certains « immigrants illégaux [3] » et d’autres immigrants légaux dont leur comportement et leur présence constituent une entrave pour la sureté intérieure de l’État. 

Malgré le contrôle social très poussé et leurs politiques de restriction à l’égard des immigrants, on assiste toujours  à des tensions politiques, économiques et sociales. Etant donné que les pays ne peuvent pas fermer leur frontière définitivement, comme l’a souligné Platon plusieurs siècles de cela :

« (…) il faut prendre en compte tout à la fois le fait que, d’abord, il n’est pas possible (ou du moins pas absolument) de fermer ses frontières en ne recevant personne et en ne laissant personne voyager ailleurs, et que, de plus, ce serait aux yeux du reste de l’humanité une mesure sauvage et cruelle qui vaudrait, à quiconque l’applique, les noms fâcheux que l’on attribue à ceux qui  pratiquent les expulsions d’étrangers, sans parler de [3] la réputation d’être dur et intolérant dans sa manière d’être » (347 av JC, dans DUCROQUETZ, 2007 : 6).

Face à cette vague migratoire, les pays qui reçoivent les « immigrés [4] » s’adonnent à la pratique de déportation qui est une réponse à l’immigration, une nouvelle politique de lutte contre l’immigration, un outil de réglementation de la société (KAMTO, 2010 : 10). Comme l’a fait comprendre Klonis v. Davis dans le cas des États-Unis :

En tout cas nous pensons qu'il n'est pas impropre de dire que l'expulsion, dans les circonstances serait déplorable. Que l’étranger soit venu ici sous ses bras ou à l'âge de dix ans, il est d’autant notre produit, comme si sa mère lui avait donné naissance sur le sol américain. Il ne connaît autre langue, aucun autre peuple, pas les habitudes d'autres que les nôtres, il sera autant un étranger en Pologne que celui qui est né d'ancêtres ayant immigré au dix-septième siècle. Cependant à cause de ses crimes odieux, l'expulsion est pour lui l'exil, une terrible peine, abandonné par le consentement commun de tous les peuples civilisés (KANSTROOM, 2000 : 1890).

D’où les pays d’origine, malgré leurs faibles moyens, se trouvent dans une situation scabreuse où ils doivent mettre sur pied une structure d’accueil efficace en faveur des déportés dont la majorité a laissé leur pays d’origine trop longtemps pour comprendre les mécanismes de fonctionnement. C’est le cas d’Haïti face aux vagues de migrants Haïtiens déportés des États-Unis. Cependant, l’État Haïtien par manque de moyens n’arrive pas à prendre en charge les déportés. Dès lors, ce n’est que des organisations internationales et locales qui leur viennent en aide.

[4]

Par ailleurs, en fonction de l’efficacité des structures d’accompagnement et le niveau d’implication des familles, le retour des migrants peut engendrer deux effets. Des effets positifs et bénéfiques, notamment à travers les transferts de connaissances acquises à l’étranger et le développement d’activités économiques. Des effets négatifs, par manque d’encadrement, leur retour peut constituer une grave menace pour la sécurité publique au cas où ils continueraient avec les mêmes pratiques du passé.

De ce fait, la pleine réintégration sociale des déportés - à travers des structures efficaces d’accompagnement et une forte implication des familles - est d’une importance capitale. La seule façon d’empêcher un éventuel retour aux anciennes et mauvaises pratiques - surtout qu’ils retournent les « mains et poches vides [5] », des fois sans même avoir un endroit pour dormir. En effet, c’est dans cette perspective que certaines organisations internationales œuvrant en Haïti, en l’occurrence l’Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) et des Organisations locales telles que la Fondation Haïtienne des Familles des Rapatriés (FONHFARA), Koze Kreyol, Deportee Improvement Progress Service (DIPS Org) et l’Equipe de Partenaire pour le Développement d’Haïti (DPTEAM), mettent en œuvre un programme en faveur de ceux et celles fraichement arrivé(e)s en Haïti. Le programme intitulé “Programme National de Réintégration des Haïtien(ne)s Retourné(e)s dans leur pays”. L’objectif du programme est d’apporter une assistance directe aux déportés afin qu’ils puissent réintégrer la société. Toujours est-il qu’en dépit des dangers que représentent ces derniers, tant sur le plan sécuritaire que sur le plan social, on constate la passivité de l’État haïtien ou tout carrément sa démission. Laissant à d’autres secteurs partir à la rescousse des déportés.

