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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Léo Taxil, Les livres secrets des confesseurs
d’après les traités de luxure destinés aux séminaires
(1901)
Avertissement


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Léo Taxil, Les livres secrets des confesseurs D’après les traités de luxure destinés aux séminaires, Avertissement de R. Gagey, 1931. Paris: Édition de la France laïque, 282 pp. Cette édition est strictement conforme aux textes originaux des traités de luxure destinés aux Séminaires. Une édition numérique réalisée par Claude Ovtcharenko, bénévole, journaliste à la retraite, France.

Les livres secrets des confesseurs


Avertissement

_______


Cet ouvrage n’est pas destiné aux enfants. Nous en avertissons très visiblement le libraire sur la couverture. Nous l’en avons en outre prévenu verbalement. Si l’un quelconque des exemplaires de cet ouvrage est trouvé entre les mains d’un mineur, on ne saura nous en faire grief. Je sais bien que des esprits chagrins ou intéressés nous diront que certains libraires ne s’arrêteront pas à une telle recommandation et cèderont aisément à un goût trop vif du bénéfice. À cela, nous répondrons que c’est décrier trop facilement une corporation dont on ne peut suspecter la conscience. En outre, nous ne pensons pas qu’une brebis galeuse eût attendu la publication des Livres Secrets des Confesseurs pour se livrer à son petit trafic. Il existe assez de cochonneries autres que celle-ci, pour lui en donner toutes les possibilités.

Lorsque nous écrivons : d’autres cochonneries, nous n’entendons certes pas les œuvres qui pour être osées, sont avant tout courageuses, ou celles qu’inspira le bon esprit gaulois qui est une des caractéristiques de l’Esprit français.

Non ! nous voulons parler de ces livres bêtes à manger du foin, qui s’efforcent à être lubriques sans parvenir à être voluptueux et qui sont incapables de faire sourire. Ils furent de tous les temps et le fait qu’il soit nécessaire d’en rechercher les rares exemplaires au fond de la Bibliothèque Nationale montre que, malgré tout, le public, en définitive, est bon juge. Il montre aussi que notre époque n’est ni moins, ni plus dépravée qu’aucune autre. Nous serait-il permis d’ailleurs, d’écrire comme le fit Rabelais, que l’on prit pour bourse de Gargantua « une couille d’olifant » ? On étudie cependant Rabelais dans nos lycées et collèges et je ne sache pas que l’on songerait à le tirer avec indignation des mains d’un écolier. Il y trouve pourtant à apprendre pas mal. Je sais bien qu’on lui expliquera longuement combien la philosophie de Rabelais trouvait de liberté à s’exprimer en prenant cette forme. Mais justement, cela montre assez ce qu’était le goût de l’époque. En outre, nous sommes un certain nombre à trouver que la philosophie a bon dos, ce qui ne nous empêche pas d’admirer Rabelais.

Il est permis de n’écrire que pour les adultes. Et puis, il est toujours permis de ne pas lire.

Ce qui reste odieux, c’est le viol d’une âme d’enfant à qui l’on offre une obscénité.

Un adulte saura discerner le livre curieux ou amusant du livre bête et grossier. S’il ne le sait pas, s’il aime le livre sale, nul ne peut y remédier et son langage habituel n’est certes pas au-dessus de ses lectures.

Lorsque nous écrivons que ce livre n’est pas pour les enfants, nous tenons à dégager toute notre responsabilité pour plusieurs raisons.

La première, c’est que nous désapprouvons le livre.

La deuxième, c’est que justement, il est, non point directement, mais par conséquence, destiné aux enfants.

La troisième, enfin, c’est que nous le publions à l’intention des parents, afin d’en protéger les enfants.

Ce livre a été écrit par des prêtres, pour d’autres prêtres, plus particulièrement, pour des jeunes gens animés d’une foi sincère et qui doivent puiser dans la pureté de leurs mœurs la force et l’autorité morale nécessaires à des conducteurs d’âmes.

Il est, à proprement parler, le parfait manuel de l’Ecole du vice.

Parents qui envoyez vos jeunes enfants au catéchisme, à l’Église, vous les envoyez automatiquement à la confession. C’est là qu’ils auront tout le loisir d’apprendre le contenu du présent livre saint.

Vous trouverez plus loin un questionnaire destiné aux jeunes filles « qui n’osent pas ou qui ne savent pas faire l’aveu de leurs péchés d’impuretés ». Vous avez bien lu : qui n’osent pas. Cela veut dire qu’elles ont encore en elles ce sentiment qu’on appelle la Pudeur. Si elles commettent une faute, elles en ont conscience et en portent quelque honte. En face d’elles-mêmes, elles ne trouveraient pas de meilleur juge, de plus sévère et de plus efficace peut-être que cette conscience. On les obligera à étaler ces péchés, à en exposer le détail à une personne ; mieux, et quoi qu’on dise, à un homme. Leur pudeur sera de courte durée. En outre, absoutes par une pénitence trop facile, elles seront en règle avec l’autre juge. Comme le braconnier, elles connaîtront le prix de l’amende et la facilité de retrouver la quiétude après une faute nouvelle.

