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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Léon Trotsky, HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION RUSSE. 2. OCTOBRE. [1932]
Préface


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Léon Trotsky, HISTOIRE DE LA RÉVOLUTION RUSSE. 2. OCTOBRE. Traduit du Russe par Maurice Parijanine. Paris: Les Éditions du Seuil, 1967, 768 pp. Collection Politique. Une édition numérique réalisée par Claude Ovtcharenko, bénévole, journaliste à la retraite, France.

Préface

Léon Trotsky, 13 mai 1932.

_______

La Russie a accompli si tard sa révolution bourgeoise qu’elle s’est trouvée forcée de la transformer en révolution prolétarienne. Autrement dit : la Russie était tellement en retard sur les autres pays qu’elle a été obligée, du moins dans certains domaines, de les dépasser. Cela semble absurde. Cependant, l’histoire est pleine de ces paradoxes. L’Angleterre capitaliste a tellement devancé les autres pays qu’elle s’est trouvée forcée de céder le pas. Les pédants se figurent que la dialectique est un vain jeu d’esprit. En réalité, elle reproduit seulement le processus de développement qui vit et se meut dans des contradictions.

Le premier tome de cet ouvrage devait expliquer pourquoi le régime démocratique, tardivement arrivé dans l’histoire à remplacer le tsarisme, se trouva absolument non viable. Le tome présent traite de la conquête du pouvoir par les bolcheviks. Le fond de l’exposé est ici encore constitué par une narration. Le lecteur doit trouver dans les faits mêmes une base suffisante pour les déductions.

L’auteur ne veut pas dire par là qu’il évite les généralisations sociologiques. L’histoire n’aurait point de valeur si elle ne nous enseignait quelque chose. Le puissant déterminisme de la révolution russe, l’enchaînement de ses étapes, l’invincibilité de l’élan des masses, la formation achevée des groupements politiques, la netteté des mots d’ordre — tout cela facilite extrêmement la compréhension de la révolution en général et, par conséquent aussi, de la société humaine. Car on peut estimer, prouvé par toute la marche de l’histoire, qu’une société, déchirée par des antagonismes internes, dévoile complètement non pas seulement son anatomie, mais aussi son « âme », précisément dans une révolution.

Plus immédiatement, le présent ouvrage doit aider à comprendre le caractère de l’Union soviétique. Notre thème est d’actualité non point en ceci que l’insurrection d’octobre s’est produite sous les yeux d’une génération encore vivante — ce qui, bien entendu, ne manque pas d’importance — mais en ceci que le régime issu de l’insurrection est vivant, se développe et pose à l’humanité de nouvelles énigmes. Dans le monde entier, le problème que présente le pays des soviets reste constamment à l’ordre du jour. Or, on ne peut concevoir ce qui est, sans avoir élucidé préalablement comment ce qui existe s’est formé. Les grandes évaluations politiques exigent une perspective historique.

Pour huit mois de révolution, de février à octobre 1917, il a fallu deux volumes. La critique, en règle générale, ne nous a pas accusé d’être prolixe. L’ampleur de l’ouvrage s’explique plutôt par la façon de considérer les matériaux. On peut donner la photographie d’une main : cela prendra une page. Mais pour exposer les résultats d’une étude microscopique des tissus de la main, il faut un tome. L’auteur ne se fait aucune illusion au sujet de la plénitude et du fini de la recherche accomplie par lui. Néanmoins en bien des cas, il a dû employer des méthodes qui sont plutôt celles du microscope que de l’appareil photographique. A certains moments, quand il nous semblait que nous abusions à de la longanimité du lecteur, nous biffions largement des dépositions de témoins, des aveux de participants, des épisodes secondaires ; mais, ensuite, fréquemment, nous rétablissions beaucoup de ce qui avait été biffé. Dans cette lutte pour les détails, nous étions guidés par l’intention de montrer le plus concrètement possible le processus même de la révolution. Impossible notamment de ne pas tenter d’utiliser à fond cet avantage que cette histoire a été écrite sur le vif, d’après nature.

