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Collection « Les auteur(e)s classiques »

KIAI-TSEU-YUAN HOUA TCHOUAN [Jieziyuan huazhuan],
Les Enseignements de la Peinture du Jardin grand comme un Grain de Moutarde.
Encyclopédie de la peinture chinoise
. (1910)
Préface


Une édition électronique réalisée à partir du texte KIAI-TSEU-YUAN HOUA TCHOUAN [Jieziyuan huazhuan], Les Enseignements de la Peinture du Jardin grand comme un Grain de Moutarde. Encyclopédie de la peinture chinoise. Traduction et commentaires par Raphaël PETRUCCI. Augmentés d’un préface, d’un dictionnaire biographique des peintres et d’un vocabulaire des termes techniques. Illustrés d’environ cinq cents gravures. Première édition française : Henri Laurens, Paris, années 1910, 520 pages, Reproduction en facsimilé par Librairie You-Feng, Paris, 2000. Une édition réalisée par Pierre Palpant, bénévole, Paris.

PRÉFACE

Le Kiai tseu yuan houa tchouan ou “Les Enseignements de la Peinture du Jardin grand comme un grain de moutarde” constitue une véritable Encyclopédie de la Peinture chinoise.

Ce traité fondamental rassemble les plus vieilles lois de l’esthétique extrême-orientale ; il recueille les instructions et les exemples des plus grands maîtres sans donner la préférence à une école particulière ni à une époque déterminée. L’abondance des renseignements qu’il apporte, philosophiques, historiques ou techniques en font un instrument de travail de premier ordre. Aussi depuis son apparition, a-t-il été souvent, en Chine même et au Japon, réédité ou contrefait. Les raisons qu’il y avait de le traduire et d’ajouter à sa traduction littérale les matériaux accumulés dans les commentaires ou dans les notes, se justifieront sans aucun doute par l’utilité qu’il peut prendre entre les mains de tous ceux, orientalistes ou amateurs d’art, qui s’intéressent à un titre quelconque à la civilisation de l’Extrême-Orient. Mais on y chercherait en vain des indications sur l’histoire de ce livre, sur la façon dont il a été composé, sur la personnalité de ses auteurs. Ils ont laissé parler les textes et le plus souvent c’est le nom d’un maître qui apparaît pour dévoiler les caractères de son inspiration ou de sa technique. Il a donc fallu suppléer à leur silence ; suppléer aussi au silence, plus inattendu, des bibliographies chinoises et recueillir, de sources diverses, les renseignements indispensables pour définir la valeur des textes que l’on va lire ou des planches que l’on va étudier.

Une préface de l’édition princeps nous donne des indications suffisantes pour nous permettre de reconstituer les origines du Kiai tseu yuan houa tchouan et de définir le rôle des divers personnages qui y ont collaboré.

Li Yu raconte comment, se trouvant à Nankin, dans ce jardin Kiai tseu qui appartenait à son gendre Chen Sin-yeou, qu’il désigne seulement sous son appellation de Yin-po, ils eurent une conversation sur la peinture. Li Yu remarquait que, des différentes catégories de la peinture chinoise, seule le paysage (chan-chouei) n’avait pas donné lieu à un traité spécial. Comme il s’en étonnait, Chen Sin-yeou lui montra un album qu’il avait trouvé dans les archives de la famille Li. C’était un ensemble de planches relatives au dessin du paysage. Elles étaient accompagnées d’un texte explicatif dans lequel Li Yu reconnut l’écriture de Li Tch’ang-heng qui avait été un peintre célèbre et qui appartenait à sa famille. Chen Sin-yeou lui expliqua alors qu’il l’avait fait revoir et compléter par Wang Ngan-tsie et il lui montra les planches de celui-ci. Ce sont ces planches, qui grossies d’une introduction compilée et rédigée par Li Yu ont formé l’édition princeps du Kiai tseu yuan houa tchouan. Elle comporte en effet l’Introduction générale, le livre des arbres, le livre des pierres, le livre des jen-wou et une suite de planches reproduisant des peintures données en exemple, en somme les cinq premiers livres que l’on trouvera ci-après, avec cette différence que j’ai extrêmement réduit cette cinquième partie.