Ce travail de recherche comporte cinq (5) chapitres. Dans le premier chapitre, nous présentons les spécificités de l’étude avec tout ce qu’elle a comme contenu. Dans le second, les éléments théoriques et conceptuels en rapport à la déportation et à la réintégration. Dans le troisième, la méthodologie de notre étude. Dans le quatrième chapitre, l’analyse des données à partir des entretiens qualitatifs. Et dans le cinquième et dernier chapitre, les limites de l’étude et quelques recommandations dans une conclusion générale.

[5]

1. Antécédents

Dans notre recherche, en ce qui a trait aux thèses et mémoires qui traitent de notre objet d’étude, nous avons pu trouver que deux travaux d’étudiants à la Faculté des Sciences Humaines.

Le premier, c’est le mémoire de licence de l’étudiant Hérold Mathieu (2009) intitulé : “Les migrants illégaux Haïtiens aux États-Unis candidats à la déportation, le projet - pilote de leur réintégration sociale en Haïti mise en œuvre par l’organisation internationale pour les migrations (OIM) : Le rôle essentiel du travail social face à la problématique en question.”

Dans son travail, l’étudiant a utilisé la méthode documentaire pour présenter un ensemble de documents traitant de la question des déportés en Haïti, les mesures prises par l’État haïtien pour contrôler le retour de ces derniers et la situation des Haïtiens dans d’autres pays de la Caraïbe. Deuxièmement, il a présenté le projet-pilote de l’Organisation Internationale pour les Migrations lancé en Octobre 2006 pour une durée d’un (1) an. Tout en questionnant son contenu, les différentes méthodes utilisées par l’organisation pour atteindre son objectif - qui est d’aider les déportés à se réintégrer dans la société haïtienne - et l’impact du projet sur les déportés. Ceci, à partir des entretiens qualitatifs réalisés avec les responsables du projet et les bénéficiaires. Ce qui a permis de relever les faiblesses du projet dues en majeure partie à un manque d’organisation, à l’absence de compétences et de connaissances des intervenants sur le phénomène de la déportation. Ces entretiens qualitatifs ont permis de constater un manque de contrôle flagrant sur les bénéficiaires du projet vu que certaines personnes n’ayant aucun rapport avec des déportés ont été bénéficiaires du projet grâce à leur accointance. Aussi, de certains axes non opérationnels dans le projet alors que des fonds leur ont été alloués. En peu de mots, le travail de l’étudiant prouve que le projet a été un échec total. Cependant, il admet que l’idée du projet est à encourager voire même à féliciter vu que l’État haïtien en tant qu’organe qui devrait prendre les déportés en charge est quasiment démissionnaire.

Troisièmement, l’étudiant a développé le rôle que devrait jouer le Travail Social dans le processus de réintégration sociale, ceci dans différentes sphères : dans les prisons où sont incarcérés les déportés une fois en Haïti, dans les familles et quartiers d’accueil. Enfin, il a fait des recommandations concernant les bénéficiaires. Selon lui, une personne ayant passé moins de 24 mois aux États-Unis ne devrait bénéficier du projet. Quant au caractère éphémère du projet et de ses services, il recommande à ce que les projets soient permanents, les services permanents [6] car le processus de réintégration sociale des déportés ne pourrait se faire sur une courte période, à partir de projet d’un an.

Le second travail est celui de Patrice Jean René (2013), intitulé : “L’adaptation des déportés d’origine haïtienne en provenance des États-Unis à travers les réseaux sociaux.”

Dans son travail, l’étudiant a évalué le niveau d’adaptation des déportés dans la société haïtienne à travers les réseaux primaires et à travers la FONHFARA. Selon lui, la majorité des déportés adoptent des comportements adaptatifs dans la société haïtienne. Leur motivation et leur capacité physique et mentale leur permettent de résister aux multiples problèmes auxquels ils font face. Cependant, il est conscient que malgré les efforts, les problèmes socioéconomiques et affectifs des déportés restent irrésolus. Le silence de l’État haïtien à leur égard et les perceptions négatives de la population contre eux sont autant d’éléments qui ne jouent pas en leur faveur. L’étudiant a analysé le concours des familles et des amis, ainsi que le soutien que la FONHFARA fournit aux déportés dans le processus d’adaptation.  Il a conclu que les familles et les amis constituant des réseaux primaires manifestent de grande solidarité aux déportés à travers des aides naturelles traditionnelles. Quant à la FONHFARA qui constitue un réseau secondaire, elle ne joue pas un rôle fondamental dans le processus malgré ses efforts incommensurables.

