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Collection « Les auteur(e)s classiques »

De la nature de la richesse et de l'origine de la valeur (1831)
INTRODUCTION


Une édition électronique réalisée à partir du livre d'Auguste Walras, De la nature de la richesse et de l'origine de la valeur (1831), augmenté de notes inédites de Jean-Baptiste Say. Paris: Librairie Félix Alcan, 1938.


INTRODUCTION

par Gaston Leduc, professeur à la Faculté de Droit de Caen, 1938.



Les spéculations sur le fondement de la valeur ont tenu une place considérable dans la littérature économique post-smithienne. La raison en est bien connue : le phénomène de la valeur avait été considéré par la quasi-généralité des auteurs classiques comme la donnée de base de la science, l'élément fondamental qu'il convenait d'élucider avant tout pour mener à bien l'élaboration progressive de la discipline nouvelle. L’œuvre de Ricardo reste typique à cet égard. Mais on sait aussi (lue, dans leur recherche d'une explication unitaire de la valeur, motivée vraisemblablement, en dernière analyse, par le désir, déjà très fortement exprimé par Adam Smith, de découvrir une mesure invariable des valeurs, les classiques ne purent aboutir. Pour n'avoir pas su discerner de façon nette la question de l'origine de la valeur de celle des lois de l'échange, ils se jetèrent dans une impasse. D'où leurs hésitations, leurs incertitudes, les retouches et les transformations même qu'ils firent subir à l'expression de leur pensée, et, parfois aussi, leurs déceptions (Note 1).

Pour oser affirmer, vers le milieu du siècle, qu'il ne restait, « dans les lois de la valeur, rien à éclaircir actuellement, ni plus tard (Note 2) », il fallut que Stuart Mill en vînt à
élargir les conceptions de ses devanciers britanniques par des considérations relatives à la demande et donc à l'utilité, s'affirmant ainsi partisan d'une explication dualiste dont s'était déjà rapproché, et non sans difficultés, Jean-Baptiste Say.

On sait l'effort que devaient fournir à leur tour les partisans du degré final d'utilité pour tenter de donner une explication à nouveau unitaire, mais opposée à celle des classiques, des problèmes à nouveau confondus de l'origine de la valeur et des lois de ses variations. La prodigalité du sens analytique des marginalistes ne fut point sans profit pour la science : il est même permis de penser que celle-ci leur doit de notables progrès. Mais l'ère des controverses sur la valeur n'a pas été close pour cela : le vigoureux essai de synthèse d'un Alfred Marshall, par exemple, a souligné l'illusion moniste de l'explication marginaliste, durant que l'école de l'équilibre, prolongée sur ce point par les théories plus modernes encore de la dynamique économique, qui s'attachent avant tout à l'étude du mécanisme de l'échange et à la recherche d'une explication positive des lois de variation des prix, rejetait au second plan les spéculations purement conceptuelles sur l'origine de la valeur, allant même parfois jusqu'à formuler à leur égard une fin de non-recevoir absolue (Note 3).

L'ouvrage d'Antoine-Auguste Walras, dont nous entreprenons la réédition, relève précisément de la phase classique des controverses sur la valeur. Il s'apparente de façon étroite aux efforts d'ordre spécifiquement conceptuel
en vue d'assigner à la valeur un fondement unitaire. Par la rigueur logique de ses raisonnements, par l'usage exclusif d'une méthode rigoureusement déductive, par le souci constant de son auteur de ramener l'ensemble des explications à une cause prétendue unique, l'œuvre évoque, Ricardo ou James Mill. La divergence n'est point dans la méthode : à cet égard, l'ouvrage est typiquement de son temps. Et l'auteur, nous le verrons, ne s'en est point caché, qui, distinguant entre les économistes, ses contemporains, des historiens et des métaphysiciens, déclarait nettement vouloir se rattacher à ces derniers, « avoir fait et voulu faire de la métaphysique », se ralliant à l'école « qui proclamait hautement J'existence des lois générales, en économie politique, comme en physique, comme en mécanique, comme en chimie, et qui signalait une nature des choses, contre laquelle la volonté de l'homme ne se raidirait qu'à son détriment (Note 4) ».

Mais, sur le fond, la thèse veut être neuve. Elle s'oppose à la prétention des classiques anglais d'asseoir la valeur sur le coût de production, voire même sur le seul facteur-travail de ce coût. Mais elle ne rejoint pas pour cela la position de l'école qualifiée parfois de française - qualificatif dont l'auteur lui-même a fait usage - et qui, développant la pensée des psychologues italiens et français du XVIIIe siècle, et, en particulier, celle de Condillac, s'efforçait avec Jean-Baptiste Say (encore que l'opinion de ce dernier n'ait pas toujours été d'une netteté parfaite) de découvrir l'origine de la valeur dans l'aptitude des choses à satisfaire les désirs éprouvés, c'est-à-dire dans leur utilité.

Rejetant délibérément toute influence du coût de production, cette thèse prétendue novatrice, mais néanmoins moniste encore, ne retenant l'utilité que comme condition nécessaire, mais non suffisante, envisageait la rareté comme
la seule cause véritablement efficiente de la valeur, définissant celle-ci par l'expression dl utilité rare, appelée, comme l'on sait, à exercer sur le développement ultérieur de la pensée économique une influence des plus décisives.

