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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Patrimonialisation, tourisme et développement local:
le cas de «Lakou Souvnans» des Gonaïves entre le regard des initiés et des non-initiés
. (2014)
Introduction générale


Une édition électronique réalisée à partir du mémoire de Jean Rony GUSTAVE, Patrimonialisation, tourisme et développement local: le cas de «Lakou Souvnans» des Gonaïves entre le regard des initiés et des non-initiés. Mémoire de maîtrise en histoire, mémoire et patrimoine sous la direction des professeurs Laurier TURGEON, Joseph Ronald DAUTRUCHE et Obrillant DAMUS de l’Université Laval et de l’Université d’État d’Haïti. Port-au-Prince, Institut d’études et de recherches africaines d’Haïti (IERAH/ISERSS), Université d’État d’Haïti, 2014, 188 pp. Autorisation formelle accordée par l’auteur le 17 octobre 2017 de diffuser ce mémoire, en accès libre dans Les Classiques des sciences sociales.]

Patrimonialisation, tourisme et développement local:
le cas de «Lakou Souvnans» des Gonaïves
entre le regard des initiés et des non-initiés.

Introduction générale

À l’heure actuelle la culture est considérée par de plus en plus de pays, de villes et d’organismes comme le quatrième pilier du développement durable. Des institutions internationales comme l’UNESCO [1] se donnent pour mission de protéger et de faire protéger les patrimoines mondiaux matériels et immatériels. Des ministères de Culture sont créés partout dans le monde en vue de promouvoir des politiques culturelles afin de protéger les patrimoines culturels (matériels ou immatériels), naturels, etc. Tout potentiel culturel se révèle un facteur non négligeable dans le développement local.

 En Haïti, la question de patrimoine attire de plus en plus le regard des chercheurs, des fonctionnaires et d’élus. Ils ont compris la nécessité de faire la mise en valeur de ce patrimoine qui représente un atout pour le développement du pays. Les auteurs qui font le plaidoyer pour ce patrimoine mettent l’accent non seulement sur sa dimension festive, mais aussi sur la dimension économique de ce patrimoine. C’est le cas de Métayer (novembre 2003) pour qui la dimension économique des fêtes patrimoniales revêt une importance capitale. En dépit du fait que cette pratique culturelle revêt un caractère religieux : c’est la fête d’un saint patron dans la religion catholique et la célébration d’un Lwa dans la religion vodou, cette pratique revêt un caractère psychosocial et identitaire par le fait qu’elle rassemble les membres d’une même communauté, alimente et renforce sa cohésion, et un caractère économique par le fait qu’elle attire un tourisme local et un mouvement de grande consommation. La dimension économique n’est pas négligeable dans les fêtes patronales en Haïti.

Après le passage du séisme du 12 janvier 2010 notamment, le moment était venu de sauvegarder le patrimoine culturel haïtien. C’est pourquoi la première réponse du Centre international d’études pour la conservation et la restauration des biens culturels (ICCROM) a été de voir dans quelle mesure on peut renforcer les capacités du personnel des institutions culturelles haïtiennes, afin de lui permettre de conserver des collections en péril, dans le cadre de son projet de sauvetage du patrimoine. (Tandon 2011 : 70). Cela nous permet de déduire que le patrimoine semble être la préoccupation de l’État haïtien et des institutions internationales. L’urgence était de sauvegarder le patrimoine dont l’une des fonctions entre autres est d’assurer la cohésion sociale. Certains ont compris que l’État, à travers une politique culturelle, peut mettre en valeur le patrimoine immatériel d’Haïti en vue du développement économique du pays qui figure parmi les pays les plus pauvres de la planète. Ils mettent l’emphase notamment sur la ville de Jacmel qui, en dehors d’un patrimoine naturel et matériel, a un patrimoine immatériel tout à fait intéressant dont on doit tenir compte pour le relèvement d’Haïti suite au séisme du 12 janvier 2012, qui a détruit ce pays.  (Voir Turgeon et Divers 2010 : 114-115 ; Hadjadj et Sancerni 2010 :130)