Quant au rôle des travailleurs sociaux, l’étudiant a proposé à ce que ces professionnels appliquent la méthode d’intervention en réseau. Une méthode consistant à renforcer la capacité des réseaux sociaux pour qu’ils puissent être en mesure de prendre en charge les déportés de manière autonome. Mais pour que cette méthode apporte un résultat positif, les Travailleurs Sociaux doivent maintenir dans la mesure du possible une relation d’équilibre et de partage avec les réseaux sociaux qui ont déjà eu une certaine pratique traditionnelle dans le domaine en question.

Quant aux documents de réflexion sur la question, nous avons d’une part le document de discussion réalisé par le Centre Œcuménique des Droits Humains (CEDH), intitulé : “La déportation en Haïti, publié en Février 2008.”

Dans ce document, le CEDH a d’entrée de jeu présenté les concepts de « déportés criminels, non criminels et criminels dangereux ». L’institution a établi  une différence entre eux dans une perspective de compréhension et de catégorisation selon les crimes ; deuxièmement, une historicité de la déportation avec les dates clés et quelques chiffres sur le nombre de déportés [7] des États-Unis en Haïti ; troisièmement, elle a traité la problématique des “déportés” qui soulève principalement deux grandes questions dans la société haïtienne, l’une d’ordre sécuritaire et l’autre d’ordre social et culturel ; et en dernier lieu, elle a proposé quelques pistes de réflexion sur un modèle de structure de prise en charge en faveur des déportés susceptible de faciliter leur adaptation en Haïti.

D’autre part, le deuxième travail réalisé par le Centre Œcuménique des Droits Humains, intitulé : “Propositions pour une politique nationale de prise en charge de la question des déportés, publié en octobre 2008.”

Ce travail est le fruit du plaidoyer issu des travaux de la table de concertation nationale sur la question des déportés, réalisé par le CEDH en Février 2008. Dans ce document, l’institution présente d’abord les dimensions de la problématique de la déportation et quelques constats du point de vue sécuritaire et de l’insertion. Ensuite, les différents acteurs devant participer dans la politique de prise en charge des déportés et le rôle de tous ses acteurs (autorités haïtiennes, les associations des déportés, les familles d’origine et des pays d’accueil, la société civile du pays d’origine et du pays d’accueil). Enfin, quelques recommandations visant une meilleure prise en charge des déportés.

En ce qui a trait aux documentaires réalisés sur la question, nous avons le documentaire intitulé « Deported ». Un film de Rachèle Magloire et Chantal Regnault présenté par Productions Fanal et Velvet Film. Ce documentaire de cinquante cinq (55) minutes paru en Décembre 2012, projeté à la FOKAL (Fondasyon Konesans ak Libète) présente le vécu du retour des déportés, leur difficile parcours, leur solitude et leur incompréhension de cette double peine (la prison et la déportation) et les différents problèmes (économiques, culturels, etc.) auxquels ils font face. Le film se transporte aussi chez les proches de ces déportés vivant aux États-Unis et au Canada abattus, submergés par l’absence d’un des membres de leurs familles.

2. Justification de l’étude

Nous avons fait choix de travailler sur la problématique de la réintégration sociale des migrants Haïtiens déportés des États-Unis, accueillis par la Fondation Haïtienne des Familles des [8] Rapatriés, pour deux raisons. La première, est d’ordre académique. Le fait d’avoir réalisé notre stage du 1er Septembre au 30 Novembre 2012  au sein de cette institution. Ce qui nous place dans la perspective du stage-mémoire de licence.