Il s'agissait là d'une œuvre de jeunesse. Lorsqu'il l'avait composée, A.-A. Walras, né le 1er février 1801, n'avait que 28 ans (Note 5). Il venait tout juste de dépasser la trentaine lorsqu'il put enfin, au mois de juillet de l'année 1831, satisfaire son désir de livrer l'ouvrage à la publicité, grâce à l'appui moral et matériel de l'une de ces modestes sociétés savantes (Note 6), dont la vie s'alimentait jadis à tout ce que l'existence provinciale pouvait offrir de tranquillité sereine et de possibilités de labeur désintéressé. C'était une vocation qui s'affirmait, sous un nom appelé, après de trop nombreuses vicissitudes, à forcer l'hommage universel. Car ce que le père avait constamment rêvé d'être, il ne fut donné qu'au fils de le réaliser, et encore à la suite d'événements qui donnèrent du lustre, non point aux écoles spécifiquement françaises, mais à l'université étrangère qui sut faire de Léon Walras le fondateur de l'école dite de Lausanne.

I

La personnalité d'Antoine-Auguste Walras était restée presqu'ignorée jusqu'à la parution du très consciencieux ouvrage de Modeste Leroy (Note 7). Non que sa pensée ne fût
demeurée sans portée : mais l'unique héritier de son oeuvre fut son fils, autre isolé comme lui, délivré de tout dogmatisme doctrinal, comme lui, nous le verrons, aussi éloigné de l'orthodoxie libérale que des allégeances socialistes, et destiné à se frayer seul un chemin au milieu d'embûches que semèrent avec ténacité des adversaires vraisemblablement abusés. Méconnu de son vivant, ailleurs que dans la sphère restreinte où le confinèrent de fastidieuses occupations administratives, Auguste Walras fût sans doute tombé dans l'oubli, sans les témoignages de gratitude d'un fils qui nous a laissé de son père la seule étude bio-bibliographique à laquelle il soit encore possible de se reporter avec fruit (Note 8). Ajoutons à cela l'heureux hasard d'une promenade opportune qui, de la tombe de Léon Walras dans le cimetière de Clarens, conduisit Modeste Leroy, attentif aux épitaphes de ses compatriotes, sur les traces d'un savant véritable, auquel il ne tarda pas à reconnaître que réparation lui semblait due (Note 10).

La vie d'Auguste Walras ne fut certainement pas celle à laquelle eussent dû lui donner droit ses très réelles capacités. S'il eût vécu de nos jours, eût-il sans nul doute enseigne sa science favorite et satisfait ainsi un désir qui ne l'abandonna jamais. Mais à une époque où le mariage de raison conclu vers la fin du siècle entre la science économique et les disciplines juridiques n'avait même pas encore été envisagé et où les seuls enseignements administrativement organisés se bornaient au Collège de France et au Conservatoire national des Arts et Métiers, les chances d'y parvenir paraissaient bien minimes.

Cette vocation à l'économie politique fut un peu le fruit du hasard : après avoir couronné, à 19 ans, par un
premier prix de dissertation en philosophie, de brillantes études secondaires poursuivies au collège royal de Montpellier, sa ville natale, notre auteur s'orienta vers l'École normale. Il y fut admis dès le mois d'octobre 1820, pour y poursuivre jusqu'en 1822, date du licenciement de l'École (Note 11), des études littéraires et philosophiques (en particulier sous la direction de Victor Cousin), dont l'influence se retrouvera dans toute son oeuvre. Il devait y rencontrer l'année suivante, pour condisciple dans la section des sciences, le jeune Augustin Cournot, appelé à partager avec lui, du moins en matière économique, une destinée quelque peu semblable. Celui-ci influença en effet Léon Walras dans l'élaboration de sa théorie des prix, tout en demeurant par ailleurs, au moins pendant toute sa vie, un économiste méconnu (Note 12). Mais leurs relations ne devaient point se prolonger par la suite ; aussi bien leur avenir universitaire fut-il assez différent, la meilleure part échéant à Cournot.

Mais on peut se demander dans quelle mesure les Recherches sur les principes mathématiques de la théorie des richesses, l’œuvre économique de Cournot de beaucoup la plus intéressante, publiées en 1838, n'ont pas été en partie suscitées par l'invitation adressée par Auguste Walras aux mathématiciens, dès 1831, de faire de la science des richesses une discipline d'exactitude et de précision (Note 13).

La fermeture de l'École ouvrit pour ce dernier une
période relativement agitée et incertaine, comme devait l'être au reste toute son existence. Le voici successivement régent au collège de Valence, puis de Saint-Étienne, puis, de retour à Paris, précepteur, commis comptable, puis secrétaire d'un notaire. L'idée lui vint de faire son droit : il se sentait attiré par le barreau, persuadé qu'il était d'y réussir. Mais il restait philosophe : et grande fut sa déception lorsqu'il en vint à l'étude du titre de la propriété. Les arguments déployés par les auteurs et les commentateurs du Code Napoléon en faveur de cette institution ne lui semblèrent point satisfaisants ; aussi la théorie du domaine personnel de l'homme sur les choses lui parut-elle à refaire en son entier (Note 14). Avec l'ardeur de la jeunesse, il s'attela donc à la besogne.

Déçu par les légistes, il voulut prendre conseil chez les économistes, alors dans toute leur célébrité. Si les physiocrates, depuis la mort du vieux Dupont de Nemours, ne trouvaient plus audience que chez quelques agrarianistes attardés (Note 15), du moins l'école d'Adam Smith brillait-elle dans toute sa splendeur. Ricardo, malgré quelques dissidences et réticences, régnait sur la pensée anglaise. Et Jean- Baptiste Say, plus original d'ailleurs et novateur qu'on ne l'a soutenu parfois, prenait rapidement en France figure d'augure officiel. A son enseignement du Conservatoire venait en effet s'ajouter, en 1830, une chaire au Collège de France, spécialement créée pour lui.