Nous voyons donc intervenir dès à présent les quatre personnages qui ont collaboré à la première édition du Kiai tseu yuan houa tchouan. Il convient de donner quelques détails sur leur personne et de définir leur rôle.

Le plus ancien est Li Tch’ang-heng. Tch’ang-heng est une appellation, son véritable nom est Li Lieou-fang ; il avait pour surnom T’an-yuan. Il était originaire de Kia-ting, mais il demeura à Tch’ang‑chou, dans le Kiang-sou. Il naquit en 1575, obtint la licence en l’année ping-wou de Wan-li (1606), mais il abandonna bientôt la carrière officielle pour se consacrer exclusivement à la peinture, à la littérature et à la calligraphie. Il fut également renommé dans ces trois disciplines. Son œuvre littéraire a été réunie dans un recueil intitulé T’an-yuan tsi. Ses paysages étaient d’un style pur et élevé ; on dit que la qualité yi (spirituelle) s’en dégageait. Ses peintures en sie-cheng étaient égalées à celles de l’époque des Song et des Yuan. Il est mort en 1629.

Li Yu, appellation Li-wong, vivait à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle. C’était un écrivain et un critique. Outre la part qu’il a prise à la rédaction et au classement du texte et des planches du Kiai tseu yuan houa tchouan, il a laissé un recueil de dix pièces de théâtre éditées par lui sous le titre Li-wong che tchong k’iu.

Chen Sin-yeou appellation Yin-po, son gendre, vivait à Nankin ; il était le propriétaire du jardin Kiai-tseu. C’était un érudit, un amateur d’art et de beaux livres, un collectionneur de peintures. Ami des trois frères Wang, mais surtout de Wang Ngan-tsie, il dirigea la gravure des planches et le tirage du Kiai tseu yuan houa tchouan. Il fit du Kiai tseu yuan où il résidait avec son beau-père Li Yu, un véritable centre de publications d’art. On y prépara en effet des ouvrages sur le luth, sur la calligraphie, sur le jeu d’échecs, sur les cachets.

Wang Ngan-tsie, de son vrai nom Wang Kai, eut pour premier nom Wang Kai-pen ; Ngan-tsie est une appellation ; il est aussi désigné par le surnom de Lou-tch’ai. Il était originaire de Sieou-chouei, sous-préfecture du district de Kia-hing fou dans le Tchö-kiang. Il habita Nankin où il se lia avec Chen Sin-yeou. Il a peint le paysage et les jen-wou et il est célèbre pour ses peintures en grand format de sapins et de rochers. C’était un archéologue et un érudit et il avait aussi une grande réputation de poète. Son frère aîné Wang Che, appellation Fou-ts’ao excellait dans la peinture des oiseaux et des fleurs, dans la calligraphie et dans la poésie. Quant à son frère cadet Wang Ye, appellation Sseu-tche, il eut aussi un grand renom de peintre. Les trois Wang avaient une égale passion pour l’antiquité chinoise et leurs qualités d’érudits trouvèrent à s’employer largement, comme on va le voir, dans l’œuvre dont Chen Sin-yeou dirigea la réalisation.

Comme on l’a vu, le premier noyau du Kiai tseu yuan houa tchouan a été constitué par l’album de Li Lieou-fang, recueilli par Chen Sin-yeou. Cet album était constitué de quarante-trois planches qui portaient sur la manière de dessiner le tronc et les feuilles des arbres, les montagnes et les pierres, les ponts, les chemins, les parois de rocher, l’eau, les édifices, les bateaux. Les notes écrites aussi bien que les dessins étaient le résultat de l’étude des anciens maîtres et, souvent, la copie de quelque ancienne peinture ou de quelque ancien texte. Mais il était composé au hasard de la vie d’un peintre, dans un désordre dû à la façon même dont Li Lieou-fang avait glané ses notes d’artiste. Chen Sin-yeou remit cet album à son ami Wang Ngan-tsie en le priant de l’examiner, de le classer et de le compléter.