La seconde est d’ordre scientifique. Au cours de ce stage pratique, nous avons développé une sensibilité professionnelle et avons lu la littérature y relative. Nos interventions et lectures nous ont permis d’acquérir un ensemble de connaissances sur le phénomène de la déportation, plus précisément sur la question des migrants Haïtiens déportés des États-Unis. Et, nous ont aussi rendu conscient des différents problèmes auxquels font face les déportés Haïtiens qualifiés d’indésirables, de criminels en Haïti - quoiqu’ils n’aient commis aucun crime sur le territoire national avant leur arrivée -. Et le potentiel danger que pourrait représenter la présence de certains d’entre eux dans la société haïtienne au cas où n’est disponible une structure de prise en charge efficace visant leur pleine réintégration sociale. Des gens qui, une fois en Haïti, subissent toutes formes de discriminations constituant une barrière à leur pleine réintégration ajoutés aux graves problèmes d’ordre économique et social vu qu’ils sont déportés sans ressources économiques et sont dès lors séparés de leurs familles pour toujours. Devant de tels constats, nous aimerions d’une part, approfondir notre connaissance sur ce phénomène presqu’inexploré en Haïti ; d’autre part, contribuer à la compréhension du phénomène afin d’attirer l’attention des responsables sur un phénomène présenté comme un danger sociétal.

3. Problématique

Les quelques rares études réalisées sur la déportation en Haïti montrent que ce phénomène est en constante évolution et, le nombre de migrants Haïtiens déportés des États-Unis a tendance à accroitre. Des gens qui ont commis une ou des infraction(s), ayant été arrêtés, jugés et condamnés et que l’on renvoie en Haïti après qu’ils aient purgé leur peine dans les prisons États-uniennes. Dans la majorité des cas, ce sont des résidents permanents légaux ayant quitté le pays très jeune. Ils se sont adaptés à leur pays d’accueil et y ont grandi comme des citoyens. Quant à une estimation globale de cette catégorie, pas de chiffre exact disponible dans les institutions étatiques à cause du caractère clandestin de ce phénomène durant une certaine période. Avec le rythme que les États-Unis déportent les Haïtiens, dont une trentaine à une [9] quarantaine par mois, par manque de moyen il s’avère difficile pour l’État haïtien de mettre en place des structures d’accueil pouvant faciliter leur pleine réintégration dans la société haïtienne. Outre cela, le caractère palliatif et éphémère des programmes mis en œuvre par les Organisations internationales et locales et le manque d’implication des familles ne facilitent leur réintégration.

Dans un travail réalisé sur les non-citoyens déportés des États-Unis, Daniel Kanstroom  a  fait remarquer que : « Durant ces 25 dernières années, le nombre de non-citoyens déportés a dépassé 25 millions. En moyenne, environ un million de personnes par an ont été effectivement retirés. En comparant la quantité de personnes expulsées durant les mandats de Georges Walker Bush et sur l’administration d’Obama, le chiffre a considérablement augmenté. L’administration d’Obama s'est concentrée sur les déportations de contraintes juridiques des résidents non-citoyens qui ont été reconnus coupables de crimes » (KANSTROOM, 2011 : 97). Quoique l’auteur, en examinant les causes de la déportation, a conclu, étonnamment, que : « la majorité des individus ont été expulsés pour une infraction non violente, 70.5% étaient déportés pour une infraction non violente et 29.5% pour une infraction potentiellement violente. Les motifs les plus courants concernent des infractions de substances contrôlées » (Ibidem : 98).

La première vague de déportation des migrants Haïtiens des États-Unis a déclenché en Janvier 1979 par l’INS (Immigration Naturalization Service [6]) suite à une poursuite intentée par le NCC (National Council of Churches [7]) avant qu’un tribunal de la Floride n’ordonna un gel des déportations. Celles-ci concernaient les « boat people [8] » qui n’accédaient pas au permis de travail (ICART, 1987 :75). En Décembre 1980, une décision d’une cour d’appel permettait à l’INS de reprendre dès Janvier 1981 les procédures d’expulsion contre les nouveaux arrivants pour s’étendre jusqu’en Juin de la même année. Le « Black Caucus [9] » protesta et l’« Attorney General [10] » ordonna de mettre fin à ces pratiques. Elles se poursuivirent cependant, en raison [10] d’une erreur d’interprétation de la directive par le commissaire de l’INS ; même des « réfugiés [11] » qui soumettaient une demande de permis de travail furent arrêtés et déportés. Après une lutte acharnée du HRC « Haitian Refugee Center Inc. [12] » et l’ACLU (American Civil Liberties Union [13]), ils obtinrent finalement une injonction qui mit fin à ces pratiques (ZUCKER, 1983 :151-162 , dans ICART, 1987 : 77). En ce qui a trait au nombre ayant été déporté au cours de cette période, entre 1972 et 1981, 716 Haïtiens ont été retournés en Haïti ; 460 ont opté pour le départ volontaire, 193 furent déportées et 63 furent exclues. Environ une centaine a obtenu l’asile au cours de la même période (BUCHANAN, 1982, dans ICART, 1987 : 82).

