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Collection « Méthodologie en sciences sociales »

TEXTES DE METHODOLOGIE EN SCIENCES SOCIALES
choisis et présentés par Bernard Dantier
Docteur de l'École des Hautes Études en Sciences Sociales
Maître de conférences à Sciences-Po Paris.
Chargé de cours et de gestion de formations à l'Institut Supérieur de Pédagogie - Faculté d'Éducation de Paris.

Cette rubrique, évolutive, qui s’enrichira au cours du temps, propose au lecteur des textes de méthodologie
en sciences sociales, cela afin de l’aider dans une démarche de compréhension et de participation à ces sciences.

Les « idéaltypes » de Max Weber, leurs constructions et usages dans la recherche sociologique”.
Extrait de: Max Weber, Economie et société, tome 1 : Les catégories de la sociologie.
Paris, Plon / Agora, traduction de Julien Freund, pp. 28-29, 35, 48-52 et 55-57.

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Les « idéaltypes » de Max Weber, leurs constructions et usages dans la recherche sociologique”.

La construction et l’usage des «idéaltypes» ou «types idéaux» sont au centre de la sociologie de Max Weber comme de toute sociologie (dite «compréhensive» ou «d’individualisme méthodologique») qui cherche à «comprendre» les relations entre des faits humains sans se contenter seulement de repérer et de mesurer, par l’observation statistique et extérieure, des rapports de succession ou de simultanéité entre ces faits. Comme l’illustre l’ouvrage de Weber consacré à «L’éthique protestante et l’esprit du capitalisme», (dont le titre comporte deux types idéaux), les «idéaltypes», étant en quelque sorte des hypothèses dont les éléments de base sont les représentations et les motivations circonstancielles des humains, servent à dégager des relations causales compréhensibles permettant de connaître les fondements du social et ses évolutions en les ramenant aux significations humaines, celles données et perçues par les individus étudiés comme par le savant qui étudie.

Les types idéaux sont non pas pensés sur un a priori de déductions exclusivement logiques et définitionnelles, mais construits à partir de la réalité sociale dont par synthèse et abstraction ils ont choisi, extrait et accentué certaines caractéristiques jugées représentatives d’un fait ou d’un ensemble de faits ayant cours dans l’histoire. Ces choix, extractions et accentuations sont l’œuvre du savant. Ils sont structurés en s’éloignant de cette réalité par leur pureté logique, pour mieux la retraiter et la penser (chacun d’eux est ainsi «idéal»). Ils ne sont donc pas issus d’une sorte de synthèse de l’existant, comme autant de copies de lui, mais permettent une analyse de cet existant.

D’abord, pour percevoir plus distinctement au travers de la confusion chaotique du social phénoménal, ils permettent, en étant relativement abstraits, une généralisation englobant plus ou moins une multiplicité diverse de phénomènes qui seraient autrement trop particuliers, hétérogènes, incomparables et inintégrables dans un système de pensée cohérent («univoque»). Les «types idéaux» servent ainsi à la terminologie et à la classification des faits humains ou liés à l’humain.

Ensuite ils contribuent à leur compréhension : les « types idéaux » portent en effet sur les fins et les moyens voulus et pensés par les humains dans leurs rapports réciproques et dans les conditions spécifiques des circonstances historiques. Le savant qui élabore ces types se base sur l’ordre des possibilités objectives, en fonction de son expérience personnelle et scientifique du social.

À la différence des « types moyens » qui ne peuvent que résumer statistiquement des différences de degrés de la part d’une même catégorie homogène, les types idéaux sont des constructions mentales du chercheur plus adaptées à la complexité du social en mettant en relation pour chaque processus les divers et hétérogènes «sens visés» par les acteurs sociaux ainsi que leurs motifs. Ces sens visés et ces motifs y sont liés dans l’ordre du rationnel (le plus fréquemment) ou de l’irrationnel (passionnel ou affectif), en étant toujours formés pour répondre à une certaine logique humaine («adéquation significative»). Ils peuvent prendre en compte les liaisons entre les moyens et les fins (types «rationnels en finalité»), pour les cas où les hommes mettent en place des stratégies et des tactiques opératoires afin de parvenir à tel objectif choisi parmi d’autres, ou prendre en compte seulement les fins (types «rationnels en valeur») dans les cas où les hommes agissent en considérant tel acte comme étant une fin en soi car recelant une valeur ultime.

