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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Une édition électronique réalisée à partir de l'article de Jean-Pierre Légaré, “Le mouvement coopératif au Québec.” In Québec 1960-1980. La crise du développement. Matériaux pour une sociologie de la planification et de la participation, pp. 267-284. Montréal: Les Éditions Hurtubise HMH, ltée, 1973, 500 pp. Textes choisis et présentés par Gabriel Gagnon et Luc Martin. [Autorisation confirmée par Gabriel Gagnon le 18 novembre 2004, de diffuser toutes ses publications.]

[267]

Québec 1960-1980. La crise du développement.
Deuxième partie : EXPÉRIENCES

Le Mouvement coopératif
au Québec
.”

Par Jean-Pierre LÉGARÉ

La province de Québec (l'une des dix provinces qui constituent le Canada) a une population de quelque 6 000 000 d'habitants. De façon générale, on peut dire qu'un Québécois sur deux participe d'une façon ou d'une autre aux sociétés coopératives qui s'y sont établies depuis trois quarts de siècle.

La formule coopérative s'est donc adaptée au Québec avec un rare bonheur. Le Premier ministre du Canda, l'honorable M. Pierre Elliott Trudeau, qualifiait lui-même récemment « d'étonnante conquête socio-économique » la polarisation réalisée par la formule coopérative de la tradition d'entraide et d'initiative collective qui se manifestait au Québec.

Le Mouvement coopératif, tel que nous le connaissons aujourd'hui au Québec, réunit plus de 2 000 institutions qui, tout en étant de types variés, n'en présentent pas moins les caractéristiques essentielles d'être à la fois des associations de personnes et des entreprises économiques. Sur le plan « association », elles groupent quelque trois millions de membres ; sur le plan « entreprise », elles totalisent des actifs d'environ trois milliards de dollars.

Origine et développement

Le Mouvement coopératif québécois apparaît fondamentalement comme le produit d'une longue évolution à partir de diverses formes d'entraide spontanée et volontaire pratiquées depuis les origines du pays. C'est cependant sous l'impulsion des circonstances et des besoins, beaucoup plus qu'en fonction d'un plan bien tracé ou d'un schéma idéologique bien défini, que ces formes d'entraide se sont d'abord développées et précisées.

Bien que l'on puisse retracer dans un passé plus ancien certaines initiatives d'inspiration authentiquement coopérative, c'est vraiment entre les années 1850 et 1900 que sont apparues, au Québec, les premières institutions formelles dont l'organisation et le fonctionnement présentaient les principaux traits de la Coopération au sens où on l'entend aujourd'hui.

[268]

Au cours de cette période, plusieurs mutuelles ou sociétés fraternelles furent constituées par différents groupes économiquement faibles préoccupés de se donner en commun une protection contre les risques financiers attribuables aux incendies ou aux décès. C'est effectivement par le truchement de la mutualité que la formule coopérative connut ses premières expérimentations au Québec.

Au début du siècle présent, la situation économique de la province de Québec était relativement faible dans son ensemble et, de plus, les principaux leviers de commande de cette économie étaient sous la dépendance de capitaux étrangers. La formule coopérative s'offrait donc aux Québécois comme une planche de salut qui leur permettrait (en particulier aux gens à revenus modestes) d'accéder à la propriété et au contrôle d'entreprises variées adaptées à leurs possibilités.

Si l'on considère le chemin parcouru par le Québec depuis un demi-siècle, on est frappé par le fait que la Coopération a été l'une des rares formules d'action collective à réaliser une percée dans le monde économique et cela en dépit d'un contexte peu favorable et de limites inhérentes à la formule coopérative elle-même. À l'heure actuelle, la dépendance économique à l'égard du voisin américain est encore marquée, mais les institutions coopératives représentent l'actif autochtone le plus important pour les Canadiens français.

En 1900, Alphonse Desjardins, à la suite d'études dictées par son désir d'aider ses compatriotes à se libérer des abus dont ils étaient victimes sur le plan du crédit, organisait, à Lévis, la première coopérative d'épargne et de crédit, qu'il appela « Caisse populaire » et qui fut à l'origine d'un mouvement qui couvre aujourd'hui toute l'Amérique du Nord.

Alphonse Desjardins fut le premier, au Québec, à formuler des principes généraux d'action économique reliés directement à des préoccupations communautaires et à proposer des objectifs de réalisation explicitement coopérative. C'est grâce à ses efforts également que fut préparée et votée la première loi destinée à régir les institutions coopératives québécoises.

Vers la même époque où Alphonse Desjardins donnait une impulsion à la Coopération dans le domaine de l'épargne et du crédit, les cultivateurs prenaient de plus en plus conscience des avantages de l'utilisation de la formule coopérative pour améliorer leurs conditions de production et de vente. C'est par voie d'expérimentations, de recherches, d'erreurs et de redressements que les coopératives agricoles en vinrent à définir leurs règles d'action et à définir leurs objectifs durant l'époque de l'entre-deux-guerres.

