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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Mythes sur l'origine du feu. (1930)
Préface de l'auteur


Une édition électronique réalisée à partir du livre de James George Frazer (1854-1941), Mythes sur l'origine du feu (1930). Ouvrage précédemment publié dans la Bibliothèque scientifique aux Éditions Payot, 1931. Paris: Éditions Payot, 1967, 245 pages. Collection: Petite bibliothèque Payot, no 142. Traduit en français par M. Michel Drucker, 1931.

Préface de l'auteur

Peut-être peut-on définir la mythologie : la philosophie de l'homme primitif. C'est le premier essai de réponse aux questions générales sur le monde qui se sont imposées à l'esprit humain depuis les temps les plus primitifs et qui continueront de l'occuper jusqu'à la dernière heure. Aussi la tâche qu'elle propose à l'investigateur est-elle identique à celle que le philosophe entreprend sur une plus vaste échelle et la science sur une échelle encore plus vaste. Entourés de tous côtés de mystères, nous sommes poussés par un instinct invincible à soulever le voile qui semble les cacher, dans l'espoir qu'une fois déroulé, se révélera le grand secret que des générations et des générations de chercheurs ont essayé en vain de découvrir. C'est une poursuite éternelle, une suite infinie de systèmes mythiques, philosophiques, scientifiques, proposés avec assurance, vigoureusement défendus comme des forteresses, bâtis pour l'éternité, brillant pendant un moment d'un éclat d'arc-en-ciel, puis crevant et s'évanouissant comme des bulles sur une rivière ou des fils-de-la-Vierge aux rayons du soleil. Il en a été et il en sera toujours ainsi, il n'appartient pas au philosophe ou au naturaliste de jeter des pierres contre les maisons de verre de son prédécesseur le faiseur de mythes. En fait, l'un des plus grands philosophes, Platon lui-même, dut franchir dans son système de nombreuses brèches au moyen de ponts faits de mythes, qui, pour légers et aériens qu'ils paraissent, survivront peut-être à l'édifice qu'ils étaient destinés à consolider. À ce bâtisseur suprême de ponts – à ce Pontifex Maximus – nous devons, dans le Phèdre, les envols d'une imagination angélique et la sublime comparaison de la caverne de la République.

Pour être complète, une histoire de la philosophie et même de la science devrait donc commencer par un exposé de la mythologie. L'importance des mythes comme documents sur la pensée humaine encore embryonnaire est généralement admise, et on ne les recueille ni ne les compare plus pour satisfaire à un vain divertissement, mais à cause de la lumière qu'ils jettent sur l'évolution intellectuelle de notre espèce. Il reste beaucoup à faire pour parachever ce travail de collection et de comparaison avant que tous les mythes du monde puissent être classés et groupés en un Corpus Mythorum, où, comme dans un musée, ces fossiles de l'esprit pourront être exposés de façon à illustrer une étape primitive de la marche de la pensée depuis ses humbles débuts jusqu'à des hauteurs encore inconnues. J'offre cet essai avec mes autres écrits comme ma contribution à la grande paléontologie de l'esprit humain qui reste à écrire.

Retour au texte de l'auteur: James George Frazer Dernière mise à jour de cette page le Mercredi 22 octobre 2003 20:23
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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