Il s’agit alors de comparer la réalité sociale avec ces types idéaux. C’est ainsi que, par cette comparaison, certains faits, en correspondant aux types idéaux, sont mis en relief, se détachent de la confuse complexité ambiante, prennent sens. On peut les mesurer par ces types idéaux. Les faits qu’ils ne parviennent pas immédiatement à intégrer, à reconnaître et à expliquer, sont au moins de la sorte mis aussi en relief par leur écart dont il convient de mesurer le degré et le genre, avant de modifier l’idéal type en action ou d’en élaborer d’autres plus adaptés aux nouveaux faits auxquels ils seront à leur tour comparés. De la sorte, les types idéaux font s’exprimer les faits auxquels ils correspondent comme ils font de même se manifester des faits qui ne leur correspondent pas et qui seront élucidés par la mise en nécessité d’autres invocations causales, en attirant l’attention sur d’autres facteurs que ceux prévus dans les types idéaux premiers. Dans tous les cas, les types idéaux permettent de dégager la singularité historique du ou des faits concernés, en sortant de l’universel qui n’apporte pas de connaissance sur les particularités toujours historiques de la vie sociale.

En étant un effort pour rendre conscients les sens visés et les motifs, les «types idéaux» sont d’autant plus profitables que nous œuvrons comme acteurs dans une semi-inconscience de ceux-ci dans ce que par ailleurs Pierre Bourdieu appelle l’habitus, «un sens pratique» incorporé, non théorisé ni pensé mais accordé logiquement aux structures sociales.

Les types idéaux ne sont donc pas une description des faits sociaux et de leurs rapports, encore moins sont-ils ces faits eux-mêmes: mais ils constituent une approche de ces faits, un procédé heuristique les faisant apparaître toujours partiellement et transitoirement, car les faits scientifiques, comme le rappelle Gaston Bachelard, sont nécessairement «construits» en sociologie comme en toute vraie science qui rompt avec la perception première des choses, perception naïve et faussée parce que n’étant qu’une simple réaction à ces choses.

Le texte suivant du sociologue Max Weber fait état de certaines de ses réflexions sur la nature et la fonction des «idéaltypes» en sociologie.


Bernard Dantier, sociologue, 19 août 2004.
Extrait de: Max Weber, Economie et société, tome 1 : Les catégories de la sociologie.
Paris, Plon / Agora, traduction de Julien Freund, pp. 28-29, 35, 48-52 et 55-57..

Nous appelons sociologie (…) une science qui se propose de comprendre par interprétation, l’activité sociale et par là d’expliquer causalement son déroulement et ses effets. Nous entendons par « activité » un comportement humain (peu importe qu’il s’agisse d’un acte extérieur ou intime, d’une omission ou d’une tolérance), quand et pour autant que l’agent ou les agents lui communiquent un sens subjectif. Et par activité « sociale » l’activité qui, d’après son sens visé, par l’agent ou les agents, se rapporte au comportement d’autrui, par rapport auquel s’oriente son déroulement. (…)

La notion de « sens » veut dire ici ou bien (a) le sens visé subjectivement en réalité, a) par un agent dans un cas historique donné, b) en moyen ou approximativement par des agents dans une masse donnée de cas, ou bien (b) ce même sens visé subjectivement dans un pur type construit conceptuelle-ment par l’agent ou les agents conçus comme des types. Ce n’est donc pas un sens quelconque objectivement « juste », ni un sens « vrai » élaboré métaphysiquement. C’est en cela que consiste la différence entre les sciences empiriques de la réalité de l’activité, comme la sociologie et l’histoire, et toutes les sciences dogmatiques, telles que la juristique, la logique, l’éthique et l’esthétique qui cherchent à explorer le sens « juste » et « valable » de leurs objets.