Dans la vision de ces auteurs, les patrimoines, qu’ils soient matériels ou immatériels, jouent un rôle fondamental dans les réflexions sur le développement en Haïti. Ces auteurs croient que l’État peut se servir de ce patrimoine immatériel combien riche pour le relèvement du pays après le séisme du 12 janvier 2010. D’ailleurs, dans les « Actes des Assises nationales de la culture » organisées à Port-au-Prince (28 - 30 juillet 2011) par le Ministère de la Culture, on considère la culture comme vecteur de la cohésion sociale et de l’identité nationale, levier et dimension du développement économique et social. Dans ce même ordre d’idées, la culture haïtienne, dans toute la richesse et la diversité de ses composantes, manifestations et expressions artistiques, matérielles et immatérielles, doit être reconnue et considérée par tous et sa place réaffirmée concrètement dans l’ensemble du corps social haïtien, et plus singulièrement dans les divers domaines des arts et de la société. Dans ce travail de sauvegarde de la culture haïtienne, considérée comme le vecteur du développement, l’ensemble des participants sont convaincus que l’État, en premier lieu, à travers son ministère de la Culture et de la Communication [2] et son administration centrale et décentralisée, doit dorénavant assumer très clairement, ses missions d’impulsion, d’animation, de coordination et de développement culturel propre au service public d’un État démocratique et modéré.

Malheureusement quelques années après le passage du séisme du 12 janvier 2010, aucun plan véritable visant à mettre en valeur nos patrimoines naturels et culturels n’est élaboré et mis en pratique par l’État haïtien qui, de jour en jour, est incapable de prendre les grandes décisions dans tous les domaines de la vie politique, sociale et économique pour le bien de la nation. Si des mesures sont prises pour protéger nos patrimoines, elles se situent beaucoup plus au niveau théorique que pratique.

En ce qui nous concerne particulièrement, c’est le cas de Souvenance qui nous intéresse dans ce travail de recherche parce qu’il est porteur de sens et de signification pour beaucoup d’Haïtiens se référant à son ancrage historique et patrimonial (au point qu’il soit considéré comme l’un des plus grands Lakou vodou du pays), mais aussi par le fait qu’il attire un tourisme à la fois diasporique, local et étranger lors des festivités de ce site. Nos observations et entretiens préliminaires réalisés dans la communauté de Souvenance nous suggèrent que ce Lakou détient un potentiel touristique à exploiter dans une perspective de développement local.  Qui plus est, que ce soit du côté des adeptes du vodou ou des autorités étatiques, ce site est déjà considéré comme patrimoine.

Le patrimoine peut se définir comme un ensemble de biens, qu’ils soient matériels ou immatériels, dont l’une des caractéristiques les plus importantes, est de permettre l’établissement d’un lien entre les générations, tant passées que futures. Le patrimoine, au sens évoqué ici, a nécessairement une dimension collective et sa conservation relève de l’intérêt général… (Verniers, 2011: 11). Ceci dit, le patrimoine est revendiqué, reconnu par un ensemble de gens que ce soit de la communauté ou de l’État. D’où le concept de patrimonialisation, processus par lequel un patrimoine en puissance [3] se transforme en un patrimoine reconnu [4]. Le patrimoine, tout comme l’identité elle-même, est une construction, qui peut être faite ou refaite par des acteurs sociaux.  Un lieu ou une pratique traditionnelle quelconque n’est pas patrimoniale en soi, il le devient. Dans cet ordre d’idées, la patrimonialisation est vue comme un processus complexe et changeant, qui varie dans le temps et en fonction des groupes sociaux. De ce fait, une pratique ou un site reconnu à une époque peut perdre son statut de patrimoine à une autre époque donnée (Charbonneau et Turgeon 2010 : 2).

Ceci dit, le Lakou [5] Souvenance fait l’objet d’un patrimoine en puissance et, en tant que tel, attire des milliers de touristes tant nationaux qu’internationaux chaque année durant la période pascale, période des festivités annuelles. Considéré déjà comme un patrimoine en puissance puisqu’il est reconnu par la communauté nationale (les adeptes du vodou et les autorités étatiques notamment) et celle internationale, plus d’un a vu et a compris la nécessité de le patrimonialiser, c’est-à-dire le transformer en un patrimoine reconnu. Aujourd’hui où les nations se servent du tourisme tant national qu’international pour capitaliser leur patrimoine, qu’il soit naturel ou culturel, on se demande si l`on doit négliger la dimension économique et sociale que peut prendre Souvenance dans le cadre de sa patrimonialisation.