Le recours aux sommités de la science nouvelle n'apporta à Auguste Walras que des déceptions accrues. Là où il pensait trouver une théorie bien établie, il ne découvrit
qu'incertitudes et contradictions. Puisque l'on ne possède jamais, pensait-il, que ce qui mérite d'être détenu à titre de propriété privée, c'est-à-dire ce qui vaut quelque chose, il lui paraissait logique d'aller chercher dans une explication de la valeur le fondement d'une théorie de la propriété.. A son tour il se trouvait engagé dans le labyrinthe. Et son choix est fait : abandonnant ses études de droit, il consacre désormais tous ses loisirs à élucider le problème de la valeur et la question, déjà agitée, de la réorganisation de la société sur des bases déduites d'une théorie rationnelle de la propriété.

Après six ans d'études, un ensemble logiquement coordonné, qui devait constituer le schéma général de ce que nous pourrions appeler le système walrassien, prit forme dans sa pensée. Ses projets aussi se précisèrent : il n'attendrait pas pour initier le publie à son oeuvre et s'efforcerait d'obtenir un enseignement d'économie politique. Dès 1829, alors qu'il suivait avec assiduité, mais sans partager leurs vues, les séances tenues à la rue Taranne par les Saint-simoniens, se trouvait prêt le manuscrit d'une première étude, critique et constructive, sur le problème de l'origine de la valeur, « substrat de la richesse et objet de l'économie politique, science de la richesse, donc de la valeur ». Il restait à trouver un éditeur. Devant la difficulté d'obtenir des conditions raisonnables, le jeune homme trouvait accès au Mercure du XIXe siècle, qui, à cinq reprises au cours de l'année 1830, publia une bonne partie des six premiers chapitres de son ouvrage (Note 16).

Vinrent les événements de juillet, suivis de démêlés entre Auguste Walras et ses employeurs. Le labeur désintéressé ne nourrit point son homme, quelque modestes que soient les goûts : l'Université devenue plus accueillante, A. Walras y sollicita son retour et fut nommé professeur
de rhétorique au collège d'Évreux. C'est là que devait y être imprimé son livre.

Mais dès cette époque il songeait à mieux : distinguer la valeur des choses de leur prix, étudier les fluctuations particulières de ce dernier, en les reliant à une étude d'ensemble du rôle économique des métaux précieux, envisagés successivement sous l'angle de leurs deux fonctions essentielles de mesure des valeurs (de numéraire) et d'instrument des échanges (de monnaie proprement dite), tel lui paraissait devoir être le contenu principal d'un second ouvrage destiné à apporter au premier une série de compléments indispensables.

L'occasion se présenterait-elle enfin d'attribuer à ces efforts la récompense qu'en espérait peut-être leur auteur ? Il le crut lors de la mort de Jean-Baptiste Say, en 1832. Candidat à sa succession, au moins à l'une des deux chaires qu'occupait le disparu, il fut tôt déçu : on lui préférait Adolphe Blanqui, le très libéral homonyme du révolutionnaire, pour le Conservatoire et l'on sollicitait spécialement pour le Collège de France les services de « l'illustre » Rossi.

Nullement découragée par ces premières désillusions, la vocation économique car il ne s'agissait nullement ici d'un violon d'Ingres de notre héros s'affirmait à nouveau, tant par la plume que par la parole. Le 9 décembre 1832, A. Walras inaugurait à Évreux, par un discours traitant de la connexité des connaissances humaines et des progrès scientifiques en général, et, en particulier, de l'influence que l'étude de l'économie politique est appelée à exercer sur l'avancement des sciences morales et historiques (Note 17), un cours publie d'économie politique poursuivi de semaine en semaine, chaque dimanche après-midi, jusqu'au mois de mai suivant. Cet enseignement dominical, donné à titre purement bénévole à un public de bons bourgeois de province, alors désireux de s'instruire, obtint un réel succès
et valut au professeur des compliments... préfectoraux (Note 18). Aussi fut-il repris l'année suivante (Note 19), et poursuivi encore du mois de novembre 1834 au mois de mai 1835 (Note 20). Au cours de cette même époque, le Recueil de la Société... du département de l'Eure, qui patronnait les conférences de son membre infatigable, s'enrichissait des travaux écrits que l'on trouvera ci-après mentionnés (v. bibliographie des œuvres économiques d'A. Walras) et dans lesquels celui-ci précisait les fondements philosophiques, voire métaphysiques au sens le plus strict, de l'ensemble de ses conceptions théoriques et pratiques.

Entre-temps, devenu principal du collège, A. Walras s'était marié (Note 21). Devant l'aridité de ses nouvelles occupations administratives, l'idée lui vint de poursuivre ses études universitaires jadis interrompues et de se préparer à l'agrégation de philosophie. S'étant fait mettre en congé, il vint se fixer à Paris en 1836.

Mais l'économie politique tient toujours à cœur à notre philosophe : n'ayant pu donner suite à son projet d'une seconde publication, il trouvera audience auprès de la Revue mensuelle d'économie politique, que venait de fonder Théodore Fix, et y fera connaître aussitôt ses idées sur la monnaie, s'avérant un partisan déterminé des métaux précieux et un adepte bien convaincu de la théorie, alors classique, de la monnaie-marchandise. Il suit assidûment,
pendant deux années, le cours de Rossi au Collège de France, « sans succès d'ailleurs et sans aucun profit (Note 22) ». L'Athénée, sorte d'académie libre qui connaissait à l'époque une certaine notoriété, lui ouvre ses portes, sur ses instances pressantes : il y donnera donc gratuitement un cours d'économie politique en vingt-trois leçons, du 24 décembre 1836 au 3 juin 1837. Il espérait s'y faire un avenir : mais l'on ne vit point de l'air du temps.