La frontière entre une activité significative et un comportement (que j’appellerai ici) simplement réactionnel, parce que non associé à un sens visé subjectivement, est absolument flottante. Une part très considérable de l’ensemble des comportements sociologiquement importants, en particulier l’activité purement traditionnelle (…), se situe aux limites des deux. (…)

Toute interprétation, comme en général toute science, tend vers l’évidence. L’évidence propre à la compréhension peut avoir ou bien un caractère rationnel (et dans ce cas elle peut être logique ou mathématique) ou bien le caractère de ce que l’on peut revivre par empathie, c’est-à-dire être de nature émotionnelle ou esthético-réceptive. Est rationnellement évident dans la sphère de l’activité, avant tout, ce qui est compris de manière entièrement et clairement intellectuelle quant à ses relations significatives visées. Est évident par empathie dans une activité ce qui est revécu pleinement quand à ses relations affectives vécues. (…)

Pour l’étude scientifique qui construit des types, la façon la plus pertinente d’analyser et d’exposer toutes les relations significatives irrationnelles du comportement, conditionnées par l’affectivité et exerçant une influence sur l’activité, consiste à les considérer comme des « déviations » d’un déroule-ment de l’activité en question, construit sur la base de la pure rationalité en finalité. Pour expliquer une «panique à la Bourse» par exemple, on établira d’abord de façon appropriée comment l’activité se serait déroulée sans l’influence d’affections irrationnelles et l’on enregistrera ensuite ces éléments irrationnels comme des « perturbations ». (…)

(…) Nous « comprenons » parce que nous saisissons la motivation, le sens qu’une personne a associé à la proposition 2X2=4 qu’elle prononce ou qu’elle a écrite, à cet instant précis et dans ce contexte, si nous la voyons plongée dans une comptabilité commerciale, dans une démonstration scientifique, (…) ensemble dans lequel, d’après son sens qui est compréhensible, «entre» la proposition en question, c’est-à-dire acquiert une relation significative qui nous est compréhensible (compréhension rationnelle par motivation). Nous comprenons le mouvement du bûcheron ou l’acte d’épauler un fusil non seule-ment actuellement mais dans sa motivation, si nous savons que le bûcheron accomplit son acte soit pour gagner sa vie, soit pour ses besoins personnels, soit pour des raisons de santé (forme rationnelle), ou bien par exemple parce que, énervé, il « abréagit » (forme irrationnelle) (…). Dans tous ces cas nous avons affaire à des ensembles significatifs compréhensibles, et nous considérons leur compréhension comme une explication du déroulement effectif de l’activité. Pour une science qui s’occupe du sens de l’activité, « expliquer » signifie par conséquent la même chose qu’appréhender l’ensemble significatif auquel appartient , selon son sens visé subjectivement, une activité actuellement compréhensible (…) Dans tous ces cas, même lorsqu’il s’agit de processus affectifs, nous désignons par sens « visé » le sens subjectif du devenir, y compris l’ensemble significatif. (…)

Dans tous ces cas, « comprendre » signifie saisir par interprétation le sens ou l’ensemble significatif visé (a) réellement dans un cas particulier (dans une étude historique par exemple) (b) en moyenne ou approximativement (dans l’étude sociologique des masses par exemple), (c) à construire scientifique-ment (sens « idéaltypique ») pour dégager le type pur (idéaltype) d’un phénomène se manifestant avec une certaine fréquence. Les concepts ou les « lois » qu’établit la pure théorie de l’économie politique constituent par exemple des constructions idéaltypiques de ce genre. Elles décrivent comment une activité humaine, d’une nature déterminée, se déroulerait, si elle s’orientait de façon rigoureusement rationnelle en finalité, en dehors de toute perturbation provenant d’erreurs ou d’affects, et si en outre elle s’orientait de façon univoque d’après une seule fin (l’économie). Ce n’est qu’en de très rares cas (celui de la Bourse), et encore de façon approximative, que l’activité réelle se déroule telle qu’elle est construite dans l’idéaltype. (…)

