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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Études pénales et sociales (1892)
Table des matières


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Gabriel TARDE [Philosophe et sociologue français, 1843-1904], Études pénales et sociales. Lyon: A. Storck, Éditeur. Paris : G. Masson, Éditeur, 1892, 460 pp. Collection: Bibliothèque de criminologie. Une édition numérique réalisée par Réjeanne Toussaint, bénévole. 

Table des matières

Le duel

Le duel et la criminologie. « Si le suicide est la forme subjective de l'homicide, le duel en est la forme réciproque. » Pourquoi, il faut étudier le duel, malgré sa rareté et bien qu'il soit en décroissance.

Chapitre I: Le duel dans le passé

Absence du duel chez les Grecs et chez les Romains ; nécessité de ne pas confondre le duel véritable qui a pour cause l'honneur blessé, et celui qui a lieu pour la patrie, pour la gloire militaire ou pour tout autre motif 

Le duel divinatoire des Germains, le duel légal du roi Gondebaut ; enthousiasme soulevé par la loi Gombette. Le duel judiciaire et la trêve de Dieu. La guerre privée et le duel par mandat.

Succès du duel au XVIe siècle ; à cette époque il est constitué ; sa morphologie est à peu près achevée ; du duel divinatoire il a conservé le caractère mystique ; de la guerre privée il a retenu la nécessité d'une escorte. Preuves à l'appui de cette opinion. - Rapport sur duel, sur la guerre et l'assassinat au XVIe siècle ; exemples. Le côté brillant du duel considéré, dans une certaine mesure, comme une résurrection du tournoi

Persistance du duel ; routine, influence de l'exemple. Influence de l'Italie, berceau du duel moderne au XVe siècle. Duel à outrance sous Henri III et Louis XIII ; manie d'imiter les grands seigneurs ; toute-puissance du préjugé. Le duel dans le Cid ; recrudescence de l'épidémie au temps des troubles et des révolutions. Edit de 1679. Efficacité de l'interdiction. Reprise des duels sous Louis XV et sous Louis XVI

Chapitre II: Le duel dans le présent

Le duel d'après la Révolution, la royauté, l'empire, la république. Statistiques. Leur utilité d'après M. Lacassagne. Statistiques Italiennes

Influence de la galerie : fréquence du duel littéraire. Action dominante des grands centres

Le duel militaire. Rien n'est plus contraire au but de l'armée que le duel. Circulaire ministérielle de M. de Freycinet. Il y a injustice absolue à punir en tout cas le blessé

Le duel dans l'armée allemande ; le duel recommandé par l'empereur ; imitation de l'armée italienne. - Contraste avec l'armée anglaise, c'est sur cette dernière que la nôtre doit prendre modèle ; importance du duel militaire au point de vue social

Chapitre III: Les causes et les remèdes

 Considérations générales sur les causes sociales du duel.

Causes météorologiques, incertitude des résultats (courbes de Lacassagne ; Teissier, Ferréus, etc).

Causes sociales : en général ce sont les mêmes qui agissent sur l'homicide et dans le même sens. Objections à la théorie du développement inverse de l'homicide et du suicide, de Morselli et Ferri.

 Action des grandes villes, influence de la profession.

Influence néfaste des femmes et de l'esprit féminin en général. Responsabilité des littérateurs.

Indulgence incompréhensible de la classe éclairée pour le duel. Crecdo quia absurdum. Le duel est non seulement barbare mais il est ridicule. Cependant il a et surtout il a eu sa beauté ; c'est un témoignage que la vie ne vaut pas la peine d'être vécue moyennant une honte, ou l'apparence même d'une honte ; c'est aussi un témoignage que l'individu ne veut pas seulement pour lui-même, mais surtout pour la société, aux préjugés de laquelle il s'immole ou immole un être que souvent il ne hait point

Le duel est l'écho d'un temps où le courage était tout, mais le duel ce n'est pas la bravoure seulement, c'est l'orgueil et la véracité élevée à la hauteur du suprême devoir. En quoi le duel est contraire au progrès.

La valeur n'est plus la maîtresse qualité de l'homme moderne : la générosité, l'équité, l'ardeur au travail passent avant tout.

