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Collection « Les sciences sociales contemporaines »

La question des Services sociaux dans le processus d’urbanisation accélérée
de la commune de Ouanaminthe
.
(2014)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du texte de Simbert ARISTIDE, La question des Services sociaux dans le processus d’urbanisation accélérée de la commune de Ouanaminthe. Haïti, Port-au-Prince: Mémoire pour l’obtention du grade de Licence en service social sous la direction du professeur Alain JEAN, Département de Service social, Faculté des sciences humaines, Université d’État d’Haïti, mars 2014, 100 pp. [Autorisation formelle accordée par l’auteur le 23 mars 2016 de diffuser ce mémoire, en accès libre dans Les Classiques des sciences sociales. L’autorisation nous a été transmise par le directeur de la collection “Études haïtiennes, Ricarson Dorce.]

Introduction générale

Au niveau de l’introduction générale, dans le cadre de ce travail de recherche, notre préoccupation consiste à construire de manière scientifique notre objet de recherche. Pour ce faire, nous mettons en évidence la problématique des services sociaux dans le contexte urbain en rapport aux besoins sociaux.

1. Justification

La question de la concentration de population au niveau des villes est le point nodal du phénomène d’urbanisation à travers le monde en faisant référence aux indicateurs statistiques dudit phénomène [1]. Cependant, avec la dynamique de la croissance de la population urbaine, l’urbanisation a pris un essor particulier d’un pays à l’autre, d’une région à l’autre. Cet essor est souvent lié au flux migratoire de la population rurale vers le milieu urbain. En Haïti, la question urbaine liée au flux migratoire ruralo-urbain s’explique, d’une certaine manière, par la déstructuration de l’économie paysanne qui engendre un déplacement massif de la population à la recherche de meilleures conditions de vie [2]. Toutefois, orientant l’urbanisation aux facteurs de la croissance démographique, ce phénomène se concentre principalement dans trois (3) départements du pays : le Nord’Est surtout avec l’explosion de la ville de Ouanaminthe, le Nord’Ouest et l’Ouest [3]. D’où notre premier intérêt de tenir compte de la croissance urbaine existante dans la ville de Ouanaminthe. L’idée de la croissance urbaine en Haïti s’explique par le taux moyen annuel de croissance démographique  par milieu et par département en Haïti de 1982 à 2003.

Tableau 1 : Taux moyen annuel de croissance démographique
(en%) par milieu et par département (1982-2003)

Départements

Taux de croissance (en %)

Urbain

Rural

Total

Ouest

5.0

1.3

3.4

Sud’Est

4.5

0.3

1.0

Nord

4.5

0.4

1.6

Nord’Est

5.9

0.6

2.3

Artibonite

4.4

1.0

1.9

Centre

4.2

2.8

2.2

Sud

2.6

-0.9

1.1

Grand-Anse

2.7

0.9

1.0

Nord’Ouest

5.6

2.9

2.1

Total

4.7

0.9

2.2

(Source : MPCE ; Carte de pauvreté d’Haïti, 2004, p.10)

Comme on peut le constater, ce tableau présente la dynamique de la croissance démographique du pays par département. Pour tous les départements, la croissance de la population rurale (0.9%) est inférieure à cette population urbaine (4.7%) avec une concentration urbaine dans le Nord’Est (5.9%), dans le Nord’Ouest (5.6%) et dans l’Ouest (5%). Ce qui nous permet de dire que la population haïtienne a une forte influence urbaine au regard de la croissance démographique.

D’un autre côté, en dehors des facteurs démographiques, les mouvements d’urbanisation sont souvent accompagnés de différentes transformations en termes de changement social au niveau des structures des villes, des modes de vie, ainsi que des besoins en services sociaux [4]. Pourtant, la situation des services sociaux se trouve à un niveau très faible à travers le pays [5]. Sur ce point, une autre idée nous est parvenue en vue de mettre en relation les services sociaux et le phénomène d’urbanisation. Car, il se donne d’observer que le processus de développement de la commune de Ouanaminthe n’a pas favorisé le développement des services sociaux.