À la suite des mutuelles, des caisses populaires et des coopératives agricoles, toujours sous la poussée des besoins ressentis par différents groupes de recourir à l'action collective pour surmonter certaines difficultés économiques, se protéger contre certains abus et améliorer les conditions existantes, apparurent successivement des coopératives dans les domaines des pêcheries, de la consommation, de l'habitation et de divers services.

C'est vraiment à partir du milieu des années 30, durant la crise économique, que la Coopération est entrée dans sa phase de réel développement dans les secteurs de l'agriculture et de la pêche, puis ensuite dans les secteurs de la consommation, de l'habitation et des services les plus variés. Aujourd'hui, les coopératives constituent dans leur ensemble une force associationniste et une force économique.

[269]

Au fur et à mesure que ces institutions se multipliaient, elles sentaient plus intensément la nécessité d'un rapprochement, d'abord sur le plan de leurs secteurs respectifs et ensuite sur le plan de l'ensemble de ces derniers. C'est ainsi que les coopératives engagées dans un même champ d'activité furent amenées à s'associer entre elles au sein d'une fédération, en vue de se donner des services communs.

Il faut insister sur le fait que le Mouvement coopératif est profondément enraciné dans la réalité québécoise. Émanant du peuple dont il épouse les problèmes, trouvant sa raison d'être dans la satisfaction des besoins du peuple, il s'identifie avec lui et tient, de ce fait, une vocation particulière à l'interprétation de ses aspirations.

C'est ainsi que le Mouvement coopératif apparaît comme l'un des éléments de solution les plus concrets, les plus directs et les mieux adaptés aux problèmes de la population du Québec parce qu'il présente toutes les caractéristiques d'un système économico-social fait sur mesure pour elle.

Le Conseil de la Coopération du Québec

Vers 1940, les plus clairvoyants des coopérateurs s'étaient rendu compte qu'il existait deux obstacles majeurs au développement de la Coopération au Québec sur une base solide, durable et efficace : le manque d'unité et de précision en matière de doctrine coopérative, et l'absence d'une coordination adéquate au niveau de l'action.

C'est en vue d'apporter un élément de solution à ce double problème que le Conseil de la Coopération du Québec fut fondé, sous l'égide de la Faculté des Sciences sociales de l'Université Laval de Québec.

Le Conseil de la Coopération s'est affirmé comme un instrument de solidarité pour les institutions coopératives. En effet, les institutions, quels que soient leur genre immédiat d'activité et les fins spécifiques qu'elles poursuivaient, ont constitué une grande famille guidée par les principes coopératifs.

La fondation du Conseil de la Coopération il y a trente ans, a aussi marqué une étape importante dans l'évolution qui a amené les coopératives isolées, soumises à des influences diverses et absorbées par leurs préoccupations immédiates, à se reconnaître d'étroits liens de parenté, à se rapprocher les unes des autres et à poursuivre de concert des objectifs communs. L'idéal de collaboration souhaitable n'est sans doute pas encore complètement réalisé, mais l'on peut dire qu'une bonne partie des obstacles et des difficultés à cet égard est en voie d'être surmontée.

Après avoir subi diverses modifications de ses structures au cours des années, le Conseil de la Coopération du Québec est aujourd'hui une sorte de confédération d'ordre moral dont les membres, au nombre de 21, sont les fédérations des secteurs coopératifs et les coopératives ou institutions d'appartenance coopérative à caractère provincial.

Le Conseil de la Coopération se manifeste sous trois aspects principaux :

  • c'est d'abord et fondamentalement une table ronde, un point de rencontre, un lieu de dialogue pour les divers secteurs du Mouvement coopératif québécois ;

[270]

  • c'est aussi un organisme de représentation et un instrument d'action pour les fins et dans les domaines où les divers secteurs du Mouvement jugent à propos de faire front commun ;

  • c'est enfin un bureau permanent, organisé, maintenu et équipé pour assurer au mieux la continuité aussi bien que l'efficacité de ce dialogue et de cette action collective.


Les secteurs d'activités coopératives

Les institutions coopératives actuellement en activité au Québec représentent globalement une force économique non négligeable. En effet, elles ont ensemble un actif évalué à environ 3 milliards de dollars. En outre, si l'on considère le volume des affaires qu'elles traitent et le nombre des emplois qu'elles procurent, on doit admettre que ces entreprises coopératives constituent un facteur important de la vie économique.

La force associationniste des sociétés coopératives n'est pas moins significative. Leurs 3 millions de membres se recrutent dans tous les milieux de la province de Québec et se répartissent entre quelque 2 000 unités de dimensions variées.

