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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Guillaume de Rubruquis, (122?-129?)
Franciscain, envoyé de Saint Louis auprès des Mongols



Biographie

Vers 1220 : naissance de Guillaume de Rubruquis, près de Cassel. Il deviendra Franciscain.

1241 : Les Mongols dévastent l’Europe de l’Est. Le 11 avril, raconte René Grousset dans ‘L’Empire des steppes’, « les Hongrois furent entièrement battus, massacrés ou mis en fuite. Les Mongols prirent d’assaut et brûlèrent Pest. La population fut soumise à des violences sans nom, terminées le plus souvent par l’égorgement collectif. » L’Europe est terrorisée.

1245 : Le concile de Lyon recherche des moyens de défense contre les Tartares. Guerriers sans merci, les Mongols sont tolérants en religion. Leur christianisation serait précieuse, surtout dans la lutte contre les Sarrasins. Innocent IV envoie quatre Dominicains au chef mongol de Perse, et trois Franciscains au Grand Khan lui-même.

1248 : Louis IX, après avoir reçu une ambassade tartare, envoie deux dominicains, puis deux Franciscains vers ce peuple et ses chefs, dans l’espoir de les convertir.

L’un des deux Franciscains sera Guillaume, envoyé par saint Louis sans autre défense que sa Bible, vers ceux qui venaient de massacrer les Hongrois.

 

Ecoutons René Grousset dans ‘L’Empire des steppes’:

En pénétrant au delà de la Crimée dans la steppe russe, c’est-à-dire dans le khanat de Qiptchaq, Rubrouck eut l’impression d’entrer dans un autre monde, celui de la vie nomade, au milieu de ces solitudes qui, depuis le massacre en masse des anciens Turcs Qiptchaq, étaient un désert d’herbe, à l’horizon duquel surgissaient brusquement les patrouilles de la cavalerie mongole.

.....

Le 31 juillet Rubrouck atteignit, à trois journées en deçà de la basse Volga, le campement de Sartaq, fils de Batou. Quoique notre franciscain ne s’en soit pas rendu compte, Sartaq était nestorien et Rubrouck fut introduit auprès de lui par « un cer­tain chrétien nestorien nommé Coyat qui est un des principaux de cette cour ». S’il est faux que chez Sartaq Rubrouck ait trouvé un Templier, ce prince était suffisamment averti des af­faires de l’Occident. A Rubrouck qui lui disait que le plus puis­sant souverain de la Chrétienté était l’empereur, il répondit que l’hégémonie était maintenant passée à saint Louis. Du campement de Sartaq, Rubrouck, après avoir traversé la Volga, fut reçu dans l’ordou de Batou, situé sur la rive orientale du fleuve.

Batou envoya à son tour Rubrouck à la cour du grand khan Mongka. Le franciscain tra­versa le Yaïk ou fleuve Oural, et entra dans la steppe asiatique, « cette vaste solitude qui est comme une grande mer ». Il lon­gea le Tchou, passa à six journées de Talas, traversa l’Ili, passa au nord de l’Ili par la ville d’« Equius », habitée par des Tâdjîk parlant le persan, Qayaligh, près de l’actuel Kopal, où prospérait une communauté nestorienne importante, ainsi qu’une commu­nauté ouigoure bouddhique où Rubrouck entendit réciter le Om mani padme.

Le 30 novembre 1253, Rubrouck quitta Qayaligh et, après avoir longé la pointe orientale du Balkhach, il traversa la région de l’Imil ou Tarbagataï, fief des Ogodaïdes, où commençait l’an­cien pays naïman, dans les contreforts méridionaux de l’Altaï, et il atteignit enfin l’ordou de Mongka qui lui donna audience le 4 janvier 1254.

A l’ordou de Mongka, Rubrouck eut la surprise de trouver une Lorraine de Metz nommée Pâquette qui avait été emmenée de Hongrie et qui était au service d’une des épouses nestoriennes de ce prince ; elle avait épousé elle-même un Russe, employé comme architecte. Rubrouck trouva encore à la cour de Qaraqoroum un orfèvre parisien nommé Guillaume Boucher, « dont le frère demeu­rait sur le Grand Pont, à Paris », et qui fut successivement au ser­vice de la douairière Sorgaqtani, puis du plus jeune frère de Mongka, Arïq-bögä, lequel avait, lui aussi, des sympathies chré­tiennes. Rubrouck constata que pour les grandes fêtes de la cour, les prêtres nestoriens étaient admis les premiers à venir, avec leurs ornements, bénir la coupe du grand-khan, suivis du clergé musul­man et des moines « païens », c’est-à-dire des bouddhistes et des taoïstes. Mongka lui-même suivait quelquefois son épouse nesto­rienne aux offices de cette église.

Rubrouck avait suivi la cour à Qaraqoroum, où il arriva le 5 avril 1254. Guillaume Boucher, fort bien traité comme orfèvre de la Cour, le reçut ‘avec grande joie’.

Pour la fête de Pâques 1254, Rubrouck fut admis à célébrer l’of­fice dans l’église nestorienne de Qaraqoroum où « Guillaume l’or­fèvre avait fait faire une image de la Vierge en sculpture à la façon de France.

A côté de l’église nestorienne, Qaraqoroum comptait deux mosquées et douze pagodes ou autres temples « d’idolâtres ». Rubrouck eut l’occasion de recevoir à l’office divin Arïq-bögä, le plus favorable des princes impériaux au christia­nisme « et lui nous tendait la main, faisant le signe de croix à la façon de nos évêques ». Un jour qu’une controverse s’était élevée devant Rubrouck entre les musulmans et les chrétiens, Arïq-bögä prit publiquement parti pour ces derniers.

Le 30 mai 1254, veille de la Pentecôte, devant trois arbitres désignés par Mongka, Rubrouck soutint en public, à Qaraqoroum une grande discussion religieuse au cours de laquelle, se plaçant sur le terrain du théisme, il lia partie avec les docteurs musulmans contre les philosophes bouddhistes.

Rubrouck quitta Qaraqoroum le 18 août 1254, rapportant la réponse de Mongka à saint Louis :

« Tel est le commandement du Ciel éternel. Il n’y a qu’un Dieu au ciel et qu’un souverain sur la terre, Gengis-khan, fils de Dieu.

Et au nom du Ciel Éternel et du qaân, son représentant sur terre, Mongka donnait au roi de France l’ordre de se reconnaître vassal. Rapportant cette lettre, Rubrouck fit en deux mois et six jours le voyage de retour de Qaraqoroum à la Volga. Il croisa au passage le roi d’Arménie Héthoum Ier qui allait faire sa cour au grand-khan, et atteignit en septembre l’ordou de Batou, alors installé, semble-t-il, dans sa nouvelle résidence de Saraï. De là par le pays alain et le pas de Derbend, Rubrouck gagna le Moghân où il fut reçu chez le noyan Baïdjou, commandant de l’armée mongole de Perse, tandis que son interprète se rendait à Tauris auprès d’Arghoun Agha, admi­nistrateur civil de cette même Perse. Puis, par Nakhitchevan où il célébra la noël, Erzindjân, Qaiçariya et Qonya dans le sultanat seldjouqide, il alla en Petite Arménie s’embarquer à Lajazzo pour le royaume de Chypre.

 

Vers 1290, mort de Guillaume.


Retour à l'auteur: Laurence Binyon (1869-1943) Dernière mise à jour de cette page le samedi 13 janvier 2007 16:21
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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