Ayant synthétisé l'année suivante, et de façon remarquable, pour les lecteurs de la Revue étrangère et française de législation et d'économie politique, sa théorie d'ensemble de la science des richesses (Note 23), il se consacra derechef à ses études philosophiques, ses charges de famille ne lui permettant plus de continuer une vie de dilettante (Note 24). Nommé professeur de philosophie à Lille, en 1839, après un concours infructueux, il parvint à ses fins l'année suivante et fut envoyé à Caen.

Nous retrouvons dans la cité normande les traces de ce laborieux, partagé désormais, il est vrai, entre des travaux de tendance plus littéraire et « sa chère économie politique ». La société savante locale, l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Caen, lui ouvre ses portes pour l'entendre, l'Université lui confie son recueil : la Revue de Caen pour y divulguer ses idées. Dès 1842, il donnera lecture d'un fragment sur « la production (Note 25) » participera en 1844 à une discussion sur le problème du paupérisme, préconisant déjà un système complet d'assistance sociale et une action préventive qui utiliserait comme moyens principaux les perfectionnements successifs de la technique agricole, industrielle et commerciale, un bon
système d'éducation professionnelle, la liberté du travail, l'éducation morale des citoyens, l'association des travailleurs, etc., enfin un bon système de propriété (Note 26). Au mois de juillet de la même année, il fait connaître un mémoire critique sur les opinions les plus accréditées touchant l'origine de la valeur d'échange (Note 27), dont il fera, cinq ans plus tard, le sujet d'une communication à l'Académie des sciences morales (mémoire que nous avons reproduit ci-après : Annexe Il), durant qu'un travail en deux articles, intitulé Esquisse d'une théorie de la richesse (Note 28), livre déjà le canevas général de ses idées sur les fondements et le contenu de la science économique.

Il devait faire mieux quelques années plus tard, en condensant dans un petit volume, demeuré la seconde de ses principales publications économiques, l'ensemble de ses vues théoriques, logiquement ordonnées en un système qui nous achemine indubitablement vers les conceptions d'économie pure (Note 29). Lorsqu'il édita cet ouvrage, A. Walras, bien que résidant encore à Caen, avait abandonné l'enseignement à la suite d'événements qui marquèrent pour lui le début d'une série de déboires qui devaient l'assaillir jusqu'à la fin de sa carrière. Il avait pensé un moment pouvoir accéder à l'enseignement supérieur et avait même été nommé chargé de cours à la Faculté des Lettres de Caen, dans la chaire d'éloquence française, alors vacante. En vue d'obtenir son diplôme de docteur, il s'était attelé à la rédaction d'une thèse sur Le Cid, ayant toujours manifesté pour les oeuvres de Corneille un penchant des plus louables, reflet d'une âme scrupuleuse (Note 30). Mais il avait compté sans l'adversité : l'indépendance de caractère et
le libéralisme d'opinions du professeur lui firent des ennemis. Ses supérieurs administratifs l'estimèrent indésirable, en ces temps de stricte obédience. Nommé inspecteur d'académie à Nancy, puis à Caen, il s'inclina. Envoyé en disgrâce à Cahors en 1849, il préféra la mise en disponibilité.

Ainsi pourvu de loisirs, par l'incompréhension humaine, au moment où les événements politiques et sociaux suscitaient une extraordinaire fermentation d'idées et l'éclosion de systèmes de toute espèce, l'économiste dut sentir à nouveau la morsure de son démon favori, si nous en jugeons par l'abondance des documents inédits datés de cette époque et qui nous viennent de lui. L'instant était favorable à l'exposition d'une doctrine sociale originale et que l'auteur faisait logiquement découler des prémisses théoriques auxquelles il demeurait plus fermement attaché que jamais. Sa conclusion pratique, était à vrai dire formulée depuis longtemps : elle se ramenait en définitive à l'appropriation du sol par l'État. Mais il restait à la développer, à l'étayer sur des bases solides et inattaquables, à pourchasser, pour ce faire, l'opinion adverse. La vérité sociale, rédigée en partie en 1848, nous laisse l'exposé cohérent d'un système de nationalisation du sol, qui, permettant d'attribuer à l'État le produit d'une rente foncière destinée, dans l'esprit de l'auteur, à croître au fur et à mesure des progrès de la civilisation économique, conduirait logiquement à une suppression graduelle de l'impôt. La base constructive du système sera reprise dans une étude sur la Théorie de la Propriété, primitivement prévue comme devant constituer les septième et huitième chapitres de la Théorie de la richesse sociale. L'apologie systématique de l'appropriation privée du sol et de la rente foncière sera poursuivie et dénoncée dans une suite de gloses manuscrites réfutant souvent presque mot par mot, en premier lieu le chapitre XIV de l'ouvrage de Thiers sur La propriété (Note 31) (qui connaissait alors, en raison des événements et de la peur qu'inspiraient les manifestations spasmodiques du socialisme naissant, une vogue très supérieure à la valeur scientifique de l'ouvrage) et d'autre part le chapitre IV de La Démocratie en France (Note 32) de Guizot, bien caractéristique aussi de l'effroi qu'éprouvaient, en particulier devant les attaques de Proudhon, les défenseurs de l'ordre juridique établi (Note 33).

C'est à ce moment-là que, sollicité par des polémiques de presse, des discours parlementaires et notamment la campagne menée par de Girardin en faveur d'un impôt sur le capital, et pressé d'étendre l'application de son système au problème du prélèvement fiscal, il rédigea sur la question de l'impôt les études dont il est fait ci-après mention.

