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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Naissance de la France (1948)
Bibliographie choisie


Une édition électronique réalisée à partir du texte de Ferdinand Lot (1866-1952), Naissance de la France. Paris: Librairie Arthème Fayard, 1948, 5e édition, 864 pp. Une édition numérique réalisée par Jean-Marc Simonet, bénévole, professeur retraité de l'Université de Paris XI-Orsay.

Bibliographie choisie

———— 

PÉRIODE MÉROVINGIENNE

LE REPEUPLEMENT 

Ce repeuplement nous est révélé par les limites linguistiques et les noms de lieu. 

Sur l’ensemble. 

Auguste Longnon, Les Noms de lieu de la France, 4 fasc., 1920-29.
Albert Dauzat, La Toponymie française, avec 8 cartes, 1939. 

Peuplement par les Francs, Bretons, Basques. 

G. des Marez, Le Problème de la colonisation franque et du régime agraire dans la basse Belgique, 1926, in-4° (extr. des Mémoires de l’Académie de Belgique, 2e série, t. IX).
Godefroid Kurth, La Frontière linguistique en Belgique et dans le Nord de la France, Bruxelles, 1896-98, 2 vol.
Jules Vannerus, Les Limes et les fortifications gallo-romaines de Belgique, enquête toponymique, Bruxelles, 1943 (extr. des Mémoires de l’Académie de Belgique 2e série, t. XI).
Auguste Longnon, op. cit., 2e fasc., 1922, pp. 208-275.
Auguste Vincent, Les noms de lieu de la Belgique, 1925, et Le Peuplement de l’Ancien Brabant (dans Revue de Synthèse, 1939, p. 91).
Franz Petri, Germanisches Volksleben in Wallonien und Nord Frankreich, Bonn, 1937, 2 vol.
Ernst Gamillcheg, Romania Germaniea, Sprach und Siedlungsgeschichte der Germanen auf den Boden des alten Romesreichs, Berlin, 1934, 2 vol. (Cf. les réserves de Paul Lebel dans Annales de Bourgogne, t. XIV, 1942).
W. von Wartburg, Les Origines des Peuples romans, 1941.
Paul-Emile Martin, Burgondes et Alamans en Suisse, langues, noms de lieux, archéologie (dans Revue d’Histoire Suisse, t. XXV, 1945).
Contre les conséquences ethniques et, consciemment ou non, politiques, qu’on a pu tirer de ces derniers travaux, voir Ferdinand Lot dans les Comptes rendus de l’Académie des inscriptions, année 1945, 289-302. Cf. dans la Romania, t. LIX, 1933, pp. 199-234.
Déjà un philologue suisse réputé, M. J. Jud, avait montré que les noms de lieux germaniques devaient être situés dans l’ambiance des noms romans et, de plus, étudiés dans leurs rapports avec le réseau routier de la Gaule. Enfin, il avait mis en garde contre les illusions cartographiques, dans une étude trop peu connue en France : Vox Romanica, t. II.
Sur le peuplement par les Bretons voir Longnon, op. cit., pp. 301-329, et surtout J. Loth, Les Langues romane et bretonne en Armorique, dans la Revue Celtique, année 1909.
Sur le peuplement par les Saxons, voir Longnon, pp. 178-187.
— les Basques, ibid., pp. 330-336. 

HISTOIRE GÉNÉRALE 

Il n’existe pas en français d’ouvrage qui soit « au courant » sur l’ensemble du sujet. On trouvera l’essentiel de l’histoire politique au t. II, 1re p. (1903) de l’Histoire de France de Lavisse, par Bayet et Pfister, et au t. Ier de l’Histoire du Moyen Age de la collection Glotz, par F. Lot et dans Louis Halphen, Les Barbares des grandes invasions aux conquêtes, 4e éd., 1947, pp. 3-78.
L’histoire de l’Austrasie a été traitée dans les ouvrages estimables de Huguenin (1862),Gérart (Bruxelles, 1866, 2 vol.), surtout de A. Digot (Nancy, 1863, 4 vol.).
En allemand Félix Daha épuise le sujet au t. VII en 3 vol. (1894-1895) de son énorme ouvrage en 16 vol. Die Kœnige der Germanen (1861-1909). Plus accessible est son Urgeschichte der germanischen und romanischen Völker en 4 vol., 1880-89.
Walther Schultze, Der Merovingische Frankenreich (Stuttgart, 1896, gr. in-8°) ; Karl Lamprecht au t. I de sa Deutsche Geschichte.
Les faits sont rangés dans un ordre chronologique commode par Gustav Richter, Annalen des Fränkischen Reiches in Zeitalter der Merowinger, Halle, 1873.
A. Gasquet, L’Empire Byzantin et la monarchie franque, 1888.
L’histoire du Royaume de Bourgogne a été traitée par C. Binding, Das Burgundisch-romanische Kœnigreich von 433 by 533, Leipzig, 1868 ; et par A. Jahn, Geschichte der Burgundionen und Burgundien bis zum Ende der ersten Dynastie, Halle, 1874, 2 vol.
Sur la Bourgogne, à partir de 561, voir abbé M. Chaume, Les Origines du duché de Bourgogne, 1re partie, Histoire politique, Dijon, 1925. A compléter et à corriger avec A. Coville, Recherches sur l’histoire de Lyon du Ve au IXe Siècle, 1928.
Sur l’installation des Bretons au Ve siècle, voir Joseph Lotte, L’émigration bretonne en Armorique, 1883.
L’Histoire de Bretagne (t. I, 1905) de A. de la Borderie est déparée par de violents partis pris et des efforts malheureux d’utilisation de vies de saints de fabrication ultérieure pour l’histoire des Bretons du Ve au VIIe siècle.
Bien plus critique et suggestif est le livre de René Largillière, Les Saints et l’organisation chrétienne primitive dans l’Armorique bretonne, 1925. Voir aussi Robert Fawtier, La Vie de saint Samson, 1912 (Bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes, fasc. 197).
Sur l’invasion des Basques ou Gascons en Novempopulanie à la fin du VIe siècle et sur leur établissement, voir J.-F. Bladé, Les Vascons avant leur établissement en Novempopulanie, Agen, 1891. Id., L’Aquitaine et la Vasconie pyrénéenne depuis la mort de Dagobert (dans Annales de lu Faculté des Lettres de Bordeaux, t. XIII, 1891).
Ch. Perroud, Les Origines du premier duché d’Aquitaine, 1881.
Le règne de Clovis a suscité, et à juste titre, l’intérêt des historiens. L’ouvrage le plus considérable est dû au savant belge Godefroid Kurth, Clovis, dont la 2e édition (Paris 1901, 2 vol.) est la plus utile. L’ouvrage est malheureusement déparé par un parti pris apologétique.
Très supérieures sont les Etudes franques (Paris-Bruxelles 1919, 2 vol.) du même auteur, recueil de mémoires d’excellente critique sur des points litigieux de l’histoire des temps mérovingiens. André Van de Vyver, La chronologie du règne de Clovis d’après la légende et d’après l’Histoire (dans le Moyen Age, 1947).
Sur la décadence mérovingienne, article suggestif de Fustel de Coulanges, Les Transformations de la royauté pendant l’époque carolingienne, 1892, pp. 1-112. 