Conscients de l’ampleur de ces Lakou, d’importantes autorités gouvernementales telles le Premier Ministre Michèle Pierre-Louis, les Ministres de la Culture et de la Justice, respectivement Olsen Jean-Julien et Jean Joseph Exumé ont participé à l’inauguration en septembre 2009 des lakou Soukri, Souvnans et Badjo suite à des travaux d’aménagement, de réhabilitation et de mise en valeur. L’objectif de ces travaux était de faire en sorte que ces lakou faisant partie du patrimoine culturel haïtien deviennent de véritables structures de développement, ouvertes non seulement aux cérémonies vodou, mais aussi aux activités culturelles et touristiques [6]. Mais on se demande si l’État haïtien a véritablement un plan de mise en valeur touristique et culturelle pour ces Lakou quand on sait qu’on n’accorde pas une grande importance à la culture en Haïti. Cette dernière ne fait pas l’objet d’une vraie politique dans notre société. La culture n’est pas pensée en vue du développement. De plus, on se demande si l’ouverture de ces Lakou aux activités culturelles et touristiques comme le prétendent les autorités étatiques va leur permettre de devenir de véritables structures de développement. On n’écarte pas cette possibilité si toutefois entre le couple patrimoine et tourisme les choses vont bien. Car l’ouverture d’un site aux activités culturelles et touristiques peut avoir des effets négatifs sur la population au point de donner naissance à des conflits au sein des membres de cette population.

Haut lieu de mémoire et de pèlerinage, Souvenance compte parmi les espaces de culte vodou les plus anciens du pays ; les rituels y sont pratiqués depuis les années 1790. De par son importance et sa renommée nationale et internationale, Souvenance rassemble chaque année durant les célébrations du temps de Pâques des foules venant de la population locale, de la diaspora et de l’étranger. Il est important de souligner que les cérémonies se déroulant à Souvenance perpétuent des pratiques de tradition africaine, principalement dahoméenne (du Dahomey), ancien nom du Bénin) transplantées dans le Nouveau Monde. Ce patrimoine est encore très vivant actuellement, d’autant plus que ces pratiques sont conservées, portées et transmises par des hommes et des femmes de génération en génération (voir Dautruche, 2010).

Roger Bien-Aimé dans le texte « Quand Souvenance dévoile sa couleur » nous fait savoir que les festivités à Souvenance sont une célébration qui attire non seulement les hommes politiques, mais aussi les Haïtiens vivant à l’extérieur. Ministres, députés, sénateurs et d’autres autorités politiques ont fait le déplacement chaque année pour assister à l’ensemble des célébrations. Parallèlement, de nombreux membres de la diaspora haïtienne ainsi que des étrangers y viennent chaque année. « Depuis huit ans, je n’ai pas mis les pieds ici. Je suis revenu pour maintenir les contacts avec mes sources », révèle Carole Devilliers, photographe indépendante fréquentant le pays depuis 18 ans. « Cette visite nous a permis de vivre les véritables danses et chants de notre racine. Les leçons apprises nous seront très utiles dans notre mission de promouvoir la culture de nos ancêtres », s’est réjouie, pour sa part, Émilia Diaz Javez, présidente du groupe Vokal Desandan (la voix des descendants), un groupe formé de Cubains d’origine haïtienne [7].

Dans cet ordre d’idées, il est aussi nécessaire de noter qu’il y a même des gens qui viennent à Souvenance parce qu’ils voient en ce site un lieu de distraction et de divertissement (voir Demesvar et Noël 2009 : 15). Si certains voient en Souvenance un lieu de mémoire (c’est le cas des adeptes ou des pitit Kay), un endroit où l’on peut acquérir des connaissances (c’est le cas des certains visiteurs), d’autres y voient un moment de détente (c’est le cas des profanes).

Ces considérations nous permettent de constater l’importance du tourisme à lakou Souvnans. Des milliers de gens y viennent chaque année soit pour honorer leurs dettes, soit pour maintenir contact avec les ancêtres, soit pour se distraire ou par curiosité.

