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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Eugène Revert, Les Antilles (1954)
Introduction


Une édition électronique réalisée à partir du texte de Eugène Revert, Les Antilles. Paris: Librairie Armand Colin, 1954, 220 pp. Collection Armand Colin, section Géographie. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure retraitée de l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi.

Introduction

Nous sommes habitués à ne guère connaître les Antilles que par les légendes prestigieuses de leur passé et l'image plus que sommaire qu'en donnent les cartes de nos atlas. On a entendu parler des boucaniers et des flibustiers. On sait en général qu'ils avaient un de leurs principaux repaires à l'île de la Tortue au Nord de Saint-Domingue et qu'après chaque expédition heureuse ils y menaient joyeuse vie au milieu de compagnes peu farouches, les uns et les autres revêtus de magnifiques oripeaux auxquels, curieusement, faisait toujours défaut une pièce essentielle. Un vieux feutre abritait un pourpoint rutilant. Le plus magnifique des hauts de chausse s'enfonçait dans des bottes éculées, manière après tout de rappeler à qui aurait eu tendance à l'oublier qu'il n'est rien de plus changeant et de plus capricieux que la fortune. Les exploits de ces aventuriers sont parmi les plus extraordinaires qui aient jamais été accomplis. Il vaut la peine de relire dans Œxmelin la prise de Panama ou la traversée de la grande forêt amazonienne du Pérou à l'Atlantique. Il y a beaucoup d'épopée dans le passé des Antilles.

Anglais, Français, Espagnols et Hollandais s'y sont heurtés durant plusieurs siècles. Les Américains du Nord sont intervenus plus tard. Trois Républiques indépendantes, au moins dans le principe, ont pu s'y développer. Ainsi se montre la marqueterie politique du pays, derrière laquelle se profile un des plus extraordinaires mélanges de groupes humains qu'on puisse imaginer. Les Caraïbes et les Arawaks habitaient le pays à l'arrivée des Européens. Ils se sont montrés, les Caraïbes surtout, totalement réfractaires à l'esclavage. Il fallut faire venir des Noirs d'Afrique, puis, après la libération, des Chinois, des Hindous, des Malais. D'où des combinaisons multiples influencées à la fois par le caractère propre de la domination s'exerçant sur chaque île et ses ressources naturelles. Il en est résulté des évolutions très nettement différenciées, à fort peu de distance.

antilles_fig_01

FIG » I – LE MONDE CARAÏBE. – Échelles, 1 : 33 500 000.

Dans l'ensemble, malgré tout, les Antilles représentent aujourd'hui une avancée du monde ibéro-latin en face des États-Unis et une avancée qui, malgré l'influence économique du tout puissant voisin, tient de manière remarquable. La chaîne d'îles protège l'isthme et surtout le canal de Panama. Les forces de dissociation y apparaissent à peu près égales aux forces d'unification. On a l'impression de s'y trouver non seulement à un des points stratégiques de notre Univers, mais dans un laboratoire aussi où travaille à s'ébaucher le monde de demain. Elles méritent donc, à tous égards, un très large intérêt.

Sur nos atlas cependant elles n'occupent en vérité qu'une place fort minime – il s'agit d'une question d'échelle. Si l'on met à part les Bahamas et les Bermudes (11 387 km2 et 115 529 habitants) qui n'appartiennent pas de manière étroite à l'archipel et qui montent jusqu'au 27e degré de latitude, les Antilles s'échelonnent entre le 10e degré (Trinidad, 10°2) et le 23e de latitude et de 59°30' (Barbade) au 85e degré de longitude Ouest, soit 1 500 km environ du Sud au Nord et 2 000 km d'Ouest en Est (fig. 1). Leur superficie totale, Bermudes et Bahamas exceptées, est d'environ 225 000 km2, avec une population qu'on peut évaluer maintenant aux alentours de 16 500 000 à 16 700 000 habitants.

On distingue en gros trois parties. Les Grandes Antilles au Nord s'allongent d'Ouest en Est depuis le Yucatan. Elles comprennent essentiellement Cuba, la Jamaïque, Haïti et Porto Rico. Les Petites Antilles ou îles du Vent forment la bordure occidentale du Nord au Sud de la mer des Antilles. Les îles Sous le Vent s'alignent entre Trinidad et le golfe de Maracaïbo le long de la côte Nord du Venezuela.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le vendredi 5 décembre 2008 7:16
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cegep de Chicoutimi.
 
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