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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

Les bibliothèques numériques. D'hier à aujourd'hui, la transmission d'un savoir (2005)
Conclusion


Une édition électronique réalisée à partir de l'oeuvre de Delphine Berroneau, Les bibliothèques numériques. D'hier à aujourd'hui, la transmission d'un savoir (2005). Mémoire de Master Ingénierie des Médias pour l'Education: UFR Lettres et Langues – Université de Poitiers [Autorisation accordée le 13 octobre 2005 par l'auteure et son directeur de mémoire, Jean-François Cerisier, de l'Université de Poitiers]
Conclusion

Avec le rappel de l’histoire de la bibliothèque traditionnelle, nous avons pu observer la complexité de l’évolution et de la mise en place de ses actuelles fonctions et missions. La bibliothèque numérique semble avoir hérité des plus importantes, et c’est pourquoi elle mérite ce nom de « bibliothèque ». La bibliothèque numérique est multiple, et nous avons pu observer combien il était difficile d’en proposer une définition, c’est pourquoi nous avons choisi le mode de la comparaison avec les missions assignées aux bibliothèques traditionnelles. Au final, nous avons pu comprendre avec plus de précision les différents rôles des bibliothèques numériques :

  •       Un rôle de confrontation du lecteur avec l’écrit et le multimédia : les bibliothèques numériques, comme le font les bibliothèques traditionnelles depuis une quinzaine d’années, peuvent entraîner leurs utilisateurs à se confronter, d’eux-mêmes, à l’informatique et aux possibilités qu’elle offre en terme de technologies de l’information et de la communication : avec l’aide de l’écrit, mieux connu et plus familier, des images et même du son ou de la vidéo, l’utilisateur a ainsi accès à des connaissances qui ne sont plus seulement documentaires.

  •       Un rôle de réservoir de document : les bibliothèques numériques, de la même façon que les bibliothèques traditionnelles, offrent avant tout des ressources informatives et documentaires à leurs utilisateurs.

  •       Un rôle de conservation des documents : les bibliothèques numériques, en numérisant leurs collections, seront actrices dans la conservation des documents anciens ou fragiles. A condition toutefois de mettre à jour et de suivre l’évolution des nouvelles technologies, sous peine que les formats des documents ne deviennent vite obsolètes et ne disparaissent. L’évolution rapide de la technologie oblige à une mise à jour constante.

  •       Un rôle d’organisation des connaissances : à notre sens, là est leur mission fondamentale : permettre à l’utilisateur de retrouver rapidement l’information souhaitée en organisant la collection. La classification et l’organisation des documents doit se faire dans le but d’offrir toujours plus de facilité et de services au public.

  •       Un rôle de mise en ligne de services : les bibliothèques numériques offrent aujourd’hui au public des services de plus en plus élaborés, sans toutefois utiliser toutes les ressources des nouvelles technologies. Mais la collaboration entre les bibliothécaires et les professionnels des TIC, ou même des TICE, pourrait devenir peu à peu pratique courante, comme le prouve par exemple la Journée d’étude organisée par l’ENSSIB (Ecole Nationale Supérieure des Sciences de l’Information et des Bibliothèques), sur l’Indexation des ressources pédagogiques numériques[1], le 16 novembre 2004. Durant cette journée des professionnels de la recherche, de l’informatique, de l’ingénierie éducative et de la bibliothéconomie ont pu se rencontrer pour débattre de l’indexation et de normalisation des ressources pédagogiques.

  •       Un rôle de promotion du patrimoine : que ce soit pour la promotion de la francophonie ou de la culture normande, la bibliothèque numérique permet la découverte, de partout dans le monde, de la diversité des langues et des cultures.

  •      Un rôle de démocratisation des savoirs : Internet, c’est un fait, n’est pas encore disponible pour tous : il ne faut pas oublier les plus pauvres ou les plus isolés géographiquement. Mais la diffusion d’un savoir multiculturel et mondial reste en bonne voie et les bibliothèques numériques, grâce au réseau, pourront s’adresser à un public de plus en plus large. Il permet aussi une meilleure collaboration entre les pays, et, en partie grâce aux bibliothèques numériques, une meilleure diffusion des savoirs et des connaissances, avec par exemple la collaboration entre chercheurs de tous pays.

C’est pour tout cela que la bibliothèque numérique, en tant qu’objet de diffusion d’un savoir universel, fascine et intéresse de plus en plus. Comme la bibliothèque traditionnelle, elle développe tout un imaginaire. La bibliothèque numérique permettra-t-elle l’accès à un savoir illimité, ou au contraire sera-t-elle l’objet de diffusion d’un savoir unique et destructeur ? Permettra-t-elle la conservation du patrimoine universel, ou signera-t-elle au contraire la fin des bibliothèques, et la perte de trésors rares et précieux dans la course à la technologie ? Les questions éternelles qui suivaient les livres et les bibliothèques s’attachent à présent aux bibliothèques numériques.

De façon plus pragmatique, se concentrer à ses différentes fonctions semble être un bon moyen de nous faire une idée de ce qu’elle doit être: c’est en les définissant préalablement que nous avons pu découvrir grâce à une grille d’analyse ce qu’offraient, ou n’offraient pas, les actuelles bibliothèques numériques francophones. Ainsi, nous avons pu comprendre que la différence majeure des bibliothèques numériques tenait tout entière dans l’adjectif : « numérique ». Cette lapalissade n’est pourtant pas si évidente, ni si simple : l’utilisation des TIC a fait éclater les murs de la bibliothèque, et l’utilisation d’Internet a libéré les documents de leur support. Avec la mise en ligne des ressources des bibliothèques, on assiste même à un éclatement des frontières et à la démultiplication des sources d’information. Les bibliothèques numériques ne connaissent plus de problèmes de support ou d’espace, et les ressources sont ouvertes à tous. De nouveaux problèmes se posent alors, en terme d’aide aux publics, potentiellement innombrables, en terme d’interactivité, de technologie, ou encore de droit d’auteurs… Tous ces problèmes n’ont pas trouvé de solution dans ces pages, mais nous avons tout de même eu l’occasion de montrer de quelle manière ils étaient, si ce n’est résolus, du moins contournés par les bibliothèques numériques francophones. Quand tous les documents ne peuvent trouver leur place dans une bibliothèque numérique, pour des problèmes de droit d’auteur ou de matériel, les bibliothèques numériques francophones actuelles choisissent de constituer une collection basée sur des ressources rares ou difficilement accessibles dans le but de préserver et communiquer le patrimoine culturel, ou diffusent la culture du siècle dernier. C’est ainsi que les bibliothèques nationales numérisent leurs fonds anciens, tout comme les bibliothèques des collectivités territoriales. Il en est de même pour le Conservatoire national des arts et métiers, quand Jean-Marie Tremblay, fondateur du site Les Classiques des sciences sociales, lance sur la page d’accueil du site un appel aux utilisateurs : « J'invite les éditeurs d'oeuvres non rééditées depuis 50 ans en sociologie, en anthropologie, en économie politique, en psychologie et en psychanalyse, en histoire et en philosophie à nous permettre de diffuser ces oeuvres à des fins de conservation et de diffusion du patrimoine intellectuel mondial ». Les bibliothèques numériques francophones, si elles ne sont pas encore à la pointe des nouvelles technologies, trouvent à faire avec les moyens du bord, et réussissent plutôt bien.


Retour au texte de l'auteur: Delphine Berroneau Dernière mise à jour de cette page le Vendredi 14 octobre 2005 09:29
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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