INSTITUTIONS 

L’histoire des institutions a été renouvelée en Allemagne par Paul Roth, Geschichte des Beneficialwesens (1850) et Feudalität and Unterthanverband (1863), et par Georg Waltz, Deutsche Verfassungsgeschichte, 3e éd., 1880-85, 4 t. en 5 vol.
Excellents manuels dus à Heinrich Brunner, Deutsche Verfassungsgeschichte, t. I, 2e éd., 1906, t. II, 2e éd. publiée par Cl. Von Schwerin, 1928 ; Richard Schröder, Lehrbuch der deutschen Rechtsgeschichte, 6e éd., 1922.
En France, Fustel de Coulanges bouscula les théories reçues chez nous en 1876 dans un ouvrage trop succinct qu’il a repris depuis lors. Sa Monarchie franque parut en 1888, complétée par L’Alleu et le domaine rural pendant l’époque mérovingienne (1889) et Les Origines du système féodal : le Bénéfice et le Patronat pendant l’époque mérovingienne, publié un an après sa mort, en 1890, par C. Jullian, enfin des Recherches sur quelques problèmes d’histoire (1885) et des Nouvelles Recherches, publiées en 1891.
A signaler les manuels suivants :
Paul Viollet, Histoire des institutions politiques et administratives de la France (3 vol., 1890-1903), t. I (vieilli, mais personnel).
Ad. Esmein, Cours élémentaire d’histoire du droit français (nombreuses éditions), pénétré d’esprit historique non moins que juridique.
J. Brissand, Cours d’histoire générale du droit français public et privé, 2 vol., 1904.
Emile Chénon, Histoire Générale du droit français public et privé, t. I, 1926.
J. Declareuil, Cours d’Histoire du Droit français, 1925.
Jacques Flach, Les Origines de l’ancienne France (1886-1917). Ouvrage rempli de vues personnelles, en partie contestables et d’une présentation confuse.
Parmi les innombrables travaux consacrés au détail des institutions on peut relever, vu l’intérêt du sujet, Maurice Kroell, L’immunité franque (1910).
F. Lot, Origine et nature du bénéfice (dans Anuario del derecho español, Madrid, 1933).
D’une importance capitale est : Paul Guilhiermoz, Essai sur l’origine de la noblesse en France au Moyen Age, 1909.
Il y aurait injustice à ne pas rappeler deux ouvrages, l’un ancien, l’autre peu connu, où l’on trouve beaucoup de vues judicieuses : J.-H. Lehuërou, Histoire des institutions mérovingiennes et du gouvernement des Mérovingiens, 1842 ; et Pontus E. Fahlbeck, Le Royaume et le droit royal francs, traduit par J.-H. Kramer, Lund, 1883. Tous deux s’arrêtent à 614. 

GÉOGRAPHIE POLITIQUE ET ADMINISTRATIVE 

Auguste Longnon, Atlas historique de la France, avec texte historique, 1885-89.
Id., Géographie de la Gaule au VIe siècle, 1878, in-4°. 

ADMINISTRATION FINANCIÈRE 

Outre les ouvrages sur les institutions précédemment énumérés, voir Félix Dahn, Zum merovingischen Finanzen (dans Germanistische Abhandlunggen zum LXX Geburtstag Konrad von Maurer, Gœttingen, 1893, pp. 335-373).
F. Lot, L’impôt foncier et la capitation personnelle sous le Bas-Empire et à l’Epoque franque, seconde partie, pp. 83-137, 1928 (Bibliothèque de l’Ecole des hautes Etudes, fasc. 253). 

ORGANISATION JUDICIAIRE 

Outre les ouvrages sur les institutions précédemment énumérés, voir Edouard Beaudouin, La participation des hommes libres au jugement, 1888 (Extr. de là Nouvelle Revue historique du droit ; J. Declareuil, Les Preuves judiciaires dans le droit franc du Ve au VIIIe siècle, 1889 (ibid.).
Ludovic Beauchet, Histoire de l’organisation judiciaire en France, époque franque (1886), vieille, mais non sans mérite.
J.-J. Thonissen, L’Organisation judiciaire, le droit pénal et la procédure de la Loi Salique, Bruxelles, 1881, in-4° (t. XLIV des Mémoires de l’Académie de Belgique).
Bidault des Chaumes, Le Mallum, 1906.
L Treich, Les tarifs de la Loi Salique (dans Revue historique, t. CIV, 1910).

L’ARMÉE 

Hans Delbrück, Geschichte des Kriegskunst, t. II, 2e éd., 1909.
Ferdinand Lot, L’Art militaire et l’armée au Moyen Age en Europe et dans le Proche-Orient, 1947, t. I, pp. 74-90. 

L’ÉGLISE : VUES D’ENSEMBLE 

L. Duchesne, L’Eglise au VIe siècle, 1924 (pp. 486-550).
T.-S. Holmes, The Origin and development of the christian church in Gaul during the first six centuries, Londres, 1911.
Albert Hauck, Kirchengeschichte Deutschland, t. I, 4e éd., 1904.
Abbé F. Mouret, L’Eglise et le monde barbare, 1909.
Hans von Schubert, Geschichte der christlichen Kirche in Frühmittelalter, t. I, 1907.
H.-X. Arquillière, L’Eglise au Moyen Age, 1939.
Gustav Schnürer, L’Eglise et la civilisation au Moyen Age, trad. française de Castella-Burgard, 3 vol., 1933-38.
Auguste Fliche, La Chrétienté médiévale 395-1254, 1929.

L’Église séculière.

