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Collection « Les auteur(e)s classiques »

La démocratie devant la science. Études critiques sur l'hérédité, la concurrence et la différenciation. (1904)
Table des matières


Une édition électronique réalisée à partir du livre Célestin Bouglé (1870-1940), La démocratie devant la science. Études critiques sur l’hérédité, la concurrence et la différenciation. Paris : Félix Alcan, Éditeur, 1904, 312 pp. Collection: Bibliothèque générale des sciences sociales, no 21.

Table des matières

Introduction.

Première partie. L'idéal égalitaire et la morale « scientifique ».

I. Puissance des idées égalitaires dans notre civilisation. - Le mouvement des institutions démontre cette puissance; la conspiration des doctrines philosophiques et des formes sociales propres à l'Occident l'explique. - Mais cela ne suffit pas à démontrer la valeur des idées en question.

II. La conscience contemporaine, défiante à l'égard non seulement des religions, mais des métaphysiques, attend un «mètre des valeurs» de la science elle-même. - Le progrès des sciences, et en particulier des sciences de la vie, qui enveloppent l'homme, encourage cette espérance.

III. Formes antérieures de la morale scientifique. - Le naturalisme des Grecs. - Le mathématisme de Spinosa, de Kant. - Dans l'utilitarisme, à côté du calcul, la part de l'expérience grandit. - Mais tous ces systèmes de morale semblent encore laisser trop de place aux préférences subjectives; on veut «laisser parler les faits», consulter directement les lois de la nature. D'où le prestige d'une morale scientifique naturaliste.

IV. Mais cette morale ne va-t-elle pas juger le mouvement démocratique avec sévérité? - Témoignages des savants contre l'idéal égalitaire. - Exploitation de ces témoignages par la littérature politique. - Entre la démocratie et la science, l'antagonisme serait essentiel.

Deuxième partie. Les trois piliers du naturalisme contemporain.

La conception « objective » de la nature. Les trois lois qui la fondent (Milne-Edwards, Lamarck, Darwin).

I. Théorie de la différenciation. - Conséquences précieuses de la division du travail. - Elle Progresse comme progressent les organismes. - Elle remplit d'autant mieux son rôle que les organes sont plus nettement différenciés.

II. Théorie de l'hérédité. - En même temps que hiérarchie, il y a continuité d'une forme de l'être à une autre. – C’est que les transformations des espèces s'expliquent par les effets de l'habitude transmis eux-mêmes par l'hérédité.

III. Théorie de la concurrence. - La sélection automatique différencie et perfectionne les êtres, tout comme la sélection artificielle. - C'est que le nombre croissant des êtres les force à lutter pour survivre: les meilleurs triomphent. - Progrès que cette théorie fait faire à la conception mécaniste de la nature: elle n'implique aucun finalisme.

À ces trois théories correspondent les trois formes principales de la sociologie naturaliste (Anthroposociologie, Théorie organique, Darwinisme social).

Livre I. Hérédité

Position du problème - La philosophie des races et l'anthroposociologie. - L'apologie scientifique des castes, de la noblesse, de la bourgeoisie.

Note bibliographique.

Chapitre I. - Le Lamarckisme et l'Hérédité des qualités professionnelles.

L'apologie du régime des castes implique la solidité des principes posés par Lamarck.

I. Restrictions imposées au lamarckisme par le progrès de la biologie. - Le weismanisme: ses arguments théoriques et ses arguments expérimentaux. - Sélection et panmixie.

II. Le weismanisme limité à son tour. - Observations nouvelles, concessions forcées. - Comment la question se précise aujourd'hui et ce qui manque pour la résoudre.

Mais le lamarckisme sort du débat diminué: il faut, pour que les qualités acquises se transmettent, des circonstances exceptionnelles. - La transmission des qualités professionnelles est en tous cas invraisemblable: lois du retour à la moyenne, et de l'instabilité des complexes. - Différences entre les coordinations instinctives et les coordinations intelligentes. Importance croissante des « causes actuelles ».