De toutes ces préoccupations, nous mettons en évidence la ville de Ouanaminthe comme une ville frontalière marquée par des activités commerciales intenses avec la République Dominicaine, ainsi que par son processus d’urbanisation accélérée autour d’une croissance urbaine de 21,1% l’an [6]. De cette dynamique urbaine, une carence au niveau des services sociaux se manifeste pendant que les besoins de la population s’expriment  fortement en termes d’accès et de bénéfice à ces services. De ce constat, un déséquilibre se manifeste autour de l’évolution des besoins sociaux par rapport à l’offre des services sociaux. Ainsi, en faisant référence à la problématique des services sociaux, notre intérêt final se penche sur la précarité des services sociaux dans le processus d’urbanisation de la ville de Ouanaminthe. D’où notre sujet de recherche : « La question des services sociaux dans le processus d’urbanisation accélérée de la commune de Ouanaminthe ».

En tenant compte des différents rapports manifestants entre le phénomène d’urbanisation et les services sociaux en rapport aux besoins sociaux, ce travail de recherche est orienté vers la compréhension de la problématique des services sociaux dans une société où la population est à la recherche de bien-être pour son développement et son plein épanouissement.

En fin de compte, vu les nécessités vécues par la population et la complexité de la dynamique d’action sociale, ce travail de recherche nous permettra aussi de comprendre et d’expliquer les pratiques d’action de l’État en milieu urbain en rapport  aux besoins en services sociaux.

2. Le problème

En regardant la ville de Ouanaminthe durant la période de 1998-2013, surtout avec l’effet manifeste de sa croissance urbaine qui tourne autour de 21.1% [7] l’an, un ensemble de besoins s’expriment en matière de services sociaux. Ainsi, nous mettons en évidence certains services comme : l’eau, l’électricité et la santé comme étant des services sociaux regroupant les « services en réseau » et les « services sociaux de base » à caractère collectif orientés vers le bien-être social [8]

À Ouanaminthe, le système de distribution du service d’eau potable date de l’année 1956. Toutefois, ce système ne dessert qu’une infirme portion de la population. Car, très peu de logements sont connectés au système de distribution d’eau, soit environ 125 prises domiciliaires pour une population urbaine de 66.563 habitants [9]. De nos jours, le système d’adduction d’eau potable de cette ville est défaillant et presque inexistant. Il existe aussi quelques pompes qui ne sont pas toujours fonctionnelles. Ainsi, au regard de la demande en eau, une large fraction de la population consomme l’eau des pompes ; et une partie de la population s’approvisionne en eau potable en fonction de l’état dudit service, et aussi par achat dans des maisons privées.

En ce qui concerne l’électricité, le centre d’énergie électrique de la ville de Ouanaminthe date de 1980 [10]. Cependant, durant ces 15 dernières années, la ville n’est pas bien alimentée en énergie électrique ; même s’il y a lieu de noter l’effort de la centrale d’électrification se trouvant à Fort-Liberté pour répondre aux besoins de la population de la commune de Ouanaminthe. Cette centrale électrique a une couverture insuffisante au niveau de la population de la ville de Ouanaminthe, et ne fournit qu’environ 35 heures par semaine.

Du point de vue de la santé, la ville de Ouanaminthe dispose d’un centre médico-social existant depuis 1982. Dans ce centre médico-social, on donne certains services comme les soins pré et post-natals, et on y effectue la planification familiale et la surveillance épidémiologique. Il existe aussi un service d’hospitalisation regroupant ces sections principales : pédiatrie (10 lits, 5 porte-sérum) ; médecine interne (10 lits, 10 porte-sérum) ;  maternité (5 lits, 5 porte-sérum) ; et chirurgie. On y trouve aussi une salle d’opération pour les interventions chirurgicales (appendicectomie, vasectomie et hystérectomie), un laboratoire  et une pharmacie. Pour ces services de santé, le centre médico-social possède, en termes de ressources humaines, 7 médecins, 10 infirmières, 11 auxiliaires, 80 matronnes, 6 techniciens en laboratoire et un dentiste pour une population urbaine de 66.563 habitants environ [11]. Cependant, ce centre médical manque de matériels sanitaires, le personnel est insuffisant, la capacité d’accueil est limitée. En fait, face à cette situation, la population est obligée de se rendre en République Dominicaine, spécifiquement à Dajabòn, pour recevoir des services liés à leurs besoins de santé. Sur ce point, la production de la ville de Ouanaminthe répond-t-elle à sa fonction urbaine en matière de services sociaux et de santé ? Toutefois, on peut remarquer la présence de plus d’une dizaine de cliniques privées, appartenant à des praticiens haïtiens et/ou dominicains.