Sur les conceptions que les esprits se faisaient des rapports de l’Eglise et de la société, voir H.-X. Arquillière, L’Augustinisme politique, essai sur la formation des théories politiques médiévales, 1934.
K. Voigt, Staat-und-Kirche von Konstantin bis zur Ende der Karolingerzeit, Stuttgart, 1936.
René Aigrin, L’Eglise franque sous les Mérovingiens (dans l’Histoire de l’Eglise de A. Fliche et V. Martin, t. V, 1938, pp. 331-390.
Sur l’activité doctrinale de l’Eglise des Gaules, voir G. de Plinval, ibid., t. IV, 1945, pp. 405-422.
Sur le droit ecclésiastique, Edgard Loening, Das Kirchsrecht der Merovinger, 1878.
Sur les rapports de l’Eglise et de l’Etat, R. Weyl, Das frankische Saats-Kircherecht zur Zeit der Merovinger, 1888 ; et aussi A. Sergia, L’Eglise et l’Etat sous les rois francs an VIe siècle, Gand, 1888.
Sur les rapports de la papauté avec l’Eglise franque, R. Macaigne, L’Eglise mérovingienne et l’Etat pontifical, 1929.
Sur la législation, Carlo de Clercq, La Législation religieuse franque de Clovis à Charlemagne, Louvain-Paris, 1936.
G. Lardé, Le Tribunal du Clerc dans l’Empire romain et la Gaule franque, 1920.
Sur les élections épiscopales, les superstitions, l’enseignement, l’abbé E. Vacandard a réuni de bons mémoires dans les 3 séries de ses Etudes de critique et d’histoire religieuse (t. I, 1905),
Sur les élections épiscopales, bonne étude de P. Cloché dans le Moyen Age, t. XXVI, 1925, pp. 203-254.
M. Lévy-Bruhl, Les Elections abbatiales en France à l’époque franque, 1913.
Sur le temporel des évêchés et monastères.
Mgr Emile Lesne, La Propriété ecclésiastique en France aux époques romaine et mérovingienne, Lute Paris, 1910.
Sur la formation des paroisses rurales, Imbart de la Tour, Les Paroisses rurales du IVe, au XIe siècle, 1900.
W Seston, Note sur les origines des paroisses rurales (dans Revue d’histoire et de philosophie religieuse, t. XV, 1935, pp. 243-254).
E. de Moreau, Comment naquirent nos plus anciennes paroisses en Belgique (dans Nouvelle revue théologique, 1938, pp. 926-946).
Sur le Culte des Saints et les Vies de Saints.
A. Margnan, Etudes sur la civilisation française, t. II ; Le culte des Saints sous les Mérovingiens, 1899.
L. Van der Essen, Etude critique et littéraire sur les vitte des saints mérovingiens, Louvain-Paris, 1907.
Ernest Lucius, Les Origines du culte des saints dans l’Eglise chrétienne, éd. française, 1908.
Le P. Hippolyte Delehaye, Les Origines du culte des Martyrs, Bruxelles, 1911.
Id., Les Légendes hagiographiques, Bruxelles, 2e éd., 1906.
Du livre de C. A. Bernouille, Die Heiligen der Merovinger (1900), le mieux qu’on puisse dire, c’est qu’il est manqué.
Quelques saints ont été l’objet de bonnes monographies, ainsi celles de l’abbé Vacandard, Vie de saint Ouen de Rouen, étude d’histoire mérovingienne, 1901.
A. Malnory, Saint Césaire d’Arles, 1894.
R. Aigrain, Sainte Radegonde, 1918, etc. 

Le Monachisme.

O. Zoëkler, Askese und Mönchtum, 1897, 2 vol.
Ad. von Harnaek, Das Mönchtum, seine Ideale und seine Geschichte, 6e éd., 1903.
Dom Ursmer Berlière, L’Ordre Monastique des origines au XIIe siècle, 1929.
Ph. Schmitz, Histoire de l’Ordre de saint Benoît, t. I, Maredsous, 1942.
Dom J. Besse, Les moines de l’ancienne France, périodes gallo-romaine et mérovingienne, 1906.
Ueding, Geschichte der Klostergründung der früher Merovingienzeit, 1939.
Dom H. Leclercq, au mot cénobitisme dans le Dictionnaire d’archéologie chrétienne de dom F. Cabrol et dom H. Leclercq fasc. 23, 1911, col. 3175-3218, avec une énorme bibliographie, col. 3232-3248.
Sur l’exemption monastique le même, ibid., fasc. 48, 1922, col. 952-962.
Sur le monachisme irlandais : Dom Louis Gougaud, Les Chrétientés celtiques (1911). 

LA CIVILISATION 

La Vie Économique. 

Elle est fort peu connue, faute de documents. On devine qu’elle est le prolongement de la vie économique décadente du Bas-Empire. On doit consulter à ce sujet Henri Pirenne dans son livre au titre énigmatique, au premier abord, Mahomet et Charlemagne, 8e éd., Paris-Bruxelles, 1937.
On peut se reporter aussi à Alfons Dopsch, Wirtschaftliche und Soziale Grundlagen der eurepaischen Kulturentwicklung aus der Zeit Cäsar bis auf Karl den Grossen, 2e éd., Wien, 1923, notamment aux pp. 328 et suite.
Esquisse du sujet dans 1’Histoire du Moyen Age (collection G. Glotz), t. I, pp. 347-367, avec renvois à divers travaux. La caractéristique de l’époque c’est l’insignifiance du capitalisme.
Sur la vie rurale française, l’ouvrage fondamental est celui de Marc Bloch, Les Caractères originaux de l’histoire rurale française, Oslo et Paris, 1934, in-4°. 

La Langue. 

Ferdinand Brunot, Histoire de la langue française, t. I.
Ferdinand Lot, A quelle époque a-t-on cessé de parler latin (dans le Bulletin Du Cange, t. VI, 1931, pp. 97-159).
La langue des auteurs de la période mérovingienne a fait l’objet de nombreux travaux. Le premier en date, et qui reste le modèle, est celui de Max Bonnet, Le Latin dc Grégoire de Tours, 1890.
On trouvera une liste de ces travaux dressée par P. W. Hoogterp, Deux procès verbaux donatistes (dans le Bulletin Du Cange, t. XV, 1940, pp. 44-46).
Pour la langue des chartes, Jeanne Vieillard, Le Latin des diplômes royaux et des chartes privées de l’époque mérovingienne, 1927. 

Littérature latine. 

J. de Ghellineck, Littérature latine au Moyen Age : Depuis les origines jusqu’à la fin de la Renaissance carolingienne, 1939 (bon instrument de travail).
L. W. Laistner, Thought and letters in Western Europe a D? 500 to 900, Londres, 1931.
L’Histoire de la littérature latine en Occident, d’Adolphe Ebert (trad. française 1883, 3 vol.), très honorable pour l’époque où elle parut (1874-87) est aujourd’hui périmée.
Le manuel de Max Manitius, Grundriss der lateinischen Literatur des Mittelalters, dont le tome Ier (1911) va du milieu du VIe au milieu du Xe siècle, est un répertoire précieux, mais sans appréciations littéraires originales.
Pierre de Labriolle, Histoire de la littérature latine chrétienne, 1920.