Des milliers et des milliers de livres sont, chaque année, jetés sur le marché pour présenter une nouvelle variante d’un roman personnel, le récit des incertitudes d’un mélancolique ou de la carrière d’un ambitieux. Telle héroïne de Proust a besoin de plusieurs pages raffinées pour arriver à sentir qu’elle ne sent rien. Nous pensons que l’on peut, au moins à droit égal, réclamer de l’attention pour des drames collectifs qui, dans l’histoire, sortent du néant des centaines de millions d’êtres humains, transforment le caractère des nations et s’insèrent pour toujours dans la vie de l’humanité.

L’exactitude des références et des citations du premier tome n’a été contestée jusqu’à présent par personne : au surplus, cela eût été difficile. Les adversaires se bornent le plus souvent à des considérations sur ce thème que la partialité personnelle peut se manifester dans une sélection artificielle et unilatérale des faits et des textes.

Indiscutable en soi, cette considération ne dit rien du présent ouvrage et encore moins de ses procédés scientifiques. Or, nous nous permettons d’insister résolument sur ce point que le coefficient du subjectivisme est déterminé, limité et contrôlé non point tant par le tempérament de l’historien que par le caractère de sa méthode.

L’école purement psychologique, qui considère le tissu des événements comme un enchevêtrement des libres activités des individus ou de leurs groupements, laisse la plus grande marge à l’arbitraire, même en admettant les meilleures intentions du chercheur. La méthode matérialiste institue une discipline en vous obligeant à partir des faits dominants de la structure sociale. Les forces essentielles du processus historique sont pour nous les classes ; sur elles s’appuient les partis politiques ; les idées et les mots d’ordre apparaissent comme la petite monnaie des intérêts objectifs. Toute la marche de l’étude conduit de l’objectif au subjectif du social à l’individuel, de ce qui est capital à la conjoncture. Ainsi, à l’arbitraire de l’auteur, s’opposent de rigoureuses limites.

Si un ingénieur des mines, dans un rayon non prospecté, découvre, par un sondage, du minerai de fer magnétique, on peut toujours supposer que c’est un heureux hasard : il n’est pas encore indiqué de creuser un puits. Si le même ingénieur, se basant disons, sur les déviations de l’aiguille aimantée, en vient à conclure que la terre doit receler des gisements de minerai, et si, ensuite, en divers endroits de la même région, il découvre effectivement du minerai de fer, même le sceptique le plus pointilleux n’osera plus parler d’un hasard. Ce qui est convaincant, c’est le système qui met à l’unisson le général et le particulier.

Les preuves de l’objectivité scientifique doivent être recherchées non dans les yeux de l’historien ou dans les inflexions de sa voix, mais dans la logique intime de la narration même : si les épisodes, les témoignages, les chiffres, les citations coïncident avec les indications générales de l’aiguille aimantée de l’analyse sociale, le lecteur a la plus sérieuse garantie de la solidité scientifique des conclusions. Plus concrètement : l’auteur est exactement fidèle à l’objectivité dans la mesure où le présent ouvrage découvre effectivement l’inéluctabilité de l’insurrection d’octobre et les causes de sa victoire.

Le lecteur sait que, dans une révolution, nous recherchons avant tout l’intervention directe des masses dans les destinées dé la société.

Derrière les événements, nous essayons de découvrir les modifications de la conscience collective. Nous écartons les allégations grossières, concernant un mouvement des « forces élémentaires », allégation qui, dans la plupart des cas, n’explique rien et n’enseigne rien. Les révolutions s’accomplissent d’après certaines lois. Cela ne signifie pas que les masses agissantes se rendent clairement compte des lois de la révolution ; mais cela signifie que les modifications de la conscience des masses, au lieu d’être fortuites, sont subordonnées à une nécessité objective qui est sujette à un éclaircissement théorique et crée par là une base pour les prévisions et pour la direction.

