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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Jules Lagneau, Célèbres leçons et fragments. (1964)
Avertissement de la 2e édition, 1964


Une édition électronique réalisée à partir du texte de Jules Lagneau, Célèbres leçons et fragments. 2e édition revue et augmentée. Paris: Les Presses universitaires de France, 1964, 375 pp. Collection: “Bibliothèque de philosophie contemporaine”. 1re édition, 1950. Une édition numérique réalisée par un bénévole qui souhaite conserver l'anonymat sous le pseudonyme “Antisthène”, un ingénieur à la retraite de Villeneuve sur Cher, en France.

[ix]

Célèbres leçons et fragments

Avertissement de la 2e édition, 1964

Une piété commune envers Jules Lagneau a réuni les efforts d’Émile Chartier, de Léon Letellier, ses élèves, et de Michel Alexandre. Les deux premiers ont établi et publié, en diverses circonstances, les textes connus d’eux et Michel Alexandre, qui avait assuré l’impression des deux recueils publiés à Nîmes en 1924 et 1926, en a repris l’essentiel sous le titre de Célèbres Leçons et Fragments, en 1950, les faisant précéder d’un « Avertissement » qui recèle une telle puissance d’admiration et de compréhension qu’il fait vraiment corps avec l’ouvrage. Il a semblé à quelques bons esprits que ce livre désormais classique et qui porte si fortement la marque de ces grandes intelligences ne pouvait être réédité que sous la forme que les trois disciples lui avaient donnée.

Aussi n’y a-t-il dans cette nouvelle édition que peu de changements par rapport à l’ancienne. Outre que nous ajoutons la page finale de l’article intitulé « De la Métaphysique », nous insérons deux textes importants sur Spinoza qui avaient été publiés dans les Écrits de 1924 : un compte rendu sur le « Court Traité », publié dans la Revue Philosophique de janvier 1879 et les « Notes sur Spinoza », retrouvées dans les papiers de Lagneau. De plus Mme Émile Chartier nous a autorisé à ajouter à la lettre du 2 avril 1894 toutes les autres lettres et billets, au nombre de sept, adressés à Émile Chartier par J. Lagneau. Qu’elle en soit ici respectueusement remerciée.

À cela se borne notre intervention. Nous rééditons les « Fragments » sous la forme que Chartier leur avait fixée. Ils sont extraits de liasses, conservées maintenant à l’École Normale Supérieure et qui renferment les matériaux nécessaires aux leçons de psychologie du programme de la classe de philosophie : cours, citations, notes abondantes sur Descartes, Spinoza, Bossuet, Condillac, Kant et même Max Müller et R. Fludd. On y constate que les leçons d’introduction ont été souvent recommencées, que toutes ont été remaniées et surchargées de remarques rédigées dans des écritures de dates différentes et toujours difficiles à déchiffrer. [x] Le classement de ces papiers disparates a été opéré par Chartier suivant des indications laissées parfois par l’auteur lui-même. Nous avons retrouvé dans ces manuscrits tous les Fragments découpés par Chartier à l’exception du bref fr. 14 et du très célèbre fr. 90 qui termine aussi le cours sur Dieu. Chartier a fait deux lectures du manuscrit et a placé les fragments déchiffrés la deuxième fois à la suite du premier tri, au lieu de les intercaler à leur place naturelle. Mais déjà dans le premier choix, il n’a pas respecté l’ordre du manuscrit. Les fragments sont tantôt d’assez long développements, tantôt de brèves conclusions d’un enchaînement de pensées, tantôt des notes marginales ou des combinaisons du texte et des marginalia. Quelquefois même, Chartier coupe ce qui, dans le manuscrit, est d’un seul tenant. Par exemple les fr. 38, 39, 40, 41 sont de la même coulée où se trouve le fr. 40, si connu : « Le temps, marque de mon impuissance ; l’étendue de ma puissance. » Ils forment les pp. 117-118 du manuscrit. C’est dire que Chartier est bien l’inventeur des fragments qu’il a taillés, avec un respect scrupuleux du texte, dans ces liasses confuses, et auxquels il a donné l’ampleur, la place et l’allure qui lui semblaient les plus convenables à son dessein de faire connaître son maître. Souvent, tronquer des citations les dénature. Ici au contraire, en les débarrassant du flot des pensées banales qu’un cours de philosophie charrie inévitablement, il a rendu visibles le tour d’esprit et le mode abrupt de réflexion propres à Lagneau. Le modèle lui en était d’ailleurs donné par les notations marginales, écrites après coup, et souvent fulgurantes.

Ceci dit, il faut ajouter que Lagneau n’était pas seulement un penseur obscur et prophétique à la manière des présocratiques. Il savait développer ses idées dans un style net et vigoureux, comme le montre son article « De la Métaphysique », ou justifier longuement ses positions, comme en témoignent les leçons sur la « Perception » et sur le « Jugement ». Elles sont incluses dans un cours de psychologie, dont nous avons des versions de différents élèves et elles en forment les chapitres V, VI et VIII. Chartier les a choisies comme étant les plus représentatives, mais on peut estimer qu’elles ne prennent tout leur sens que si on les replace parmi les autres chapitres du cours qui renferme plus d’une page saisissante de profondeur. Leur ensemble constitue un véritable traité de la connaissance, plus métaphysique que les leçons déjà publiées. Il n’est pas besoin d’en souligner le très grand intérêt, ne serait-ce que pour que nous nous rendions compte du niveau très haut des réflexions que l’on pouvait présenter vers 1890 à une classe composée pour les deux tiers de débutants. Nous espérons être bientôt à même d’en publier l’essentiel ainsi que d’autres textes et cours inédits ; le tout constituera le second volume des œuvres de J. Lagneau.

[xi]

Enfin nous rééditons le cours sur Dieu, dont nous devons la conservation et l’édition à l’acharnement de L. Letellier dont nous saluons ici la grande mémoire.

Qu’il nous soit permis de remercier M. Georges Canguilhem, qui nous a encouragé de ses conseils, et Mme M. Alexandre, qui a bien voulu nous aider dans l’exécution de cette seconde édition et qui a relu avec nous les épreuves.

André CANIVEZ.

_________

[xii]


Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le mardi 5 juin 2018 13:02
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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