Avant d'entrer dans le détail des activités économiques pour chacun des secteurs où la formule coopérative s'applique au Québec, il convient de présenter un tableau schématique de ces secteurs d'activité économique :

1. Institutions financières :
- caisses d'épargne et de crédit ;
- sociétés d'assurance ;
- société de fiducie.
2. Secteur de la production :
- coopératives agricoles ;
- coopératives de pêcheurs ;
- coopératives forestières.
3. Secteur de la consommation :
- magasins coopératifs ;
- coopératives étudiantes ;
- coopératives d'habitation.
4. Secteur de l'éducation :
- Institut coopératif Desjardins ;
- Association coopérative d'Économie familiale ;
- Association coopérative féminine.

Mentionnons que les secteurs énumérés ci-dessus se limitent au Mouvement coopératif structuré et dont les éléments sont regroupés par le Conseil de la Coopération au Québec. Plusieurs centaines de coopératives individuelles, non regroupées dans une structure fédérative et non affiliées au Mouvement coopératif, exercent leur action dans des domaines très variés comme la forêt, les transports, l'artisanat, les loisirs, etc. Au cours des dernières années, on a [271] assisté à la floraison d'associations coopératives agissant dans des secteurs nouveaux par rapport aux activités traditionnelles des coopératives.

On pourrait encore signaler que la formule coopérative trouve des adeptes chez la population « indienne », du Québec où environ 1 000 sociétaires sont répartis dans une dizaine de petites coopératives. Même les Esquimaux du Grand Nord ont leur coopérative d'artisanat.

Les institutions financières

Caisses d'épargne et de crédit

L'année 1970 a marqué le 70e anniversaire de la fondation par le Commandeur Alphonse Desjardins, de la première caisse d'épargne et de crédit sur le continent nord-américain.

On a une idée du chemin parcouru par ces institutions d'épargne populaire quand l'on compare le premier versement déposé dans une caisse pionnière de Lévis à l'actif actuel de l'ensemble des caisses qui se chiffre par plus de $ 2 500 000 000.

Le nombre total des caisses de toutes catégories au Québec était de 1/674 au 31 décembre 1970. Ces caisses groupaient tout près de 3 000 000 de sociétaires. On estime que 60% de la population francophone du Québec sont membres d'une caisse d'épargne et de crédit.

L'une des caractéristiques intéressantes des caisses d'épargne et de crédit, c'est leur présence dans tous les milieux sociaux et géographiques du Québec. Ainsi, les caisses recrutent-elles leurs membres et leurs épargnes aussi bien dans les grands centres que dans les milieux les plus modestes. C'est ainsi qu'elles offrent leurs services dans plus de 515 localités où le système bancaire n'a pas jugé profitable de s'installer.

Les caisses populaires et les caisses d'économie rejoignent même l'ouvrier dans son milieu de travail. Quant aux caisses scolaires, elles répondent aux besoins d'environ 400 000 écoliers, sans compter 10 caisses populaires spécialisées au service de collèges ou d'universités.

La formule des caisses a même été adoptée par les Indiens, à Betsiamites, à Pointe-Bleue, à la Romaine, et par les Esquimaux du Grand Nord à Povungnituk.

Pour leur administration, les caisses peuvent compter sur le concours bénévole de près de 20 000 administrateurs.

L'accumulation des épargnes des membres, qui atteint $ 2 110 000 000 au 31 décembre 1970, confère une position de force aux caisses d'épargne et de crédit dans l'économie du Québec. Cette épargne est d'abord mise au service des sociétaires. C'est ainsi que les prêts sur reconnaissance de dettes qui leur ont été consentis s'élèvent à $ 590 000 000, alors que les prêts sur hypothèques atteignent $ 835 000 000.

Une partie appréciable des fonds des caisses est convertie en placements. Le total de ces placements s'élevait à $ 734 000 000 à la fin de 1970. Notons que les caisses achètent une tranche importante des obligations vendues publiquement sur le marché canadien par les gouvernements à tous les paliers.

[272]

Les caisses populaires et les institutions financières qu'elles se sont données ont toujours contribué au développement économique du Québec. Toutefois, ce n'est qu'en 1970 que l'Assemblée nationale du Québec apportait des modifications à la loi des caisses d'épargne et de crédit qui permettaient aux fédérations de caisses populaires de participer financièrement au développement industriel du Québec en achetant des actions, des obligations et autres titres de corporations.

Par ailleurs, en décembre 1971, l'Assemblée nationale adoptait une autre loi autorisant la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins à créer la « Société d'Investissement Desjardins ». Cette société, dont le capital-action sera de 100 millions de dollars, aura pour objet d'administrer un fonds d'investissement et de placement. Ce fonds servira à établir et à développer des entreprises industrielles et commerciales, à caractère coopératif ou non.

Les coopératives d'épargne et de crédit sont groupées en six fédérations au Québec. Quelques caisses n'y sont pas affiliées. Deux de ces fédérations, soit la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins et la Fédération de Montréal des Caisses Desjardins, sont affiliées au Conseil de la Coopération du Québec.

La Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins (de loin la plus importante des six fédérations de caisses) est le pivot d'un groupe de neuf institutions financières. Ces institutions qui prolongent ses services sont :

- l'Assurance-Vie Desjardins ;
- La Sauvegarde, compagnie d'assurance sur la vie ;
- la Société d'Assurance des Caisses populaires ;
- la Société de Fiducie du Québec ;
- La Sécurité, compagnie d'assurances générales du Canada ;
- l'Institut coopératif Desjardins ;
- l'Association coopérative Desjardins ;
- les Placements collectifs Inc.

Par la loi de l'Assemblée nationale de décembre 1971, la Fédération de Québec des Caisses populaires Desjardins était autorisée à s'affilier comme membre chacune des institutions énumérées ci-dessus.

Les sociétés d'assurance

Le Conseil de la Coopération du Québec compte parmi ses membres sept sociétés d'assurance et une fédération de mutuelles-incendie.

Cinq de ces institutions sont engagées dans l'assurance-vie, l'assurance-accident-maladie, les régimes supplémentaires de rentes, etc. Trois sociétés exercent leurs activités dans le domaine de l'assurance générale (incendie, vol, automobile, etc.).

L'actif global des sept sociétés d'assurance, à la fin de 1970, était de $ 82 150, comparativement à $ 277 206 259 à la fin de 1969, soit une augmentation de $ 28 976 000, soit 10,4%.

[273]

Secteur de la production

Les coopératives agricoles

Quelque 290 coopératives, dont 227 sont affiliées à la Coopérative fédérée de Québec, servent 40 000 agriculteurs de la province. Ensemble, elles ont un actif d'environ $ 152 millions de dollars et réalisent un chiffre d'affaires dépassant $ 530 millions ; leur avoir net atteint les $ 67 millions. Leurs excédents, en 1969-70, étaient de $ 6 millions.

Le réseau coopératif agricole québécois est la propriété de plusieurs milliers d'agriculteurs qui l'ont bâti pour leur service et pour celui de leur communauté. Il est présent par ses approvisionnements à toutes les phases de la production sur la ferme, comme il est présent par ses usines de transformation et ses entrepôts à celles qui accompagnent la commercialisation des produits.

La fédération

Le 48e Rapport annuel de la Fédération, soit la Coopérative fédérée de Québec, laisse voir que le volume d'affaires de l'exercice 1969-70 a atteint $200 millions. Les trop-perçus ont été de $ 1 625 000, soit un accroissement de 11,5% en 1969.

PROGRÈS DE LA COOPÉRATIVE FÉDÉRÉE

(en millions de dollars)

1970

1969

1968

1967

1966

Ventes

199,8

I 99,7

182,5

173,7

156,0

Trop-perçus (opér.)

1,6

1,4

0,7

1,0

1,7

Fonds de roulement

5,3

5,1

3,9

4,0

3,7

Actif

39,3

37,5

37,9

35,3

30,2

Avoir net

11,0

9,7

8,3

7,6

6,6

Avoir net en %

28,0

26,0

21,9

21,6

21,7

(Plus-value d'évaluation non comprise.)

Coopérative laitière

La tendance à la concentration des coopératives laitières amorcée il y a vingt-cinq ans, se maintient. Leur nombre a été réduit de 164 en 1965 à 30 en 1970.

Les coopératives laitières transforment et commercialisent environ 75% de la production québécoise de lait de fabrication, ayant reçu 3 milliards de livres de lait en 1970.

La concentration de coopératives laitières a eu comme résultat de constituer 8 coopératives laitières régionales auxquelles il faut ajouter un établissement régional de transformation opéré directement par la Fédération. Au [274] nombre de ces coopératives régionales, il faut citer la Coopérative agricole de Granby qui, à elle seule, transforme et met en marché environ la moitié de la production coopérative totale. Cette coopérative, qui a été la première à amorcer un mouvement de concentration, gère 11 usines réparties en divers endroits du centre agricole de Québec.

En mai 1971, la Coopérative agricole de Granby annonçait qu'un accord venait d'être conclu avec la Société Sodima de France, par lequel elle devenait dépositaire d'une franchise lui permettant de fabriquer et de mettre en marché le yogourt très réputé Yoplait. Depuis, la consommation de ce produit a connu une très grande vogue.

La Coopérative agricole de Granby compte 8 300 membres et affiche un actif de $ 21 millions.

Le chiffre d'affaires en industrie laitière au niveau des coopératives de base s'est établi, en 1969-70, à $ 145 000 000. Le chiffre d'affaires dans les produits laitiers au niveau de la Fédération a atteint $ 65 000 000.

En raison de la vocation naturelle des sols et du climat québécois, l'industrie laitière demeure la principale production agricole du milieu, procurant aux agriculteurs plus de la moitié de leurs revenus. La place que la Coopération y occupe illustre la vision et le dynamisme du Mouvement coopératif agricole du Québec.

Coopération bétail-viande

Dans le domaine des viandes, la Coopération agricole québécoise gère quatre établissements d'abattage de gros bétail, abattant et préparant environ 30% de la production provinciale totale.