De manière transversale, un problème d’adéquation est constaté au niveau de l’existence des  services d’eau, d’électricité et de la santé par rapport aux besoins de la population. C’est-à-dire, l’ensemble des besoins liés à la qualité de vie de la population ne sont pas satisfaits de manière à garantir son bien-être collectif conformément à la dynamique urbaine. Compte tenue du problème d’adéquation des services sociaux par rapport aux besoins de la population urbaine, la problématique des services sociaux en termes de précarité [12] paraît évidente. Cependant, considérant les services sociaux comme expression du phénomène urbain favorisant l’intégration de la population à sa communauté, la précarité de ces services ne met-elle pas en cause les pratiques d’action des institutions publiques vers le bien-être collectif ? Car, la fourniture de ces services devrait être liée à un processus d’adaptation aux  besoins sociaux en fonction de la dynamique urbaine. De ce fait, le problème de la précarité des services sociaux par rapport aux besoins de la population ne met-il pas aussi en cause le rôle et la fonction  de l’État face au bien-être collectif ?

En effet, dans la dynamique urbaine de la ville de Ouanaminthe, avec le niveau des besoins en matière de services sociaux, aucune forme d’action concrète  n’est mise en place par l’État en vue d’adapter les services d’eau potable, d’électricité et de la santé aux besoins de la population. Or, l’État à travers ses politiques sociales et urbaines devrait avoir des mécanismes d’action et des outils de contrôle social de l’ordre urbain en vue d’adapter les services sociaux aux demandes et aux besoins de la population. Sur ces aspects, notre question de recherche s’oriente ainsi : Comment la production des services sociaux s’échappe-t-elle du processus d’urbanisation de la ville de Ouanaminthe ?

3. Antécédents

Pour répondre à cette question, il est important pour nous de faire le point sur les différents auteurs qui ont déjà abordé sur sujet pour ne pas s’aventurer sur des aspects déjà traités.

Cheru, en faisant ressortir le rôle des villes dans le processus de mondialisation, comme facteur de croissance et de développement, retrace deux grands processus d’urbanisation : l’un qui marche avec le développement ; et l’autre qui est une limite au développement. Pour l’auteur, l’urbanisation comme limite au développement est expérimentée dans les pays du tiers monde, surtout en Afrique, tout en provoquant des accès inégaux aux différents services sociaux de base aux populations urbaines. Ce problème, pour l’auteur, est lié à la faiblesse des structures gouvernementales urbaines et leurs capacités très limitées à stimuler la croissance économique en mobilisant les ressources nécessaires pour fournir un minimum de services sociaux de base [13]. La position de l’auteur s’oriente dans une perspective idéologique qui considère l’urbanisation comme une évidence du développement économique intégrant le développement des services et la qualité de vie de la population.

Veron, dans la même perspective que Cheru, retrace l’urbanisation en rapport au développement économique. Ainsi, il met en évidence les aspects de la situation économique, sociale et environnementale des villes du Sud en termes de difficulté et de problème au bien-être social à travers une urbanisation sans développement. Pour l’auteur, cette forme d’urbanisation ne s’oriente pas dans une perspective méliorative du processus d’accès aux services sociaux. En fait, pour l’auteur, les conditions de vie dans les villes, en termes d’accès aux services sociaux, sont en réalité extrêmement variables et dépendent, en particulier, du niveau de développement des pays [14]. Toutefois, l’approche de l’auteur reste fermée dans un contexte développementiste sans en tenir compte de l’aspect politico-administratif du processus d’accès  aux services sociaux.