Pour les oeuvres poétiques :

Raby (F. J. E.), A History of christian latin poetry from the beginning to the close of the Middle Age, Oxford, 1927.
Id., A History of secular latin poetry, is the Middle Age, Oxford, 1934, 2 vol.
Sur la condamnation de la littérature profane par 1’Eglise.
God. Kurth, Etudes franques, t. I, p. 7-11.
Roger, L’Enseignement des lettres d’Ausone à Alcuin, pp. 83-158.
D. C. Munro, The Attitude of the western church towards the study of the latin classics in the early middle ages (vol. VIII de l’American society church history, 1897).
Allotte de la Fuye, L’Eglise et la culture intellectuelle aux temps mérovingiens (dans Revue d’apologétique, I. 1906, pp. 352 et suiv.). 

Littérature germanique. 

Sur les premières productions de la littérature germanique, voir Rodolph Koegel, Geschichte der deutschen Literatur bis zum Ausgang des Mittelalters, Strasbourg, 1894-97. Le t. I traite des productions jusqu’à l’époque carolingienne.
Sur l’épopée germanique, voir Hermann Schneider, Germanische Heldensage, 1928 (forme les fasc. 9 et 10 du Grundriss der germanischen Philologie, dirigé par Hermann Paul, édition refondue).
Sur l’influence supposée de l’épopée germanique sur les premières productions de l’épopée française, voir Pio Rajna, Le origine dell’ epopea francese, Florence, 1884.
Godefroid Kurth dans son Histoire poétique des Mérovingiens, Paris-Bruxelles-Leipzig, 1893 (confond avec l’épopée les légendes et historiettes).
Ces vues, partagées par Gaston Paris et Léon Gautier, ont été rejetées comme chimériques par Joseph Bédjer dans son ouvrage capital Les Légendes épiques françaises, au t. II (1912), pp. 240-288. 

Art et Archéologie. 

Louis Bréhier, L’Art en France des invasions barbares à l’époque romane, 1930.
Jean Hubert, L’Art préroman, 1938, in-4° (ouvrage fondamental).
Ernest Babelon. Le Tombeau du roi Childéric et les origines de l’orfèvrerie cloisonnée (extr. des Mémoires de la Société des Antiquaires de France).
Sur l’art, dit barbare :
Barrière-Flavy, Les Arts industriels des peuples barbares de la Gaule, 1901.
L. Lindenschmidt, Handbuch, der deutschen Altertumskunde, 1880-81, t. I.
Edouard Salin, Le Haut Moyen Age en Lorraine, d’après le mobilier funéraire, 1939, in-4°.
Id., Le Cimetière barbare de Lézeville, mobilier funéraire et art décoratif, 1922, in-4°.
Edouard Salin et Albert France-Lanord, Le Fer à l’époque mérovingienne, étude technique et archéologique, 1943, in-4°.
Le t. II (1937) de Franz Petri (Germanische Volkserbe in Wallonien and Nord Frankreich) est pour la plus grande partie consacré aux fouilles des nécropoles franques. 

LES MOEURS, LA SOCIÉTÉ 

A. Marignon, Etudes sur la civilisation française, t. I. La Société mérovingienne, 1899.
Maurice Prou, La Gaule Mérovingienne, 1897.
Samuel Dill, Roman society in Gaul in the merovingian age, 1926.
Ernest Lavisse, La Foi et la morale des Francs (dans Revue des Deux Mondes, 15 mars 1886).
Esquisse dans l’Histoire du Moyen Age de la collection Glotz, t. I, pp. 383-387. 

LES ASSISES DE LA NATIONALITÉ FRANÇAISE 

Camille Jullian, De la Gaule à la France, 1922.
Aperçu (de F. Lot) dans l’Histoire du Moyen Age de la collection G. Glotz, t. 1., pp. 387-393. 

PÉRIODE CAROLINGIENNE

HISTOIRE GÉNÉRALE 

Les anciennes histoires des Carolingiens en français, telle celle de Warnkoenig et Gérard (Bruxelles, 1862, 2 vol.), sont périmées.
En allemand, Félix Dahn traite du sujet au t. VIII, en 6 vol. (1895-1900), de son énorme ouvrage (en 16 vol.) Die Könige der Germanen. Les vol. III à VI traitent des institutions. Engelbert Mühlbacher, au point de vue plus particulièrement allemand, Deutsche Geschichte unter den Karolingern, 1895, gr. in-8°.
Vue d’ensemble par Kleinclausz dans l’Histoire de France de Lavisse, t. II, vol. I, 1903, pp. 257-439, et par F. L. Ganshof dans Histoire du Moyen Age (collection Glotz, t. I, 2e éd. (1941), pp. 394-587.
R. Poupardin dans Cambridge Medieval History (vol. III, 1922), pp. 1-98.
Vues générales par R. W. Carlyle et A. J. Carlyle, A History of medieval political theory in the West (1930), Edimbourg-Londres, t. I ; The second century to the ninth.
Serajski (Marion Hendryk), L’idée d’unité carolingienne, étude sur la genèse de la communauté européenne an Moyen Age (en polonais), Varsovie, 1937, analysé dans la Revue d’Histoire de l’Eglise (de Louvain), t. XXXV (1939), p. 207.
J. Calmette, L’Effondrement d’un Empire et la naissance d’une Europe, 1941.
Des monographies ont été consacrées en Allemagne à chacun des Carolingiens sous forme annalistique (Jahrbücher) :
Origines de la maison carolingienne, par Bonnell, 1869 ; Charles Martel, par Breysig, 1869 ; Pépin maire, par Hahn, 1863 ; Pépin roi, par Oelsner, 1871 ; Charlemagne, par Abel et Simson, 1883-88, 2 vol. ; Louis le Pieux, par Simson, 1874-76, 2 vol.
Les Carolingiens allemands de 840 à 911, et le règne de Conrad Ier sont traités par Ernst Dümmler, Geschichte des Ost-Frankischen Reiches, 1887-88, 3 vol.
En dépit de la date ancienne de plusieurs de ces travaux, ils demeurent indispensables.
En France, Charlemagne a été l’objet de monographies. Les seules qui comptent aujourd’hui sont celles de A. Kleinclausz (1934) et de J. Calmette (1945). Il y faut joindre les importantes Etudes critiques sur le règne de Charlemagne (1920) de Louis Halphen, qui vient de publier (1947) un ouvrage magistral, Charlemagne et l’Empire Carolingien.
Le règne de Charles le Chauve, sous forme annalistique, par F. Lot et L. Halphen, Le Règne de Charles le Chauve, 840-877 (1909), a été arrêté à l’année 851. H. Schrörs, Hinkmar Erschischof von Reims (Freiburg, 1884).
La diplomatie de ce souverain a été l’objet d’une étude pénétrante de J. Calmette, La Diplomatie Carolingienne du traité de Verdun à la mort de Charles le Chauve, 1901 (fasc. 135 de la Bibliothèque de l’école des Hautes Etudes).
Vues neuves de A. Lapôtre, L’Europe et le Saint-Siège à l’époque carolingienne ; t. I (seul paru) : Le pape Jean VIII : 872-882 (1895).
Après Charles le Chauve, les règnes des souverains de la France occidentale ont fait l’objet des monographies suivantes :
Eudes, par Edouard Favre, 1893 (Bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes, fasc. 99).
Charles le Simple, par Auguste Eckel, 1899 (ibid., fasc. 124).
Robert et Raoul de Bourgogne, par Philippe Lauer, 1912 (ibid., fasc. 188).
Louis IV d’Outremer, par le même, 1900 (ibid., fasc. 127).
Les derniers Carolingiens : Lothaire, Louis V, Charles de Lorraine, par Ferdinand Lot, 1891 (ibid., fasc. 87).
Hugues Capet, par le même, 1903 (ibid., fasc. 147).
Robert II, par Christian Pfister, 1885.
L’histoire des souverains germaniques est encore si intimement liée à celle des souverains de France qu’il n’est pas inutile de rappeler les monographies qui leur ont été consacrées :
Henri Ier (918-936), par Waltz, 1885.
Otton le Grand (936-973), par Dümmler, 1876.
Otton II (973-983), et Otton III (983-1002), par Uhlirz, 1902.
Des parties de la Gaule ont été l’objet de monographies remarquables :
Robert Parisot, Le Royaume de Lorraine sous les Carolingiens : 843-923, 1899.
René Poupardin, Le Royaume de Provence sous les Carolingiens : 855-933, 1901 (fasc. 131 de la Bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes).
Le Royaume de Bourgogne : 888-1038, 1907 (ibid., fasc. 163).
M. Chaume, Les Origines du duché de Bourgogne, 1925-27, 2 vol.
Enfin, l’énorme Histoire de Languedoc de dom Vaissète, entièrement refondue, publiée par la maison Privat de Toulouse en 14 vol., in-4° (1872-1891), surtout les t. II à VII.
Les t. II et III de l’Histoire de Bretagne de A. de la Borderie appellent les mêmes réserves que le t. I.
Léon Vanderkindere, La Formation territoriale des principautés belges au Moyen Age, Bruxelles, 1902, 2 vol.
H. Pirenne. Histoire de Belgique, t. I.
F.-L. Ganshof, La Flandre sous les premiers comtes (Coll. Notre Passé).
G. de Manteyer, La Provence du premier au douzième siècle, 1908.
J. Dhont, Naissance des principautés territoriales en France, IXe-Xe siècles. Bruges, 1948. 