En quoi la question de la guerre est liée à celle du duel. Prophylaxie de la guerre et du duel ; établissement d'une Cour suprême des nations et de tribunaux d'honneur

Réforme à faire dans la législation. - Compléter les lois sur la diffamation et sur l'injure. Institution de tribunaux d'honneur en rapport avec notre état actuel et nos goûts démocratiques.

Distinction à faire entre la notoriété et l'honneur proprement dit. La valeur morale et sociale d'un homme est le produit de la notoriété par l'honneur.

La loi s'est placée à un point de vue d'égalité trop étroite ou mal comprise nécessité de faire entrer en ligne de compte l'importance du tirage de la feuille calomniatrice. Comment à ce point de vue il faut entendre l'égalité. L'honneur est un bien réel, de plus en plus précieux, mais aussi de plus en plus fragile. Idées de M. Worms à ce sujet. Réfutation.

« L'honneur consiste pour chacun de nous dans la persuasion plus ou moins forte possédée par nous et partagée par un nombre plus ou moins grand de personnes autour de nous ou loin de nous, que nous valons beaucoup, non seulement par les services que nous pouvons rendre comme instrument de travail ou de plaisir, mais par notre propre existence jugée digne d'être et de durer. »

Étude des moyens susceptibles de protéger l'honneur. Légitimité des peines d'honneur.

Nécessité de supprimer la législation capricieuse, incohérente du jury, superstition plus fatale que celle du duel, issue comme elle des mêmes faux principes

Le délit politique

I. - Critique générale de la méthode employée par M. Lombroso pour édifier une théorie de la criminalité

II. - Recherches de Jacoby sur la richesse de chaque département en hommes remarquables, sur l'influence de la constitution du terrain. - Action de la race sur la production du génie.

Études analogues de Lombroso en France ; concordance des résultats. Facteur laissé dans l'ombre par tous deux ; enchaînements rationnels des innovations réelles ou imaginaires formant des séries réversibles ou irréversibles ; exemples.

Le génie est un accident historique où s'exprime une nécessité logique. Calendrier du génie, analogue au calendrier du crime de Lacassagne. Quelques statistiques de M. Ribot. Calendrier insurrectionnel de Lombroso

III. - Relations entre la génialité d'un département et son esprit politique d'après Jacoby. Impossibilité d'établir un rapport entre l'orographie et la génialité. - Étude critique sur le « misonéisme » de Lombroso. Le conservatisme politique ne saurait être pris à priori, et sans autre explication, pour une marque de stérilité artistique, agricole ou scientifique.

A côté du penchant à se répéter, il y a chez l'homme un penchant à innover. Lutte entre le caprice et l'habitude

IV. - Il faut distinguer les inventions conformes à l'esprit général de la société où elles éclosent, et celles qui lui sont contraires. Différence entre la rébellion et la régénération. Influence très secondaire des conditions météorologiques, orographiques, etc.

V. – Conclusions

L'atavisme moral

I. - Thèse de M. Colajanni : Il n'y a pas de type physique criminel ; le criminel n'est ni un fou, ni un épileptique, ni un dégénéré. C'est un revenant des temps de nos ancêtres éloignés, mais uniquement au sens moral. - Tout caractère mental n'est-il pas nécessairement lié à un caractère corporel ? - Non, dit M. Colajanni. C'est la fonction qui fait l'organe. Toute fonction cérébrale, et en particulier la moralité, n'est pas localisée dans des compartiments déterminés du cerveau. - L'évolution physique n'est pas parallèle à l'évolution psychomorale

II. - Conception de Brown-Séquard, admise par Colajanni, sur les localisations cérébrales. Extension aux facultés intellectuelles et morales. - Les facultés les plus primitives sont celles qui sont le moins localisées. - Contradiction avec l'opinion de M. Colajanni, sur la modernité de la moralité et sa non-localisation. - Contradiction du principe de la fonction cause de l'organe et du contraste supposé entre la variabilité morale et intellectuelle de l'humanité et la permanence physique du type humain. Conciliation de cette permanence avec la loi de l'évolution. Il ne faut pas confondre la variabilité sociale avec la variabilité morale

III. - Interprétation tératologique (Ribot) et interprétation atavistique. Origine Intra-utérine de la plupart des anomalies des malfaiteurs. - Incompatibilité du caractère criminel avec l'existence et la conservation d'une société. Hypothèse de Sergi sur la formation du caractère moral par couches successives stratifiées. Réfutation : il n'y a pas stratification, mais enchevêtrements multiples

IV. - Phytogénèse et ontogénèse. - Criminel et enfant : critique de la loi générale du parallélisme entre la phytogénèse et l'ontogénèse. Il n'y a aucune similitude entre l'enfant et le criminel.