En dépit de sa renommée nationale et internationale qui lui confère le statut d’un patrimoine en puissance, il y a la dimension de conflits sociaux qu’il faut prendre en compte dans tout éventuel processus de patrimonialisation de ce site. Car dépendamment de ses croyances, ses valeurs, ses intérêts, chacun aura sa conception de ce processus de patrimonialisation.  En dehors du côté positif de ce processus, il ne faut pas ignorer les enjeux qui pourraient en découler. La patrimonialisation ne sert pas seulement à souder les gens, mais elle peut également les diviser, quand ils ne partagent pas les mêmes points de vue religieux ou quand ils n’ont pas les mêmes intérêts socio-économiques, les mêmes croyances. Durant une visite préliminaire que nous avons effectuée à Souvenance, nous avons constaté que des religieux chrétiens sont venus prêcher à l’entrée principale du site à haute voix pour ramener, croit-on, les serviteurs de Lwa à la raison en leur demandant d’accepter Christ comme leur Sauveur personnel. En plus de cela, il y a des églises chrétiennes qui sont localisées dans la zone Souvenance, non loin du site. Tant au niveau de la population locale qu’au niveau de la population nationale, l’acte de patrimonialisation pourra donner naissance à des conflits d’ordre politique, économique et identitaire.  (Voir Régulus, 2010 ; Comby et Le Lay 2012 ; Benazzouz Boukhalfa et Dahli 2012 ; Poda, 2010). Ces auteurs prennent le cas notamment d’Haïti, de Bénin pour nous informer sur les tensions et les controverses au niveau des populations locales que la patrimonialisation crée ou peut créer.

Fort de ces approches théoriques, nous postulons que la dimension de conflits sociaux est un facteur à considérer dans tout processus de patrimonialisation. D’où l’intérêt de notre travail de recherche qui vise à comprendre le trinôme patrimoine, tourisme et développement local (ou durable) à Souvenance au regard des enjeux d’ordre social, religieux et économique en Haïti. En plus de cela, nous sommes intéressés par les impacts négatifs que pourrait avoir le tourisme sur la communauté à Souvenance, qui peuvent faire surgir, à leur tour, des conflits sociaux au sein des membres de la communauté. Car trop souvent, on ignore que le tourisme est aussi facteur de dégradation de l’environnement, de non-respect des traditions locales, d’exploitation sexuelle des mineurs et des femmes en situation difficile. Dautruche (2013 : 222-256) pose déjà le problème d’éthique dans le couple tourisme/vodou à Souvenance. Les étrangers visitant ce site lors des périodes de festivité en profitent pour photographier les images vodou relevant de la culture implicite sans le consentement des Chefs de ce site. Lors de nos travaux de terrain, certains initiés rencontrés sur les lieux posaient ce même problème d’éthique. D’où la formulation de notre sujet de recherche : Patrimonialisation, Tourisme et Développement local : Le cas de « Lakou Souvnans » des Gonaïves entre le regard des initiés et des non-initiés.

Par cette formulation, nous nous fixons l’objectif suivant : regarder dans quelle mesure le Lakou Souvenance, via son potentiel touristique, contribue au développement de la localité. Cet objectif se scinde en deux : 1) montrer le processus de patrimonialisation de Lakou Souvenance au regard des enjeux d’ordre social, religieux et économique dans la communauté et au niveau national, à travers le discours des populations locales, des étudiants haïtiens et des responsables de sites ; 2) faire ressortir l’implication (les avantages et les inconvénients) du tourisme dans le développement local à Souvenance.

 À la base de ces préoccupations, nous tentons d’aborder le problème que nous traitons par les interrogations suivantes : comment Souvenance, en vertu de son potentiel touristique et sa renommée nationale et internationale, contribue-t-il au développement local de la communauté ? Le processus de patrimonialisation de ce site ne génère-t-il pas de conflits sociaux ou inter religieux au niveau de la communauté ?

Structure du travail

Afin de poursuivre notre objectif, notre mémoire de maîtrise comporte deux parties subdivisées en cinq (5) chapitres :

Dans la première partie, nous avons deux chapitres :

 Le premier chapitre présente le cadre théorique et méthodologique de notre travail de recherche. Dans ce chapitre, nous présentons les différentes approches théoriques ayant rapport avec les concepts de patrimoine, tourisme et de développement local. Nous y montrons en quoi ces approches nous sont utiles dans le cadre de notre travail de recherche. Dans un deuxième temps, nous précisons la méthodologie de notre travail de recherche, qui se situe dans le cadre d’une approche qualitative et dans une démarche réflexive dont nous parlons un peu plus loin.

