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Collection « Les auteur(e)s classiques »
Une édition électronique réalisée à partir du texte d'un auteur inconnu (dynastie Yuan). La Brise au Clair de Lune. Traduction de George Soulié de Morant. Librairie Grasset, Paris, 1925, 366 pages. Une édition réalisée par Pierre Palpant, bénévole, Paris. Introduction Ce roman est à la fois l’un des plus anciens et l’un des plus célèbres de la Chine. Tous les lettrés assurent qu’il fut écrit sous la dynastie Yuann (1277-1348). Mais un passage (au début du chap. XVII) mentionne un Bureau d’astronomie sous le titre de Tsi-inn tiènn Tsiènn qu’ilreçut pour la première fois sous les Ming (1348-1662). Le roman aurait donc été remanié vers la fin du XIVe siècle. Malgré son antiquité, le style est celui de nos jours. Les moeurs et les idées sont ce qu’elles étaient jusqu’à ce que la Révolution de 1911 vînt tout bouleverser. Rappelons qu’en dehors des romans grecs, la première oeuvre européenne d’observation et d’imagination, qualifiée de roman, est l’Astrée que H. d’Urfé publia en 1610. L’auteur est connu seulement par le pseudonyme de Ming-tsiao tchong-jenn qui signifie littéralement « l’intermédiaire de la Doctrine Célèbre » ; et aussi, par une allusion connue, « le fils non titré d’un prince ». On ignore tout de lui. Aucune autre oeuvre n’est signée du même pseudonyme. Ce fait n’est pas isolé. Les oeuvres autonymes sont rares en Chine. C’est que les Chinois, pourtant passionnés antiquaires, se sont rarement intéressés, dans une oeuvre littéraire, à ce qui n’était pas l’oeuvre elle-même. Peu leur importe l’auteur : beaucoup d’ouvrages ne sont même pas signés. Peu leur importe l’époque : le nom de la dynastie régnante leur suffit. Les belles-lettres, là-bas, doivent briller par elles-mêmes d’une splendeur éternelle, sans s’aider de ce respect que le passé toujours inspire, sans s’orner faussement de la gloire acquise par l’auteur lui-même. La vraie beauté, ainsi, se dégage, et n’entraîne rien avec elle. Les oeuvres médiocres tombent et disparaissent. Ajoutons que, jusqu’en 1914, il n’y avait ni droits d’auteur ni droits d’éditeur. * En plus de son titre : Fong-yue tchoann « Traditions de la brise au clair de lune », formule poétique qui veut dire « Une histoire d’amour », ce roman est encore connu sous les titres de: Rao tsiou tchoann « traditions d’un couple parfait » ; et de : Ti erl tsi-aé dze chou « Le Deuxième Livre de génie », dans la célèbre collection des meilleurs romans et pièces de théâtre commencée dès 1644 par l’éditeur lettré Tsinn Cheng-trann qui fut décapité en 1662, à l’âge de 35 ans, pour la véhémence de ses opinions. Ces tsi-aé dze chou « Livres de génie » sont maintenant au nombre de dix. * Il y a bientôt deux siècles, des adaptations plus ou moins lointaines avaient été faites de ce roman. Vers 1750, en effet, Sir Thomas Percy, évêque de Dromore, découvrit à Canton un ancien manuscrit portugais donnant une traduction libre de la quatrième partie de l’ouvrage. Il la traduisit en anglais, demandant à un Ecossais, Wilkinson, qui résidait alors à Canton, de lui donner un aperçu des trois premières parties. Le tout fut publié à Londres, en 1761, sous le titre: « The pleasing union ». Cette version libre fut traduite en allemand par de Murr, et publiée à Leipzig en 1766 sous le titre « Hau Kiou choan ». Un inconnu la traduisit de l’allemand en français, et la publia, sous le même titre, la même année 1766, à Lyon. Une refonte de style fut faite en anglais par Davis, en 1829 et publiée à Londres comme « The Fortunate Union » (2 vol.). Cette seconde version fut traduite de l’anglais en français par Gaillard d’Arry et publiée à Paris en 1842 sous le titre « Hao Khieou Tchouan, ou la Femme accomplie ». * Ma traduction est donc la première faite directement du chinois en français, avec tous les poèmes. Les illustrations sont reproduites de celles que dessina au XVIe siècle Ts’iou Yng (Che-tcheou), le plus célèbre peintre de la dynastie Ming. J’ai dû cependant couper, çà et là, des répétitions de mots et de phrases, et quelques longueurs, nécessaires en chinois, mais lassantes en français.
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