Wang Ngan-tsie copia ces planches, les classa par catégories et les compléta. Il mit trois ans à parachever son œuvre, cherchant aussi bien chez les maîtres du passé que chez les contemporains des exemples ou des modèles ; il arriva ainsi à un total de cent trente planches qui correspond à la numérotation de l’édition princeps si l’on représente par un seul chiffre le recto et le verso d’une feuille. Il choisit ensuite quarante peintures démonstratives des méthodes ou des techniques exposées et qui furent gravées en appendice. C’est cette dernière partie qui est devenue extrêmement élastique dans les rééditions successives du Kiai tseu yuan houa tchouan.

On voit maintenant comment s’est constituée la première édition du Kiai tseu yuan houa tchouan. Une revision de l’œuvre compilée par Li Lieou-fang fut confiée à Wang Ngan-tsie par Chen Sin-yeou. Celui-ci la communiqua à Li yu qui la compléta par une introduction générale. Il est fort possible que, dans l’introduction générale comme dans le texte des planches, ait subsisté une partie du texte de Li Lieou-fang. Cela est certain, en tout cas, pour le texte qui accompagne les planches.

Mais Chen Sin-yeou ne tarda pas à étendre le plan qu’il avait borné tout d’abord à la peinture du paysage. Dès 1682 il paraît avoir conçu le plan de la deuxième partie de l’ouvrage. Cette deuxième partie devait se subdiviser en deux sections : la première devait comprendre les iris, les bambous, le prunier et le chrysanthème ; la seconde, les fleurs et les oiseaux, les plantes et les insectes. Il s’adressa à deux peintres célèbres de Wou-lin : Wang Yun-ngan et Tchou Cheng surnom Hi-ngan appellation Je-jou. Ce dernier était particulièrement renommé comme peintre d’iris et de bambous ; c’est à lui que sont dues les planches du livre des iris et celles du livre des bambous ; elles furent revisées par Wang Ngan-tsie. Wang Yun-ngan excellait au contraire dans la peinture de fleurs ; il dessina toutes les planches de fleurs des autres livres du Kiai tseu yuan ; son travail fut revisé par Wang Fou-ts’ao. Chen Sin-yeou avait d’autre part remis à Wang Ngan-tsie toutes les peintures de sa collection, dues à différents maîtres, et se rapportant aux sections des fleurs et des oiseaux, des plantes et des insectes. C’est sur les matériaux fournis par les recherches de Wang Yun-ngan et de Tchou Cheng et sur les peintures prêtées par Chen Sin-yeou que furent établies les planches de la seconde partie du Kiai tseu yuan houa tchouan. Le décalque des modèles, la gravure des bois, le tirage en couleurs des planches furent effectués ou surveillés par Wang Sseu-tche. Commencé en 1682, le travail était achevé au printemps de 1701 et, à la fin de la même année, l’édition princeps de la deuxième partie du Kiai tseu yuan houa tchouan pouvait voir le jour.

Comme pour la première partie, publiée en 1679, dans chacune des sections qui forment les livres de la présente édition française une introduction, exclusivement composée de texte, précédait les planches. Pour l’établissement de ce texte, qui n’est, du reste pour la plus grande partie, qu’une compilation de fragments empruntés à des ouvrages antérieurs et classés suivant un ordre logique, on voit intervenir de nouveau Li Yu qui, sous le nom de plume de „maître de la maison Ts’ing-tsai”, donne une introduction historique dont les commentaires permettront d’apprécier l’importance. Chen Sin-yeou, son ami Wang Ngan-tsie, les deux autres frères Wang, Wang Yun-ngan et Tchou Cheng, ont certainement participé aux recherches qui ont permis de trouver dans les livres anciens les fragments retenus pour former les introductions des diverses sections du livre. Seuls les chapitres intitulés : “Secret pour peindre les iris, le bambou, le prunier etc.” sont des rédactions entièrement nouvelles. Ce ne sont du reste que des rappels des chapitres qui précèdent et ils sont rédigés en phrases rythmées, avec une évidente affectation de préciosité littéraire. Nous savons que la rédaction des méthodes anciennes en phrases rythmées est due pour le Livre des Fleurs et des Oiseaux et pour le Livre des Plantes et des Insectes à Wang Fou-ts’ao seul.