Les Normands. 

Large vue d’ensemble par Charles Homer Haskins, The Normen in Europaen history, Boston-New-York, 1915.
Job. Steenstrup, Normannerne, Copenhague, 1876-82, 4 vol.
Alex. Bugge, Die Vikinger, 1906.
Allen Mawer, The Vikings (dans Cambridge Medieval history, t. III, 1922, pp. 309-339).
Ferdinand Lot, Les Scandinaves dans Les Invasions barbares, t. I, 1937, pp. 117-195.
Pour les invasions en France, Walter Vogel, Die Normannen und das fränkische Reich bis zur Gründung der Normandie : 799-911, Heidelberg, 1906.
Détail de quelques incursions : Ferdinand Lot, La Grande invasion normande de 856-862 (dans Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, t. LXIV, année 1908).
— Id., La Loire, l’Aquitaine et la Seine, Robert le Fort (ibid., L. LXXVII, année 1916).
Sur les tributs payés aux Normands (ibid., t. LXXXV, 1924) et Einar Joransen, The Danegeld in France, Rock Island, 1923, pet. in-4°.
Sur la fondation du duché de Normandie, voir Henri Prentout, Essai sur les origines et la formation du duché de Normandie, Caen, 1911, publié à l’occasion du Millénaire de la fondation de la Normandie.
Sur l’apport scandinave dans la toponymie, Ch. Joret, Les noms de lieu d’origine non romane et de colonisation germanique et scandinave en Normandie dans le volume consacré au Millénaire normand (juin 1911).
Sur la signification ethnique de ces noms et la francisation des Normands, F. Lot dans la Romania, t. LIX, année 1933, pp. 234-246 et dans Les invasions barbares et le peuplement de l’Europe, 1939, t. I, pp. 14-158. 

Les Idées Politiques du temps. 

H. X. Arquillière, L’Augustinisme politique. Essai sur la formation des théories politiques du Moyen Age, 1934.
R. W. et A. J. Carlyle, op. cit.
L. Halphen, L’idée d’Etat sous les Carolingiens (dans Revue historique, t. CLXXXV, 1939).
W. Ohr, Der Karolingische Gattesstaat in Theorie und Praxis, 1902.
J. Reviron, Les idées politiques et religieuses d’un évêque du IXe siècle : Jonas d’Orléans et son De Institutione regia, 1930.
H. Osborn Taylor, The Mediaeval Mind, a History of the development of fought and emotion in the Middle Ages, Londres, 1911, 2 vol. 

Les Institutions. 