Critiquer la propriété privée du sol était une grosse tâche. A. Walras courait le risque d'être taxé de socialisme. Encore que cela ne lui parût point constituer un blâme, il se trouvait heurter bien des préjugés, à commencer par ceux de ses proches. Renonçant à publier, il se laissa bientôt convaincre de la nécessite d'un retour à l'Université : il redevint inspecteur d'Académie à Douai, en 1850, puis à Tulle, enfin à Pau en 1854, où il devait prendre sa retraite huit ans plus tard.

La fin de cette carrière, devenue purement administrative, fut pénible à l'économiste-philosophe qui ne désarmait pas. Outre que sa santé commençait à s'altérer dans des occupations qui ne lui laissaient plus que de pauvres loisirs, l'emploi même qu'il en faisait ne laissait pas que
d'indisposer fortement ses supérieurs hiérarchiques et portait l'inquiétude jusqu'au sein de son foyer. « Et puis, qu'est-ce qu'on me dit ? lui lança quelque jour son ministre. Que vous vous occupez d'économie politique ? En vérité, il ne vous manquerait plus que d'être libre-échangiste (Note 34) ! »

Du moins allait-il prendre une détermination on ne peut plus heureuse pour sa science favorite en suscitant, au cours de l'été 1858, la vocation économique de son fils Léon, encore élève de l'École des Mines, mais qui, rebuté par la technique de l'ingénieur, semblait vouloir chercher sa voie du côté de la littérature pure. Si celui-ci n'eût écouté que sa mère - « Tu vas donc faire de l'économie politique, comme ton père ! » - L'École de Lausanne ne fût sans doute jamais point née. Mais trop forte était la tentation pour le fils de persévérer là où le père n'avait pu qu'entreprendre, de construire là où il n'avait pu qu'ébaucher (Note 35). Il s'établit d'ailleurs entre les deux hommes une collaboration des plus étroites, dont une correspondance abondante et extrêmement instructive nous laisse le vivant témoignage (Note 36).

Frisant la soixantaine, ce consciencieux fonctionnaire conservait encore intacte l'ardeur de sa jeunesse, en dépit des soucis administratifs et autres. La lecture de l'ouvrage
que venait de publier Proudhon sur La justice dans la révolution et dans l'église fit jaillir sans peine l'étincelle du leu qui couvait encore. La partie critique de l’œuvre lui parut très solide, peut-être excessive ; mais l'essai de reconstruction tenté par le fougueux franc-comtois fut jugé d'une faiblesse extrême. « J'éprouverais une incroyable satisfaction à démontrer à M. P... que ses balances (Note 37) sont essentiellement fausses et qu'il n'y a pas un mot qui vaille dans ses théories (Note 38). » Il encouragea donc son fils à accomplir avec lui la tâche qu'il regrettait de ne pouvoir mener à bien : « Nous pouvons argumenter avec la plus grande énergie, et avec la certitude d'une approbation complète, contre les divagations de M. Proudhon, et contre son ignorance en fait d'économie politique et de droit naturel (Note 39). » Il lui fournira ses premières armes, sous forme d'une série de remarques critiques rappelant tout à fait le travail qu'il s'était imposé quelque dix années auparavant pour réfuter la thèse de Thiers. Et l'introduction dogmatique placée par Léon Walras en tète de son oeuvre ne manquera pas d'exprimer une reconnaissance filiale dont les témoignages iront se multipliant sans cesse. Le moins averti des lecteurs eût d'ailleurs retrouvé dans ce passage l'essentiel de la pensée paternelle sur « la question sociale (Note 40) ».

La fierté du maître devant l’œuvre de son jeune disciple n'en était que très légitime : Aussi laissera-t-il libre cours à son enthousiasme. « Imagine-toi bien qu'avec les idées
que tu as dans la tête, tu es appelé à prendre et à porter le sceptre de l'économie politique. De tous ceux qui s'occupent aujourd'hui de cette science, les uns, et c'est le plus grand nombre, n'y entendent absolument rien ; les autres, dépourvus de toute originalité et de toute invention, ressassent, à perte de vue, les idées qu'ils ont empruntées à leurs maîtres, et s'obstinent à défendre des théories qui les laisseraient à sec, s'ils avaient le bon esprit de s'en défaire. Notre doctrine est la seule large, élevée, complète. Nous résumons les deux grandes, les deux seules écoles qui se soient produites jusqu'à ce jour : les physiocrates et Adam Smith. Il n'y a pas une seule ignorance que nous ne puissions éclairer, pas une seule divagation que nous ne puissions redresser, et Dieu sait s'il y a à faire, sous ce double rapport (Note 41). »

Une nouvelle occasion de collaborer allait bientôt s'of-frir à eux. Elle fut même décisive pour l'avenir du jeune homme. Le Conseil d'État du canton de Vaud, en Suisse, venait de mettre au concours le problème de la réforme du système fiscal. Léon Walras eut l'idée de participer à l'épreuve et rédigea un mémoire (Note 42) dans lequel il reprenait et développait les propositions de son père, ce dernier ne manquant pas de les lui soumettre à nouveau (Note 43). Il se rendit même à Lausanne, pour défendre sa thèse et sut se faire remarquer au cours d'un congrès réuni à cette occasion au mois de juillet de cette même année 1860. Dès cette époque se trouvait agitée la question de l'éventuelle création d'une chaire d'économie politique à l'Université. Auguste Walras y songea même, pour l'heure de sa retraite prochaine (Note 44). On sait ce qu'il en advint dix ans plus tard, bien que le mémoire responsable n'eût obtenu au concours, sur le rapport de l'économiste genevois Cherbuliez, qu'un
quatrième accessit, tandis que Proudhon, juge moins révolutionnaire que son compatriote, obtenait la palme convoitée (Note 45). Mais l'argumentation écrite et la soutenance verbale avaient dévoilé chez Léon Walras des qualités dont la majorité des membres du jury appelé à se prononcer, en 1870, sur sa candidature à la chaire de Lausanne, sut heureusement se souvenir (Note 46).