La partie du Kiai tseu yuan houa tchouan publiée en 1679, comme celle qui fut publiée en 1701, comportait des planches en couleurs. Ce sont de très belles gravures sur bois dont le tirage est d’une finesse extrême et dont les tons, surtout pour les sections qui concernent les bambous et les fleurs sont choisis avec un goût rare, d’une distinction parfaite. Quand les amateurs détourneront un peu leurs yeux de l’estampe japonaise pour la reporter sur l’estampe chinoise, ils trouveront là des tirages qui valent les plus beaux tirages japonais de la fin du XVIIIe siècle.

L’intention de Chen Sin-yeou n’était pas de s’en tenir là. Dans une préface de cette même édition de 1701, il déclarait qu’il considérait l’ouvrage publié par ses soins comme divisé en quatre parties : la première comprenait le paysage ; la seconde les traités sur la peinture des iris, du bambou, du prunier, du chrysanthème ; la troisième les fleurs et les oiseaux, les plantes et les insectes ; la quatrième enfin, la peinture de figure. Pour cette quatrième partie dont il annonçait la publication, il faisait appel aux amateurs d’art, aux écrivains et aux peintres, pour recevoir d’eux des indications utiles. Il leur demandait d’adresser leurs observations soit à la demeure familiale du Kiai-tseu yuan à Nankin, soit à la librairie Pao-ts’ing de Wou-lin.

Ce dernier projet, cependant, ne devait pas être mis à exécution par Chen Sin-yeou. C’est seulement en 1818, c’est-à-dire plus d’un siècle plus tard que la quatrième partie du Kiai tseu yuan houa tchouan fut publiée par cette même libraire Pao-ts’ing ko. Le texte en était dû au peintre Ting Kao et était fondé sur des traditions de famille, l’arrière-grand-père, le grand-père et le père de Ting Kao ayant été peintres de figure. A ce texte était jointe une série de planches avec texte explicatif, puis trois sections d’exemples consacrées : la première aux immortels taoïstes et aux saints bouddhistes, la seconde aux hommes célèbres, la troisième aux femmes célèbres par leur beauté ou leurs vertus. Un érudit du nom de Tch’ao Hiun ajouta en 1888 à l’œuvre de Ting Kao une introduction générale calquée sur celle que Li Yu compila pour le traité du paysage. Elle recueille d’anciens textes fort intéressants qui n’ont du reste pas tous trait à la peinture de figure et qui sont loin d’être ordonnés avec l’ordre et la méthode des textes recueillis ou résumés par Li Yu. Cette quatrième partie, tardivement réalisée, lorsque le grand ordonnateur du Kiai tseu yuan houa tchouan était mort ainsi que ses actifs collaborateurs, n’a d’autre lien que le titre avec l’œuvre dont l’exécution fut dirigée par Chen Sin-yeou. Je compte cependant en faire le centre d’une nouvelle publication dans laquelle je rassemblerai les éléments qui touchent à l’esthétique et à la technique de la peinture de figure en Chine. Le lecteur m’excusera de réserver pour plus tard les observations que j’aurais à faire et les renseignements détaillés que j’aurais à ajouter sur ce que j’appelerai, au point de vue de l’édition française : le second Kiai tseu yuan houa tchouan.

Les éditions du Kiai tseu yuan houa tchouan de Chen Sin-yeou furent nombreuses. En 1782, les bois de la première édition servirent à une réédition avec planches en couleurs. Ces planches, tirées sur des bois fatigués, avec assez peu de soin, ne rappellent que de loin les beaux tirages de l’édition princeps. Elle fut répétée en 1800. Vers le milieu du XIXe siècle, on publia encore des rééditions du Kiai tseu yuan houa tchouan avec des planches en couleurs tirées sur des bois spécialement regravés. Wylie qui en parle dans ses Notes on Chinese Literature dit qu’elles constituent de curieux exemples de l’art d’imprimer en diverses couleurs. Ma traduction a été établie sur l’édition lithographique de Changhai publiée par la librairie Wen-sin en 1887 d’après le texte que possédait le Ts’ien-k’ing-t’ang de Changhai ; j’ai pu en collationner le texte et les planches avec l’édition princeps de 1679 pour ce qui concerne les cinq premiers livres et avec la réédition de 1782 pour le reste. Enfin, je dois signaler une réédition, ou plutôt une contrefaçon provinciale, rassemblant dans un certain désordre du reste, les deux Kiai tseu yuan, celui de Li Yu, de Chen Sin-yeou et des trois frères Wang et celui de Ting Kao. Elle porte le titre de “Tout nouveau Kiai tseu yuan houa p’ou”. L’ouvrage a été publié dans le Sseu‑tch’ouan en 1913.