V. - On ne peut comparer le criminel à nos ancêtres. - Les sauvages actuels ne peuvent nous donner une idée de nos ancêtres. Société simiennes. - Sociétés animales

L'amour morbide

Ce que c'est que l'amour morbide. - Différence entre l'amour ordinaire et les aberrations de l'amour. Entre l'amour normal et l'amour morbide il y a une différence de nature, non de degré. - L'amour normal poursuit deux fins ; - conditions nécessaires pour que ces deux fins s'accordent

L'idéal d'un amour normal ressemble à celui d'un autre amour normal ; l'amour morbide est suscité par les objets les plus divers

Dans l'amour morbide il y a fragmentation de l'individualité et l'un des fragments est l'instrument passif de l'autre ; il y a auto-suggestion 

L'amour normal exalte les défauts et les qualités de l'amant : il ne pousse au crime que le criminel. - Responsabilité des auteurs de crimes passionnels ; jamais une passion pathologique n'entraîne un crime passionnel. - L'amour morbide est impuissant à féconder l'art

Quatre crimes passionnels 

L'affaire Chambige

Adolescence de Chambige ; - son caractère jaloux et boudeur

Plus tard se fait jour chez lui une prédisposition aux troubles nerveux : étudiant, il s'isole volontairement

Causes probables de l'amour de Mme G... pour Chambige. La duplicité apparente de Mme G... est due au dédoublement de son être moral par l'amour ; d'un côté la femme honnête et normale ; de l'autre l'être en proie à une obsession amoureuse

Notes écrites par Chambige pendant sa détention ; ses qualités de littérateur psychologue

Influence du milieu sur les deux amants. - Poursuites exercées par le Parquet de Constantine ; leur nécessité. Appréciations du verdict

A-t-on le droit d'enlever la vie à quelqu'un sur sa demande ou sur son autorisation ?

L'affaire Wladimiroff

Portrait du criminel. Mme D... son éducation. Causes du crime de Wladimiroff - sa responsabilité

Les Affaires Weiss et Achet 

Qu'est-ce que le délit nécessaire ? - C'est un genre très vaste dont la légitime défense n'est qu'un cas particulier.

Naufrage de la Mignonette, de la Méduse

Classification possible des délits en délits nécessaires, délits utiles, délits superflus

Affaire d'Aïn-Fezza. - Portrait de Jeanne Daniloff. Violence de son amour pour Roque. Le crime de Mme Weiss n'est pas un délit nécessaire, sa condamnation est méritée

Le crime de Chantelle

L'archéologie criminelle en Périgord

Intérêt que présenteraient pour le « criminologue » les études d'archéologie criminelle ; sur quels documents cette science pourrait être édifiée. - L'archéologie criminelle dans le Périgord. - Transformations psychologiques de la magistrature. - Le juge d'autrefois et le juge d'aujourd'hui

I. - Délits absents ou rarissimes jadis : viols, attentats à la pudeur

II. - Crimes qui ne sont plus des crimes aujourd'hui (maquerellage, blasphèmes, infractions aux commandements de l'Eglise, non catholicité, etc. ). - Procès faits à des morts. -Condamnation de la mémoire des personnes. - Persécution des calvinistes par le présidial d'Agen. - Crime d'émigration. - La notion d'une liberté de conscience et même d'une liberté individuelle quelconque manque dans toutes les classes de la société. - Interdiction de sortir la nuit ; le concubinage est l'objet de poursuites sérieuses ; droit de censure exercé par la communauté de village, par le père de famille. - Le rapt puni de mort. - Sous ces exagérations éclate le sentiment de l'honneur familial. - Crime de sorcellerie. - Les petits seigneurs se livrent au brigandage et au pillage des propriétés du voisinage. - Le cambriolage n'est pas inconnu