Ces pratiques ont été reprises tout juste après le départ du président Jean-Claude Duvalier en 1986. Elles reflètent sans doute l’augmentation considérable de la présence d’immigrants Haïtiens aux États-Unis à partir des années 70. Cependant, durant la période de 1986 à 1996, aucun chiffre n’est disponible sur le nombre à cause du caractère informel et clandestin du phénomène à l’époque. Selon le Centre Œcuménique des droits Humains, après 1998 les Déportés arrivèrent par grosses vagues, jusqu’à 50 par semaine sur des vols spéciaux de l’US Marshall. Sous le premier mandat de Préval, en 1999, un accord de 25 Déportés tous les 15 jours a été signé. De Mars 2001 à Juillet 2006, sous les gouvernements de Chérestal et de Neptune, le gouvernement américain invoque la surpopulation de leur système carcéral et décide de renvoyer en Haïti 50 Haïtiens tous les 15 jours (CEDH, Février 2008 : 5-10). Par contre, entre la période de 2007 et 2010,  aucun chiffre  n’est disponible. Mais, après le moratoire d’un an qui a suivi le tremblement de terre de 2010, plus d’un millier y sont arrivés. La « Production Fanal [14] » via Chantal Regnault estime qu’avant Janvier 2010, environ 6000 déportés criminels ou délinquants sont entrés en Haïti (REGNAULT, 2013 :7). Contrairement au directeur exécutif de la Fondation [11] Haïtienne des Familles des rapatriés, qui croit que les chiffres dépasseraient plus de 10.000 [15]. Des gens qui selon Marleine Bastien :

« Une fois en Haïti, sont généralement détenus dans des prisons où l’insalubrité fait rage et sont exposés à des maladies potentiellement mortelles. Un milieu où l'épidémie du choléra continue compte tenu de l'accès insuffisant au traitement des aliments, d'eau, de logement et des services médicaux » [16].

Dans le travail de recherche réalisé par le CEDH intitulé “Propositions pour une politique nationale de prise en charge de la question des déportés”, l’institution estime que : la grande majorité des déportés avaient quitté Haïti dès leur tendre âge, c'est-à-dire entre 4 et 7 ans et leur âge de retour est compris entre 28 et 48 ans (CEDH, Octobre 2008 :12). Donc, ces informations  permettent de comprendre qu’ils ont passé une grande partie de leur vie aux États-Unis, ont grandi comme des américains, ont été pleinement acculturés, formés et ont élevé des familles. Ainsi, une fois déportés, ils sont séparés de leurs familles et renvoyés dans des endroits où ils ont souvent peu de connaissances, ne parlent pas la langue, manquent de références culturelles et où les perspectives d'avenir sont sombres. Qui pis est, ils sont définitivement exclus de ne jamais retourner aux États-Unis, même temporairement, pour visiter leurs parents, conjoints, et enfants.

Au cours de ces 20 dernières années, en Haïti, deux grands projets d’un an ont été implémentés par des organisations internationales en vue d’aider les déportés à se réintégrer dans la société Haïtienne. Toujours est-il que ces projets furent un échec total. La mise à l’écart des organisations des déportés qui connaissent la réalité des déportés et leurs vrais besoins pour avoir eux-mêmes subi la déportation, le manque d’implication des familles et le caractère palliatif des services sont autant de facteurs à la base de cet échec. En Avril 2011, sous la supervision et le financement de l’OIM, les organisations des déportés mettent en œuvre un programme de réintégration d’une durée de 2 ans et 6 mois offrant de multiples services à cette nouvelle vague [12] de déportation des États-Unis tout juste un an après le tremblement de terre du 12 Janvier. Plus précisément le 20 Janvier 2011. Ce programme consiste à fournir à ceux fraichement arrivés des services susceptibles de les aider à évoluer dans la société. Malheureusement après un certain temps, on les voit  traîner partout à travers les différentes rues de la capitale. Certains d’entre eux dépassés par les événements ont comme principal logement les différentes places publiques du pays où après un certain temps deviennent déments ; d’autres, étant retournés à leurs pratiques du passé sont soient tués ou emprisonnés. Ceci est d’une part la résultante de l’inefficacité des programmes et la précarité de leur situation économique ; d’autre part de la démission des familles.