Auguste Walras n'eut pas la joie d'assister à la promotion tant désirée pour lui-même. Il s'était éteint, mort de chagrin, aux dires de son docteur, le 18 avril 1866. Quatre années seulement d'une retraite relative ne lui avaient point permis de réaliser tous ses projets : il avait songé à reprendre à Pau l'enseignement publie qu'il avait jadis donné à Évreux. Il y fut même autorisé, pour l'année 1863-64, en même temps que du Puynode à Paris et Frédéric Passy à Nice. Des quelque vingt conférences qu'il lit alors, et dont la première seule fut éditée (Note 47), il espérait pouvoir tirer une étude d'ensemble qu'il eût voulu intituler : La science de la richesse, ou exposition des principes fondamentaux de l'économie publique et privée. Il eût ainsi marqué à nouveau la préséance de la théorie sur l'application, de la science sur l'art, par l'abandon des qualificatifs, courants de politique et sociale, « qui lui paraissaient moins utiles que gênants (Note 48) ».

Il avait entre-temps rédigé un assez long manuscrit sur la question, alors très débattue dans les milieux officiels, de la réforme du système monétaire de la France. On sait que devant l'afflux de l'or californien s'était produite à l'époque une appréciation de l'argent par rapport à l'or qui, par le jeu de la loi de Gresham, provoquait une disparition progressive des pièces d'argent de la circulation monétaire.

S'élevant contre les projets d'altération du titre des monnaies d'argent et répudiant le bimétallisme, A. Walras se déclarait partisan du système des deux étalons d'or et d'argent indépendants, frayant à son fils une voie que ce dernier devait emprunter par la suite, au moins pour partie (Note 49).

Mais il voulut mieux encore : il eût désire pouvoir couronner son édifice scientifique par des oeuvres maîtresses. Et à défaut du grand Traité en plusieurs tomes qu'il avait parfois espéré pouvoir entreprendre en collaboration avec son fils, il ne projetait, pour parvenir à ses fins, rien de moins qu'une étude d'ensemble « qui enterrât toutes les élucubrations incomplètes ou erronées de nos économistes contemporains et qui devînt le point de départ de nouvelles recherches théoriques ou pratiques pour les économistes futurs », étude qu'il se proposait de compléter par une Histoire du régime économique des sociétés, dont le plan général avait été conçu dès 1832 et qui, répartissant les sociétés humaines en cinq régimes successifs : l'état chasseur, l'état pasteur, l'état agricole, l'état industriel et l'état commercial, eût comporté l'examen de ces différents stades de l'évolution économique des sociétés dans leurs causes et dans leurs effets, dans les conditions qui président à leur établissement ainsi que dans leurs conséquences les plus diverses, « sur la population, sur son bien-être, sur ses lumières, sur ses mœurs, sur la paix, sur la guerre, sur la législation, sur les formes du gouvernement, etc. » (Note 50)

La fatalité l'empêcha de remplir ce courageux programme, qui l'eût peut-être hissé au rang d'un List. On ne peut s'empêcher de regretter qu'une telle vocation n'ait pas pu attendre un demi-siècle pour éclore.

Voir la suite de l'introduction : deuxième partie
NOTES:

