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Collection « Les auteur(e)s classiques »

La foule criminelle. Essai de psychologie collective. (1901)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Scipio Sighele [(1868-1913) Anthropologue et criminologiste italien, professeur à l’Université nouvelle de Bruxelles, et dans les universités de Rome et de Pise], La foule criminelle. Essai de psychologie collective. Paris : Félix Alcan, Éditeur, 1901, 300 pp. Deuxième édition entièrement refondue. Traduit de l’Italien par Paul Vigny. Collection: Bibliothèque de philosophie contemporaine. Note : Cette édition numérique a été réalisée grâce à Mme Maristela Bleggi Tomasini, avocate, de Porto Alegre - Rio Grande do Sul, au Brésil, qui a eu la gentillesse de nous prêter gracieusement ce livre provenant de sa propre bibliothèque. Une édition numérique réalisée par Réjeanne Toussaint, bénévole.

Avant-propos

Mon premier devoir - en présentant au public français la deuxième édition de cet ouvrage - est de le remercier vivement de l'accueil qu'il a bien voulu faire à la première édition. 

Ma reconnaissance est très grande, non seulement envers tous ceux qui, comme Gabriel Tarde et le regretté Victor Cherbuliez, ont longuement et loyalement discuté ma théorie, mais aussi envers ceux qui, comme M. Gustave Le Bon, ont utilisé mes observations sur la psychologie des foules sans me citer. Et il n'y a pas d'ironie dans ce que j'écris ; je pense que lorsqu'on adopte nos idées sans nous citer, c'est le genre d'éloge le moins suspect qui puisse nous être adressé. 

Cette deuxième édition est en grande partie un ouvrage tout à fait nouveau. Le problème si intéressant de la psychologie collective est à la mode depuis quelques années et il ne se passe pas de semaine, pour ainsi dire, sans qu'un nouveau volume paraisse sur ce sujet. En Italie on a même fondé, il y a trois mois, les Archives de psychologie collective. J'ai dû naturellement tenir compte de toute cette littérature qui - je le reconnais bien volontiers - a jeté une vive lumière sur mon sujet. 

Mon livre ne comprenait dans sa première édition que l'étude des crimes de la foule : étude très importante surtout pendant cette fin de siècle (je pourrais presque dire cette aube de siècle) durant laquelle - des grèves d'ouvriers aux soulèvements publics - les violences collectives de la plèbe ne manquent pas et sont une espèce d'émonctoire par lequel le peuple croit soulager tous les ressentiments que les injustices dont il souffre ont accumulés en lui. 

Mais il y a d'autres manifestations de la foule, en dehors des manifestations criminelles, et dans cette deuxième édition j'ai tâché d'en analyser quelques-unes. Je n'ai pas toutefois la prétention d'avoir envisagé tous les côtés de ce polyèdre psychologique qu'est la foule. Mes lecteurs savent que ce volume se rattache à mes deux autres ouvrages : Le crime à deux et la Psychologie des sectes qui eurent également l'honneur d'être traduits en français ; et s'ils trouvent ici des lacunes, ils voudront bien se rappeler que je les ai peut-être comblées ailleurs. 

En 1892, dans la préface de ma première édition française, j'écrivais : «je serai satisfait de mon ouvrage s'il fait naître en d'autres l'envie de faire mieux et plus que je n'ai fait moi-même.» 

Je puis à présent être content, car mon livre a fait éclore toute une pléïade d'écrivains dont les analyses ont illustré la psychologie collective. 

Je souhaite que, comme je reconnais le mérite des autres, les autres voudront bien aussi reconnaître le mérite de l'école italienne d'anthropologie criminelle à laquelle j'ai l'honneur d'appartenir. Cette nouvelle branche de la science sociologique, que mon maître Enrico Ferri a baptisée psychologie collective, a été entrevue par lui, et c'est sur son conseil que, en 1891, j'ai été le premier à en faire l'objet d'une longue étude. 

Je revendique donc, non pour moi, mais pour mon école, la priorité de cette recherche. Quant à moi, je ne veux être que le simple soldat lancé en avant-garde : ce furent certainement les bataillons qui suivirent qui gagnèrent la bataille, mais on ne pourra pas nier que je leur ai indiqué le chemin. 

SCIPIO SIGHELE.
Nago (Trentino), octobre 1900.


Retour au livre de l'auteur: Scipio Sighele (1868-1913) Dernière mise à jour de cette page le Jeudi 20 juillet 2006 05:40
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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