III Confirmation de ces résultats généraux par les recherches spéciales portant sur le monde humain. - Les dynasties d'hommes célèbres. - Elles ne prouvent nullement l'existence d'une hérédité professionnelle. - Difficulté de discerner l'apport de l'hérédité et l'apport de l'éducation.

IV. Examen du « cas privilégié » de la civilisation hindoue. - Il est impossible d'y relever rien qui ressemble à une prédestination professionnelle des membres des diverses castes, - La thèse des apologistes de la caste reste invérifiable autant qu'invraisemblable.

Chapitre II. - Noblesse, métissage et dégénérescence.

I. L'aristocratie. Les services qu'elle a partout rendus à la civilisation. - La décadence des peuples expliquée par la disparition des classes nobles, où les talents se concentrent.

II. Réquisitoire contre le métissage: ses fâcheuses conséquences physiques et mentales. - Mais l'observation ne confirme pas ces arguments.

III. Inversement l'observation prouve la nécessité des croisements dégénérescence des aristocraties. Qu'elle ne s'explique sans doute pas par les seuls mariages consanguins? par les fâcheux effets du surmenage intellectuel? ou du privilège lui-même? - Isolement et étiolement.

Chapitre III. - La bourgeoisie et le renouvellement anthropologique.

I. Comment les classes survivent, et ce qui les sépare: faut-il viser à maintenir ou à diminuer leurs distances? - Il faut, nous dit-on, que les ascensions sociales soient possibles, mais il est heureux qu'elles soient difficiles. - On démontre a priori qu'aucune capacité n'est perdue. Faiblesse de cette démonstration.

II. Effets fâcheux de l'institution des classes sur la vitalité, la mortalité, la nuptialité chez les classes «supérieures».

III. Ses effets chez les classes déshéritées. - L'institution n'a pas la valeur sélective qu'on lui attribue. - L'extrême inégalité des puissances économiques empêche souvent l'utilisation sociale des facultés naturelles.

Livre II. Différenciation

Position du problème - La différenciation des organismes, modèles des sociétés, entraîne la disparition de la liberté et de l'égalité de leurs éléments: d'où le caractère dangereux, parce qu'«antiphysique» des tendances démocratiques. -Exemple d'une argumentation contre la «tendance collectiviste».

Note bibliographique.

Chapitre I. - Différenciation et Progrès.

Discussion de la thèse qui mesure le progrès à la différenciation.

I. Restrictions préalables: La différenciation n'est jamais absolue, même dans les organismes supérieurs. - Des ressemblances subsistent, des rapports sont institués entre les éléments différenciés.

II. La différenciation n'est assurément pas avantageuse pour ces éléments: ils y perdent en puissance aussi bien qu'en indépendance. - Mais les organismes différenciés eux-mêmes ne sont forcément ni les plus durables, ni les plus féconds, ni les plus plastiques.

III. Leur rôle dans l'économie générale de la nature n'est pas le plus important. - Si nous continuons à les déclarer «supérieurs», c'est parce qu'ils sont les porteurs de l'esprit. Mais ce n'est plus là un critère objectif.

Chapitre II. - Les formes de la division du travail dans la société.

Comment nous discuterons la thèse qui assimile les sociétés aux organismes.

I. Comment l'influence de la biologie a pu nous aider à élargir la théorie de la division du travail, telle qu'elle avait été élaborée par les économistes. - Mais qu'elle n'a nullement suggéré les distinctions sociologiques indispensables: spécialisation des professions, décomposition des opérations, sectionnement de la production.

II. Distinction de l'aspect technique et de l'aspect juridique, des formes et des régimes de la production. - Exemples des questions auxquelles il faudrait répondre.

III. Confusions impliquées dans la thèse générale des apologistes de la différenciation sociale. - Possibilité de retourner cette thèse; mais insuffisance de cette argumentation. - Au point de vue technique, le travail se divise en effet de plus en plus dans les sociétés humaines comme dans les organismes. - Mais la différenciation juridique n'accompagne pas forcément cette spécialisation technique: caractère exceptionnel, ou du moins transitoire du régime des castes. - De plus en plus les liens se détendent entre le métier et la situation juridique.