Coopération avicole

La Coopération agricole québécoise gère six abattoirs avicoles, abattant et préparant environ 40% de la production québécoise d'oiseaux et un certain nombre de postes de classification et de mise en marché des œufs.

Coopération horticole

En industrie maraîchère, les coopératives se préoccupent de l'entreposage et de la commercialisation de produits variés.

Produits de l'Érable

La commercialisation des produits de l'érable est grandement influencée par une société coopérative provinciale. « Les Producteurs de Sucre d'érable du Québec ». Avec plus de 4 500 membres, soit environ 40% des producteurs commerciaux de la province, cette société contrôle 55% de la production commerciale. Il est bon de souligner, ici, que le Québec produit 70% de la production mondiale des produits de l'érable.

La coopérative « Les Producteurs de Sucre d'érable du Québec » avait un actif de $ 1 736 000 au 31 août 1970, alors que les ventes de l'année se sont chiffrées par $4 000 000 avec un volume de 10 730 000 livres et un trop-perçu de $415 000.

[275]

Coopération d'approvisionnement

En amont de la ferme, les coopératives offrent aux agriculteurs une gamme complète de fournitures agricoles, telles que : aliments du bétail, semences, fertilisants, machinerie agricole et autres équipements de ferme, produits du pétrole, quincaillerie, etc.

PROGRÈS DES COOPÉRATIVES AGRICOLES AU QUÉBEC

(En millions de dollars)

Actif

Avoir net

Chiffre
d'affaires

Excédents
annuels

1966

110 000

50 000

390 000

4 900

1967

125 000

55 000

445 000

5 800

1968

140 000

60 000

495 000

5 500

1969

145 000

65 000

500 000

5 800

1970

152 677

67 320

535 000

6 100


Les coopératives de pêcheurs

Pêcheurs Unis du Québec est la fédération des coopératives des pêcheurs du Québec. Implantée dans les territoires maritimes depuis 1939, cette fédération regroupe dix associations coopératives locales, deux associations coopératives régionales et une fédération régionale. Ces associations coopératives sont situées en Gaspésie, sur la Côte-Nord du Saint-Laurent, aux Iles-de-la-Madeleine et au Nouveau-Québec. Elles regroupent environ onze cents membres actifs.

Les pêcheurs-membres sont des professionnels pour qui la pêche est la principale occupation et la principale source de revenu. La flotte de pêche attachée aux usines de la fédération provinciale, de l'association coopérative centrale et à celles des associations coopératives de pêche locales et régionales, comprend cinq cent quatre-vingt-un bateaux dont cinq cents de type côtier, douze cordiers et soixante-neuf chalutiers. Tous les navires de la flotte sont gérés par les pêcheurs-membres, tous en sont propriétaires et tous sont tenus d'être membres des associations coopératives. Le golfe Saint-Laurent, vaste bassin poissonneux, constitue le lieu de pêche privilégié des pêcheurs de l'organisation.

Les prises des pêcheurs-membres des coopératives qui livrent leurs produits à la fédération se sont élevées à 60 000 000 livres en 1970. Plus de 92% de cette production ont été traités dans les six usines de Pêcheurs Unis du Québec.

Les principales captures ont été : la morue, 48,84% du volume total ; le poisson rouge, 39,53% ; la plie, 5,62% ; le crabe, 3,31%, et la crevette, 65% du volume total.

[276]

Au Québec, Pêcheurs Unis du Québec est un important distributeur en gros de poissons et de fruits de mer frais, congelés, fumés, salés ou en conserve. C'est la seule entreprise de pêche à maintenir des succursales de vente et cela depuis 1939.

Au total, Pêcheurs Unis du Québec commercialise plus de 150 produits de la pêche.

Les usines de conditionnement de poisson du secteur coopératif des pêches ont une capacité de production de plus de quatre-vingts millions de livres. À elle seule, la fédération transforme plus de 75% de la production du secteur coopératif.

La production de la Fédération Pêcheurs Unis du Québec et des coopératives affiliées équivaut à environ 40% de la production globale du Québec et à un peu plus de 45% de sa valeur.

Malgré un volume de captures moins élevé en 1970, le chiffre d'affaires des ventes des produits et sous-produits de poisson de la fédération a atteint le chiffre record de $ 9 500 000 en 1970, soit une augmentation de $ 220 680 sur 1969.

Pêcheurs Unis du Québec réalise plus de 50% de ses ventes sur les marchés d'exportation, soit $ 5 400 000 en 1970 ; alors que les ventes domestiques se sont chiffrées à $ 3 335 400, en augmentation de $ 545 249 sur 1969. Les principaux marchés d'exportation sont : les États-Unis, l'Italie, Porto Rico, la Hollande et autres.