III. - Impossibilité de donner la statistique des crimes contre les personnes ; les crimes en effet restent souvent impunis ; cependant les documents prouvent que s'il y avait plus d'actes de violence qu'aujourd'hui, il y avait moins de vols, d'homicides et d'attentats à la pudeur. Peu de duels à la fin du XVIIe siècle ; les affaires d'honneur sont portées devant la justice ou devant la cour des Maréchaux. - Statistique criminelle du Registre criminel de Saint-Martin des Champs. - Faible criminalité due à l'effroi des tortures. - La criminalité moderne est caractérisée par moins de grossièreté et plus d'astuce. - Meurtres d'impétuosité. - Rareté du vol comme mobile du crime. - Sévérité extrême pour le vol ; indulgence pour l'homicide qui n'a pas le vol pour but. - Rigueur avec laquelle est puni l'infanticide ; abondance des meurtriers dans la noblesse ; fréquence des méfaits commis en troupe. - Leur rareté actuelle due à notre émancipation individuelle. - Fréquence des vols sacrilèges dans les églises alors très riches. - Faits de violence. -La violence est la note caractéristique des mœurs du passé. -Rixes, luttes dans le clergé, dans la noblesse. - Importance attachée alors aux questions de préséance. - Mésintelligence fréquente entre le presbytère et le château. - Brutalité des huissiers, sans cesse battus par les gentilshommes et les militaires

IV. - Conclusions ; contraste entre la délictuosité violente de nos ancêtres et la délictuosité astucieuse de leurs petits-neveux, -Transformations subies par la criminalité sous l'ancien régime même ; prétextes fournis par toutes les révolutions ; le calvinisme, la Fronde, etc. - Impunité fréquente.

Fonctionnement des anciens tribunaux. - Nombre élevé des magistrats.

Cruauté, diversité, étrangeté fréquente des peines (exécution en effigie, - amende honorable, etc.). - Échange de malfaiteurs entre les diverses cours criminelles, par application de la peine du bannissement, hors du ressort de la juridiction ; particularités diverses.

Nécessité de ne pas juger les temps passés seulement par leur aspect criminel et de ne pas conclure que tout, dans notre état social actuel, est préférable à celui de nos pères

La crise de droit moral et la crise de droit pénal

I. - Crise actuelle de la morale ; théorie des idées-forces de M. Fouillée d'une part. -Théories des novateurs italiens de l'autre ; derniers travaux de l'école de criminologie italienne : réédition de l'Uomo di genio ; ouvrage du docteur Salvatore Ottolenzi. -Delinquenza et punibilita, de Rizonne Navarra. - Discours de M. Ferri à la Chambre Italienne. - Ouvrages de Garofalo, Alongi, etc.

Travaux de l'école positiviste française.

Les Archives d'anthropologie criminelle du D• Lacassagne. Travaux de MM. Bourde, Bertillon, Benoist, de MM. Topinard, Féré ; d'après Féré la criminalité native n'est qu'une des formes de la dégénérescence ; objections et critiques ; ce qu'il faut enten-dre par « folie morale ». - Abus du mot « anomalie »

Progrès extrinsèques des nouvelles idées. - Fondation d'une Revista d'anthropologia criminale à Madrid (Dr Alvarez Taladriz). - Propagation par les écoles adverses. - Travaux de M. Innamorati. - La préméditation, de M. Alimena.

Étude critique de ces travaux

Le devoir de punir, de M. Mouton. Le principe du droit, de M. Emile Beaussire.

Conclusion et réponse à M. Beaussire ; la définition du délit

 

Étude  criminelles et pénales

I. - L'anthropologie et la statistique ont, pour le moment, donné tout ce qu'on pouvait momentanément attendre d'elles : désor-mais il reste à édifier avec les matériaux qu'elles ont  fournis

II. - Crime et suicide de Corre. - Influence de l'étranger. - Travaux du docteur Xavier Francotte, de M. Prins, de M. César Silio ; appréciations et critiques

III. - Influence de la chaleur d'après M. Silio, « La chaleur réveille tous les instincts ; les mauvais comme les bons ». -Statistiques à l'appui.