Certains historiens soviétiques officiels ont essayé, si inattendu que soit le fait, de critiquer notre conception comme idéaliste. Le professeur Pokrovsky insistait par exemple sur ce point que nous aurions sous-estimé les facteurs objectifs de la révolution : « Entre Février et Octobre s’est produite une formidable désorganisation économique » ; « pendant ce temps, la paysannerie… s’est soulevée contre le gouvernement provisoire » ; c’est précisément dans ces « déplacements objectifs », et non pas dans les processus psychiques variables qu’il conviendrait de voir la force motrice de la révolution.

Grâce à une louable netteté dans sa manière de poser les questions, Pokrovsky dévoile au mieux l’inconsistance d’une explication vulgairement économique de l’histoire que l’on fait assez fréquemment passer pour du marxisme. Les changements radicaux qui se produisent au cours d’une révolution sont provoqués, en réalité, non point par les ébranlements épisodiques de l’économie qui ont lieu au cours des événements mêmes, mais par les modifications capitales qui se sont accumulées dans les bases mêmes de la société pendant toute l’époque précédente. Qu’à la veille du renversement de la monarchie, de même qu’entre Février et Octobre, le désarroi économique se soit constamment aggravé, entretenant et aiguillonnant le mécontentement des masses, c’est absolument incontestable et nous n’avons jamais détourné de cela notre attention. Mais ce serait une très grossière erreur de penser que la deuxième révolution s’est accomplie, huit mois après la première, parce que la ration de pain avait été diminuée pendant ce temps, passant d’une livre et demie à trois quart de livre.

Dans les années qui suivirent de tout près l’insurrection d’Octobre, la situation des masses, au point de vue ravitaillement, continua à empirer. Pourtant, les espérances des politiciens contre-révolutionnaires dirigées vers une nouvelle insurrection subissaient à chaque coup un échec. Le fait peut sembler énigmatique seulement à celui qui se figure le soulèvement des masses comme un mouvement des « forces élémentaires », c’est-à-dire comme l’émeute d’un troupeau habilement utilisée par des meneurs. En réalité, les privations ne suffisent pas à expliquer une insurrection — autrement, les masses seraient en soulèvement perpétuel ; il faut que l’incapacité définitivement manifeste du régime social ait rendu ces privations intolérables et que de nouvelles conditions et de nouvelles idées aient ouvert la perspective d’une issue révolutionnaire. Ayant pris conscience d’un grand dessein, les masses se trouvent ensuite capables de supporter des privations doubles et triples.

L’allusion faite à un soulèvement de la classe paysanne comme deuxième « facteur objectif » accuse un malentendu encore plus évident. Pour le prolétariat, la guerre était, cela se comprend, une circonstance objective, dans la mesure où, en général, les actes d’une classe deviennent des impulsions extérieures pour la formation de la conscience d’une autre classe. Mais la cause immédiate de l’insurrection paysanne même fut en des modifications dans l’état d’esprit de la campagne ; un des chapitres de ce livre est consacré à rechercher la nature de ces modifications. N’oublions pas que les révolutions sont accomplies par des hommes, fût-ce par des anonymes. Le matérialisme n’ignore pas l’homme sentant, pensant et agissant, mais l’explique. En quoi d’autre peut être la tâche de l’historien ? [1]

Certains critiques du camp démocratique, enclins à opérer au moyen de preuves indirectes, ont vu dans l’attitude « ironique » de l’auteur à l’égard des chefs conciliateurs l’expression d’un subjectivisme inadmissible qui vicie le caractère scientifique de l’exposé.

Nous nous permettons d’estimer que ce critère n’est pas convaincant.

Le principe spinoziste : « Ne pas pleurer, ne pas rire, mais comprendre » nous met en garde seulement contre un rire déplacé et des larmes inopportunes ; mais ce principe n’enlève pas à l’homme, fût-ce un historien, son droit à sa part de larmes et de rires, quand cela est justifié par une juste compréhension de leur objet même. Une ironie purement individualiste qui, en un léger nuage d’indifférence, s’étend sur toutes les œuvres et conceptions de l’humanité, donne le pire aspect du snobisme : elle est aussi fausse dans une œuvre d’art que dans un travail historique. Mais il y a une ironie qui réside à la base même des rapports vitaux. L’obligation de l’historien, comme celle de l’artiste, est de l’extérioriser.