Baron et Claude, dans une même particularité que Veron à propos des pays du Sud, mettent en corrélation la dynamique urbaine en termes de croissance démographique et besoins sociaux. Toutefois, contrairement à l’approche de Cheru et de Verron, Baron et Claude ne mettent pas en relation l’urbanisation et services sociaux au niveau de développement des pays. Pour eux, la corrélation entre la proportion de population urbanisée et la croissance des besoins urbains devraient tenir compte d’une politique de généralisation d’accès aux services sociaux de base. Car, les différents dispositifs opérationnels qui articulent entre besoins en services/demandes en services et offre des services sont largement déterminés par la conception et la place des services sociaux aux besoins sociaux et non du niveau de développement économique des pays [15].

En tenant compte du cas d’Haïti, De Ronceray retrace l’urbanisation comme un accroissement naturel de la population et d’un passage du mode de vie rural à celui de l’urbain. Ce processus, aux idées de l’auteur, est tourné autour d’une mutation socioculturelle affectant la structure économico-professionnelle du pays. Pour l’auteur, cette forme d’urbanisation pose des problèmes déficitaires au regard des services publics du fait que le taux d’urbanisation n’est pas corrélatif aux processus d’industrialisation [16].

Cependant, Corvington, à travers l’historiographie de la ville de Port-au-Prince, tient compte de la dynamique urbaine en fonction des équipements collectifs et infrastructures existantes en termes de services sociaux de base. Ainsi, l’auteur oriente l’urbanisation et le problème des services sociaux dans une perspective d’urbanisme et d’aménagement du territoire sans corrélation à l’industrialisation [17].

Pour faire le prolongement des idées de Corvington et De Ronceray, Godard tient compte de l’urbanisation en Haïti à travers la centralisation politico-administrative et la concentration des activités économiques dans la capitale au détriment des villes de province. Cette dynamique est liée au phénomène de l’industrialisation qui favorise la création de main-d’œuvre, des biens et des services collectifs, ainsi que d’agglomération de la population et l’extension urbaine en termes de mutation socio-économique et spatiale. Toutefois, cette forme d’urbanisation, pour l’auteur, provoque un déséquilibre socio-économique dans l’organisation de l’espace et des actions politiques. Car, les zones d’agglomération – avec des habitants vivant au-dessous du seuil de la pauvreté - ont connu des inégalités sociales ainsi que des déficiences en infrastructures et services sociaux de base [18].

Jean-Vernet, dans son travail de mémoire tient compte de la question urbaine à travers la crise de logement, à cité Champin, dans un contexte de conflits et de mouvements sociaux comme mode d’appropriation de l’espace [19]. Le travail de l’auteur, dans un sens rapprocher de Corvington autour de la fonction urbaine, met la question de logement en rapport au développement urbain comme fonction relevant de la responsabilité du système urbain en termes d’infrastructure urbaine comme action sociale institutionnelle au regard des besoins sociaux.

Lucien met en évidence la question urbaine en Haïti au problème du développement socio-économique dans le contexte de la mondialisation. Sur ce point, dans un sens rapprocher de De Ronceray, l’auteur explique la dynamique urbaine de Verrettes, comme une dynamique à l’image du pays, à travers la recomposition de l’espace du rural à l’urbain. Cette recomposition se fait par la pénétration des activités non agricole et du libéralisme économique débouchant sur la croissance démographique et de l’exode ruralo-urbaine. Toutefois, contrairement à De Ronceray, dans le sens de Corvington et Jean-Vernet, l’auteur montre que l’espace urbanisée est toujours lié aux services sociaux de base et équipements collectifs. Cependant, les nouveaux quartiers créés sans les principes élémentaires d’urbanisme n’ont pas bénéficiés de ces services de base. Ces aspects, pour l’auteur, liés au mode de gestion communale, mettent en évidence l’incapacité des acteurs locaux d’anticipés sur les problèmes urbains [20]. Malgré tout, le problème de l’incapacité des acteurs locaux ne suffit pas pour expliquer le problème des services sociaux dans l’urbain en tenant compte des aspects politico-administratifs de la question urbaine en rapport aux services sociaux.