Statistiques françaises de M. Yvernès. - Rapport officiel de 1880. - Résultats. - Concordance des courbes espagnoles et des courbes françaises

IV. - Travaux du Dr Dortel. - Ses conclusions. - Type pro-fessionnel du criminel d'habitude. - Type pénitentiaire de M. Gauthier. - La responsabilité atténuée, par le Dr Henri Thierry

V. - La folla delinquente de M. Scipio Sighele. - Étude critique sur la criminalité de la foule

L'esprit de foule et l'esprit de secte - Distinction à faire entre les deux.

VI. - Le délit nécessaire, par M. Paul Moriaud. - Le cas de légitime défense. - Analyse et critique

VII. - Les Attentats à l'honneur, par M. Emile Worms. - Le duel. - L'Utilita nel diritto penale classico, de M. Vaccaro. -Choses d'Amérique, par Max Leclerc. - L'Amour meurtrier, du Dr Laurent. - Les Régicides, du Dr Régis. - Importance des travaux accomplis sous l'inspiration du Dr Lacassagne - La submersion, par Barlerin. -  L'affaire Gouffé, par M. Lacassagne. - Rapports de MM. Lacassagne et Coutagne. - Autres travaux lyonnais. - Avenir de l'Archéologie criminelle

L'idée de culpabilité

I. - La notion de culpabilité doit-elle disparaître ?

Peut-elle être renouvelée ? doit-elle être maintenue comme un dogme socialement nécessaire, quoique scientifiquement insoutenable ?

Si l'on définit la culpabilité de telle manière qu'elle implique la liberté d'indifférence, le libre arbitre etc., la culpabilité s'évanouit.

Pour juger quelqu'un coupable, nous n'avons pas besoin d'imaginer qu'il a exercé une causalité libre, il nous suffit qu'il ait mis en jeu sa causalité propre. - Nécessité de tenir le libre arbitre à l'écart de la question pénale

Derniers refuges du libre arbitre. - Idées de M Delboeuf. - Pour lui le libre arbitre n'est plus qu'un veto suspensif. Or, dans les crimes actuels, au moment de l'action criminelle, il y a généralement bien peu de temps pour que le veto puisse s'exercer

II. - Il y a deux conditions de la culpabilité d'un individu 1° que l'acte ait pour cause une personne ; 2° que cette personne soit demeurée la même dans le sens social du mot. - Qu'est-ce que le moi ? - Où s'arrête son domaine ?

L'apogée de la responsabilité identité c'est l'âge où se réalise la perfection du système intérieur, la stabilité de son équilibre par la prépondérance définitive d'une idée ou d'une passion autour de laquelle tout gravite dans l'âme, et qui trouve hors de l'âme, dans un milieu social conforme, ou conformé à ses fins, une occasion de se déployer ; on est d'autant plus coupable qu'on est plus adapté à soi-même et à son milieu.

Objections diverses. - L'hypnotisme. - Réfutation. - Délits et crimes d'opinion ; en quoi ils diffèrent des autres crimes et des autres délits ; pourquoi il est irrationnel de s'indigner contre un sectaire de bonne foi.

Influence des maladies de la personnalité. - Pour qu'un acte me soit imputable il ne faut pas que je l'aie accompli sous le coup de ces maladies de la volonté et de la personnalité récemment étudiées par M. Ribot. Il faut que je me souvienne de mon acte puisque je dois être resté la même personne.

Ce que c'est que la honte et le remords

III. - Atténuation de la responsabilité, encore accordée de nos jours quand il n'y a pas identité morale entre la victime et le meurtrier.

Facilité avec laquelle on excuse les violences commises sur un peuple barbare : une éducation intellectuelle de premier ordre permet seule de faire comprendre la solidarité presque sociale de l'homme au sein de la faune terrestre

Le talion et l'origine de la justice pénale. - Erreur des historiens. - Tribunal domestique des peuples anciens. - Remarque de M. Dareste à ce sujet.