Mêmes traités que pour la période mérovingienne.
Les t. III et IV de la Deutsche Verfassungs Geschichte de G. Waitz, qui traitent de la période carolingienne, ont paru en 3e édition en 1886.
Les chapitres traitant de la décadence mérovingienne, de l’avènement de la nouvelle dynastie, du gouvernement des premiers Carolingiens, du début du régime vassalique étaient composés par Fustel de Coulanges quand la mort le surprit. Ils furent recueillis et publiés en 1892 par Camille Jullian, qui leur donna pour titre Les Transformations de la royauté pendant l’époque carolingienne. Ils demeurent le tableau le plus vigoureux de cette période jusqu’au milieu du IXe siècle.
Pour le détail des institutions on ne peut relever ici que quelques monographies sur l’organisation administrative et judiciaire.
Sur La Chancellerie : A. Giry, Manuel Diplomatique (1894), p. 913 ; Harry Besslau, Handbuch der Urkundenlehre, t. I, 2e éd., 1912.
Sur la Chapelle : W. Lüders, Capella, die Hof Kapell der Karolinger... dans Archiv. für Urkundenforschung, t. II, 1909.
Sur les Comtes du Palais : H. E. Meyer, Die Pfalzgrafen,... (dans Zeitschrift der Savigny-Stiftung, partie germanique, t. XVI, 1921).
Sur les finances publiques et leur ruine :
F. Lot, op. cit., et James Westfall Thompson, The dissolution of the Carolingian fisc in the ninth century, Berkeley (Californie), 1935.
Sur l’armée :
Ferdinand Lot, L’Art militaire et l’armée au Moyen Age, en Europe et dans le Proche-Orient, 1947, t. I ; avec renvoi aux travaux antérieurs.
Sur le droit privé, le droit criminel, la procédure, etc..., voir les ouvrages de Brissaud, Chénon, Declareuil, Esmein, Viollet, etc..., cités plus haut.
Avènement de Charlemagne à l’Empire : Conséquences entraînées par cet événement.
Innombrables travaux sur ce problème. Citons, entre autres :
A. Kleinclausz, L’Empire Carolingien, ses origines, ses transformations, 1902.
W. Ohr, Das Kaisertum, 1904.
Leclère (dans Mélanges Paul Frédéric, 1908).
K. Heldmann, Das Kaisertum Karls des Grossen, 1928.
F. L. Ganshof (dans Le Moyen Age, année 1930).
L. Levillain (dans Revue d’Histoire de l’Eglise de France, année 1932).
L. Halphen, Charlemagne et l’Empire Carolingien, 1947.
Alcuin a joué un rôle essentiel dans la préparation du couronnement selon F. L. Ganshof (dans Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, t. IX, 1947).
Sur le Capitulaire de Quierzy-sur-Oise :
Emile Bourgeois, Le Capitulaire de Kiersy (sic) sur Oise, 1885. Ouvrage manqué.
Fustel de Coulanges, Les articles de Kiersy (sic) 877 (dans Nouvelles recherches sur quelques problèmes d’histoire, 1891, pp. 415-479).
L. Halphen (dans Revue historique, t. CVI, 1911, pp. 286294). 

L’ÉGLISE 

Histoire de l’Eglise, publiée par A. Fliche et V. Martin, t. VI (1937) : L’Epoque Carolingienne, par Emile Amann, t. VII, 1940. L’Eglise au pouvoir des laïques : 888-1057, par Emile Amann et Auguste Dumas.
H.-X. Arquillière (dans Histoire du Moyen Age de la coll. G. Giotz, t. I, 2e édit., 1941, pp. 589-615).
L’Augustinisme politique (cité plus haut).
Albert Hauck, Kirchengeschichte Deutschlands, 4e éd., 1904, t. II.
Hans von Schubert, Geschichte der Christlichen Kirche im Frühmittelalter, 1921.
K. Vogt, Staat und Kirche von Konstantin dem Grossen bis zut Ende der Karolingerzeit, 1936.

Transformation de la Société. Avènement du régime vassalique. 

Fustel de Coulanges, op. cit. Le titre du livre IV (p. 571), Le Triomphe de la Féodalité, est inexact (au lieu de Vassalité), et dû à Camille Jullian et non à l’auteur.
On trouvera une revue des principaux travaux sur le sujet, avec les vues personnelles de l’auteur, par F. Lot dans l’Histoire du Moyen Age de la collection Gustave Glotz, t. I, 2e éd., p. 687-700.
Id., Fidèles ou vassaux? Essai sur la nature juridique du lien qui unissait les grands vassaux à la royauté, depuis le milieu du IXe jusqu’à la fin du XIIe siècle, 1904.
Auguste Dumas, Le Serment de fidélité et la conception du pouvoir au Ier et au IXe siècle (dans la Revue historique de Droit, année 1931).
F. Lot, Le Serment de fidélité à l’époque franque dans Revue belge de philologie et d’histoire, t. XII, 1939. Réponse au mémoire précédent.
C. E. Odegaard, Carolingien oaths of fidelity (dans Speculum, a journal of Medieval Studies, juillet 1941, Cambridge, Mass.).
The Concepts of royal power in carolingian oaths of fidelity (ibid., juillet 1945).
H. Mitteis, Lehnrecht und Staatrecht, Weimar, 1933.
Der Staat des hohen Mittelalters, 2e édit., Weimar, 1944.
Excellent exposé de J. Calmette, La Société féodale, 1923.
Paul Guilhiermoz, Essai sur l’origine de la noblesse en France au Moyen Age, 1902, ouvrage capital.
F. L. Ganshof, Qu’est-ce que la Féodalité ? 2e éd., Bruxelles-Lausanne, 1947. C’est le plus clair exposé de la Féodalité proprement dite, au sens technique du terme. L’auteur est parfaitement an courant de tout ce qui a paru sur le sujet.
Sur la formation de la « Seigneurie », voir les travaux de Perrin et de Déléage cités plus loin.
Bien qu’il traite surtout d’une période postérieure à la nôtre, on aura grand profit à lire le magistral ouvrage dc Marc Bloch, La Société féodale, 1939-40, 2 vol. (forme les vol. 34 et 34 bis de la collection L’Evolution de l’Humanité dirigée par H. Berr). 

La Papauté. 

E. Caspar, Geschichte des Papestums, t. II, 193 :1.
G. Haller, Das Papsttum, Idee and Wirklichkeit, t. II, 1ere p., 1936.
L. Duchesne, Les premiers temps de l’Etat Pontifical, 3e éd., 1904.
L. Levillain, L’Avènement de la Dynastie carolingienne et les origines de l’Etat pontifical : 749-757 (dans Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, t. XCIV, 1933).
P. Kehr, Die sogenanute Karolingische Schenkung von 774 (dans Historische Zeitschrift, t. XL, 1893).
Sur les Fausses Décrétales nombreux travaux exposés ci critiqués avec esse théorie nouvelle sur leur provenance : Ferdinand Lot, Textes Manceaux et Fausses Décrétales (dans Bibliothèque de l’Ecole des Chartes, t. CI et CII, 1940-1941). 

Le Monachisme. 

Ajouter à la bibliographie de la période précédente :
S. Duluy, La Règle de saint Benoît d’Aniane et la réforme monastique à l’époque carolingienne, Nancy, 1935.
G. de Valous, Le Monachisme clunisien des origines au XVe siècle, 1935, 3 vol. 

Institutions ecclésiastiques. 

Emile Lesne, La hiérarchie épiscopale en Gaule et en Germanie : 741-882, 1905.
Imbart de la Tour, Les Elections épiscopales dans l’Eglise de France du IXe au XIIe siècle, 1891.
H. Lévy-Bruhl, Etude sur les élections abbatiales en France jusqu’à la fin du règne de Charles le Chauve, 1913.
C. de Clercq, La Législation religieuse franque de Clovis à Charlemagne, Louvain-Paris, 1936.
P. Viard, Histoire de la dîme ecclésiastique, principalement en France, jusqu’au Décret de Gratien, Dijon, 1909. 

Le temporel. 

