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Collection « Les auteur(e)s classiques »

Robert-S.-M. Bouchette, Mémoires de Robert-S.-M. Bouchette (1804-1840) (1903)
Avant-propos


Une édition électronique réalisée à partir du livre de Robert-S.-M. Bouchette, Mémoires de Robert-S.-M. Bouchette (1804-1840) recueillis par son fils Errol Bouchette, et annotés par A.-D. Decelles, Docteur ès lettres, membre de la Société Royale du Cananda, Conservateur de la Bibliothèque du Parlement. Montréal, La Cie de publication de la Revue canadienne. 1903, 129 pp. Une édition numérique réalisée par Marcelle Bergeron, bénévole, professeure à la retraite de l'enseignement à l'École polyvalente Dominique-Racine de Chicoutimi.

Esquisse biographique

« La révolte de 1837, dirigée non contre l'Angleterre, mais contre la mauvaise administration coloniale, était parfaitement justifiable. »
LORD STRATHCONA & MOUNT-ROYAL. 

 

Robert-S.-M. Bouchette, dont la Revue Canadienne publie les Mémoires, était fils du colonel Joseph Bouchette, qui a laissé un nom célèbre dans notre histoire. Après avoir servi dans les guerres de 1775 et de 1812 avec une distinction qui lui valut les éloges et l'amitié de lord Dorchester, du duc de Kent et de sir George Prévost, il consacra son temps à des ouvrages de topographie et de géographie, monuments impérissables de science. On peut regarder comme le premier des géographes canadiens l'auteur de la Description typographique du Bas-Canada (dont il existe aussi une édition anglaise), et de British Dominions in North America, que la bienveillance du roi Guillaume IV contribua à faire publier. Sir George-Étienne Cartier, parlant un jour à la Chambre d'Assemblée, à Québec, lui rendit ce témoignage d’estime : « Un homme éminemment distingué, M. Joseph Bouchette, avait tout fait pour la topographie et la géographie du pays. Cet homme devançait véritablement son siècle, chez nous. Il fournit au public une masse d'informations, qui sont demeurées la base des connaissances géographiques en Canada. 

« Cet homme de grands talents, qui était à la gêne, s'adressa à la législature ; mais il ne put obtenir d’aide. Il avait fait la connaissance du duc de Kent. Celui-ci le dirigea vers l'Angleterre et grâce à sa protection, il put publier ses trois volumes, dont on reconnaît aujourd'hui le prix infini et qui ont été le signal du développement des ressources du pays. » 

M. Bouchette devint l'ami de tous les gouverneurs de son temps, et lorsque l'auteur des Mémoires que l'on va lire, vint au monde, le gouverneur sir Robert-Shore Milnes consentit à être son parrain et il lui donna au baptême ses noms et prénoms. Comme son père, Bouchette fut très répandu dans la société anglaise dont il partageait les goûts et les aspirations. À ce titre, nous pouvons dire qu’il était plutôt Anglais que Canadien. Il convient, ce semble, de souligner cette attitude spéciale de l'auteur des Mémoires pour donner plus de force à la position qu'il prit plus tard à côté de Papineau. Dans une lettre qui constitue un des documents les plus probants à l'appui de la justification de la réclamation des Canadiens, il explique pourquoi il quitta soudain le camp des bureaucrates pour passer (1834) à celui des Canadiens. Assez indifférent jusqu'alors à la politique, il fut pris d'indignation en voyant que le gouvernement anglais nous enlevait, au moyen des fameuses résolutions de lord John Russell, les derniers vestiges d'autorité au Parlement. On le vit dès lors se jeter, corps et âme, au milieu des agitations qui trouvent leur point culminant dans les mauvais jours de novembre et décembre 1837. 

Au moment où W. Nelson organisait la résistance, il se mit à la disposition de ce dernier, qui lui confia la mission de passer aux États-Unis pour organiser un corps de troupes destinées à opérer sur la frontière. Bouchette exécuta cet ordre, revint au Canada et rencontra l'ennemi à Moore’s Corners, où il tomba aux mains des soldats de Colborne. Il passa quelques mois dans la prison de Montréal, avant d'être exilé aux Bermudes avec W. Nelson, Masson, Viger, Gauvin, DesRivières, Goddu et Marchessault. Après le désaveu de l'ordonnance de Durham qui l'avait frappé, ainsi que ses compagnons, Bouchette rentra au Canada où il exerça pendant quelques années sa profession d'avocat à Montréal et à Toronto, en société avec M. de Salaberry. Plus tard il accepta la charge de directeur du département des Douanes, qu'il occupa jusqu'à sa mort. Ce ministère lui doit son organisation. En 1867, il eut l'honneur de représenter, avec J.-C. Taché, le Canada à l’exposition universelle de Paris. Il lut dans un des congrès tenus dans cette ville à ce moment, un Mémoire fort remarqué sur l'unification des monnaies et aussi des poids et des mesures basée sur le système métrique. 

Il a laissé à Ottawa et à Québec le souvenir d'un homme de talent, ayant conservé de son origine française une grande vivacité et une élégance de manières qui le faisaient rechercher dans la société. Les souvenirs personnels sur les événements de « 37 » ne sont pas nombreux ; c’est cette rareté qui ajoutera un intérêt de plus aux Mémoires de M. Bouchette. 

A.-D. DE CELLES.

Retour au livre de l'auteur: Jacques Bainville, historien Dernière mise à jour de cette page le lundi 31 juillet 2006 5:42
Par Jean-Marie Tremblay, sociologue
professeur au Cégep de Chicoutimi.
 
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