Vous avez lu également : « qui ne savent pas » ! Là, il faut au prêtre plus d’habileté. Il suggère les péchés dont on ne lui parle pas. « N’avez-vous jamais fait ceci ? N’avez-vous jamais fait cela ? »

Que l’on ne crie pas à la calomnie. Nous apporterons cent témoignages de jeunes filles, aujourd’hui femmes, à qui furent ainsi posées des questions sur ces pratiques insoupçonnées d’elles à ce moment. Ainsi, on leur apprit ce qu’elles ignoraient. On a fait leur éducation par le côté du vice. À Paris et dans les grandes villes, le prêtre est encore prudent. Il craint les représailles possibles des parents avertis. À la campagne, il s’en donne à cœur joie. Les jeunes garçons et les jeunes filles ne tardent pas à connaître les différentes manières de pratiquer l’onanisme.

Nous voulons, volontairement, éviter les grandes phrases, trop faciles.

Mais ces gens, qui corrompent ainsi l’enfance, crient au scandale des écoles géminées où, côte à côte, garçons et filles apprennent un peu mieux à se comprendre. Nous devenons pour eux des êtres immoraux si nous demandons que soit révélé aux jeunes gens le mystère de l’enfantement, les dangers de l’onanisme habituel et l’existence d’une vis sexuelle.

Beaucoup de pères de famille se laissent prendre à cette hypocrisie. Publier la littérature spéciale des prêtres, c’est les démasquer. Leur indignation est feinte. Ne croyez pas qu’ils s’effraient d’un abaissement des mœurs. Ils s’en moquent parfaitement.

Ce qui les ennuie, c’est que disparaisse le mystère sexuel, c’est que la procréation, cette fonction la plus noble de l’humanité, l’accouplement, ce geste indispensable à l’équilibre de l’individu, créateur de la vie, cessent d’être des actes honteux. Ils voient avec terreur que les organes sexuels ne font plus rougir, les maladies sexuelles ne sont plus maladies honteuses.

Car l’Église s’est toujours servi du sexe pour dominer.

D’une manière générale, elle s’est toujours servie du mal pour régner.

Peu importe qu’un homme ait péché, qu’il ait commis un crime. Ce qui compte, c’est qu’il fasse contrition. Un parfait honnête homme qui ne met pas les pieds à l’église est maudit. Un coquin qui se confesse est sanctifié.

Nous avons parlé de l’enfance parce que, là, nous atteignons l’odieux : l’enfant ne peut se défendre. Il a confiance, dans ses parents d’abord, qui l’ont envoyé à l’église, dans le prêtre ensuite qui est à ses yeux auréolé de sainteté. Mais le prêtre ne borne pas son action à l’enfant. Il commence seulement, en lui, une initiation qui prépare sa domination. Puis il continue avec l’adulte.

Cet homme, qui a fait vœu de chasteté, met son nez dans les lits encore chauds de l’étreinte conjugale. Il s’inquiète après de la femme, de la manière dont elle accomplit l’acte d’amour. Il lui demande quelles caresses son mari lui a demandées ou prodiguées. Il absout, il condamne. Il lui faut faire amende honorable de telle étreinte. Le mari sort de l’aventure ridicule ou diminué. Mais ainsi le prêtre règne dans les ménages. Il incite la femme à la soumission ou à la révolte suivant son gré. Il sait bien, cet homme qui le plus souvent est obsédé par une continence ou par une vie contre nature, il sait la force de la passion sexuelle, et il en use.

Libre aux imbéciles ou aux hypocrites de l’accepter ou d’en user aussi.

À côté d’eux, il reste une foule de braves gens dont la bonne foi est surprise. La lecture des « Livres des Confesseurs » les éclairera.

Ils y trouveront toute la beauté de l’âme cagote.

Et s’ils ont besoin de juger les méthodes sous un jour plus simple, ils s’arrêteront aux conseils donnés aux directeurs des séminaires. Là, une méthode règne : la délation. Les séminaristes se doivent dénoncer les uns les autres, c’est une obligation de sainteté.

Ainsi, cafards et vicieux, voilà les hommes vers qui vous conduisez les petits garçons et les petites filles.

Admirable doctrine des jésuites.

Braves gens, lisez ce livre et dites-moi si vous pouvez contempler sans un peu de dégoût un prêtre conduisant le cortège des petites communiantes blanches et communiants aux brassards immaculés.

Ceci dit, qu’on nous laisse un peu la paix. Que ces gens se taisent, qu’ils mettent à l’attache leurs prêtres, obsédés par le sexe. Notre époque n’est pas corrompue parce que le timbre antituberculeux représente une fillette prenant son bain.

On autorise l’outrage à la pudeur qu’est la confession et on interdit une revue dont la couverture reproduit un petit enfant nu.

Tous les Jésuites de la terre n’empêcheront point l’hygiène. Les femmes et les hommes n’iront plus à confesse, mais ils sauront se laver. La révolution des mœurs s’accomplit. Ce que seront les mœurs de demain, nous ne le savons pas. Mais elles ne seront certainement pas plus laides qu’un livre comme celui-ci les eût faites.

R. GAGEY, 1931.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le dimanche 4 mai 2014 11:31
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cegep de Chicoutimi.
 
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