Discussion critique et conclusion. - Appuyée sur l'importance de l'identité personnelle et de la similitude sociale du criminel, l'idée de culpabilité est exacte

Les lois de l'imitation

I. - Le caractère d'être imitatif est le propre de tout acte vraiment social, à l'exclusion de tous autres. La société se compose d'individus se ressemblant imitativement tout en s'utilisant les uns les autres

L'impressionnabilité imitative est une de nos propriétés céré-brales les plus caractéristiques. - Du prestige. - De l'intimidation et de l'hypnotisation. - L'hypnotisation est l'action d'un individu sur plusieurs autres ; l'intimidation est l'action de plusieurs individus sur un seul ; elle est d'autant plus forte que le nombre d'individus intimidants est plus considérable

- Physiologie de l'intimidé

- L'intimidation naît du sentiment qu'a l'intimidé d'être dissemblable au public et du désir qu'il a de lui ressembler. Elle ne cesse que quand l'intimidé s'est rendu semblable aux personnes qui l'entourent (il reste alors à l'intimidé qui ne l'est plus, une disposition à recevoir l'empreinte d'autrui). - Elle cesse encore quand l'intimidé a rendu son auditoire semblable à lui-même. - L'intimidation n'est pas contagieuse

II. - Analogie entre le cerveau et la société : les diverses cellules cérébrales et les individus composant la société ; l'imitation est à la société ce que la mémoire est à l'esprit. - Imitation-coutume et imitation-mode. - La logique sociale règle le sort des exemples reçus par mode ou coutume

III. - La marche normale de l'imitation est ab interioribus ad exteriora

L'imitation saine est celle qui conserve les inventions conformes à l'idéal de la société où l'on vit ; elle est liée à l'invention. L'Angleterre est le type de l'imitativité saine

IV. - Maladies de l'imitation. - Imitation inexacte. - Ne pas confondre dans les transformation du langage, l'altération proprement dite et l'évolution vers la simplicité ; dans l'évolution des religions, les dégénérescences avec leur renouvellement ; dans les constitutions et les législations, l'application inexacte des lois et décrets avec les innovations réfléchies et conscientes ; dans les arts, la décadence avec le progrès

V. - La stabilité relative des constitutions, des industries, des arts, de la grammaire, etc., assurent leur renouvellement sérieux et profond, leur progrès

L'imitativité peut être : 1° lente et tenace : 2° rapide et fugace ; 3° lente et fugace ; 4° rapide et tenace ; la dernière combinaison est seule avantageuse. - L'accent est un exemple de la première combinaison. - Les épidémies religieuses du XIVe siècle, et même les conversions actuelles faites par les missionnaires sont des exemples de la deuxième combinaison - Alternatives d'imitation rapide et d'imitation lente dans la philosophie, les sciences, la politique

Deux types d'imitation rapide, d'imitation mode :

1° Imitation professionnelle entre égaux et semblables ;

2° Imitation hors de la sphère sociale

VI. - En économie, les excès d'imitation-coutume et d'imitation mode amènent des crises économiques. - De même en religion et en législation les crises religieuses et législatives

Imitation-mode dans l'habillement et dans la toilette, pour le costume comme pour le reste ; l'imitation va du supérieur à l'inférieur et des hommes aux femmes ; de même nous y constatons la loi générale de la consécration de la mode en coutume (imitation rapide et tenace) : de même aussi la loi : l'imitation va ab interioribus ad exteriora.

Les voyages sont une forme d'imitation ; imitation-coutume et surtout imitation-mode.

VII. - Maladies de l'imitation dans l'art. - imitation-mode et imitation-couturne en morale. - Leurs alternatives ; les avantages de cette alternative

But de l'imitation. - L'imitation-coutume doit prévaloir sur l'imitation-mode

Dépopulation et Civilisation

Cause véritable de la dépopulation  - La natalité est en raison inverse de la civilisation

Pour M. Dumont la cause de la dépopulation se résume en l'idéalisme individuel.- Définition : le désir d'arriver au rang social le plus élevé. - L'égalité démocratique est la cause première de l'idéalisme

Distinguer l'égalité en fait et l'égalité en droit. - L'avènement de l'égalité en droit diminue l'égalité en fait et augmente le désir de la lutte chez l'individu

Ce ne sont pas, ni notre passé monarchique ni notre passé religieux qui sont cause des vices de notre démocratie. - Au contraire, la religion rend le mariage fécond

La religion tendant à perpétuer le culte de la famille lutte contre l'idéalisme individuel

La civilisation et la démocratie n'amènent nécessairement l'infériorité vitale que si le culte du foyer disparaît

Remède contre la dépopulation. - Vaut-il mieux multiplier les vies qu'élever la vie ?

