René Guénon, INITIATION ET RÉALISATION SPIRITUELLE


 

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Collection « Les auteur(e)s classiques »

René Guénon, INITIATION ET RÉALISATION SPIRITUELLE. (1952)
Avant-propos de Jean REYOR.


Une édition numérique réalisée à partir du livre de René Guénon, INITIATION ET RÉALISATION SPIRITUELLE. Avant-propos de Jean Reyor. Paris: Les Éditions traditionnelles, 1952, 250 pp. Une édition numérique réalisée par Daniel Boulagnon, bénévole, professeur de philosophie au lycée Alfred Kastler de Denain (France).

[7]

INITIATION ET RÉALISATION
SPIRITUELLE



Avant-propos

par Jean REYOR.

Pressentant peut-être sa fin prochaine, René Guénon, dans les mois qui précédèrent immédiatement sa mort, nous avait donné quelques indications en vue de l’accomplissement de son œuvre lorsqu’il aurait disparu. Dans des lettres datées du 30 août et du 24 septembre 1950, il nous exprimait, entre autres choses, le désir que soient réunis en volumes les articles qu’il n’avait pas encore utilisés dans ses livres déjà existants. « Il y aurait seulement, nous écrivait-il, la difficulté de savoir de quelle façon les arranger pour en former des ensembles aussi cohérents que possible, ce qu’actuellement je serais bien incapable de dire moi-même... Si jamais je pouvais arriver à préparer quelque chose, ce dont je doute malheureusement de plus en plus, je préférerais arranger avant tout un ou deux recueils d’articles sur le symbolisme, et peut-être aussi une suite aux Aperçus sur l’Initiation, car il me semble qu’il y aura bientôt assez d’autres articles touchant à ce sujet pour pouvoir former un deuxième volume ».


L’ouvrage que nous présentons aujourd’hui est la première réalisation du vœu formulé par René Guénon. Nous l’avons choisi pour inaugurer la série des livres posthumes parce qu’il se prêtait à être plus rapidement mis au point que les ouvrages sur le symbolisme que René Guénon envisageait en tout premier lieu, et aussi parce que le sujet traité nous paraissait avoir un intérêt plus pressant.

D’après un premier examen des articles laissés par René Guénon, nous pensons que les œuvres posthumes ne comprendront pas moins de sept volumes, y compris le présent ouvrage. Le long et délicat travail de classement et de coordination des textes n’est pas encore assez avancé pour que nous puissions indiquer dès maintenant les titres 8] définitifs et la date probable de publication des différents ouvrages, mais nous espérons que les circonstances nous permettront de ne pas faire attendre trop longtemps les nombreux admirateurs de celui qui a remis en lumière la doctrine traditionnelle depuis si longtemps oubliée en Occident.

*
*   *

Nous devons dire maintenant quelques mots sur la composition du présent ouvrage. Ainsi qu’on l’a vu plus haut, René Guénon ne nous avait laissé aucune indication sur la distribution des matières à publier et nous avons dû ainsi en prendre la responsabilité. Le texte que nous présentons est tout entier et exclusivement de la main de René Guénon. Nous n’y avons apporté ni adjonctions, ni modifications, ni suppressions, sauf celles, très rares, qui étaient nécessitées par la présentation en volume d’articles isolés dont l’ordre de publication, souvent motivé par une circonstance d’actualité, ne coïncide pas exactement avec l’ordre que nous avons adopté pour les chapitres parce qu’il nous paraissait le plus logique et correspondre le mieux au développement de la pensée de l’auteur. Sur cet ordre, nous devons au lecteur quelques explications.

Dans les Aperçus sur l’Initiation, René Guénon s’est attaché à définir la nature de l’initiation qui est essentiellement la transmission, par des rites appropriés, d’une influence spirituelle destinée à permettre à l’être qui est aujourd’hui un homme d’atteindre l’état spirituel que diverses traditions désignent comme l’« état édénique », puis de s’élever aux états supérieurs de l’être et enfin d’obtenir ce qu’on peut appeler indifféremment la « Délivrance » ou l’état d’« Identité Suprême ». René Guénon a précisé les conditions de l’initiation et les caractéristiques des organisations qui sont habilitées à la transmettre et, chemin faisant, il a marqué d’une part la distinction qu’il y a lieu d’établir entre connaissance initiatique et culture profane et celle non moins importante entre la voie initiatique et la voie mystique.

[9]

Le présent ouvrage précise, complète et éclaire le précédent de plusieurs manières. Les articles qui le composent se laissent assez bien grouper en quatre parties.

Dans la première partie, l’auteur traite des obstacles mentaux et psychologiques qui peuvent s’opposer à la compréhension du point de vue initiatique et à la recherche d’une initiation ; ce sont : la croyance à la possibilité de « vulgariser » toute connaissance, la confusion entre la métaphysique et la dialectique qui en est l’expression nécessaire et imparfaite, la peur, et le souci de l’opinion publique.

