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Collection « Les auteur(e)s classiques »
Une édition électronique sera réalisée à partir du texte Les quatre livres, III Louen yu, Entretiens de Confucius et de ses disciples ***. Traduction de Séraphin COUVREUR (1835-1919). Club des Libraires de France, Paris, mai 1956, publié à partir de l’édition Les Humanités d’Extrême-Orient, Cathasia, série culturelle des Hautes Études de Tien-Tsin, Paris : LES BELLES LETTRES. Une édition réalisée par Pierre Palpant, bénévole, Paris. Notice. Extraits de … La pensée chinoise, de Marcel Granet. Collectionnés seulement vers la fin du Ve siècle, les aphorismes de Confucius forment le Louen yu. Cet ouvrage fut perdu, puis reconstitué sous les Han, un demi-millénaire après la mort du Sage. Il y a des raisons pour n’en point suspecter la valeur. Pourtant, il convient de noter que les propos du Maître sont donnés dès l’origine avec une interprétation implicite ; celle-ci se trouve suggérée par l’indication des circonstances qui motivèrent ces ensei-gnements ; le Louen yu repose donc sur une trame biographique : or, il n’a pas été rédigé avant que les polé-miques entre hagiographes n’aient obscurci les souvenirs laissés par Confucius. D’autres traditions, incorporées dans divers chapitres du Li ki, laissent mieux entrevoir les polémiques dont elles procèdent. Elles ne sont ni moins instructives, ni plus sûres. L’aspect discontinu que présente la collection d’aphorismes formant le Louen yu a imposé l’idée que la pensée de Confucius ne fut à aucun degré systématique. Aussi fait-on honneur, non pas à lui, mais à Tseu‑sseu, son petit-fils, des théories exprimées dans le Tchong yong et le Tai hio, deux brefs traités figurant aujourd’hui dans le Li ki. En fait, il n’y a aucun moyen de distinguer l’enseignement personnel de Confucius de celui des premières générations de disciples. La Chine antique, de Henri Maspero. C’est probablement vers le début du IVe siècle que [les disciples] se mirent d’accord pour publier un choix de traditions conservées dans la famille et l’école sur Confucius et ses disciples immédiats, de façon à établir définitivement ce qui avait été sa véritable doctrine ; cet ouvrage nous est parvenu sous le titre d’ « Entretiens » Louen yu. Ils avaient à leur disposition pour ce travail des recueils plus anciens que le leur fit disparaître, mais pas si vite que nous n’en ayons conservé quelques traces dans le Tso tchouan et peut-être dans le Li ki. Les éditeurs du Louen yu paraissent s’être contentés de les mettre bout à bout sans les modifier autre-ment que pour éliminer les répétitions ainsi que les anecdotes qui leur semblaient montrer Confucius sous un jour peu favorable ; aucun effort ne fut fait pour classer les discours et les ranger par matières ; l’ouvrage entier resta une collection de petites pièces décousues et sans aucun lien. Le style en présente un caractère tout nouveau : dans leur désir de reproduire autant que possible les expressions mêmes du maître, ils ne les rédigèrent pas en langue écrite, à l’exemple des ouvrages que venaient de composer Mo-tseu ou Lao-tseu, mais ils conservèrent dans une certaine mesure les formes de la langue parlée ou tout au moins quelques-uns des traits les plus saillants de celle-ci : de là des constructions de phrases assez libres, une abondance de particules, d’auxiliaires, qui lui donnent un aspect particulier. D’autre part, les phrases d’introduction et en général toutes celles qui ne sont pas mises dans la bouche des interlocuteurs sont rédigées en langue écrite. Le Louen yu et à son imitation le recueil de Mencius ont seuls adopté cette manière.
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