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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Léon TROTSKY, COURS NOUVEAU. (1923)
Préface


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Léon TROTSKY, COURS NOUVEAU. (1923) Traduit du russe par Maurice Parijine. Paris: Éditions de Minuit, 1963, 188 pp. Collection 18-18, no 665 Une édition numérique réalisée par Claude Ovtcharenko, bénévole, journaliste à la retraite, France.

Préface

Cette brochure paraît avec un retard considérable : la maladie m’a empêché de la publier plus tôt. Mais à tout prendre, les questions n’ont été que posées dans la discussion qui s’est déroulée jusqu’à présent.

Autour de ces questions concernant le régime intérieur du Parti et l’économie du pays, il s’est élevé au cours de la discussion des nuages de poussière qui forment souvent un voile presque impénétrable et brûle les yeux. Mais cela passera. Les nuages de poussière se dissiperont. Les contours réels des questions apparaîtront. La pensée collective du Parti tirera progressivement des débats ce qui lui est nécessaire, acquerra de la maturité et deviendra plus sûre d’elle-même. Et ainsi, la base du Parti s’élargira et sa direction deviendra plus sûre.

C’est en cela que consiste le sens objectif de la résolution du Comité Central sur le « cours nouveau » du Parti, quelles que soient les interprétations « machine en arrière » dont elle est l’objet. Tout le travail antérieur d’épuration du Parti, le relèvement de son instruction politique et de son niveau théorique, et enfin de fixation du stage pour les fonctionnaires du Parti ne peut avoir son couronnement que dans l’élargissement et l’intensification de l’activité autonome de toute la collectivité du Parti, activité qui est la seule garantie sérieuse contre tous les dangers liés à la nouvelle politique économique et à la lenteur du développement de la révolution européenne.

Mais il est indubitable que le nouveau cours du Parti ne peut être qu’un moyen, et non une fin en soi. Pour la période prochaine, on peut dire que toute sa valeur sera déterminée par la mesure dans laquelle il nous facilitera la solution de notre tâche économique capitale.

L’administration de notre économie étatique est nécessairement centralisée. Le résultat en a été, les premiers temps, que les questions et les divergences de vues liées à la direction économique centrale étaient limitées à un cercle étroit de personnes. La pensée du Parti dans son ensemble ne s’est pas encore exercée directement sur les questions et difficultés fondamentales de la direction méthodique de l’économie étatique. Au XIIe Congrès même, les questions concernant le plan dans la direction de l’économie n’ont été abordées, en somme, que formellement. C’est ce qui explique dans une large mesure que les voies et méthodes fixées dans la résolution de ce Congrès n’ont jusqu’à ces derniers temps presque pas été appliquées et que le Comité Central a dû, ces jours-ci, poser de nouveau la question de la nécessité de mettre en œuvre les décisions économiques du XIIe Congrès, en particulier celles ayant trait au Gosplan (1).

Mais cette fois encore, la décision du Comité Central a été de différents côtés accueillie par des réflexions sceptiques sur le Gosplan et la réalisation du plan dans la direction. Ce scepticisme ne recouvre aucune pensée créatrice, aucune théorie, rien de sérieux. Et si ce scepticisme à bon marché est toléré dans le Parti, c’est précisément parce que la pensée collective du Parti n’a pas encore abordé nettement les questions de la direction centralisée méthodique de l’économie. Pourtant, c’est de la réalisation fructueuse de cette direction que dépend entièrement le sort de la révolution.

Ce n’est que dans le chapitre final que cette brochure aborde la question du plan dans la direction, et cela sur un exemple particulier que nous n’avons pas choisi arbitrairement, mais qui nous a été imposé par la discussion à l’intérieur du Parti. Il est à espérer que, à la prochaine étape, la pensée du Parti abordera toutes ces questions d’une façon beaucoup plus concrète que maintenant. À suivre en spectateur — et telle est maintenant ma situation — la discussion économique actuelle, il semble que le Parti soit revenu d’un an en arrière pour élaborer de nouveau d’une manière plus critique les décisions du XIIe Congrès. Il en ressort que les questions qui étaient en quelque sorte le monopole d’un cercle étroit de personnes concentrent maintenant peu à peu l’attention de tout le Parti. De mon côté, je ne puis que conseiller aux camarades travaillant les questions économiques d’étudier attentivement les débats du XIIe Congrès sur l’industrie et de les relier comme faire se doit à la discussion actuelle. J’espère pouvoir bientôt revenir à ces questions.

Il faut reconnaître qu’au cours de la discussion orale et écrite du Parti, on a mis en œuvre une énorme quantité de « faits » et renseignements n’ayant rien de commun avec la réalité et représentant, pour employer un euphémisme, le fruit d’inspirations passagères. Nous en donnons des preuves dans notre brochure. Recourir à des moyens aussi « frappants », c’est au fond témoigner d’un manque de respect envers le Parti. Et, à mon avis, ce dernier doit répondre à ces procédés par une vérification minutieuse des citations, chiffres et faits mis en avant. C’est là, pour le Parti, un des moyens les plus importants d’éduquer la masse et de faire lui-même son éducation.

Notre Parti est assez mûr pour ne pas être obligé de se réfugier dans le « calme plat » ou dans la fureur de la discussion. Un régime plus stable de démocratie dans le Parti assurera à notre discussion le caractère qu’elle doit avoir et apprendra à ne présenter au Parti que des données soigneusement vérifiées. Sous ce rapport, l’opinion publique du Parti doit se former à l’art de la critique impitoyable. Les cellules d’usines doivent, dans leur expérience journalière, vérifier et les données de la discussion, et ses conclusions. Il serait également très utile que la jeunesse des écoles mît à la base de ses travaux historiques, économiques, statistiques, la vérification minutieuse des données mises en œuvre dans la discussion actuelle du Parti et sur lesquelles ce dernier, demain et après-demain, fondera ses décisions.

Je le répète, l’acquisition la plus importante que le Parti ait faite et qu’il doit conserver consiste dans le fait que les questions économiques capitales, résolues auparavant dans quelques institutions peu nombreuses, sont devenues maintenant le centre de l’attention de la masse du Parti. Ainsi, nous entrons dans une nouvelle période. Les nuages de poussières soulevés par la discussion se dissiperont, les données fausses seront rejetées par la pensée du Parti et les questions fondamentales de l’organisation économique ne sortiront plus du champ de vision du Parti. La révolution y gagnera.

L. Trotsky.

P.-S. — Cette brochure contient, outre les chapitres publiés dans la Pravda, quelques nouveaux chapitres, savoir : Le bureaucratisme et la Révolution, Tradition et politique révolutionnaire, La « sous-estimation » de la paysannerie, Le plan dans l’économie. Quant aux articles déjà publiés, je les donne ici sans en changer un mot : cela permettra au lecteur de juger combien le sens en a été et en est parfois monstrueusement dénaturé au cours de la discussion.

L. T.



1. Commission du Plan d’État.


Retour à l'auteur: Léon Trotsky Dernière mise à jour de cette page le mercredi 22 septembre 2010 18:17
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cégep de Chicoutimi.
 
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