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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Précis de la vraie acuponcture chinoise, doctrine/diagnostic/thérapeutique (1934).
Extrait: : Les points — Les méridiens.


Une édition électronique réalisée à partir du livre de George SOULIÉ de MORANT (1878-1955), Précis de la vraie acuponcture chinoise, doctrine/diagnostic/thérapeutique. Paris: Éditions Mercure de France, 1971 (première édition 1934), 226 pages. Une édition réalisée par Pierre Palpant, bénévole, Paris.

EXTRAIT

Les points

Les points sont, de la méthode, ce qu’il y a de plus aisé à constater, de plus matériel. Leur existence ne saurait être niée. Le malade peut les trouver sur lui-même. A eux seuls, ils constituent une importante découverte de physiologie et de thérapeutique.

Encore que les points, employés par formules, puissent donner des guérisons, les utiliser ainsi, c’est ne pas connaître et appliquer la méthode ; c’est n’obtenir que des succès incertains ou de faible durée.

En effet, pour trouver rapidement les points douloureux, il est indispensable de connaître les pouls ; et cela est plus indispensable encore pour déterminer la profondeur et la durée de la piqûre, conditions de l’effet à obtenir. Pour comprendre les points et retenir leur action autrement que par simple mémoire aveugle, on ne peut se passer de la notion des méridiens et de l’hypothèse de la circulation d’énergie.

Le fait matériel indéniablement constaté est que, dès qu’il y a dysfonction d’un organe interne et seulement dans ce cas, certains points du revêtement cutané deviennent sensibles et même douloureux au toucher. Cette sensibilité cesse dès que la fonction est revenue à la normale. Cela, chacun peut le constater sur soi-même ou sur autrui.

Ces points ont à peine 2 millimètres de diamètre. On peut presser à 5 millimètres à côté d’eux sans éveiller de réaction. Mais dès qu’on les touche, les yeux du malade clignent. Une sensation spéciale est signalée et comparée souvent au « bleu » d’une contusion récente. L’intensité de cette sensation, à trouble égal, est en rapport avec la nervilité du sujet.

Ces points sont situés en lignes (voir méridiens).

Chaque organe éveille la sensibilité d’une ligne de points et non d’une autre.

Cette action centrifuge est utilisée pour contrôler le diagnostic puisque la sensibilité de certains points permet d’affirmer la dysfonction de l’organe auquel ils répondent.

Mais les points ont aussi une action centripète. En agissant sur eux de certaines manières (voir Tonifier et Disperser), on peut modifier la fonction de l’organe avec lequel ils sont en accord. Les Chinois, pour cette action, utilisent les aiguilles ou les moxas, ou les massages. L’étude de ces moyens est une partie importante de la méthode.

Il a été observé encore que, dans les cas de douleurs nerveuses ou musculaires, c’étaient toujours les mêmes groupes de nerfs ou de muscles qui étaient pris ensemble ; que ces groupes étaient sur des lignes de points ; et que l’organe en rapport avec la ligne touchée était presque toujours troublé en même temps que le groupe. D’où le double moyen de traitement : ou local, par les points centre de la douleur ; ou à distance (plus efficace et durable) par les points commandant l’organe malade.

On a constaté, enfin, que, dans chaque ligne, certains points avaient des effets spéciaux sur l’organe, quelle que fût la manière de les attaquer. Il y a ainsi :

1° Les points accélérateurs, pour tonifier l’organe.

2° Les points freinateurs, pour calmer, « disperser » l’organe.

3° Les points « source » qui régularisent l’organe tantôt accéléré et tantôt ralenti.

4° Les points « d’assentiment » qui fortifient sans accélérer et calment les inflammations.

5° Les points « Héraut », etc.

Les Japonais ont ajouté les « Points-maître » soit des organes, soit de certains troubles.

Il est essentiel de les connaître pour manier avec précision les organes.

 

Les méridiens

Quand, ayant piqué ou comprimé les points d’un grand nombre de malades, on a constaté qu’un bon nombre d’entre eux, au moment de la pression, déclarent sentir « passer quelque chose » ; et que, sans rien connaître de la méthode, ils indiquent cependant du doigt le tracé de « ce qui passe », en suivant exactement les lignes de points ; et qu’enfin, on a constaté qu’ils indiquent toujours dans le même sens le passage du « quelque chose », on est forcé d’admettre l’existence de ce que les Chinois ont appelé « méridiens » par analogie avec les lignes nord-sud du globe terrestre.

