RECHERCHE SUR LE SITE

Références
bibliographiques
avec le catalogue


En plein texte
avec Google

Recherche avancée
 

Tous les ouvrages
numérisés de cette
bibliothèque sont
disponibles en trois
formats de fichiers :
Word (.doc),
PDF et RTF

Pour une liste
complète des auteurs
de la bibliothèque,
en fichier Excel,
cliquer ici.
 

Collection « Les auteur(e)s classiques »

Étienne De Greeff, INTRODUCTION À LA CRIMINOLOGIE. (1946)
Préface de la deuxième édition


Une édition électronique réalisée à partir du livre d'Étienne De Greeff, INTRODUCTION À LA CRIMINOLOGIE. VOLUME I. Bruxelles: Joseph Vandenplan, libraire-éditeur, 1946, 415 pp. Une édition réalisée par Réjeanne Toussaint, bénévole, Chomedey, Ville Laval, Québec.

[7]

Introduction à la criminologie.
Volume I



Préface de la deuxième édition

Novembre 1944

L'accueil fait à cet ouvrage, paru en 1937, nous incite à en publier une seconde édition. La première constituait, en somme, un exposé a peine élargie du cours élémentaire donné à Louvain à l'École des Sciences criminelles. Le livre a été quelque peu remanié ; nous avons voulu en faire un ensemble plus complet, susceptible d'intéresser ceux qui sont, par leur vie, mêlées à ces problèmes, et n'ont cependant ni le temps, ni l'occasion de se documenter par eux-mêmes.

Plusieurs chapitres ont été entièrement revus ; d'autres ont été complétés. Certaines questions ont été traitées qui ne l'étaient pas dans le volume primitif. Parmi celles-la, signalons le chapitre consacré à l'assistance sociale du délinquant et que Melle J. Tuerlinckx, assistante sociale depuis plus de dix ans aux prisons de Louvain, a bien voulu écrire. D'autre part, Melle De Clerck, assistante à l'École des Sciences Criminelles, a fait un choix, parmi la copieuse bibliographie réunie par ses soins, en vue des lecteurs qui désireraient une première orientation dans une question déterminée. Elle mettrait volontiers ses fiches à la disposition de celui qui voudrait une documentation plus complète. À toutes deux nous adressons nos très sincères remerciements.

Nous voudrions exprimer également notre reconnaissance à M. Petermans, actuellement directeur à la Prison centrale et qui fut pendant de nombreuses années chargé de l'observation des détenus. Il constitua l'élément essentiel de la première équipe au sein de laquelle fut réalisée la collaboration véritable entre le milieu pénitentiaire et le médecin anthropologue. Sa science, sa compréhension, sa pénétration, son information psychologique en faisaient un collaborateur de choix. Et, à tout [8] cela, il ajoutait cette bonté généreuse, ce respect de l'homme qui introduisirent, par le truchement des solutions qu'il avait à proposer pour l'individualisation des traitements, une note nouvelle dans le chœur des habitudes administratives. Nous devons dire aussi notre gratitude au grand Maître de la Prison centrale M. le Directeur Smets dont, depuis des années, des dizaines d'étudiants ont apprécié le bienveillant accueil et qui est l'homme du devoir simple et courageux. Nous l'avons connu dans les moments particulièrement difficiles de la guerre et tenons à lui affirmer notre fervente sympathie.

Durant ces longues et tristes années, bien des choses ont changé. Le docteur Louis Vervaeck, le maître de l'anthropologie pénitentiaire belge, l'inspirateur de la loi de Défense sociale, le savant dont l'œuvre appréciée a l'étranger a suscité en notre pays un mouvement scientifique important, est mort sans avoir pu achever le monumental ouvrage qu'il projetait et dans lequel il espérait exposer à la fois sa doctrine et les résultats de sa vaste expérience. Son évolution naturelle l'avait amené, lui aussi, a un souci de tenir de plus en plus compte de la personnalité toute entière. Il incarnait le type du chercheur d'une probité totale et c'est ce qui lui permit de rester égal à lui-même et de conserver la bonne direction à travers l'évolution des idées et les transformations des vérités biologiques. Et puis il aimait les hommes et son œuvre puissante serait incompréhensible si l'on ne tenait compte de la préoccupation du drame humain qu'elle révèle. Avec tous ceux qu'il a formés nous nous efforcerons de continuer sa tâche. La « Revue Criminologique » dont le premier numéro devait sortir le 15 mai 1940, et qui est imprimé, mais n'a jamais été distribué, fera vivre son esprit et développera ses idées fondamentales.

Monsieur le Bâtonnier Louis Braffort, Président et Fondateur de l'École des Sciences Criminelles de Louvain, qui nous avait fait l'honneur de préfacer notre livre, n'est plus. Des voix autorisées ont dit comme il fallait le sens de sa vie et de sa mort. Depuis longtemps nous savions combien héroïquement il faisait face au danger, sans ostentation, mais sans peur. Au cours de certaines conversations où l'homme, qui connaissait [9] l'adversaire qu’il avait affronté, osait être pour un instant lui-même, dans l'abandon de l'amitié, nous avions senti l'image de la mort imminente lui traverser l'esprit. Dans la gravité de l'heure ou l'être humain, devant les conséquences de son attitude, éprouve la solitude de son destin, il nous donnait calmement la mesure de sa grandeur morale. Qu'il nous soit permis de lui manifester une dernière fois notre respectueuse affection.

Novembre 1944.


Retour à l'auteur: Guillaume De Greef Dernière mise à jour de cette page le samedi 19 octobre 2013 9:59
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur de sociologie retraité du Cégep de Chicoutimi.
 



Saguenay - Lac-Saint-Jean, Québec
La vie des Classiques des sciences sociales
dans Facebook.
Membre Crossref