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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Albert Delatour, Adam Smith, sa vie, ses travaux, ses doctrines (1886)
Préface


Une édition électronique réalisée à partir du livre d'Albert Delatour, Adam Smith, sa vie, ses travaux, ses doctrines, ouvrage couronné par l’Académie des Sciences morales et politiques. Paris, Librairie Guillaumin et Cie Éditeurs du journal des Économistes, de la Collection des principaux Économistes, du Dictionnaire de l'Économie Politique, du Dictionnaire universel du Commerce et de la Navigation, etc. 1886, 326 pp. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure à la retraite de l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi, Ville de Saguenay.

Préface

En mettant au concours, pour le prix Léon Faucher, l'étude d'Adam Smith, sans la limiter à l'œuvre économique du maître, l'Académie des sciences morales et politiques a tenu sans doute à affirmer ainsi le lien intime qui unit les sciences politiques aux sciences morales. On ne peut en effet qu'être frappé – dans cette phase un peu fiévreuse de la science, dans ce siècle de la spécialité où chacun veut arriver vite en bornant ses investigations, – du discrédit dans lequel sont tombées certaines recherches fondamentales, notamment celles qui concernent la nature humaine, l'esprit et le cœur de l'homme. Des voix autorisées l'ont cependant fait remarquer assez souvent : à une époque où les questions sociales sont à l'ordre du jour, où tant d'esprits distingués en font l'objet de leurs études, on néglige, de parti pris, les sciences morales et on semble oublier que, pour affronter utilement l'examen des redoutables problèmes relatifs à l'organisation de la société, il est indispensable, de connaître l'individu lui-même, sa raison, ses passions, ses instincts. En procédant autrement, on eût évité bien des erreurs, bien des systèmes incompatibles avec la nature humaine. 

Pour Smith comme pour Hutcheson, ces deux grands penseurs de l'école écossaise, l'étude des sciences politiques ne se comprenait pas sans l'étude préalable du cœur et de l'esprit humain, et c'est seulement après avoir observé l'homme au dedans que le professeur de Glasgow a pu aborder scientifiquement et méthodiquement l'examen des phénomènes multiples qui manifestent l'action du moi sur les objets extérieurs dans la lutte pour la vie. 

C'est cet enseignement précieux, ce grand exemple que l'Académie a eu certainement en vue, et c'est cette conviction qui nous guidera dans notre travail. 

Nous nous attacherons à montrer en même temps l'unité de plan, l'unité de conception qui se manifeste dans les œuvres d'Adam Smith, si différentes au premier abord, dans la Théorie des sentiments moraux qui repose sur la sympathie, comme dans la Richesse des Nations fondée sur l'intérêt. Nous verrons comment ces monographies de la sympathie et de l'intérêt ne constituent en réalité, avec les Essais philosophiques, que des fragments séparés d'une histoire plus générale de la civilisation, où la grande préoccupation de l'auteur est de faire ressortir, dans les phénomènes moraux comme dans les phénomènes matériels, cette tendance à l'harmonie universelle que son esprit et son cœur avaient devinée. 

Nous commencerons cette étude par une biographie, aussi complète que possible, du Dr Smith ; nous nous efforcerons de nous pénétrer de sa vie, de faire connaître l'homme sous son véritable jour, en mettant surtout en lumière les différentes circonstances qui expliquent ses travaux et qui ont exercé une influence si considérable sur la tournure de son esprit et la direction de ses recherches. « La biographie, a dit en effet Rossi [1], n'est pas sans utilité pour l'histoire de la science : il est des faits personnels qui ont un rapport intime avec le développement scientifique de l'individu et avec les créations de son génie. » Or il en est ainsi pour Adam Smith plus que pour tout autre. 

Dans une seconde partie, nous examinerons ce qui nous reste de ses divers travaux philosophiques ; mais, en nous inspirant de l'esprit qui semble avoir présidé à la décision de l'Académie, nous n'en signalerons que les traits principaux, nous réservant de donner une plus grande extension à l'étude des doctrines exposées dans la Richesse des Nations, cette œuvre puissante qui a assis et complété, en les rectifiant, les principes de la science économique que Quesnay venait de fonder, et qui, née en France, devait se développer si vigoureusement sur le sol britannique.


[1] Rossi. Journal des Économistes, 1842, t. II, p. 222.


Retour au livre de l'auteur: Jacques Bainville, historien Dernière mise à jour de cette page le mercredi 15 février 2006 13:45
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue.
 
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