La seconde partie précise et développe certains points très importants concernant la nature de l’initiation et certaines des conditions de sa recherche. Dans les Aperçus sur l’initiation, l’auteur avait plutôt affirmé que démontré la nécessité du rattachement initiatique. C’est cette démonstration qui fait l’objet du premier chapitre de la seconde partie dans lequel est envisagé en outre le cas où l’initiation est obtenue en dehors des moyens ordinaires et normaux. Le chapitre suivant distingue nettement l’influence spirituelle proprement dite des influences psychiques qui en sont comme le « vêtement ». Ces précisions formulées, on aborde une question tout à fait capitale que René Guénon n’avait pas cru devoir traiter jusqu’ici d’une façon spéciale car elle lui paraissait résolue d’avance par tout l’ensemble de son œuvre antérieure : c’est celle de la nécessité d’un exotérisme traditionnel pour tout aspirant à l’initiation. Ce chapitre se complète naturellement par l’étude sur Salut et Délivrance qui est la « justification » métaphysique de l’exotérisme. Se reliant directement au sujet précédent, les chapitres IX, X et XI exposent comment la « vie ordinaire » peut être « sacralisée » de manière à perdre tout caractère « profane » et à permettre à l’individu une participation constante à la Tradition, ce qui est l’une des conditions requises pour le passage de l’initiation virtuelle à l’initiation effective. Mais il faut bien reconnaître que le monde occidental, même chez certains représentants de l’esprit religieux qui y subsiste, tend à une « laïcisation » de plus en [10] plus accentuée de la vie sociale, ce qui accuse une inquiétante perte de vitalité de la tradition chrétienne. Il n’est certes pas impossible à un Occidental de rechercher une voie de réalisation initiatique dans une tradition étrangère, et le chapitre XII montre dans quelles conditions peut être considérée comme légitime ce qu’on appelle communément une « conversion ». Toutefois le passage à une tradition étrangère n’est acceptable que s’il est indépendant de tout souci d’« esthétisme » et d’« exotisme »…, et l’auteur fait observer qu’il est des Occidentaux qui, du fait de leur constitution psychique spéciale, ne pourront jamais cesser de l’être et feraient beaucoup mieux de le demeurer entièrement et franchement.

Ceux-là toutefois doivent se garder de tous les pseudo-ésotérismes, qu’il s’agisse de ceux des occultistes et des théosophistes ou des fantaisies plus séduisantes peut-être qui, se réclamant d’un Christianisme authentique, auraient surtout pour but de donner une apparente satisfaction à ceux des Chrétiens qui pensent ne pouvoir se contenter de l’enseignement exotérique courant (chapitre XIV). Dans le chapitre XV, René Guénon montre l’inanité du reproche d’« orgueil intellectuel » si souvent formulé à l’égard de l’ésotérisme dans certains milieux religieux. Enfin, cette seconde partie se termine par de nouvelles précisions sur les différences essentielles qui existent entre la réalisation initiatique et la réalisation mystique.

Les sujets traités dans la troisième partie sont entièrement nouveaux par rapport aux Aperçus sur l’Initiation. Il s’agit principalement de la méthode et des différentes voies de réalisation initiatique ainsi que de la question du « Maître spirituel ». Un chapitre particulièrement important pour ceux qui sont rattachés à ce qui subsiste encore des initiations artisanales du monde occidental est celui sur « Travail initiatique collectif et présence spirituelle » où l’auteur montre que la présence d’un Maître humain dans de telles organisations ne présente pas le même caractère d’absolue nécessité que dans la plupart des autres formes d’initiation.

[11]

La dernière partie et, à plusieurs égards, la plus importante, envisage certains degrés de cette réalisation spirituelle dont tout ce qui précède a pour but de faciliter la compréhension et, dans une certaine mesure, les moyens d’accès (chapitres XXVI à XXIX). Les trois derniers chapitres, enfin, qui sont véritablement la clef des Aperçus sur l’initiation et du présent livre, apportent l’exposé métaphysique permettant la compréhension intellectuelle de la possibilité, à partir de notre état corporel, d’une réalisation spirituelle totale ainsi que de la nature et de la fonction des Envoyés divins que les diverses traditions désignent par les noms de Prophète, Rasûl, Bodhisattwa et Avatâra.

Pour faciliter l’intelligence des chapitres V et XXVIII, nous avons cru utile de reproduire en appendice les textes auxquels renvoie l’auteur relativement aux Afrâd et aux Malâmatiyah qui désignent des degrés d’initiation effective dans l’ésotérisme islamique.

Jean REYOR.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le jeudi 2 juillet 2015 18:35
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur associé, Université du Québec à Chicoutimi.
 
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