Emile Lesne, Histoire de la propriété ecclésiastique eu France, t. II, en 3 vol., 1922-28.
L’Origine des Menses dans le temporel des églises et monastères de France au IXe siècle, Lille-Paris, 1910.
M. Stutz, Geschichte des Kirchlichen Beneficialewesens, 1895. 

LA CIVILISATION 

La Vie économique. 

Outre les ouvrages signalés dans la bibliographie de la période précédente, voir :
H. Pirenne, Mahomet et Charlemagne, 7e éd., Bruxelles, 1939.
La thèse de l’auteur est que la conquête musulmane ayant coupé les communications par la Méditerranée entre l’Europe Occidentale et l’Orient, la Gaule a été obligée de se replier sur elle-même en délaissant le grand trafic, alors que celui-ci subsistait encore aux VIe et VIIe siècles. Cette thèse, présentée de la manière la plus séduisante, commence à rencontrer de sérieuses objections. On trouve tout au moins le contraste trop accentué entre les deux périodes.
A. Dopsch, Wirtschaftsentwicklung dec Karolingerzeit vornehmlich in Deutschland, 2e éd., 1921-22, 2 vol. L’auteur voit dans la période carolingienne une ère de prospérité. Ses arguments sont des plus fragiles, comme l’a montré L. Halphen, Etudes critiques sur l’Histoire de Charlemagne, 1921, pp. 277-306.
Aperçu de F. Vercauteren, disciple de Pirenne, dans Histoire du Moyen Age (coll. Glotz), t. I, pp. 616-633.
James Westfall Thompson, The Commerce of France in the ninth century (dans The Journal of political economic, vol. XXII, 1915, pp. 857-887).
Em. Cooroaert, Des Confréries carolingiennes aux gildes marchandes (dans Annules d’Histoire économique et sociale, année 1942).
Henri Laurent, Aspects de la vie économique dans la Gaule franque : Marchands du Palais et marchands d’abbayes (dans Revue historique, t. CXXXIII, 1938). L’auteur met en lumière le prolongement du concept antique que le grand commerce est l’affaire des pouvoirs publics plutôt que des particuliers.
F. L. Ganshof, Medieval agrarian society in its prime : France, the Lows Countries, and Western Germany, 1947 (extr. de The Cambridge Economic history of Europe, I, 1942).
Les Ports de Provence du VIIIe au Xe siècle (dans Revue historique, t. CLXXIII, année 1938).
R. Latouche, L’Economie agraire et le peuplement des pays bocagers (dans Revue de Synthèse historique, 1939).
S. Loisel, Essai sur la législation économique des Carolingiens, 1904 (thèse de la Faculté de Droit de Caen). 

La Monnaie. 

Maurice Prou, Catalogue des monnaies carolingiennes de la Bibliothèque Nationale, Introduction, 1896, gr. in-8°.
A. Blanchet et A. Dieudonné, Manuel de Numismatique française, 1911-1936, 4 vol. Voir le tome I, le début du tome II et, pour le commencement des monnaies féodales, le tome IV.
F. Friedensberg, Münzkunde und Geldgeschichte der Einzel Staaten, Munich-Berlin, 1926.
Marc Bloch, Le problème de l’or au Moyen Age (dans Annales de l’histoire économique et sociale, t. V, 1933).
M. Lombard, L’Or musulman du VIIe au Xe siècle (ibid., 1947). 

Régime de la Propriété.
Modes d’Exploitation. 

Outre les ouvrages de Benjamin Guérard, de Fustel de Coulanges, de Marc Bloch, etc..., cités à la bibliographie de la période précédente, voir :
Henri Sée, Les Classes rurales et le régime domanial en France au Moyen Age, 1901.
F. L. Ganshof (voir Vie Economique).
Ch.-Edmond Perrin, Recherches sur la Seigneurie rurale en Lorraine d’après les plus anciens censiers : IXe-XlIe siècles, 1935.
André Déléage, La vie économique et sociale de la Bourgogne dans le Haut Moyen Age, Mâcon, 1941, 2 vole plus 2 vol. de cartes. 

La Vie Urbaine. 

F. Vercauteren, Etudes sur les Civitates de la Belgique seconde. Bruxelles, 1934. Cf. F. Lot dans le Journal des Savants, mars-avril 1935.
Ferdinand Lot, Recherches sur la population et la superficie des cités remontant à la période gallo-romaine. Première partie, 1945-47 (fasc. 287 de la Bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes). Cette première partie traite des cités de la Viennoise, des Alpes-Maritimes, des deux Narbonnaises. 

La Vie Artistique. 

Ouvrages déjà cités de L. Bréhier et J. Hubert.
J. Hubert et R. Lantier, Origines de l’Art français (1947).
R. Rey, L’Art roman et ses origines (1947).
Sur la nouvelle écriture et les manuscrits à peinture, les recherches de L. Delisle, Lehman, Lindsay, Rand, Dobiach-Rojdestvensky, Lauer, etc..., sont résumées et appréciées avec des vues personnelles par Emile Lesne, Histoire de la Propriété ecclésiastique en France, t. IV : Les Livres, Scriptoria et Bibliothèques, du commencement du Ville à la fin du XIe siècle, Lille, 1938. Th. Gerold, La Musique au Moyen Age, 1932. H. Marrou, Saint Augustin et la fin de la culture antique (1938). 

L’Enseignement et la Réforme du latin. 

Les travaux consacrés à ce sujet sont exposés par Mgr Em. Lesne dans son Histoire de la Propriété ecclésiastique en France, au tome VI : Les Ecoles, de la fin du VIIIe siècle à la fin du XIIe, 1940.
Henry Osborn Taylor, The classical heritage of the middle ages, 3e éd., Londres, 1911.
Renaissance du latin classique et retour à l’orthographe latine antique :
F. L. Ganshof, A propos de la révision de la Bible par Alcuin (Bibliothèque d’Humanisme et Renaissance, 1947)
Ch. Beaulieux, Histoire de la formation de l’orthographe française, des origines au XVIe siècle, 1927.
Pour les changements dans la langue parlée, il suffit de renvoyer à un traité de philologie romane et à la magistrale Histoire de la langue française de Ferdinand Brunot, t I. 

La Littérature Latine. 