Ces lignes, cependant, ne sont pas perceptibles sur tous les patients. Plus l’entraînement de la vie physique domine et moins il y a de chances de les percevoir. Les Blancs, civilisés depuis moins longtemps que les Extrême-Orientaux, sont plus qu’eux insensibles.

Nier l’existence de ces méridiens sous le prétexte qu’on ne les constate pas à tout coup serait pourtant antiscientifique. De plus, cela entraverait sérieusement l’heureux emploi des aiguilles.

Sans le méridien, en effet, on ne peut concevoir le rapport des points avec l’organe ; on ne peut comprendre et utiliser l’hypothèse de la circulation d’énergie ; on ne peut admettre l’existence des pouls.

Les lignes de points, il faut le préciser, ne sont pas constituées par un alignement imaginaire des points. Elles existent en réalité. Cela peut être constaté par le fait qu’en piquant sur la ligne, en dehors des points, on obtient des résultats, faibles certes, mais réels, que ne donnent pas les piqûres faites à droite et à gauche des méridiens.

Ces méridiens provoquent l’objection, pour les anatomistes (pour mieux dire, les nécropsistes, car ils n’étudient que le mort), qu’ils ne suivent aucun chemin matériellement connu : artère, nerf, veine, etc.

Un seul d’entre eux, celui du cœur, rappelle un tracé bien connu en Europe : celui de l’algie brachiale dans l’angine de poitrine, tracé d’ailleurs admis en clinique mais inexpliqué en anatomie et en physiologie.

Ainsi donc, chaque organe correspond à une ligne de points sur le revêtement cutané. Le long de cette ligne circule, toujours dans le même sens, « quelque chose ».

Ces méridiens se répartissent en deux grands groupes : ceux qui circulent sur la face externe des membres et qui sont désignés comme Iang « solaire » ou « externe, exposé au soleil » ; ceux qui suivent la face interne des membres et qui sont appelés inn, « ombreux, lunaire, interne ».

Chacun des deux groupes se divise en deux. On a ainsi les iang des mains, sur les faces externes des membres supérieurs ; et les iang des pieds, sur les faces externes des membres inférieurs ; les inn des mains et les inn des pieds, sur les faces internes.

La liste est la suivante :

1° Bras : face externe :
méridien de l’intestin grêle.
méridien des trois réchauffeurs.
méridien du gros intestin.

2° Bras : face interne
méridien des poumons.
méridien de l’enveloppe du cœur et sexualité.
méridien du cœur.

3° Membre inférieur : face externe :
méridien de vessie.
méridien de vésicule biliaire.
méridien d’estomac.

4° Membre inférieur : face interne :
méridien du foie.
méridien de rate et pancréas.
méridien des reins.

À ces douze méridiens, certains auteurs (notamment Roa Cheou Po-jenn au XIIe siècle s’appuyant sur le Ling-tchrou du XXVIIIe siècle avant J.-C.) ajoutent deux lignes médianes ; l’une sur la face antérieure du tronc et finissant à la bouche ; l’autre, sur la face postérieure du tronc et de la tête, finissant sur le maxillaire supérieur.

Mais on ne donne aucune branche de communication de ces deux lignes avec les douze méridiens, alors que l’on donne les branches des deux lignes entre elles et des douze méridiens entre eux.

Ces deux lignes formeraient donc une petite circulation à côté de la grande.

*

Les méridiens iang sont appelés ainsi, non seulement parce qu’ils sont situés sur la face externe iang ; mais encore parce qu’ils répondent à des organes qui sont dits iang en raison de leur contact avec l’extérieur iang : ce sont les « organes atelier ou d’élaboration » qui transforment les éléments externes en énergie et en sang. Sur le poignet, aux pouls, ils sont en superficie iang.

Les méridiens inn sont situés sur les faces internes. Ils répondent aux « organes trésor » qui font circuler et purifient le sang inn. Sur le poignet, aux pouls, ils sont en profondeur, inn.



Retour au livre de l'auteur: Laurence Binyon (1869-1943) Dernière mise à jour de cette page le samedi 12 janvier 2008 7:38
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cegep de Chicoutimi.
 



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