En fait, selon le Document de Stratégie Nationale pour la Croissance et la Réduction de la Pauvreté (DSNCRP), le rythme de la croissance des principales villes haïtiennes s’est considérablement accéléré durant ces vingt dernières années. Ce rythme s’accompagne d’un taux moyen de croissance annuel de 3,47% de 1971 à 1982, à un taux de 4,42% de 1982 à 2003 au niveau national. Cette situation, selon le DSNCRP, en témoignant la vitalité du processus d’urbanisation en Haïti, nécessite un plan d’aménagement du territoire. Car, une part importante de la population des principales villes haïtiennes réside dans des quartiers dépourvus d’infrastructures communautaires de base et où l’accès aux services sociaux est largement insuffisant et/ou de mauvaise qualité [21]. Ainsi, nous pouvons comprendre que le rapport existant entre l’urbanisation et le problème des services sociaux relève d’une certaine politique en termes d’action et d’intervention sociale intégrant le rôle et la fonction de l’État eu égard du bien-être de la population.

En fin de compte, ces auteurs ont montré que la question des services sociaux apparait de façon récurrente dans tous les contextes urbains et constituent des enjeux majeurs au regard de l’urbanisme et l’aménagement du territoire, ainsi que du développement socio-économique. En dehors de ces aspects, notre préoccupation s’oriente dans une perspective d’urbanisation pour dégager le problème des services sociaux en rapport aux actions de l’État. De ce fait, notre travail est accentué sur le problème de la production des services sociaux dans la dynamique urbaine de la ville de Ouanaminthe durant ses 15 dernières années (1998-2013) [22]. En effet, comme réponse à la question de recherche, nous optons pour l’hypothèse générale suivante : L’inadéquation des services sociaux dans le processus d’urbanisation de la ville de Ouanaminthe s’explique par l’absence d’une politique urbaine. Cette hypothèse générale est suivie d’une hypothèse spécifique qui est la suivante : L’absence d’une politique urbaine dans le processus d’urbanisation de la ville de Ouanaminthe trouve son sens dans le désengagement de l’État face aux besoins de la population.

La question de recherche ainsi que les variables des hypothèses montrent que la corrélation qui existe entre les services sociaux et l’urbanisation est fonction de l’action de l’État. Alors, le problème existant au niveau de la production des services sociaux dans la dynamique de la question urbaine est tourné autour du rôle sociopolitique de l’État face aux besoins sociaux. En fait, la relation existant autour de la question de recherche et hypothèses  met en évidence la dimension politico-institutionnelle de l’urbain à travers l’action de l’État au regard du bien-être collectif.

Objectif de la recherche

Notre objectif à travers ce travail de recherche est unique. Il consiste à : Montrer que l’inadéquation des services sociaux et le désengagement de l’État au regard des besoins de la population de la ville de Ouanaminthe répondent à des choix politiques. De cet objectif, nous allons tenir compte des mécanismes de distribution des services sociaux autour du problème d’implication des institutions publiques aux besoins collectifs ; ainsi que du problème d’action de l’État en fonction de la structure politico-administrative de la municipalité.

5. Limites

En fait, nous tenons à signaler aussi les limites de la recherche autour de la délimitation du travail dans un espace-temps. D’une part, le problème de certains services sociaux sur une période de 15 ans ne nous permet pas de retracer tous les problèmes liés aux besoins sociaux dans la dynamique urbaine de Ouanaminthe. D’autre part, vu la spécificité du problème dans un contexte de gouvernance locale, comme structure politico-institutionnelle, nous orientons notre travail dans la dynamique d’action de l’État sans prioriser les stratégies de survie de la population.

Ce travail est constitué de quatre chapitres. Le premier chapitre est porté sur le cadre théorico-conceptuel où nous mettons en évidence la question des services sociaux et la dynamique urbaine au regard de l’action de l’État. Le second chapitre présente la ville de Ouanaminthe dans le processus sociopolitique de la formation des collectivités territoriales. Le troisième chapitre expose le cadre méthodologique du travail autour de l’approche systémique en mettant l’accent sur les techniques et instruments de collecte et de traitement des données. Le quatrième chapitre retrace la phase empirique du travail autour du problème des services sociaux dans le processus de la production urbaine. En dehors de ces quatre chapitres, une conclusion est de mise pour faire le point sur le travail tout en présentant des recommandations à la lumière du Travail Social.



