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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Bilan de la Sociologie française contemporaine. (1935)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre Célestin Bouglé (1870-1940), Bilan de la sociologie française contemporaine (1935). Paris : Librairie Félix Alcan, 1935. Réimpression, New-York: Arno Press, 1975, 169 pages. Collection: European Sociology. Une édition numérique réalisée par notre inlassable bénévole qui fait un travail exceptionnel, Marcelle Bergeron, professeure retraitée de l'école polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi.

Avant-propos
par Célestin Bouglé


« Bilan de la sociologie française contemporaine », le programme paraîtra sans doute ambitieux, les champs où glaner trop vastes. Il est certain que si nous voulions relever seulement tout ce que les savants français ont pu faire, depuis la guerre, pour avancer sous une forme ou une autre la connaissance des sociétés humaines, il y faudrait une longue série de volumes de la taille de celui-ci.

Mais il importe de distinguer, et de préciser dès l'abord notre objet. Nous nous plaçons délibérément au point de vue adopté par la sociologie proprement dite, telle qu'elle nous paraît définie le plus nettement par l'équipe des chercheurs groupée dans l'Année Sociologique autour d'Émile Durkheim, lui-même continuateur, sur le terrain scientifique, d'Auguste Comte.

Que les sociétés humaines ne soient pas un empire dans un empire, que les faits qui s'y passent comme ceux qui se passent dans l'ordre de la nature soient eux-mêmes soumis à des lois, qu'en se livrant à une étude objective et comparative des divers types d'institutions, – des habitudes collectives qui se cristallisent en lois et coutumes, rites et techniques, et s'ordonnent autour d'un certain nombre de représentations impératives – on puisse mieux comprendre comment s'organisent, comment vivent ces êtres spéciaux que sont les groupes humains, tels sont les principaux postulats de cette École. Et il nous semble que ses membres ont commencé, par les résultats généralisables de leurs recherches, à en démontrer la fécondité.

Est-ce à dire qu'ils aient découvert une autre Amérique, labouré des terres totalement inexplorées ? Bien loin de là. Le sociologue travaille le plus souvent sur du défriché. Des chercheurs qui ne se réclament pas de ses principes ont passé avant lui sur les sujets où il s'arrête. On n'a pas attendu le mot composé et lancé comme un signal par Auguste Comte pour réfléchir sur les aspects sociaux du droit, de l'économie, de la religion. Ainsi des disciplines spéciales se constituaient dont les fidèles, chacun partant de son point de vue, se construisaient une idée de la vie d'ensemble des groupements humains, des types qu'on y peut distinguer, des lois qui les gouvernent. Ainsi s'ébauchait une sorte de sociologie spontanée, ou si l'on veut inconsciente, capable non seulement de rassembler des faits, mais de formuler des thèses utilisables.

Mais n'y a-t-il pas intérêt à ce que la sociologie devienne à son tour consciente et méthodique ? Si elle se représente nettement les ensembles dont elle veut expliquer la vie, n'y a-t-il pas plus de chances pour qu'elle ordonne mieux et amène à converger les résultats des recherches spéciales ? Qu'il s'agisse des faits étudiés par l'histoire comparée des religions, ou par la science du droit, ou par l'économie politique, on ne peut, rappelait Durkheim dans un chapitre de la Science française, « les comprendre que si on les met en rapport les uns avec les autres, et avec les milieux collectifs au sein desquels ils s'élaborent et qu'ils expriment ». C'est sur ce précepte de méthode que ses collaborateurs ont insisté avec le plus de force, protestant que la sociologie, pour ne pas demeurer une philosophie en l'air, a besoin des recherches spéciales, mais établissant qu'à son tour elle peut les servir en leur offrant des centres de ralliement.

Nous nous placerons, dans les revues qui vont suivre, sur la ligne de jonction entre sociologie spontanée et sociologie méthodique. Et nous essaierons de préciser ce que celle-ci ajoute à celle-la par un certain nombre d'exemples, – qu'il s'agisse de psychologie ou d'ethnologie, de géographie humaine ou d'histoire, de science du droit ou d'économie politique.

Série d'échantillons sans doute. Mais nous espérons qu'ils permettront au lecteur, mieux que des dissertations abstraites, de se représenter le rôle de stimulant qu'a pu jouer et que peut jouer encore, en France, la sociologie proprement dite.

C. B.

Nous n'avons pas cru devoir alourdir ce petit volume de détails bibliographiques. Nous nous permettons de renvoyer les lecteurs qui en désireraient au Guide de l'étudiant en sociologie, que nous avons publié à la librairie Rivière, avec la collaboration de M. Marcel Déat.


Retour au texte de l'auteur: Célestin Bouglé Dernière mise à jour de cette page le mardi 30 janvier 2007 6:57
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cegep de Chicoutimi.
 
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