IV. La complication sociale: les groupements partiels se multiplient et s'entre-croisent de plus en plus. - Comment ce phénomène peut expliquer le progrès de la différenciation individuelle, essentiellement distincte de la différenciation sociale. - Insuffisance des analogies biologiques pour la connaissance de l'évolution des sociétés.

Chapitre III. - La lutte de la différenciation et de la complication sociales.

En quel sens et sur quels points la démocratie s'oppose à la différenciation.

I. La distinction entre les formes techniques et les régimes juridiques de la division du travail n'est pas utilisée et est méconnue au contraire par le matérialisme historique. - En réalité la hiérarchie des situations commande le plus souvent la répartition des fonctions: constatation qui ébranle les plaidoyers naturalistes en faveur de la différenciation sociale. - La « division du travail contrainte »: il faudrait que d'égales possibilités fussent ouvertes aux puissances inégales.

II. S'il est vrai que dès à présent il n'y a plus de classes. -Distinction de l'aspect juridico-politique et de l'aspect juridico-économique du problème. - Effets produits par la coexistence du régime actuel de la propriété avec certaines formes de l'industrie: la «prolétarisation», le Theilindividuum, la civilisation réduite, pour beaucoup, à un dressage qui les transforme en machines. - Il survit donc une différenciation qui enraie les tendances émancipatrices de la complication sociale: pourquoi les groupements destinés à défendre les « intérêts de classe » priment aujourd'hui les autres dans le monde ouvrier.

III. Réserves formulées, au nom des faits, contre les thèses que nous venons de résumer. - Comment ces thèses peuvent cependant se défendre. - Quelles observations seraient nécessaires pour trancher ce débat. - Intervention indéniable d'un idéal plus ou moins nettement aperçu: en quel sens le socialisme serait l'héritier légitime de l'individualisme. - Illusion de ceux qui escomptent, pour résoudre de pareilles questions, les enseignements de la biologie.

Livre III. Concurrence

Position du problème. - Le pessimisme darwinien; les conséquences sociales qu'on en tire. - Si les prescriptions de l'économie politique orthodoxe sont confirmées par les résultats des sciences naturelles.

Note bibliographique.

Chapitre I. - La limitation du Darwinisme.

I. Distinction des diverses formes de la lutte pour la vie; elles ne sont pas toutes brutales et sanglantes. - Mais la théorie de la sélection naturelle nous enferme dans une conception toute mécaniste du progrès; comment le darwinisme élimine le finalisme non seulement transcendant, mais immanent.

II. Théorie de la sélection sexuelle: la part qu'elle reconnaît à l'amour dans la direction de l'évolution. - En quel sens elle rapproche les procédés de la nature de ceux de l'homme, et permet une sorte de réintégration de l'idéalisme au sein de l'évolutionnisme.

III. Limitation de la théorie darwinienne. - Ambiguïté du terme «les plus aptes». La concurrence n'aboutit pas toujours au perfectionnement. - De plus sa puissance est négative plutôt que positive, limitative plutôt que productive. - Théories récentes destinées à expliquer les métamorphoses des espèces: devant ces théories, l'importance du facteur darwinien décroît. - [Théorie de la sélection «organique» ou «subjective».].

IV. Le rôle des principes contraires au principe de la guerre universelle. - Interprétation « solidariste » de certains faits invoqués par le darwinisme: passage de l'antagonisme à la symbiose. - Si la concurrence est forcément portée à son maximum, à l'intérieur d'une même espèce. - Multiplicité et diversité des formes d'association dans le monde animal et comment elles contribuent au progrès.

Einseitigkeit du darwinisme. Libération de l'idéal humain.

Chapitre II. - Les conditions humaines de la lutte pour la vie.

La réintégration de l'homme dans la nature: équivoques auxquelles expose l'évolutionnisme.