La rupture de la corrélation entre le subjectif et l’objectif est, à généralement parler, la source essentielle du comique comme du tragique, dans la vie et dans l’art. Le domaine de la politique échappe moins que tout autre à l’effet de cette loi. Les hommes et les partis sont héroïques ou ridicules non en soi et pour soi, mais par leur attitude devant les circonstances. Lorsque la Révolution française entra dans la phase décisive, le plus éminent Girondin faisait figure lamentable et ridicule à côté d’un tout ordinaire Jacobin. Jean-Marie Roland, personnage respectable en tant qu’inspecteur des manufactures de Lyon, apparaît comme une vivante caricature sur le fond de 1792. Par contre, les Jacobins sont à la hauteur des circonstances.

Ils peuvent provoquer l’hostilité, la haine, l’épouvante, mais non point l’ironie.

L’héroïne de Dickens qui essaie avec un balai d’empêcher la marée de monter, est, par suite d’une fatale incompatibilité entre le moyen et le but, un type notoirement comique. Si nous disons que ce personnage symbolise la politique des partis conciliateurs dans la révolution, cela semblera exagéré. Or, Tsérételli, l’effectif animateur du régime de la dualité de pouvoirs, avouait, après l’insurrection d’octobre, à Nabokov, un des leaders libéraux : « Tout ce que nous avons alors fait n’était qu’une vaine tentative d’arrêter avec quelques malheureux copeaux le torrent destructeur des éléments déchaînés. » Il y a ici le ton d’une méchante satire ; or, ce sont les paroles les plus véridiques que les conciliateurs aient prononcées sur eux-mêmes. S’abstenir d’ironie en décrivant des « révolutionnaires » qui essaient, avec des copeaux, de contenir la révolution, ce serait, pour le plaisir des pédants, escroquer la réalité et manquer à l’objectivité.

Pierre Strouvé, monarchiste, jadis marxiste, écrivait dans l’émigration : « Il n’y eut, dans la révolution, de logique, de fidèle à son essence que le bolchevisme, et c’est pourquoi, dans la révolution, il a vaincu. » C’est à peu près dans les mêmes termes que parlait aussi des bolcheviks Milioukov, leader du libéralisme : « Ils savaient où ils allaient et marchaient dans une seule direction, adoptée une fois pour toutes, vers le but qui, à chaque nouvelle expérience manquée des conciliateurs, se rapprochait davantage. » Enfin un des émigrés blancs les moins connus, ayant tenté de comprendre à sa façon la révolution, s’exprima ainsi : « Pour marcher dans cette voie, il ne pouvait y avoir que des hommes de fer… révolutionnaires « de profession », ne craignant point d’appeler à la vie un dévorant esprit de rébellion. » On peut dire des bolcheviks à plus forte raison encore que des Jacobins : ils sont adéquats à l’époque et à ses tâches ; les malédictions leur ont été adressées en quantité suffisante, mais l’ironie ne les atteignait pas : elle n’avait pas à quoi s’accrocher.

Dans la préface au tome premier, il est expliqué pourquoi l’auteur a jugé plus approprié de parler de lui-même, participant aux événements, à la troisième personne et non à la première : ce procédé littéraire, conservé dans le tome suivant, n’est pas en soi, bien entendu, une garantie contre le subjectivisme ; mais, du moins, il ne fait pas du subjectivisme une obligation. Bien plus : il rappelle la nécessité de l’éviter.

En bien des cas, nous nous sommes arrêtés, hésitant à décider si nous citerions tel ou tel jugement d’un contemporain sur le rôle de l’auteur de ce livre dans la marche des événements. Il eût été facile de renoncer à certaines citations s’il ne s’était point agi de quelque chose de plus grand que les règles conventionnelles du bon ton.