[1] FIJALKOW Yankel ; Sociologie des villes, 3e Ed, La Découverte, Paris, 2007, p.5.

[2] Ministère de la planification et de la coopération externe : Carte de pauvreté d’Haïti, version 2004, pp. 8-9.

[3] Idem.

[4] CHOMBART DE LAUWE Paul-Henry, Des hommes et des villes, Ed, Petite bibliothèque Payot, Paris, 1963, p.16.

[5] Document de stratégie nationale pour la croissance et la réduction de la pauvreté (DSNCRP) 2008-2010 : Pour réussir le saut qualitatif, Port-au-Prince, novembre 2007, p.38.

[6] DURET Paul, Étude sur le potentiel de la production de la région frontalière : Ouanaminthe, Port-au-Prince, avril, 2010, p.11.

[7] DURET ; op .cit, p.11

[8] PFVT, Accès aux services sociaux de base pour tous et appui aux processus de décentralisation, [en ligne],  Ed, PFVT, Paris, 2012, p.5,
www.diplomatie.gouv.fr, consulté le 28 fév. 2014.

[9] RONEL Céran (Dir), Plan d’actions départemental pour l’environnement et le développement durable du nord’est, Port-au-Prince, 2002, pp.15-17.

[10] Idem.

[11] Idem.

[12] Selon WRESINSKI Joseph ; « Grande pauvreté et précarité économique et sociale », in, Journal officiel de la République française, [en ligne], no 6, Paris, fév. 1987, p.6, www.atd-quartmonde.org, consulté le 12 septembre 2012 : «La précarité est l’absence d’une ou plusieurs des sécurités [en termes de services sociaux] permettant aux personnes et aux familles d’assumer leurs responsabilités élémentaires et de jouir de leurs droits fondamentaux [...] ». Pour nous, au regard des idées de Wresinski, la précarité des services sociaux désigne l’état ou la situation de ces services aux besoins de la population en termes d’inadéquation.

[13] CHERU Fantu,  « Mondialisation et urbanisation inégale en Afrique », in,  Explosion urbaine et mondialisation : point de vue du Sud, alternative sud,  DUTERME Bernard (Dir), Ed, syllepse, vol, 14, Paris, 2007, pp.33-52.

[14] VERON Jacques, « Enjeux économiques, sociaux et environnementaux de l’urbanisation du monde », in, mondes en développement, [en ligne], no 142, 2008, pp.39-52, Cairn.info — Mondes en développement, consulté le 15 octobre 2012.

[15] BARON Catherine et CLAUDE De Miras, Urbanisation rapide, besoins sociaux et offre de services en eau et assainissement, [en ligne], JTD-2012, www.tamdaoconf.com , consulté le 22 octobre 2012.

[16] DE RONCERAY Hubert, Sociologie du fait haïtien, Ed, PUQ, Québec, 1979.

[17] CORVINGTON Georges, Port-au-Prince au cours des ans, La capitale d’Haïti sous l’occupation (1915-1922), Ed, Henri Deschamps, Port-au-Prince, 1984.

[18] GODARD Henry, « Port-au-Prince : Macrocéphalie urbaine et organisation spatiale interne », in, Conjonction, no 173, Port-au-Prince, 1987.

[19] JEAN-VERNET Jacques, Urbanisation, politique sociale et mouvements sociaux : Les confusions institutionnelles, les conflits sociaux et la gestion du programme de logements sociaux de l’EPPLS à cité Champin au Cap-Haitien, mémoire de licence en sociologie, UEH, FASCH, Port-au-Prince, Mai 1999.

[20] LUCIEN Georges Eddy, Espaces périphériques et économie d’archipel, La trajectoire contemporaine de la commune de Verrettes, Ed, UEH, CIDHICA, Québec, 2009.

[21] DSNCRP 2008-2010, op. cit, pp. 100-101.

[22] Cette période a été choisie du fait qu’elle retrace la croissance exponentielle de la dynamique démographique de la ville de Ouanaminthe.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le lundi 19 décembre 2016 14:26
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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