La sociologie – (…) - élabore des concepts de types et elle est en quête de règles générales du devenir. Elle s'oppose à l'histoire qui a pour objet l'analyse et l'imputation causale d'actes, de structures et de personnalités individuelles, culturellement importants. L'élaboration de concepts propres à la sociologie prend ses matériaux, sous la forme de paradigmes, dans les réalités de l'activité qui sont également importantes pour les points de vue de l'histoire. Elle élabore ses concepts et en recherche les règles avant tout également du point de vue de la possibilité de rendre service à l'imputation causale historique des phénomènes importants pour la culture. Comme pour toute science généralisante les abstractions qui lui sont propres font que ses concepts ne sauraient être que relativement vides en contenu par rapport à la réalité concrète d'ordre historique. En compensation elle fournit une univocité accrue des concepts. Cette univocité accrue est obtenue par un optimum aussi élevé que possible d'adéquation significative, ainsi que l'élaboration sociologique des concepts se le propose. Cette adéquation – (…)- peut être obtenue de façon particulièrement complète à propos des concepts et des règles rationnels (rationnels en finalité ou rationnels en valeur). Mais la sociologie cherche aussi à saisir au moyen de concepts théoriques et précisément adéquats significativement les phénomènes irrationnels (mystiques, prophétiques, pneumatiques ou affectuels). Que l'objet de son étude soit rationnel ou irrationnel, la sociologie s’éloigne de la réalité et rend service à la connaissance en ce sens que, en indiquant le degré de l'approximation d'un événement historique relativement à un ou plusieurs concepts, elle permet d'intégrer cet événement. Le même événement historique peut par exemple avoir par un de ses aspects une structure «féodale», par un autre «patrimoniale», par d'autres «bureaucratique» et par d'autres encore «charismatique». Si l'on veut penser quelque chose d'univoque sous ces termes, la sociologie est obligée d'élaborer de son côté des types («idéaux») «purs» de chacune de ces sortes de structures qui révèlent alors chacune pour soi l'unité cohérente d'une adéquation significative aussi complète que possible, mais qui, pour cette raison, ne se présentent peut-être pas davantage dans la réalité sous cette forme pure, absolument idéale, qu'une réaction physique que l'on considère sous l'hypothèse d'un espace absolument vide. Ce n'est que sur la base de ce pur type (« idéal ») qu'une casuistique sociologique est possible. Il va de soi que la sociologie utilise également, suivant les circonstances, le concept de type moyen, du même genre que les types empirico-statistiques, mais il s'agit là de formations conceptuelles qui n'appellent aucun commentaire méthodolo-gique spécial. Chaque fois cependant qu'elle parle de cas «typiques», elle désigne toujours par ce terme, en cas de doute, l'idéaltype qui peut de son côté avoir un caractère rationnel ou irrationnel. Le plus souvent il est rationnel (et dans la théorie économique il l'est par exemple toujours), mais inévitablement il est construit d'une manière significativement adéquate.