Dans un travail réalisé sur la réintégration des migrants de retour du Sri Lanka, Prema-Chandra Athukorala argue que la réinsertion demande un certain temps et que nombreux sont les migrants de retour non-intégrés dans le marché du travail qui souhaitent émigrer à nouveau vu les difficultés de la réintégration professionnelle et la désillusion pendant la recherche d’un emploi (ATHUKORALA,1990 : 323-346, dans FLAHAUX, 2009 : 25). Pour Savina Ammassarri concernant les migrants de retour au Cote d’Ivoire, il faut considérer la réinsertion des migrants de retour sur plusieurs plans : économique, social, culturel et professionnel. Dès lors que la réinsertion se révèle difficile sur quelque plan que ce soit, le migrant fait souvent l’objet d’un nouveau départ (AMMASSARRI, 2004 : 133-134, dans FLAHAUX, 2009 : 26).

Jorgen Carling, dans une recherche menée sur les migrations de retour au Cap Vert, avance que les individus les plus jeunes au moment du retour éprouvent davantage de difficultés pour se réinsérer. Insistant également sur les circonstances dans lesquelles se passe le retour, il fait une distinction entre les migrants de retour classiques, les migrants « revenant les mains vides », les migrants intermédiaires et les jeunes diplômés d’une université étrangère. Les premiers, les plus âgés lors du retour, sont des individus qui ont migré dans les années 1960, ont passé la majeure partie de leur vie à l’étranger et qui rentrent au Cap-Vert pour vivre une retraite tranquille. Leur pension leur garantit des revenus réguliers. Certains investissent l’argent qu’ils ont épargné dans un petit commerce, tel un bar ou un taxi, ou dans une terre agricole. Dans la plupart des cas, ils ne réintègrent pas le marché du travail et ils profitent des bonnes conditions de vie dans leur pays.

[13]

La deuxième catégorie de migrants de retour répertoriés par Carling regroupe les migrants de retour plus jeunes qui reviennent les mains vides. Leur migration, plus récente a été relativement courte et ils se retrouvent dans des conditions de vie semblables à celles précédant leur départ. Soit ils sont revenus volontairement, soit ils ont été expulsés parce qu’ils n’avaient pas de papiers ou qu’ils avaient commis une infraction, comme la détention de drogues. Le retour est pour eux une expérience humiliante. Ils connaissent de grandes difficultés pour se réintégrer socialement et professionnellement.

En ce qui concerne les migrants de retour « intermédiaires », nombreux,  ont passé une dizaine d’années à l’étranger afin d’accumuler une certaine somme d’argent. Ils ne perçoivent aucune pension, mais leurs économies leur permettent d’augmenter leur niveau de vie. Agés d’une quarantaine d’année en moyenne, ils réintègrent ensuite un travail dans leur pays d’origine pour un salaire local et ne repartent plus à l’étranger.

Les jeunes diplômés d’une université étrangère qui rentrent dans leur pays d’origine éprouvent, quant à eux, des difficultés pour trouver du travail à leur retour, et ceux qui en trouvent sont frustrés par la hiérarchie moins qualifiée qui s’impose à eux. Souvent, ils ont envie de repartir à l’étranger (CARLING, 2004 : 113-132, dans FLAHAUX, 2009 : 26-27).