En plus d'être un producteur industriel de poisson, Pêcheurs Unis du Québec possède trois compagnies subsidiaires qui sont : le Poisson de Gaspé Ltée, Gaspé Diesel Inc. et les Entreprises Maritimes (1966) Inc. Ces entreprises sont le prolongement des services que la fédération fournit déjà à ses associations coopératives affiliées : agrès de pêche, financement, carburants, déchargement des navires, transport et collection du poisson, transport de la glace, boette, communication radio-téléphonique, construction et réparation de navires, équipes de terre, etc.

Les coopératives forestières

Il existe au Québec une centaine de coopératives engagées dans des opérations forestières : les unes obtiennent des permis de coupe puis transforment et vendent le bois ; les autres s'occupent de l'abattage et du transport du bois pour le compte de compagnies de pâtes à papiers.

L'Ouest québécois

La Fédération régionale des Chantiers coopératifs de l'Ouest québécois regroupe 17 associations coopératives forestières. Le total des sociétaires se chiffre à 1 346.

Ce bois est transformé par les deux usines de sciage, situées à Taschereau et Macamic. La commercialisation est faite par son service des ventes, qui expédie plus de 40 millions de pieds de bois de sciage annuellement. Le chiffre d'affaires de la fédération est supérieur à $ 4 millions et son actif dépasse les $ 2 500 000.

 [277]

Secteur de la consommation

Le Mouvement coopératif de Consommation du Québec regroupe en son sein des entreprises appartenant à deux grandes catégories :

a) des coopératives du premier degré :
— les Magasins Co-Op et les autres coopératives locales ;

b) des coopératives du second degré :
— Fédération des Magasins Co-Op : centrale de gros ;
— Association coopérative féminine : organisme provincial féminin de promotion sociale et coopérative.

Fédération des magasins CO-OP.

A. — Objectifs

La Fédération des Magasins Co-Op, qui constitue la Fédération des Associations coopératives de Consommation, poursuit les principaux buts suivants :

a) promouvoir les intérêts du consommateur et assurer sa défense ;
b) grouper le pouvoir d'achat de ses coopératives affiliées et de ses membres ;
c) rendre des services techniques et comptables à ses coopératives affiliées ;
d) favoriser le développement du Mouvement coopératif de Consommation et planifier son activité.

B. — Membres.

Les membres de la Fédération sont :

a) des associations coopératives de consommation (Magasins Co-Op) et d'autres catégories de coopératives ;
b) des corporations ou sociétés sans but lucratif ;
c) des personnes physiques groupées en sections de membres.

[278]



[279]



[280]

C. — Structures.

La structure de participation et de représentation de la Fédération est du type fédératif, basée sur le principe de la délégation.

Au niveau de la gestion, sa structure représente les multiples besoins des coopératives affiliées qu'elle se doit de satisfaire. La structure interne d'une organisation centrale coopérative est complexe, vu l'ampleur des demandes, en particulier sur le plan de la participation et de la promotion. Une telle situation oblige toute centrale coopérative à une surveillance sévère de son efficacité administrative afin de ne pas diminuer son pouvoir de concurrence.

D. - Chiffre d'affaires.

La Fédération a établi son siège social à Québec en 1952. Son chiffre d'affaires a régulièrement augmenté :

Exercice

Capital

Avoir propre

Chiffre d'affaires

Gros

Détail

1951-52

$ 32, 178

$ 43,083

$ 307,837

$

1956-57.

91 ,853

210,267

5 ,032,572

$

1961-62

514,784

809,784

12, 706,460

$

1966-67.

1, 097, 237

1, 888,080

25, 551,473

$

1969-70

1 , 944,855

3,085.035

41, 309,672

$ 1, 942,505

1970-71

2, 154,439

3 , 434,530

* 46, 000,000
* approximatif

5, 000,000


E. — Développement

L'Assemblée générale annuelle de 1968 a adopté une orientation nouvelle après avoir repensé la vocation de la Fédération. Cette décision de l'assemblée a engendré les modifications suivantes :

a) acceptation de personnes physiques comme membres ;
b) amendements des règlements ;
c) adoption d'une nouvelle structure de représentation et de participation.

Cette nouvelle vocation oblige donc la Fédération à pénétrer dans le champ de la distribution au niveau du détail. Il s'ensuit que les objectifs majeurs qu'elle doit poursuivre, tout en remplissant ses fonctions de fédération, sont les suivants :

a) édifier une puissance commerciale, un secteur témoin capable d'influencer les prix ;
b) mettre en place des mécanismes aptes à assurer l'information et la protection du consommateur.

Conformément à cette orientation, la Fédération a procédé à son expansion :

a) implantation de deux centres Cooprix à Montréal (1969-1971). Le Cooprix est une formule de distribution de détail nouvelle conçue par la Fédération (formule qui est maintenant imitée par les épiciers indépendants) ;

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b) financement de deux Cooprix autonomes : Rimouski (1969), Charlesbourg (Québec) (1970) ;

c) formation de l'Institut de Promotion des Intérêts du Consommateur (l'I.P.I.C.) (1969). Cet organisme s'occupe du fonctionnement de la cuisine-laboratoire de chaque Cooprix, la seule entreprise de détail à offrir un tel service au consommateur.