Note 1: Le sujet difficile de la valeur a retenu mes pensées, sans que je sois capable de trouver un chemin satisfaisant pour sortir de ce labyrinthe. » Lettre de Ricardo à Mac Culloch du 8 août 1823. Reproduite en Appendice à l'Essai de Mlle H. Biaujeaud sur : La Théorie ricardienne de la valeur, Paris, Sirey, 1934, p. 218. (Retour à l'appel de note 1)
Note 2: Principes d'économie politique. Traduction Dussard et Courcelle-Seneuil, Paris, Guillaumin, 1854, t. II, p. 2. (Retour à l'appel de note 2)
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note 3) Chez, Cassel, par exemple, qui, bien que pur théoricien, déclare qu'une « théorie de la valeur est pour le moins complètement inutile pour la science économique » et réclame à cet égard « un nettoyage à fond, absolument nécessaire si nous voulons diriger le plus directement possible le travail scientifique vers les problèmes réels et certainement très importants de la théorie économique ». Traité d'économie politique de Gustave Cassel. Traduction française, Paris, Giard, 1925, t. 1er, p. 66.
Sur tous ces points, v. la préface de M. Gaëtan Piron a l'ouvrage précité de Mlle Biaujeaud, pp. vu et vin. (Retour à l'appel de note 3)
(
note 4) Rapport de l'auteur à la Société d'agriculture, sciences, arts et belleslettres du département de l'Eure sur les travaux de sa section de littérature en 1831. (Séance du 8 juin 1832.) Cf. le Recueil de la Société..., 1832, p. 74. (Retour à l'appel de note 4)
(
note 5) Les lettres (inédites) d'A. Walras à son père font mention de l'existence du manuscrit dès 1829. (Retour à l'appel de note 5)
(
note 6) La Société libre d'agriculture, sciences, arts et belles-lettres du département de l'Eure, dont A.-A. Walras était devenu. membre et qui s'augmenta, peu après son admission, et vraisemblablement sous son influence, d'une section nouvelle dite d'économie politique et de statistique. Le Recueil trimestriel de la Société a publié à diverses reprises plusieurs études de notre auteur (cf. infra : bibliographie des œuvres d'A. Walras). (Retour à l'appel de note 6)
(
note 7) Auguste Walras, économiste. Sa vie, son œuvre. Paris, Librairie générale de droit et de jurisprudence, 1923, et, à propos de cette œuvre, l'article (le notre éminent collègue Antonelli : Un économiste de 1830 : Auguste Walras (cité p. 51). (Retour à l'appel de note 7)
(
note 8) Un initiateur en économie politique : A.-A. Walras. (Revue du Mois du 10 août 1908.) (Retour à l'appel de note 8)
(
note 10) V. G. Piron: Les théories de l'équilibre économique : L. Walras et V. Pareto. Reproduction autorisée de Conférences faites à l'École pratique des Hautes Études, Paris, Domat-Montchrestien, 1934, p. 37 ; ainsi que l'Avant-propos de l'ouvrage précité de Modeste Leroy. (Retour à l'appel de note 10)
(
note 11) Dont les opinions avaient été considérées comme subversives par le pouvoir royal. (Retour à l'appel de note 11)
(
note 12) Pour une analyse d'ensemble de l’œuvre économique d'Augustin Cournot, cf. G. Pirou : Les théories de l'équilibre économique.... pp. 101-162. (Retour à l'appel de note 12)
(
note 13) Sans compter que l'admission par Cournot, au nombre des deux causes de la valeur et à côté de la « reconnaissance (les propriétés de la chose », de la « limitation dans la quantité », permet un rapprochement très net avec l’œuvre d'A. Walras (V. Pirou, op. cit., p. 107). Cf. aussi M. Leroy, op. cit., p. 96. A. Walras a laissé sur l'ouvrage de Cournot une note manuscrite que nous espérons publier un jour et dans laquelle, approuvant en principe l'emploi de la méthode mathématique, il reproche néanmoins à l'auteur d'avoir cédé à certaines erreurs sur le fond même de sa théorie, d'avoir, écrira-t-il plus tard à son fils Léon, « traduit en algèbre la métaphysique de Ricardo ». (Retour à l'appel de note 13)
(
note 14) Cf. l'Avant-Propos ci-après, ainsi que le récit fait de ces événements par Léon Walras au cours de sa première leçon publique sur la Recherche de l'idéal social, faite à Paris le 13 octobre 1867.
Ces conférences ont été reproduites dans ses Études d'économie sociale. Cf. Édition définitive par nos soins. Paris, Librairie générale de Droit, 1936, pp. 25-26. (Retour à l'appel de note 14)
(
note 15) Dont, à notre connaissance, l'œuvre n'a jamais été examinée. Nous signalons la possibilité d'une belle thèse de doctorat sur cet intéressant sujet. (Retour à l'appel de note 15)
(
note 16) Cf. le Mercure du XIXe siècle, année 1830, t. XXVIII, pp. 353-364 et 578-587; t. XXIX, pp. 54-61 et 191-202; t. XXX, pp. 517-526. (Retour à l'appel de note 16)
(
note 17) Cf. Recueil de la Société libre... du département de l'Eure, t. IV, 1833, p. 93. (Retour à l'appel de note 17)
(
note 18) Cf. Recueil..., no 16, octobre 1833, p. 328. Les propos officiels ne manquaient pas d'optimisme, on en conviendra : « Un auditoire nombreux viendra, sur ces bancs, recueillir les révélations d'une science inconnue longtemps, mais dont rien ne saurait plus arrêter la marche ascendante. Cette science, il faut l'espérer, dominera bientôt le monde politique ; bientôt elle seule fera la guerre ou la paix entre les nations, et elle finira par rendre la guerre improbable... L'économie politique se popularisera chaque année davantage par la profonde et modeste parole que nous aimons à venir entendre. » (Retour à l'appel de note 18)
(
note 19) Cf. Recueil..., ibid., p. 477. (Retour à l'appel de note 19)
(
note 20) Cf. Recueil.... t. V, octobre 1834, p. 494. (Retour à l'appel de note 20)
(
note 21) Sur toute la suite de l'existence d'A. Walras, sur laquelle nous ne pouvons nous étendre ici, au moins en ce qui ne touche pas directement à son oeuvre économique, on se reportera avec profit aux cinq premiers chapitres de l'ouvrage précité de Modeste Leroy (p. 1-90). (Retour à l'appel de note 21)
(
note 22) Écrira-t-il plus tard à son fils (cf. Révolution de 1848, 1912-1913, p. 369). (Retour à l'appel de note 22)
(
note 23) Cf. infra : bibliographie. (Retour à l'appel de note 23)