I. L'homme faiseur d'outils: le monde artificiel par l'intermédiaire duquel il s'adapte le monde naturel. - Le système des fins superposé au système des moyens: l'action, directe ou indirecte, de la société sur les buts proposés à l'effort vers la vie.

II. Effets des moyens propres à l'homme sur la lutte pour la vie ils permettent des économies d'éliminations. - Mais n'entravent-ils pas par là même la sélection? Elle peut être contrariée par l'inégale distribution des pouvoirs extrinsèques: le parasitisme social.

II. Effets des fins propres aux hommes. - Plus ils se civilisent, plus tous les ressorts de leur activité sont tendus; conséquences de cette suractivité pour la vie matérielle et spirituelle. - Efforts de la civilisation pour réglementer et atténuer la lutte. La paix par le droit. - Tendance normale et formes variées de l'intervention collective. Jusqu'où pourra-t-elle aller?

Chapitre III. - Libre concurrence et solidarisme.

Position actuelle de la question. Les critiques que l'économie politique orthodoxe adresse au « réformisme » démocratique sont-elles justifiées par les sciences naturelles?

I. En quel sens le régime de la libre concurrence, bien loin de représenter un état de nature, est l’œuvre des lois. – Mais tel quel, il serait pour nos sociétés une nécessité vitale, étant le plus propice à la mise en valeur des ressources de la nature et des facultés des hommes. - Déperditions entraînées par «l'anarchie économique». - La concurrence est-elle indispensable à l'invention? Et de quelles supériorités assure-t-elle la prédominance? - Ce qui fausse dans nos sociétés l'application de la loi darwinienne: en quel sens c'est la démocratie qui prétend universaliser la concurrence.

II. Interprétation plus profonde des tendances démocratiques. Le «solidarisme»: quels aspects de la réalité et de l'idéal il met en lumière. - Le droit au produit intégral du travail; pourquoi il est impraticable et insuffisant: caractère collectif de la production. - Théorie de la dette sociale. Utilité supérieure des « socialisations du droit »; la volonté de vie commune, le droit à la vie. - Les «plus aptes» au sens humain.

Solidarisme et individualisme.

Conclusion
Résultats généraux des discussions instituées. Diversité de nos tactiques.

I. Nous avons, en les précisant, limité la portée et diminué le prestige des lois naturelles qu'on nous opposait, - Nous avons démontré, en un certain sens, que ces lois ne sont nullement contrariées par les efforts des sociétés démocratiques. - Mais, à d'autres points de vue, nous avons reconnu que des forces et des fins nouvelles entrent en ligne de compte dans ces sociétés: en quel sens elles essaient en effet de dépasser la nature.

II. Cette duplicité d'attitude s'explique par la duplicité essentielle des sociétés humaines, méconnue par la sociologie naturaliste. - Incompétence fatale de la morale qu'elle nous proposait: elle ne suffit pas à déterminer, pour nos sociétés, même le possible, a fortiori le désirable. -Conclusion dirigée à la fois contre ceux qui pensaient prouver «scientifiquement» que la démocratie a tort et contre ceux qui pensaient prouver «scientifiquement» qu'elle a raison.

III. Mais si la morale scientifique tenait compte de la nature spéciale aux sociétés humaines? Si elle se fondait sur la sociologie proprement dite et non plus sur la biologie? - Nécessité d'attendre que l'expérience en ait été faite. -Toutefois, jusqu'ici, dans les études expérimentales consacrées aux sociétés démocratiques, on sent la présence d'un idéal qui juge les faits bien plutôt qu'il n'est jugé par eux. - Qu'il est difficile de dégager objectivement, par une méthode comparative, ce qui est normal pour nos sociétés, - En tout état de cause les inférences sociologiques paraissent supposer, pour posséder une efficacité morale, l'existence préalable de certains sentiments. - L'esprit social et le sentiment individualiste: leur synthèse dans les aspirations égalitaires. - La philosophie morale et la démocratie.

Valeur émancipatrice de nos conclusions.

Retour au texte de l'auteur: Célestin Bouglé Dernière mise à jour de cette page le mardi 30 janvier 2007 7:07
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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