Fédération des coopératives  étudiantes du Québec

C'est vers 1940, en particulier sous l'impulsion de la Jeunesse Étudiante Catholique (J.E.C.), que les coopératives étudiantes ont été organisées dans les institutions scolaires du Québec.

Ce type de coopératives a connu une existence mouvementée due, en large partie, à la grande mobilité du monde étudiant.

Alors qu'une première fédération de ces coopératives avait cessé d'exister au début des années 1950, une nouvelle fédération était fondée le 18 mai 1966 par cinq coopératives, avec le concours de l'U.G.E.Q. (Union générale des Étudiants du Québec) et du Conseil de la Coopération du Québec. Depuis, les coopératives étudiantes ont connu un regain de vie et, reconnaissant leur valeur pratique et formatrice, le Mouvement coopératif Desjardins aussi bien que les ministères de l'Éducation et des Institutions financières, compagnies et coopératives, ont apporté une aide financière et technique à la Fédération.

Par l'effort de chacun, la F.C.E.Q. a connu un essor et s'est redressée financièrement. L'acquisition par la fédération d'une centrale de distribution du type « entreprise privée » (Papeterie Brel Ltée) a permis d'offrir un meilleur service aux coopératives affiliées et accroîtra considérablement le volume des affaires qui est passé à $1,5 million en 1971.

Aujourd'hui, on compte quelque 40 coopératives dans les institutions d'enseignement offrant leurs services à plus de 50 000 étudiants des niveaux secondaire, collégial et universitaire.

La Fédération des Coopératives Étudiantes du Québec regroupe la majorité de ces coopératives auxquelles elle apporte des services d'ordre institutionnel tels que : vérification, mise sur pied de nouvelles coopératives, organisation de stages, financement, et a récemment organisé un bureau d'éducation. Elle offre aussi des services commerciaux : vente en gros des manuels scolaires et de livres divers (surtout dans le domaine de l'importation), machines distributrices, papeterie. Cette gamme de services répond, en grande partie, aux besoins du milieu étudiant.

Secteur de l'habitat

La formule coopérative a été appliquée au secteur de l'habitation, au Québec, depuis environ 25 ans. Au cours du dernier quart de siècle, on estime à environ 10 000 le nombre des habitations qui ont été construites par des coopératives pour une valeur approximative de $ 100 000 000.

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Au cours des dernières années, la majorité des coopératives d'habitation s'est regroupée au sein de la Fédération Co-Op Habitat du Québec.

L'adoption par la législature de la province de Québec, de la loi créant la Société d'Habitation du Québec, a permis à la Fédération d'élargir son champ d'action et de répondre aux besoins de logements d'un plus large secteur de la population. En effet, la Société d'Habitation du Québec incite les entreprises à but non lucratif à réaliser des projets d'habitation à prix coûtant. Dans le cas des maisons de la Fédération Co-Op Habitat du Québec, il ne s'agit pas de logements subventionnés par l'État pour assistés sociaux, mais de projets coopératifs dont le coût de location est inférieur d'environ 15% au prix du marché pour un logement de dimension et de qualité équivalentes.

La Fédération Co-Op Habitat du Québec compte environ 1 000 logements et une résidence coopérative pour étudiants, le Centre Durocher, à Montréal.

Le secteur des coopératives d'habitation a connu des difficultés financières ces dernières années, et il est en voie de réorganisation.

Secteur de l’éducation

L'institut coopératif Des jardins (I.C.D.).

L'Institut coopératif Desjardins est une association coopérative constituée dans un but éducatif en vertu de la loi des Associations coopératives de la province de Québec.

Ses membres sont les Caisses populaires Desjardins, différentes institutions qui forment le Mouvement coopératif Desjardins et le Conseil de la Coopération du Québec.

L'Institut a fondé, à Lévis, en 1963, le premier centre résidentiel d'éducation des adultes au Canada français. Quelque 7 000 personnes s'y réunissent annuellement pour des stages de courte ou moyenne durée ou pour profiter d'activités réalisées à l'extérieur.

L'I.C.D. s'est donné comme objectifs de répondre aux besoins de formation coopérative et technique du Mouvement coopératif québécois et des pays en voie de développement ; d'apporter une contribution à l'éducation des adultes en général, notamment pour la formation à l'action collective démocratique et au fonctionnement des groupes.

Services pédagogiques

Afin d'atteindre ses objectifs, l'I.C.D. a constitué une équipe de spécialistes en éducation permanente pour assister les groupes qui font appel à ses services de consultation, de programmation, de réalisation et d'évaluation de programme de formation.

Services résidentiels.

L'I.C.D. met à la disposition de ses stagiaires 80 chambres individuelles et 8 chambres doubles réparties dans 4 ailes de résidence.