On a maintenant un historique aussi complet que possible du Kiai tseu yuan houa tchouan et les indications les plus précises qu’il a été possible de rassembler sur les divers personnages qui y ont collaboré. Il est nécessaire maintenant, pour se faire une idée exacte de la valeur de ce traité chinois de la Peinture, de donner quelques indications sur les textes qui le composent.

On se tromperait singulièrement si l’on croyait n’y voir que le reflet de ce qui était la théorie de la peinture chinoise à la fin de l’époque des Ming ou au début de l’époque des Ts’ing. Ce traité a été composé par des érudits et des artistes dont la passion dominante était l’admiration de l’antiquité. On trouvera, par exemple dans l’introduction générale, des textes qui remontent au VIe siècle, comme les six principes de Sie Ho, au XIe comme ceux qui constituent les chapitres III et IV, au XIIIe comme celui qui constitue le chapitre VI. Le livre des Iris est essentiellement fondé sur les enseignements du bonze Kio-yin, qui appartient à l’époque des Song (X—XIIIe siècle) ; le livre des bambous sur les principes de Li Si-tchai qui appartient à l’époque des Yuan (XIII—XIVe siècle). Le livre des Pruniers suit l’œuvre du prélat bouddhique Tchong-jen, qui vécut au XIe siècle et y incorpore les méthodes de T’ang Pou-tche et de T’ang Chou-ya, tous deux de l’époque des Song. Enfin, la partie consacrée aux Fleurs et aux Oiseaux, aux Plantes et aux Insectes expose les méthodes de T’eng-Tch’ang-yeou qui vivait au IXe siècle, de Siu Hi qui vivait au Xe, de Yin Tchong-yong, de l’époque des T’ang et de Tch’en Tch’ang, de la Dynastie des Song. Les auteurs du Kiai tseu yuan houa tchouan ne sont intervenus que pour classer, résumer, commenter ; ils n’ont point édifié une œuvre où ils auraient affirmé leur propre personnalité, ils ont, au contraire élevé à la gloire de l’esthétique chinoise de la peinture un édifice où toutes les époques et où les plus grands maîtres de l’histoire sont venus apporter leurs matériaux. Dès lors ils ont créé ce livre dont l’étude permet de pénétrer dans l’intimité la plus secrète de l’art extrême-oriental, qu’il se manifeste en Chine ou au Japon.

On n’arrive pas à la fin d’une semblable entreprise sans demeurer le débiteur des amis connus ou inconnus dont l’assistance a été précieuse au cours d’un travail qui comportait sa bonne part de difficultés et d’incertitudes. A tous j’exprime ici l’expression de ma vive gratitude. Je tiens cependant à remercier spécialement M. EDOUARD CHAVANNES, membre de l’Institut, Professeur au Collège de France et M. PAUL PELLIOT, Professeur au Collège de France, dont les indications m’ont été plus d’une fois extrêmement utiles. Enfin, les circonstances dans lesquelles l’impression interrompue en août 1914, a été reprise en 1915 et s’est poursuivie malgré tous les obstacles me fait un devoir de mettre en évidence la part prise à cette œuvre en premier lieu par l’éditeur, M. H. LAURENS, en second lieu par l’imprimeur, M. PELTENBURG, directeur de la maison E. J. BRILL à Leyde. Sans les mesures prises par chacun d’eux, avec la plus grande confiance et le plus complet désintéressement, l’édition française du Kiai tseu yuan houa tchouan eût risqué de succomber, victime innocente et modeste de la tragédie qui dure encore à l’heure où j’écris ces lignes.

Paris, Décembre 1916.



Retour au texte de l'auteur: Jean-Marc Fontan, sociologue, UQAM Dernière mise à jour de cette page le samedi 4 août 2007 13:08
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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