(
note 24) A. Walras eut quatre enfants, dont trois fils. Il eut le malheur de perdre, deux de ces derniers encore jeunes et ne conserva que Léon, son fils aîné, né à Évreux, le 16 décembre 1834, et sa fille Jenny. (Retour à l'appel de note 24)
(
note 25) Mémoires de l'Académie royale des sciences, arts et belles-lettres de Caen, 1845, p. 19. (Retour à l'appel de note 25)
(
note 26) Revue de Caen, mars 1844, p. 284. (Retour à l'appel de note 26)
(
note 27) Séance (le l'Académie royale... de Caen du 23 juillet 1844. Cf. Revue de Caen, décembre 1844, p. 432. (Retour à l'appel de note 27)
(
note 28) Revue de Caen, 1844, p. 337-349 et 381-393. (Retour à l'appel de note 28)
(
note 29) Théorie de la richesse sociale ou résumé des principes fondamentaux de l'économie politique, Paris, Guillaumin, 1849. - Cet ouvrage a été traduit en espagnol. (Retour à l'appel de note 29)
(
note 30) Cette œuvre, fut éditée en 1853 sous le titre : Le Cid, esquisse littéraire, Douai, Adam d'Aubers. L'auteur avait déjà publié à Caen, en 1843, un Commentaire sur le Cid et, en 1846, un premier acte annoté de Polyeucte. (Retour à l'appel de note 30)
(
note 31) Chap. XIV (De l'envahissement des choses par l'extension de la propriété) de l'ouvrage : De la propriété, Paris, Paguerre, 1848 (cf. Leroy, op. cit., pp. 69-70). (Retour à l'appel de note 31)
(
note 32) Chap. IV (La république sociale) de : La Démocratie en France paru en janvier 1849. (Retour à l'appel de note 32)
(
note 33) De nombreux extraits, de toutes ces études ont été reproduits dans l'ouvrage précité de Modeste Leroy (v. infra : bibliographie). (Retour à l'appel de note 33)
(
note 34) Revue du Mois, op. cit., p. 177. (Retour à l'appel de note 34)
(
note 35) « L'heure la plus décisive de toute ma vie sonna par un soir de l'été de 1858 où, pendant une promenade dans la vallée du gave de Pau, mon père m'affirma avec énergie qu'il y avait encore deux grandes tâches à accomplir pour le XIXe siècle : achever de créer l'histoire et commencer à créer la science sociale. il ne soupçonnait pas alors combien Renan devait lui donner satisfaction sur le premier point. Le second, qui l'avait préoccupé toute sa vie, le touchait plus sensiblement encore. il y insistait avec une conviction qu'il lit passer en moi. Et ce fut alors que, devant la porte d'une campagne appelée Les Roseaux, je lui promis de laisser la littérature et la critique d'art pour me consacrer entièrement à la continuation de son oeuvre. » Extrait de la notice autobiographique de Léon Walras (encore inédite en langue française). (Retour à l'appel de note 35)
(
note 36) Pour partie publiée, en ce qui concerne la correspondance du père au fils, dans la revue : La révolution de 1848, Tomes neuvième (1912-1913) et dixième (1913-1914), par les soins de Mlle Aline Walras et de Georges Renard. La correspondance de Léon Walras à son père a malheureusement été égarée au cours d'un déménagement provoqué par la guerre de 1870. (Retour à l'appel de note 36)
(
note 37) Il s'agit ici de la tentative, faite par Proudhon, d'application de la justice à l'économie, en vue d'obtenir la réciprocité des services dans la société qu'il se représentait comme un « vaste système de pondération » entre forces antagonistes. Cf. le sixième chapitre (Balances économiques) de la troisième étude (Les biens) de : La justice dans la révolution et dans l'église. (Retour à l'appel de note 37)
(
note 38) Lettre du 5 décembre 1858. Révolution de 1848, t. IX, p. 190. (Retour à l'appel de note 38)
(
note 39) Lettre du 25 avril 1859. Ibid., p. 296. (Retour à l'appel de note 39)
(
note 40) Cf. L'économie politique et la justice. Examen critique et réfutations des doctrines de M. P.-J. Proudhon, précédées d'une introduction à l'étude de la question sociale, par L. Walras, Paris, Guillaumin, 1860. Proudhon répondit dans deux notes ajoutées aux éditions ultérieures de son ouvrage. Cf. De la .justice dans la révolution et dans l'église. Œuvres complètes, Paris, Rivière, 1931, t. II, n. B, p. 138 et surtout n. H, p. 145. (Retour à l'appel de note 40)
(
note 41) Lettre du 1er avril 1860. Ibid., p. 375. (Retour à l'appel de note 41)
(
note 42) De l'impôt dans le canton de Vaud, Lausanne, Louis Vincent, 1861. (Retour à l'appel de note 42)
(
note 43) Lettre du 12 juin 1860. Ibid., pp. 429-431. (Retour à l'appel de note 43)
(
note 44) Lettre du 18 mai 1861. Révolution de 1818, t. X, p. 150. (Retour à l'appel de note 44)
(
note 45) Pour sa Théorie de l'impôt, Paris, Hetzel, 1861, ouvrage dans lequel, selon M. Roger Picard, l'auteur a pu, « après avoir condamné indistinctement tous les impôts, leur faire grâce sans en excepter un seul ». Cf. Roger Picard, Proudhon et l'impôt, dans : Proudhon et notre temps, Paris, Chiron, 1920, p. 157.
Léon Walras donna de sa thèse une exposition plus dogmatique dans sa Théorie critique de l'impôt, précédée de souvenirs du Congrès de Lausanne, Paris, Guillaumin, 1861. Reproduits dans l'édition définitive des Études d'économie sociale, Paris, Librairie générale de Droit, 1936, p. 377. (Retour à l'appel de note 45)
(
note 46) Il est assez curieux de noter que, dans ce jury de 7 membres, 3 des. 4 économistes qui y siégeaient votèrent contre Walras. (Retour à l'appel de note 46)
(
note 47) Esquisse d'une théorie de la richesse. Cf. infra : Bibliographie. (Retour à l'appel de note 47)
(
note 48) Lettre du 25 mars 1864. Ibid., p. 332. (Retour à l'appel de note 48)
(
note 49) On sait en effet que Léon Walras se prononça en faveur du système de l'étalon d'or avec billon d'argent compensateur (système assez voisin de celui des étalons parallèles que préconisait son père). (Retour à l'appel de note 49)
(
note 50) Lettre du 16 décembre 1860. Ibid., p. 140. (Retour à l'appel de note 50)

Retour à l'ouvrage de l'auteur: Auguste Walras Dernière mise à jour de cette page le Jeudi 27 mars 2003 15:51
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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