L'I.C.D. peut poursuivre son œuvre grâce à l'appui financier du Mouvement des Caisses populaires Desjardins.

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Association coopérative féminine du Québec (A.C.F.Q.)

La Fédération des Magasins Co-Op a participé à la fondation de l'A.C.F.Q., organisme se vouant à l'éducation et à la formation de la femme, à l'idée de la Coopération, afin d'élargir son rôle dans la société moderne.

Quelque 30 cercles dans la province de Québec ont des activités régulières d'information, d'éducation, d'animation et de promotion.

Les associations coopératives
d'économie familiale
(A.C.E.F.)

Le Mouvement coopératif compte encore dans ses rangs la Fédération des A.C.E.F. (Associations coopératives d'Économie familiale) qui se définit comme un mouvement communautaire d'éducation populaire qui exerce son activité en groupant et en animant des organismes à caractère économique et social pour promouvoir l'épanouissement de la famille dans ses implications économiques.

Les A.C.E.F. considèrent que le bien-être de la famille, comme unité de base de la société sur le plan de la consommation en particulier, doit inspirer leurs initiatives autant dans le domaine de l'éducation que de la représentation.

Les A.C.E.F. sont constituées selon la loi des associations coopératives, mais elles ont cette particularité que ce sont des organismes qui en sont membres. À l'heure actuelle, 273 organismes détiennent la propriété collective des huit A.C.E.F. régionales du Québec constituées en fédération.

Les membres des A.C.E.F. peuvent être des caisses d'épargne et de crédit, des syndicats ouvriers, des mouvements familiaux et de jeunesse, des agences de service social, des mouvements à buts culturels ou sociaux, etc.

Conclusion

L'intercoopération

Grâce en large partie au Conseil de la Coopération du Québec, les institutions coopératives sont animées d'un sentiment de solidarité les unes envers les autres. Cette solidarité s'est manifestée dans des actes concrets et en particulier par le financement intercoopératif.

De plus en plus, les coopératives du secteur financier affectent une partie de leurs capitaux au développement des coopératives de production et de consommation. La création de la « Société d'Investissement Desjardins » par le Mouvement des Caisses populaires Desjardins, est un autre pas en avant dans ce domaine.

Relations extérieures.

Le Mouvement coopératif québécois maintient et intensifie constamment ses relations avec ses institutions-sœurs tant sur le plan canadien que sur [284] le plan international. Par le truchement du Conseil de la Coopération du Québec, les coopératives sont constamment en relation avec le Conseil canadien de la Coopération, avec Co-Up Union of Canada et avec l'Alliance Coopérative Internationale.

Les relations du Mouvement coopératif avec l'État québécois ont été facilitées depuis la création, voilà quelques années, du ministère des Institutions financières, compagnies et coopératives. Ce ministère exerce un rôle de surveillance et de développement de l'activité coopérative ; il est aussi responsable de l'application des lois coopératives et des lois assurant la protection des consommateurs.

Notons aussi que le Mouvement coopératif entretient des relations avec les institutions d'enseignement particulièrement aux niveaux collégial et universitaire. L'enseignement de la Coopération n'a pas occupé la place que l'on aurait souhaitée au Québec ; cependant, depuis quelques années, on assiste à une manifestation d'intérêt. À l'heure actuelle, le système coopératif est au programme de trois universités : l'Université Laval. Sir Georges Williams et l'Université de Sherbrooke. À cette dernière université, la chaire de Coopération est soutenue financièrement par le Mouvement coopératif.

Le passé, garant de l'avenir.

Depuis, trois quarts de siècle, la formule coopérative a établi la preuve qu'elle pouvait rendre de grands services à la population de la province de Québec. Les institutions coopératives se sont montrées aptes à répondre à des besoins variés et elles l'ont fait en s'adaptant constamment à un monde en transformation. Même si l'économie coopérative est plus ou moins marginale par rapport à l'ensemble de la vie économique du milieu, elle constitue cependant une réussite autochtone remarquable.

Il faut surtout noter que les diverses coopératives de Québec prennent valeur de témoignage. En effet, elles fournissent la preuve qu'il est possible pour des gens ordinaires d'assurer la propriété ainsi que la gestion collective et démocratique d'entreprises variées et cela avec succès, même s'ils sont motivés par l'idée de service plutôt que par l'idée de profit.

On est forcé de constater que si la formule coopérative n'avait pas eu de prise au Québec, la population serait plus largement encore soumise à la puissance financière des entreprises capitalistes à domination étrangère et aurait peu de contrôle sur les rouages économiques destinés à satisfaire ses besoins.

Le Mouvement coopératif québécois possède tous les atouts pour continuer sa courbe ascendante et servir toujours mieux la collectivité. La confiance que les Québécois accordent aux institutions coopératives nous autorise à espérer en un avenir encore meilleur pour le Québec.

Ce texte est extrait de la revue Coopération, avril 1972, p. 7-19.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le lundi 8 janvier 2018 13:25
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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