Les données disponibles sur le peu de travail réalisé par le centre Œcuménique des Droits Humains, montrent que le problème de la réintégration sociale des migrants Haïtiens déportés des États-Unis s’avèrent difficile pour trois (3) grandes raisons : premièrement, des problèmes socio-économiques, les déportés sont obligés de faire face à un taux de chômage extrêmement élevé dans un pays où il est très difficile de trouver un emploi, déporté ou pas ; deuxièmement, ils sont confrontés à la stigmatisation, à l’étiquette de criminel qu’on leur colle à la peau ; troisièmement, ceux qui ont été longuement socialisés en Amérique du Nord sont confrontés à un choc culturel intense : la langue (la grande majorité ne parle que l’anglais) et le mode de vie (absence des services sociaux de base) (CEDH, Octobre 2008 : 14). Face à ces difficultés, il existe un besoin réel d’encadrement vers une réintégration dans la société haïtienne. Ainsi, on pourrait se demander dans quelle mesure les déportés affiliés au Programme National de Réintégration des Haïtiens Retournés dans leur pays, mis en œuvre par la FONHFARA, arrivent-ils à réintégrer la société haïtienne ? Jusqu’ici, peu de travail a été réalisé sur l’impact des services fournis par la FONHFARA et le niveau d’implication des familles dans le processus de réintégration sociale des déportés en Haïti, et aucun n’a montré que toute réintégration sociale de [14] cette catégorie doit indubitablement passer des programmes efficaces et un support incommensurable des structures telles que : les familles d’accueil et de l’étranger. Devant de tels constats, ces structures  constituent notre préoccupation dans le cadre de ce travail.

4. Objectifs du travail

Dans ce travail, nous nous sommes fixés un objectif  principal :

Étudier la question de la déportation et le problème de la réintégration sociale des migrants Haïtiens déportés des États-Unis eu égard au programme de réintégration dans le cadre de la FONHFARA et au niveau d’implication des familles.

Les objectifs secondaires sont les suivants :

  • Présenter la politique de déportation des États-Unis.
  • Décrire et apprécier le programme de réintégration sociale de la FONHFARA.
  • Faire ressortir le niveau d’implication des familles dans le processus de réintégration sociale.


5. Question de recherche

Pour orienter notre réflexion dans cette recherche, nous avons posé une question principale et deux questions secondaires :

Question principale

Dans quelle mesure les déportés affiliés au Programme National de Réintégration des Haïtiens Retournés dans leur pays, mis en œuvre par la FONHFARA, arrivent-ils à réintégrer la société haïtienne ?

Questions secondaires

  • Quels sont les facteurs qui caractérisent les migrants Haïtiens déportés des États-Unis ?
  • Quels sont les déterminants d’une réintégration sociale difficile pour les migrants Haïtiens déportés des États-Unis ? 

[15]

  • Toutes ces questions nous permettront de mieux comprendre le phénomène de la déportation en Haïti et d’avoir une idée globale sur la problématique de la réintégration sociale des déportés.


6. Hypothèse de la recherche


Le rôle que jouent les organisations des déportés et les familles d’accueil et de l’étranger dans le processus de la réintégration sociale des déportés nous amène à formuler l’hypothèse suivante : « Le caractère palliatif des interventions de la FONHFARA et le manque d’implication des familles justifient la réintégration sociale difficile des migrants Haïtiens déportés des États-Unis ».

7. Dispositif méthodologique

Pour réaliser un tel travail relatif à la problématique de la réintégration sociale des migrants Haïtiens déportés des États-Unis, nous faisons choix d’une étude essentiellement descriptive. Cette étude vise à décrire et à analyser de façon objective le phénomène de la déportation et la problématique de la réintégration sociale en déterminant les facteurs d’une réintégration sociale difficile. Elle atteindra ses objectifs à partir des entretiens qualitatifs réalisés auprès du directeur exécutif de la FONHFARA et des déportés accueillis par la dite institution le 15 Avril 2011. D’abord, nous nous interrogeons sur les facteurs qui caractérisent les migrants Haïtiens déportés des États-Unis.Ensuite, l’accent sera mis sur le programme de la FONHFARA, il s’agit de savoir l’impact du programme sur les déportés. Enfin, nous chercherons à savoir le niveau d’implication des familles dans le processus de réintégration sociale. Ce qui nous permettra de relever les facteurs de leur réintégration sociale difficile en Haïti. Par ailleurs, ce travail vise à investiguer un domaine presqu’inexploré en Haïti. Pour cela il n’a pas pour objectif d’atteindre l’exhaustivité. Il a une portée exploratoire et attire l’attention sur un problème très compliqué tant sur le plan social que sur le plan sécuritaire. De ce fait, il mérite d’avoir une attention particulière et des investigations supplémentaires. Il a une portée qualitative et s’appuie fondamentalement sur les techniques de la recherche documentaire et des entretiens.