Outre la bibliographie de l’ère précédente voir :
J. de Ghellinck, Littérature latine au Moyen Age, II : De la Renaissance carolingienne jusqu’à saint Anselme, 1939.
Le chapitre sur la vie intellectuelle de dom Gabriel Théry dans l’Histoire du Moyen Age (coll. Glotz), t. I, 2e éd., pp. 634-653.
Emile Amann dans Histoire de l’Eglise (coll. A. Fliche et V. Martin), t. VI, chap. II, pp. 71-106, et pp. 303-319 ; t. VII, chap. II, PP 504-525 (pour le Xe siècle).
Reto R. Bezzola, Les Origines de la littérature courtoise en Occident, 1re partie : La Tradition impérialiste de la fin de l’Antiquité au XIe siècle, 1944 (Bibliothèque de l’Ecole des Hautes Etudes, fasc. 236), chap. V, pp. 86-224.
L’Histoire littéraire de la France de dom Rivet et autres Bénédictins, dont les t. IV à VI (1735-42) sont consacrés à la période carolingienne, n’est pas sans rendre encore des services.
L’Histoire littéraire de la France avant le XIIe siècle de J.-J. Ampère (1839-41, 3vol.) est très vieillie.
De même celle d’Adolph Ebert, Allgemeine Geschichte der Literatur des Mittelalters un Abendland, Leipzig, 1874-87, 3 vol., trad. française d’Aymeric et Condamine, Paris, 1883, 3 vol.
Au courant des travaux publiés jusqu’à 1910 est le Grundriss der lateinischen Literatur des Mittelalters de Max Manitus, dont le t. I va jusqu’au milieu du Xe siècle. Indispensable, l’ouvrage est, au fond, une bibliographie raisonnée. 

La Pensée théologique et philosophique. La Science. 

Dans les nombreux traités de théologie et de philosophie, en toutes langues, l’époque carolingienne tient une place modeste et à juste titre, vu son peu d’originalité. Il suffit de renvoyer aux travaux suivants :
G. Bruhnes, La Foi chrétienne et la philosophie au temps de la Renaissance carolingienne, 1903.
H.-X. Arquillière dans l’Histoire du Moyen Age (de la coll. Glotz, 2e édit., t. I, pp. 508-606, et, Gabriel Théry, ibid., pp. 630 à 653.
Emile Amann dans Histoire de l’Eglise de A. Fliche et V. Martin, t. VI, pp. 303-344 ; t. VII, pp. 504-522.
Etienne Gilson, La Philosophie au Moyen Age des origines patristiques à la fin du XIVe siècle, 2e éd., 1944.
L. W. Laistner, op. cit.
Le seul penseur qui semble original est l’Irlandais Jean (Johannes Scotus ou Erigena).Ses idées ont été remises sous leur vrai jour par dom Cappuyns, Jean Scot Erigène, sa vie, son œuvre, ses idées, 1933. Cf. Et. Gilson, op. cit., pp. 201-222.
Jean s’inspire des écrits du Pseudo-Denys l’Aréopagite. Le P. Gabriel Théry met en valeur cette influence, Scot Erigène, traducteur de saint Denys (dans le Bulletin du Cange, année 1931).
La méthode scolastique commence à poindre. Voir J. Ember, dans Philosophisches Jahrbuch, t. II, XXV, XXVI.
Dans le dernier tiers du Xe siècle, la physionomie la plus éclatante est celle du célèbre « écolâtre » (professeur) de l’église de Reims, Gerbert, le futur pape SilvestreII. Comme philosophe et mathématicien il est peu original, mais il a eu le mérite d’enseigner tout ce qu’on pouvait savoir de son temps. L’ouvrage de F. Picavet, Gerbert, pape philosophe (sic), d’après l’histoire et la légende (1897) est vieilli. Brève notice de F. Lot dans Fêtes du Millénaire de Gerbert à Aurillac, le 30 juillet 1938 (publiée par l’Académie des Inscriptions).
Les oeuvres mathématiques authentiques ont été éditées par le savant russe Nicolas Boubnov, Gerberti opera mathematica, Berlin, 1899. 

LA SOCIÉTÉ 

L’État moral. 

Sur la cour et l’aristocratie, Bezzola, op. cit.
Sur le monde des clercs et des laïques et leurs rapports, Aug. Dumas dans Histoire de l’Eglise de A. Fliche et V. Martin, t. VII, pp. 452-503.
Gabriel Monod, Les mœurs judiciaires an VIIIe siècle (dans Revue historique, t. XXXV, pp. 1-20).
God. Kurth, Notger de Liege et la civilisation au Xe siècle, 2 vol., 1905.
Mgr Bressolles, La question juive au temps de Louis le Pieux (dans Revue d’Histoire de l’Eglise de France, t. XXVIII, 1942).
Sur la Paix de Dieu :
L. Huberti, Studien zur Rechtsgeschichte des Gottesfrieden und Landfriedens, t. I (seul paru), 1892.
C. Erdmann, Die Entstehung des Kreuzzugsgeadankens, dans Forschungen zur Kirchen and Geitsgeschichte, t. VI, 1935, de Sœberg, Caspar, Weber. Le contenu dépasse le titre.
Claire analyse des conciles de la fin du Xe et du début du XIe siècle pour instituer la Paix de Dieu par Aug. Dumas dans Histoire de l’Eglise de A. Fliche et V. Martin, t. VII, pp. 487-503.
Sur le fondement du concept de Paix, voir R. Bonnaud-Delamarre, L’idée de Paix à l’époque carolingienne, 1939. L’auteur prépare la suite, pour la période du XIe au XIIIe siècle. 

LA FRANCE AU DÉBUT DE LA PÉRIODE CAPÉTIENNE 

Sur la légitimité de l’avènement de Hugues Capet : Paul Viollet (dans les Mémoires de l’Académie des Inscriptions, t. XXXIV, 1re partie, 1892, pp. 257-288).
Achille Luchaire, Histoire des Institutions monarchiques de la France sous les premiers Capétiens, 2e éd., 1891, 2 vol.
Louis Halphen, La place de la royauté dans le système féodal, 1933 (dans Anuario del dereche español).
E. Schramm, Der König von Frankreich : Wahl, Krönusg, Erbfolge und Königseide, von Anfang der Kapetinger bis zum Ausgang der Mittelalters, Weimar, 1936-37, 2 vol.
J. Dhondt, Election et hérédité sous les Caroligiens et les Capétiens (dans Revue belge de philologie et d’histoire, t. XVIII, 1939).
Ch. Petit-Dutailhis, La Monarchie féodale en France et en Angleterre : Xe-XIIIe siècle, 1933.
R. Fawtier, Les Capétiens et la France, 1942.
J. Calmette, Le Réveil capétien (1948).
William Mendel Newman, Le Domaine royal sous les Premiers Capétiens, 987-1180, Paris, 1937. Cf. F. Lot dans le Journal des Savants de 1938. 

Sur l’an Mille et ses prétendues terreurs. 

L’ensemble du sujet est repris par nous dans un article, Le Mythe des terreurs de l’An Mille (paru dans le Mercure de France en décembre 1947).

Retour au livre de l'auteur: Jacques Bainville, historien (1879-1936) Dernière mise à jour de cette page le mercredi 31 mai 2006 6:54
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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