Il est nécessaire de se rendre clairement compte que dans le domaine de la sociologie on ne peut élaborer de manière relativement univoque des concepts de « moyenne» ou de «type moyen» que là où il s'agit de différences de degré dans des comportements significatifs déterminés, qualitativement de même nature. On en rencontre. Dans la plupart des cas cependant l'activité sociologiquement ou historiquement importante est influencée par des motifs qualitativement hétérogènes, entre lesquels il n'est pas possible d'établir une «moyenne» au sens propre du terme. Les constructions idéaltypiques de l'activité sociale qu'élabore par exemple la théorie économique sont «étrangères à la réalité» en ce sens qu'elles se demandent toujours - du moins dans le cas présent - comment l'on agirait dans le cas d'une rationalité en finalité idéale et en même temps orientée dans un sens purement économique, pour pouvoir saisir de la sorte l'activité pure en tant qu'elle a été coconditionnée pour le moins par des obstacles de caractère traditionnel, des affections, des erreurs, par l'intervention de buts non économiques et d'autres précautions, et ainsi 1° la comprendre dans la mesure où elle a été effectivement coconditionnée de façon économiquement rationnelle par finalité dans le cas concret ou qu'elle l'est d'ordinaire dans le cas d'une étude portant sur la moyenne, 2° discerner plus facilement, grâce à l'écart entre le développement effectif et le développement idéaltypique quels en ont été les véritables motifs. Une construction idéaltypique d’une attitude acosmique cohérente, conditionnée par la mystique, face à la vie (par exemple face à la politique ou à l'économie) procéderait d'une manière tout à fait analogue. Plus la construction des idéaltypes est rigoureuse, c'est-à-dire plus elle est étrangère à la réalité en ce sens, mieux elle remplit son rôle du point de vue de la terminologie et de la classification aussi bien que de celui de la recherche. Les imputations causales concrètes d'événements historiques qu'élabore l'histoire ne procèdent en substance pas autrement. Par exemple, quand elles se proposent d'expliquer le déroulement de la campagne de 1866, elles cherchent d'abord à élaborer («en pensée») aussi bien pour Moltke que pour Benedek (et finalement elle ne peut pas faire autrement) comment chacun d'eux aurait agi dans le cas d'une rationalité idéale en finalité, s'il avait eu une connaissance complète des situations respectives dans son propre camp et dans celui de l'adversaire, pour comparer ensuite avec cette construction comment ils ont agi en réalité et expliquer en conséquence causalement l'écart observé (en raison soit de mauvais renseignements, soit d'erreurs de fait ou de prévision, soit du tempérament personnel, soit de considérations étrangères à la stratégie). Ici aussi on utilise (de façon latente) une construction idéaltypique rationnelle en finalité.

Les constructions conceptuelles sont du point de vue idéaltypique non seulement à usage externe, mais aussi interne. Dans la grande masse des cas, l'activité réelle se déroule dans une obscure semi-conscience ou dans la non-conscience du «sens visé». L'agent le «sent» imprécisément plus qu'il ne le connaît ou ne le «pense clairement»; il agit dans la plupart des cas en obéissant à une impulsion ou à la coutume. Ce n'est qu'occasionnellement qu'on prend conscience du sens (qu'il soit rationnel ou irrationnel) de l'activité, et dans les cas de l'activité similaire d'une masse c'est souvent le fait de quelques individus seulement. Une activité effectivement significative, ce qui veut dire pleinement consciente et claire, n'est jamais en réalité qu'un cas limite. Toute recherche historique ou sociologique devra sans cesse en tenir compte quand elle analyse la réalité. Mais cela ne doit pas empêcher la sociologie d'élaborer ses concepts par une classification du «sens visé» possible, c'est-à-dire comme si l'activité se déroulait effectivement avec la conscience de son orientation significative. Quand il s'agit d'étudier ces concepts dans leurs éléments concrets, elle doit en tout temps prendre en considération leur écart par rapport à la réalité et en déterminer le degré et le genre.

Méthodologiquement, on n'a très souvent que le choix entre des termes confus et des termes clairs, ceux-ci étant alors irréels et «idéaltypiques». Dans ce cas il faut, du point de vue de la science, donner la préférence à ces derniers.

Fin de l'extrait.

Retour à Max Weber. Dernière mise à jour de cette page le mercredi 16 mars 2011 15:48
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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