[16]

8. Opérationnalisation des variables


Variables indépendants

1-    Le caractère palliatif des services fournis par la FONHFARA.
2-    Le manque d’implication des familles.

Variable dépendant

  • Réintégration sociale difficile des migrants Haïtiens déportés des États-Unis dans la société haïtienne.


[1] URL. Consulté le 15 Août 2013.

[2] Est dit « étranger », toute personne qui ne possède pas la nationalité du pays où elle réside. Voir PISON, Gilles : « Le nombre et la part des immigrés dans la population : Comparaisons internationales » In le Bulletin Mensuel d’Information de l’Institut National d’Études Démographiques, Population & Sociétés n° 472, novembre 2010.

[3] Selon l’American Center for Immigration Studies, 2001, on appelle immigrants illégaux, tous ceux qui pour des raisons diverses ne sont pas en règles avec les législations en cours. Voir  http://www.cis.org. Consulté le 7 Juillet 2013.

[4] Les Nations-Unies qualifient “d’immigré”, toute personne née dans un autre pays que celui où elle réside, qui a donc franchi une frontière (ou plusieurs) depuis sa naissance. Elle peut avoir la nationalité de son pays de naissance ou avoir une autre nationalité ; notamment celle du pays dans lequel elle réside. Dans le premier cas, elle est étrangère, et dans le dernier, elle ne l’est pas, ayant la nationalité du pays où elle habite.  PISON, Gilles, op. cit.

[5] Dans le français haïtien, cette expression signifie : Sans ressources économiques. Sans moyens économiques.

[6] Le service d’immigration et de naturalisation.

[7] Un Conseil national des églises qui défendait la cause des réfugiés haïtiens en demandant à ce qu’ils soient libérés sur parole  et reçoivent le permis de travail, conformément aux dispositions du protocole des Nations-Unies. Le NCC demandait également que des changements soient apportés aux règlements de l’INS. Voir ICART, Jean-Claude : « Négriers d’eux-mêmes », Editions CIDIHCA, 1987, p.75.

[8] Boat People signifie : des citoyens qui ont pris le large à bord de petites embarcations de fortune, interceptées au large, ils sont immédiatement pour la plupart refoulés par les garde-côtes américains. DEWIND, Josh et KINLEY III, David : « Aide à la migration : Impact de l’assistance internationale à Haïti », Editions du CIDIHCA, 1988, p.8.

[9] Groupe des parlementaires noirs aux États-Unis.

[10] Le Ministre de la justice.

[11] Le protocole des Nations-Unies de 1967, relatif au statut des réfugiés, définit un réfugié ayant droit à l’asile comme toute personne qui craignant avec raison d’être persécutée du fait de sa race, de sa religion, de sa nationalité, de son appartenance à un certain groupe social, ou de ses opinions politiques, se trouve hors du pays dont elle a la nationalité et qui ne peut ou, du fait de cette crainte, ne veut se réclamer de la protection de ce pays ;ou qui, si elle n’a pas de nationalité et se retrouve hors du pays dans lequel elle avait sa résidence habituelle à la suite de tels événements, ne peut ou, en raison de ladite crainte, ne veut y retourner. DEWIND, Josh et KINLEY III, David, op.cit., p.12.

[12] Fondé par le Père Gérard Jean-Juste, Le “Centre des réfugiés Haïtiens” a longtemps été un lieu d'accueil et de lutte pour les droits des nouveaux venus d'Haïti.

[13] Union Américaine pour les Libertés civiles.

[14] La seule institution à avoir réalisé un documentaire sur les Déportés Haïtiens. Paru en Décembre 2012.

[15] Propos tenu par le directeur exécutif de la FONHFARA, en l’occurrence Samaël Jean Joël AUGUSTE, lors d’une discussion sur la problématique de la réintégration des déportés, le 8 Novembre 2012.

[16] Voir l’article sur le site “HPN Haïti Press Network”. Paru le 8 Juin 2012, intitulé : « Haïti-Déportation : des organisations de droits humains appellent à l’arrêt des déportations ». Consulté le 17 Mars 2013. Marleine BASTIEN est Directrice exécutive de l’organisation Fanm Ayisyen nan Miyami (FANM).



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le dimanche 11 octobre 2015 10:19
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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