L’auteur de ce livre a été président du Soviet de Pétrograd après que les bolcheviks y eurent conquis la majorité ; ensuite, président du Comité révolutionnaire militaire qui organisa l’insurrection d’Octobre. Il ne peut et ne veut effacer de tels faits de l’histoire. La fraction actuellement gouvernante en URSS a eu le temps, dans ces dernières années, de consacrer une multitude d’articles et pas mal de livres à l’auteur du présent ouvrage, en se donnant pour tâche de démontrer que son activité était invariablement dirigée contre les intérêts de la révolution ; la question de savoir pourquoi le parti bolchevik plaça un « adversaire » si acharné, pendant les années les plus critiques, aux postes les plus lourds de responsabilités reste dans ce cas ouverte. Passer tout à fait sous silence des discussions rétrospectives serait, dans une certaine mesure, renoncer à rétablir dans sa vérité la marche des événements. Dans quel but ? Il n’est besoin de simuler le désintéressement qu’à celui qui a dessein de suggérer, en sourdine, à son lecteur, des conclusions qui ne découlent point des faits. Nous préférons appeler les choses par leur nom, et conformément au vocabulaire.

Nous ne cacherons pas qu’en cette affaire, il ne s’agit pas seulement pour nous du passé. De même que les adversaires, attaquant la personne, s’efforcent de frapper le programme, ainsi la lutte pour un programme déterminé oblige la personne à rétablir sa place réelle dans les événements. Si quelqu’un dans la lutte pour de grandes tâches et pour sa place sous le drapeau n’est pas capable de voir autre chose que de la vanité personnelle, nous pouvons le regretter, mais nous ne nous chargeons point de le convaincre. En tout cas, nous avons pris toutes mesures pour que les questions « personnelles » n’occupent pas dans ce livre plus de place que celle à laquelle elles sont en droit de prétendre.

Certains des amis de l’Union soviétique — fréquemment ce ne sont que les amis des autorités soviétiques d’aujourd’hui, et tout juste pour le temps où subsisteront ces autorités — ont fait grief à l’auteur de son attitude critique à l’égard du parti bolchevik ou de tels de ses leaders. Aucun, cependant, n’a même essayé de réfuter ou de corriger le tableau que nous donnions de l’état du parti au cours des événements. Pour la gouverne de ces « amis » qui se croient appelés à défendre contre nous le rôle des bolcheviks dans l’insurrection d’octobre, nous les prévenons que notre ouvrage n’enseigne pas comment on peut aimer après coup une révolution victorieuse, sous la figure de la bureaucratie qui en est sortie, mais seulement comment une révolution se prépare, comment elle se développe et comment elle remporte la victoire. Le parti pour nous n’est pas un appareil dont l’infaillibilité serait protégée par des répressions gouvernementales, mais c’est un organisme complexe qui, comme toute chose vivante, se développe dans des contradictions. La découverte de ces contradictions, et, dans ce nombre, des hésitations et des erreurs de l’état-major, n’affaiblit pas le moins du monde, à notre avis, l’importance du gigantesque travail historique dont le parti bolchevik a assumé le fait pour la première fois dans l’histoire mondiale.

L. TROTSKY, Prinkipo,

13 mai 1932.



[1] La nouvelle de la mort de M. N. Pokrovsky, avec qui nous avons eu l’occasion de mener plus d’une fois une polémique dans cet ouvrage, nous est parvenue lorsque notre travail était achevé. Venu au marxisme du camp libéral quand il était déjà un savant complètement formé, Pokrovsky a enrichi la littérature historique contemporaine de travaux et d’initiatives précieuses, mais il n’a pas pris complètement possession de la méthode du matérialisme dialectique. Il est d’une simple justice d’ajouter que Pokrovsky était un homme doué non seulement d’une érudition exceptionnelle et de très grands talents, mais profondément dévoué à la cause qu’il servait.


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 11 février 2010 10:27
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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