Les idées sociologiques de Guyau

Le livre de son ami M. Fouillée. - Guyau ; sa précocité

Ses idées et sa morale. - L'expansion de la vie ; son accroissement et son élargissement au dehors.

Comment s'explique et se légitime le sacrifice aux autres. - Le devoir est-il une sorte d'instinct moral ?

Le Risque métaphysique de Guyau, - Importance des illusions et de l'ignorance dans l'accomplissement du devoir. - La société doit-elle entretenir ces illusions et cette ignorance, a-t-elle le droit et le devoir de mentir, dans  l'intérêt de sa propre conservation ? - La société doit combattre l'erreur et n'enseigner que ce qu'elle croit être la vérité

Explication sociomorphique des dieux par Guyau.

Importance esthétique prêtés par Guyau à l'éducation devenue pour lui l'Art supérieur.

L'évolution des sociétés est une lente et difficile fusion des psychologies individuelles en une psychologie sociale.

Cela suppose trois choses : l'accord des croyances (oeuvre de la religion), l'accord des désirs (oeuvre de la morale) ; l'accord des sensations elles-mêmes (oeuvre des beaux-arts). - Rites, jeu et jouissance. - Rôle du culte : source religieuse de l'art. - Le culte a été la première forme de l'art industriel

Faut-il dire religion ou irréligion de l'avenir ? - Rôle futur de la science

Guyau poète ; ses poésies sont comme la musique dont ses théories sont le libretto. - Tyrannie de la tradition et de la coutume dans la versification. - Indépendance de Guyau.

Le suffrage dit universel

Le suffrage universel a un grand mérite : il fonctionne. - Sa force consiste à être réputé l'expression pure et complète, infaillible et indiscutable, de la souveraineté nationale, dogme menteur et nécessaire de l'âge moderne

Mais est-il conforme à l'opinion et à la volonté du pays ; les traduit-il avec une fidélité suffisante, tout au moins approximative ?

I. - Les quatre cinquièmes de la nation ne votent pas ; ils restent étrangers à la consultation numérique de la nation. - Les femmes et les enfants devraient voter. - Le refus de les admettre au scrutin est la manifestation d'un instinct barbare (le droit du plus fort) que le progrès de la civilisation doit refouler

Pour les femmes et les enfants le vote aurait lieu par un mandataire légal

La part électorale du célibat masculin devrait être du seizième ; alors qu'elle est du quart avec le système actuel

Pourquoi il est injuste que la voix d'un père de famille qui incarne en lui, 3, 4, 5, 10 têtes différentes, n'ait pas plus de valeur que celle d'un célibataire de 21 ans, et puisse être neutralisée par elle.

Rôle prépondérant des célibataires dans notre démocratie ; sa tendance à devenir une éphébocratie. - Différence avec les républiques antiques qui remettaient exclusivement aux vieillards, aux patres familias la puissance publique. - Lassitude et indifférence progressive des électeurs pour la scrutin ; explication de cette fatigue

L'électeur de 20 à 25 ans devrait compter pour un ;

       de 25 à 30    -       -          -         -  deux ;

       de 30 à 50    -       -          -      -  quatre. cinq, six ; par suite de l'accroissement graduel de sa famille. - Plus tard, ses enfants devenus majeurs son vote retomberait par degré.

Il ne faut pas se préoccuper de savoir à quel parti politique, un tel mode de scrutin, serait profitable, mais seulement se bien pénétrer de l'idée qu'il traduirait l'opinion et la volonté de la nation entière, avec beaucoup plus d'exactitude que le scrutin actuellement employé. - Conclusions


Retour à l'auteur: Gabriel Tarde Dernière mise à jour de cette page le Jeudi 11 août 2005 14:03
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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