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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Mythes sur l'origine du feu. (1930)
Introduction de l'auteur


Une édition électronique réalisée à partir du livre de James George Frazer (1854-1941), Mythes sur l'origine du feu (1930). Ouvrage précédemment publié dans la Bibliothèque scientifique aux Éditions Payot, 1931. Paris: Éditions Payot, 1967, 245 pages. Collection: Petite bibliothèque Payot, no 142. Traduit en français par M. Michel Drucker, 1931.

Introduction
de l'auteur


De toutes les inventions humaines, la découverte de la façon d'allumer le feu a été probablement la plus importante et la plus riche en conséquences. Elle doit remonter à une très haute antiquité, car il n'y a pas, semble-t-il, d'exemple bien prouvé d'une tribu sauvage qui ignore l'usage du feu ou le moyen d'en produire (note 1). Il existe, certes, beaucoup de tribus sauvages et quelques peuplades à demi-civilisées qui racontent des histoires sur une époque où leurs ancêtres n'avaient pas de feu, et qui prétendent rapporter comment leurs aïeux en vinrent à connaître l'usage du feu ainsi que la manière de le faire jaillir du bois ou des pierres. Mais il est très peu vraisemblable que ces récits renferment de réels souvenirs des événements qu'ils prétendent rappeler ; il est plus probable que ce sont de simples suppositions inventées par des hommes dont l'esprit était encore dans l'enfance, pour résoudre un problème qui s'était naturellement imposé à leur attention aussitôt qu'ils avaient commencé à réfléchir à l'origine de la vie humaine et de la société.

Bref, de tels récits sont, pour la plupart, sinon tous, des mythes. Pourtant, même comme mythes, ils méritent d'être étudiés; car, alors que les mythes n'expliquent jamais les faits qu'ils essaient d'élucider, ils jettent incidemment de la lumière sur la condition mentale des hommes qui les ont inventés ou qui y ont cru ; et après tout, l'esprit humain n'est pas moins digne d'être étudié que les phénomènes de la nature, dont, en fait, il ne peut être absolument distingué.

Mais, si l'on met à part ce que l'on peut appeler la valeur psychologique des mythes, un certain nombre d'histoires de l'origine du feu expliquent au moins d'une façon possible les diverses façons dont les hommes apprirent dans les temps primitifs l'usage de cet élément et le moyen de l'obtenir. Il semble, par conséquent, digne d'intérêt de réunir et de comparer les traditions de l'humanité sur cette question, d'une part pour donner des exemples de la sauvagerie primitive, et d'autre part pour nous aider à résoudre le problème particulier dont il s'agit. Aucun recueil général de ces traditions, à ma connaissance, n'a encore été fait (note 2), ce que j'offre ici doit être considéré simplement comme une première vue d'ensemble, ou comme ce que Bacon aurait pu appeler la première cuvée (note 3) d'un champ vaste et fertile. D'autres qui viendront après moi pourront sans nul doute combler bien des lacunes qui sont évidentes, ou, pour continuer la métaphore baconienne, ils trouveront bien des grappes qui sont cachées à mes regards ou hors de leur portée.

Pour montrer la diffusion de ces histoires, et déterminer autant que possible leurs rapports entre elles, je suivrai un ordre géographique, ou ce qui, en somme, revient au même, un ordre ethnique en commençant par les sauvages les plus primitifs qui nous soient connus et qui sont les Tasmaniens.

Notes:

(note 1) Sir E. B. Tylor, Researches into the Early History of Mankind2 (Londres, 1878), pp. 229 sqq.

(Note 2) Les légendes de l'origine du feu ont été traitées par Adalbert Khun dans un essai fameux (Die Herabkunft des Feuers und des Göttertranks, deuxième édition, Gütersloh, 1886), rempli de science et d'ingéniosité ; mais il se borna aux mythes aryens, surtout ceux de l'Inde et de la Grèce. Andrew Lang eut le mérite d'attirer l'attention sur la vaste diffusion parmi les sauvages des récits sur le vol du feu, et il dit avoir fait un petit recueil de mythes de ce genre dans son ouvrage La Mythologie (pp. 185-195) que je n'ai pas vu. Voir son article Mythology dans The Encyclopaedia Britannica, neuvième édition, XIX, 807 sq ; Modern Mythology (Londres 1897), pp, 195 sqq. Comparer A. Bastian, « Die Vorstellungen von Wasser und Feuer », Zeitschrift für Ethnologie, I (1869), pp. 379 sqq ; Salomon Reinach, Cultes, Mythes et Religions, III (Paris, 1908), « Aetos Prometheus », pp. 83 sqq ; E. E. Sikes, « The Fire Bringer », en préface à son édition d'Eschyle, Prometheus Vinctus (Londres 1912), pp. IX-XV ; Walter Hough, Fire as an Agent in Human Culture (Washington, 1926), pp. 156-165 (Smithsonian Institution, United States National Museum, Bulletin 139).

(Note 3) Novum Organum, II-20.


Retour au texte de l'auteur: James George Frazer Dernière mise à jour de cette page le Mercredi 22 octobre 2003 20:26
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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