RECHERCHE SUR LE SITE

Références
bibliographiques
avec le catalogue


En plein texte
avec Google

Recherche avancée
 

Tous les ouvrages
numérisés de cette
bibliothèque sont
disponibles en trois
formats de fichiers :
Word (.doc),
PDF et RTF

Pour une liste
complète des auteurs
de la bibliothèque,
en fichier Excel,
cliquer ici.
 

Collection « Les auteur(e)s classiques »

Lafcadio HEARN, ESQUISSES MARTINIQUAISES (1929)
Préface de Marc Logé


Une édition électronique réalisée à partir du texte de Lafcadio HEARN, ESQUISSES MARTINIQUAISES. Paris: Éditios Mercure de France, 1929, 5e édition, 249 pp. Collection d'auteurs étrangers. Traduit de l'Anglais par Marc Logé.

Préface de Marc Logé

Pendant le voyage qu'il entreprit aux Petites Antilles au cours de l'été 1887, Lafcadio Hearn, débarquant à la Martinique, fut immédiatement sensible à l'influence de « ce charme singulier que l'Île a toujours exercé sur les étrangers et qui lui a même valu son surnom poétique : « Le Pays des Revenants ». Et il avoue dans une de ses lettres : « De même que bien d'autres avant moi, je ne quittai ces rivages enchantés que pour être hanté par cet irrésistible regret qui ne ressemble à aucun autre, et qui est précisément l'enchantement que ce pays exerce sur tous ceux qui s'en éloignent. Aussi j'y retournai avec l'intention d'y séjourner quelques mois ; mais l'enchantement dura et j'y restai deux ans. »

Deux ans pendant lesquels il vécut au milieu « d'une population fantastique, étonnante, - une population des mille et une nuits », apprenant à aimer et à comprendre cette humanité des tropiques, qui, dit-il, possède, « un grand charme, celui de l'enfance et de la bonté ».

Commencées pendant son premier séjour, Hearn ne termina ses Esquisses Martiniquaises qu'après avoir « revu l'île magique à travers une brume d'été ». Nulle part son amour des tropiques qui le tenailla toute sa vie, même pendant ses premières années au Japon, n'est exprimé avec une ferveur et une sincérité plus émouvantes... Avec quel élan passionné il s'écrie : « Ah ! les tropiques  ! Ils tirent toujours aux cordes de mon coeur. Mon Dieu, mon véritable champ de travail était là, dans les pays latins, aux Antilles, et dans l'Amérique espagnole. Mon rêve était de hanter les vieilles cités espagnoles et portugaises, de remonter l'Amazone et l'Orénoque pour y découvrir des sujets de romans que nul autre n'aurait pu y trouver »...

A défaut de ces romans surprenants qu'il rêva d'écrire, Hearn appliqua ses dons remarquables à dépeindre la vie frémissante et colorée de Saint-Pierre et des villages avoisinants, « Saint-Pierre, la plus bizarre, la plus pittoresque, et aussi la plus jolie ville. des Antilles ; toute bâtie et pavée de pierre, aux rues très étroites, aux toits pointus de tuiles rouges percés de lucarnes. La plupart des édifices sont peints d'un jaune clair qui fait un délicieux contraste avec le ruban bleu incandescent du ciel tropical. Aucune rue n'est absolument plate ; presque toutes les rues escaladent les collines, dégringolent les vallons, se tordent, se courbent, décrivent des angles soudains... Du pittoresque et de la couleur, voilà les charmes particuliers et uniques de Saint-Pierre. »

Et c'est ce pittoresque et cette couleur qui revivent dans les pages des Esquisses Martiniquaises, où les porteuses, les das, les belles chabines, les jolies griffonnes aux noms vieillots et charmants, - Coraline, - Azaline, - Florine, - Cendrine, - Loulouze, - et leurs compagnons, les ouvriers du port et des plantations, gabarriers, arrimeurs et travailleurs musclés, défilent en une procession bariolée sous la splendeur de cette nature tropicale dont Lafcadio Hearn a été le peintre fidèle et enthousiaste.

Grâce à lui, la vision de l’ancien Saint-Pierre s'élève, tel un mirage hors d'un passé encore si proche de nous, et en le contemplant nous comprenons pourquoi Lafcadio Hearn a choisi comme épigraphe ces lignes écrites en 1667 par le Père Dutertre, de l'Ordre des Frères Prêcheurs : « La façon d'être du pays est si agréable, la température si bonne, et l'on y vit dans une liberté si honnête, que je n'ai pas vu un seul homme ni une seule femme qui en soient revenus en qui je n'aie remarqué une grande passion d'y retourner. »

MARC LOGÉ.

Septembre 1923.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le lundi 15 décembre 2008 18:41
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie au Cegep de Chicoutimi.
 
Commanditaires




Saguenay - Lac-Saint-Jean, Québec
La vie des Classiques des sciences sociales
dans Facebook.
Membre Crossref