Le second chapitre fait l’objet de la présentation de la commune des Gonaïves et de la localité Souvenance. Dans ce chapitre, la commune des Gonaïves est présentée sur les plans social, historique, culturel, etc. Ce chapitre fait bien l’objet de la description des pratiques culturelles à Souvenance ainsi que la présentation géographique de la localité ;

La deuxième partie comprend trois chapitres :

Dans le troisième chapitre, nous touchons l’aspect de la patrimonialisation de Lakou Souvenance sous l’angle d’enjeux social, religieux en mobilisant les données de terrains. À travers ces données de terrain, nous faisons ressortir les différents enjeux que la patrimonialisation de Souvenance peut susciter tant du côté des habitants de la localité que du côté des chefs du Lakou et des étudiants de l’Université d’État d’Haïti ;

Dans le quatrième chapitre, nous procédons à l’analyse des données recueillies lors de nos enquêtes de terrain. Ce chapitre fait l’objet de la confrontation des données de terrain avec les approches théoriques et nos points de vue personnels. À travers certaines approches théoriques, nous essayons de questionner les données émises par nos informateurs ;

Enfin dans le dernier ou cinquième chapitre, nous montrons l’implication (les avantages et les inconvénients) du tourisme à Souvenance, à partir des données théoriques et empiriques. Les facteurs à prendre en considération pour la mise en valeur touristique du site y sont aussi mentionnés sous forme de propositions.



[1] Organisation des Nations Unies pour l’éducation, la science et la culture.

[2] Il est à noter que ce ministère est devenu aujourd’hui ministère de la Culture tout simplement. Le Ministère de la Culture est détaché du Ministère de la Communication. Cette décision est prise par le gouvernement Martelly/Lamothe.

[3] On parle de patrimoine en puissance lorsque les gens de la localité se reconnaissent à travers un patrimoine, s’en approprie, de même que les autorités étatiques. Ce patrimoine est porteur de sens pour eux et, par conséquent, ils jugent nécessaire de le transmettre de génération en génération.

[4] On parle de patrimoine reconnu quand les autorités étatiques ou internationales (UNESCO par exemple) reconnaissent l’authenticité d’un patrimoine, et acceptent, suivant les procédures juridiques, de le classer comme patrimoine national ou mondial

[5] Le terme lakou désigne une communauté humaine établie dans un cadre spatial particulier à la vie rurale. Cette forme d’organisation sociale est axée sur des liens de parenté. En effet, d’après J. B. Romain, le lakou « est composé d’une famille aux membres solidaires et dont la solidarité résulte d’habitudes communes, d’un culte commun, de la soumission à une autorité commune qui est celle de l’aïeul». Paul Moral décrit le lakou comme un espace communautaire qui réunit dans un même groupe des personnes ou des foyers « partageant des liens de parenté et de filiation sur un domaine indivis, sous l’autorité incontestée du plus âgé (un homme), le patriarche, comme une véritable famille élargie». Sur des domaines relativement vastes (d’environ 20 à 30 carreaux), « les lakou constituent comme des entités autonomes assurant à leurs membres une intégration sociale en leur offrant non seulement assez de terres pour la production vivrière, mais également la protection du patriarche qui joue un rôle de guérisseur, de régulateur et de prêtre». Pour Lilas Desquiron, le lakou est un « lieu de stabilisation des valeurs…une restitution plus ou moins exacte de l’enceinte ‘’Dawonmen’’ et du hameau familial Congo, c’est un modèle culturel primordial, la base de l’organisation religieuse». (Voir Demesvar et Noël 2009 : 16)

[6] Voir à ce sujet “Haïti/Patrimoine: Trois lakou sacrés du vodou réhabilités aux Gonaïves”, le vendredi 04 septembre 2009 in www.alterpresse.org/ship.php?article8712. P.1, consulté le 10 janvier 2013

Les autorités gouvernementales souhaitent que les Lakou deviennent de véritables structures de développement, non ouvertes seulement aux activités touristiques, mais ouvertes également aux activités culturelles et touristiques. Ces autorités gouvernementales se rendent compte du rôle que peuvent jouer ces Lakou, notamment Lakou Souvenance dans le développement local, par le tourisme (diasporique, local…)

[7] BIEN-AIME Roger Quand Souvnans dévoile sa couleur vodou in www.haitiwebs.com, consultée le 10 janvier 2013



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le dimanche 26 novembre 2017 6:26
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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